‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 272 sur 337 · MISES EN LIBERTÉ PROVISOIRE; LEUR UTILITÉ · texte numérisé non relu

MISES EN LIBERTÉ PROVISOIRE; LEUR UTILITÉ

Il ne faut pas confondre la mise en liberté provisoire avec le placement opéré par les soins de l'administration, de quelques jeunes détenus clans des ateliers, dont les chefs s'adressent à celle-ci pour obtenir d'elle des apprentis. Ces placemens autorisés par une décision du ministre des travaux publics du 3 décembre i83a, entraînent la libération complète des enfans à qui ils profitent, et l'administration n'aurait le droit de les séquestrer de nouveau dans la maison pénitentiaire, à la suite d'une récidive, qu'en vertu d'un jugement rendu à cet effet.

La mesure des libertés provisoires n'est pas seulement un utile auxiliaire pour la réforme des jeunes détenus; elle est aussi un moyen d'alléger les charges de l'administration, en diminuant par un procédé sage et judicieux la jeune population des maisons de détention. A ce double titre, elle devrait être maintenue comme rouage secondaire dans la mise en œuvre du système de l'isolement, lors même qu'elle ne devrait pas l'être comme ressort principal.

Les enfans détenus judiciairement dans la maison pénitentiaire ont des âges très divers. Il en est qui sortent à peine de l'enfance, et d'autres qui ont passé l'âge de la puberté; les plus âgés n'ont guère

pour l'amendement des jeunes détenus. 34 1

plus de dix-huit ans. Ces enfans, auxquels il faut joindre ceux en petit nombre qui sont placés administrativement dans le pénitencier, à titre d'hospitalité, forment la grande masse de la population des jeunes détenus. Leur détention se prolonge d'ordinaire pendant plusieurs années, tandis que celle des enfans de la correction paternelle n'excède pas six mois, et que généralement, elle est de très courte durée. Comme la situation des premiers a beaucoup plus d'analogie avec la position des détenus adultes que celle des seconds, nous la prendrons de préférence pour sujet de nos recherches et de nos observations, afin d'éclairer par ce moyen , et pour ainsi dire préliminairement , la solution du problème de l'emprisonnement individuel, en ce qui touche les malfaiteurs proprement dits.

Un des objets principaux de la séquestration des jeunes détenus étant de leur apprendre une profession manuelle, pour les mettre en état de gagner leur vie honnêtement, il importe à l'administration de choisir avec discernement les métiers qui devront être enseignés clans le pénitencier, et d'amener les entrepreneurs de travaux à accepter ce choix en traitant avec eux. Ces métiers doivent être tous usuels et de nature à être exercés aisément dans toutes les parties de la France. Il serait fâcheux que

Page 1