ET LE MALFAITEUR PRISONNIER
prison l'effraie peu, le séjour qu'il peut être obligé d'y faire de nouveau est une des chances défavorables de sa vie vagabonde. Il y retrouvera d'anciens camarades; on y travaille, mais on s'y amuse; la nourriture et le coucher y sont bons. Que de sujets de tentation dans toutes ces aisances de prison, lorsqu'en définitive elles l'emportent sur les privations qu'entraînent la paresse et les désordres de l'inconduite ! La liberté est précieuse sans doute , pourtant quand il faut l'acheter au prix de tant de traverses, il n'est pas surprenant qu'elle finisse par lasser, et c'est ce qui arrive à plus d'un jeune libéré.
En faisant l'historique de l'intérieur des prisons françaises, j'ai fait celui de toutes les prisons de l'Europe. Elles pèchent les unes et les autres par les mêmes imperfections : aussi l'attention de tous les gouvernemens est fixée sur la plaie que je signale. La France, l'Angleterre et la Prusse ont donné, il y a quelques années, une forte impulsion aux progrès de la science des prisons. Des hommes distingués appartenant à ces trois nations, et versés la plupart dans l'étude de cette science , se sont rendus dans les Etats-Unis d'Amérique pour y voir fonctionner le système pénitentiaire introduit originairement par les quakers dans ce continent, et depuis perfectionné on plutôt accommodé à la faible na-