‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 271 sur 337 · MISES EN LIBERTÉ PROVISOIRE J LEUR UTILITÉ · texte numérisé non relu

MISES EN LIBERTÉ PROVISOIRE J LEUR UTILITÉ

Jusqu'ici , je me suis imposé le devoir de rappeler les faits résultant des expériences consommées dans la maison de discipline des jeunes détenus, et j'ai pris mes exemples dans les deux principaux quartiers , celui de la correction paternelle et celui des détenus jugés. Je tenais à raisonner sur des bases positives pour convaincre le public que je n'étais point partisan d'une théorie creuse ou d'un système de détention capable seulement de satisfaire à une partie des exigences de l'action pénale; ces faits établis, il me reste à expliquer le mécanisme de tous les ressorts de l'organisation appliquée à 5oo enfans, nombre que je fixerai comme maximum du pénitencier.

Je ne dois pas laisser ignorer d'abord, que la détention des enlans séquestrés de la société par suite de vagabondage, de mendicité ou de petits vols, peut être abrégée ou plutôt suspendue par une mise en liberté provisoire, sollicitée par les parens de l'enfant, auprès de M. le garde-des-sceaux, et dont l'obtention est soumise à des formes et à des contrôles qui rendent les abus très difficiles.

Le jeune détenu en état de liberté provisoire est replacé sous l'autorité de ses parens qui le mettent en apprentissage et le surveillent conjointement avec un patron ou tuteur officieux qui leur est associé s'ils le jugent convenable. L'enfant sait que la 1U

pour l'amendement des jeunes détenus. 33q

berté qu'on lui a rendue et qui est le prix de son amendement, est un don qu'il peut rendre durable et définitif par son application au travail et par ses bonnes mœurs hors du pénitencier, mais que ce don, soumis à certaines conditions, n'est pas irrévocable, et que des écarts graves de sa part peuvent l'en priver. Le sentiment qu'il a de sa position dé* pendante et précaire, l'oblige à consulter sa raison, à fuir les mauvaises compagnies et à se tenir en garde contre la contagion des mauvais exemples. Tous, malheureusement , n'ont pas la force de résister à cette contagion; ceux qui mettent en oubli leurs devoirs, sont réintégrés dans la maison pénitentiaire, sans qu'il soit besoin d'un nouveau jugement, puisque l'écrou n'est que suspendu par l'effet de la mise en liberté provisoire, et en vertu d'un ordre d'arrestation, délivré par le préfet de police.

Cependant, malgré ces rechutes, il n'est pas douteux, que la mesure des libertés provisoires est un moyen puissant de réforme, en ce qu'il impose au jeune libéré une certaine retenue, par la crainte de la réclusion, et que ce moyen d'intimidation étant purement moral, l'enfant est conduit peu-à-peu par l'empire de l'habitude et par les bons exemples qui l'environnent, à vaincre ses penchans vicieux et à rentrer tout-à-fait dans le droit chemin.

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