POUR LES ÉLÈVES DES HAUTES ÉCOLES
chez toutes les personnes qui pourraient aider à cet établissement, et l'utilité morale du projet les ferait accueillir avec intérêt et même avec faveur. Sans attacher une importance réelle à la désignation des cercles qu'il serait question de créer, je crois, qu'il serait convenable que cette désignation fût celle de l'ancienne province représentée parles divers groupes de départemens auxquels chaque cercle viendrait se rattacher, afin d'unir entre eux les étudians qui en feraient partie par les liens doux et naturels du même climat et du même ciel.
Les cercles, que nous proposons , seraient tenus comme les salons d'une grande maison , mais avec plus de simplicité. L'étudiant , sans être assujetti à de la toilette, serait pourtant astreint à s'y présenter d'une manière convenable. Nul abonné ne serait reçu que sous la garantie morale d'un membre du cercle. Le but de ces établissemens étant d'offrir un rendez-vous commun et habituel à des jeunes gens destinés à vivre un jour dans la même cité , dans le même département ou dans la même contrée, on pourrait faire tourner ce rapprochement continuel , à l'avantage de chacun. Ainsi, tout ce qui serait de nature à éclairer les étudians sur les ressources de cette contrée , sur ses besoins , les mettrait à même de choisir , avec discernement et
iii cercles; leur utilité
avec profit, pour l'exercice de leur profession telle localité plutôt que telle autre. Afin même de mieux atteindre ce but, chaque abonné aurait le droit de faire admettre gratuitement dans le cercle, tout étranger , domicilié sur le territoire de l'ancienne province, que ses affaires ou ses convenances auraient attiré momentanément à Paris. La durée de cette admission ne pourrait excéder un certain temps.
On recevrait dans le cercle, tous les journaux et les meilleures revues. On y formerait une bibliothèque composée de bons livres et principalement d'ouvrages historiques. Les jeux de hasard y seraient prohibés, et quant aux autres jeux, dont il serait permis de restreindre le nombre, en ne tolérant que les jeux les plus savans , un tarif en déterminerait la mise la plus élevée , qu'il serait interdit de dé< passer.
Ces établissemens pourraient, je pense, subsister concurremment avec les cabinets de lecture , répandus autour des écoles et pourvus de salles d'étude. En effet les cercles sont des lieux de conversation et de plaisir, tandis que les cabinets de lecture ne sont consacrés qu'à l'étude et principalement à l'étude du droit ou des sciences médicales. Quelque attrait que puissent offrir les cercles que nous