‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 227 sur 337 · INFLUENCE DES MEDECINS DU DISPENSAIRE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES MEDECINS DU DISPENSAIRE

ce sont les médecins du dispensaire et les commissaires de police. Les premiers peuvent beaucoup sur les prostituées lorsqu'ils les traitent avec égard et bonté. Plusieurs d'entre eux sont dépositaires de secrets qui intéressent la réputation des familles les plus honnêtes. Les confidences qu'ils reçoivent, sans les provoquer, sont dues à ce besoin d'estime et d'intérêt qui presse plus encore les créatures avilies par leurs désordres que le reste du public, lorsqu'elles se trouvent en rapport avec d'honnêtes gens occupés à leur faire du bien. Ne serait-il pas avantageux aux bonnes mœurs que l'administration engageât chacun des médecins du dispensaire d'user de son influence sur les femmes publiques pour les encourager à contracter des habitudes d'ordre et de prévoyance? Une circonstance choisie par eux avec à-propos pourrait rendre un semblable conseil salutaire et décisif pour le sort de celle à qui il serait adressé. Cette idée est neuve , je crois ; elle mérite d'être méditée par l'administration.

Les commissaires de police seraient aussi en position de développer chez les femmes publiques des penchans honnêtes ou du moins capables de Jbalancer en elles ce nonchaloir et cette imprévoyance qui réduisent presque toujours ces malheureuses à la plus profonde misère, lorsque les progrès de l'âge

ET DES COMMISSAIRES DE POLICE SUR LES PROSTITUÉES. 1 5l

ne leur permettent plus d'exercer leur trop facile industrie. J'ai recueilli des faits à cet égard qui constatent l'utilité que l'on pourrait tirer de l'action morale des commissaires de police, sans que cette action affaiblit en rien le pouvoir de l'autorité centrale.

Le commissaire de police exerce une véritable magistrature. C'est un censeur populaire. Non-seulement il constate les contraventions et les délits commis dans la circonscription de son autorité, mais la loi lui confère le droit de faire arrêter les inculpés et de les déférer à l'autorité centrale de laquelle il relève. Indépendamment de ce double droit, qui est purement répressif, le commissaire de police est investi d'une sorte de patronage, et ce n'est pas la partie la moins puissante ni la moins utile de ses fonctions. Ce patronage il le tient de sa position, beaucoup plus que de la loi. Il est en rapport avec le caractère mêiiie de l'homme, et il ne vaut qu'en raison de la valeur morale de ce dernier. Alors même que le commissaire de police use de son action répressive, alors qu'il interroge le contrevenant ou le délinquant, il lui est loisible, d'après le cours des, choses, de mêler à ses interrogatoires des enseignemens moraux qui peuvent faire pénétrer dans le cœur de l'inculpé des germes de repentir et d'amendement.

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