‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 329 sur 337 · COLONIES FORCÉES · texte numérisé non relu

COLONIES FORCÉES

fonctions publiques, ou même aux simples emplois dépendant de l'administration , conformément à la coutume établie dans les colonies australes. La ligne de démarcation que cette impossibilité morale établirait entre les habitans , serait une cause permanente de collisions et de troubles dans le sein des colonies, et il serait d'autant plus difficile d'y remédier, qu'il existe comme on sait en France, une répulsion invétérée dans toutes les classes de la population à l'égard des libérés.

D'ailleurs, il ne faut pas se dissimuler que la coutume que nous venons de rappeler n'a pu entrer jusqu'ici dans les mœurs des babitans honnêtes de la Nouvelle-Galles , lesquels n'ont cessé au contraire de protester contre l'immoralité de cette coutume. De plus , bien que les colonies australes doivent être considérées comme le patrimoine des déportés émancipés , suivant le principe et le but de leur institution, les émigrans libres éprouvent une invincible répugnance à voir en eux des égaux, car ils savent qu'avant leur émancipation ces hommes, étaient réputés par la flétrissure même de leur état , des esclaves domestiques dans les fermes où ils étaient emploj^és et que , s'ils sont réhabilités aux yeux de la loi par l'effet de l'accomplissement de leur peine, ils ne le sont pas aux yeux de la morale.

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