‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 247 sur 337 · ET LE MALFAITEUR PRISONNIER · texte numérisé non relu

ET LE MALFAITEUR PRISONNIER

jouissances qui, d'ordinaire, ne s'acquièrent que par le travail. Chez lui ces jouissances sont presque toujours désordonnées. Aussi , durent-elles peu, et il n'est pas rare de voir un larron coucher à côté du vagabond le plus déguenillé, après avoir dévoré en quelques jours , au jeu, en ripailles ou dans les maisons de débauche, ce qui aurait suffi aux besoins d'un honnête ouvrier pendant une année entière.

Il lui arrive même quelquefois de ne pas avoir assez pour se procurer le grabat de vagabond et d'être contraint de chercher une retraite sous les arches des ponts, dans les bateaux ou dans les carrières à plâtre qui avoisinent Paris. Ceci prouve que la condition du malfaiteur est souvent inférieure à celle du pauvre le plus délaissé et, à plus forte raison, à celle qui lui est réservée dans nos prisons. Du reste le changement d'habitude et de genre de vie coûte peu au malfaiteur. Le hasard est son idole; il s'abandonne avec insouciance au cours des évènemens et cette situation lui sied d'autant mieux qu'il gagne toujours par son métier de voleur, jusqu'à ce qu'il perde tout par sa condamnation. Alors, son pis-aller est de rentrer dans la prison, et cette nécessité lui paraît si peu une peine dans le sens rigoureux du mot que dans plusieurs maisons centrales, on a vu des misérables, au moment de leur mise en

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