POUR LES ÉLÈVES DES HAUTES ÉCOLES
proposons, il est douteux que cet attrait agisse fortement sur les abonnés des salles de lecture^ car ces abonnés passent pour les moins aisés des étudians et pour les plus laborieux. Il n'est donc pas à croire qu'ils abandonnent le cabinet de lecture pour le cercle, et il ne l'est pas davantage qu'ils aient le moyen de supporter les frais réunis des deux abonnemens. J'espère donc que ces établissemens seront de nature à prospérer simultanément les uns à côté des autres, et c'est dans cet espoir que j'ai mis en avant le projet de fonder des cercles pour la jeunesse des écoles, projet qui a pour but de multiplier les centres honnêtes de réunion et d'attirer par le plaisir ceux que l'étude serait impuissante à captiver hors le temps des cours.
Depuis quelques années, il s'est introduit dans les mœurs de la jeunesse française , des habitudes germaniques et hollandaises qu'elle semblait avoir dédaignées jusque-là, et qui, outre qu'elles sont incommodes pour nombre de personnes , occasionnent à ceux qui s'y livrent des dépenses qui ne laissent pas d'être considérables. Ces habitudes ont donné naissance à deux gouffres nouveaux pour le temps et l'argent de la jeunesse studieuse : ce sont les estaminets et les divans. Les cafés étaient certes plus que suffisans pour lui ménager des passe-temps