‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 72 sur 337 · DU PATRONAGE EXERCE · texte numérisé non relu

DU PATRONAGE EXERCE

le sein de l'établissement où il a passé sa vie un emploi de concierge ou tel autre qui lui permet de finir sa carrière honorablement sans recourir à la charité publique.

Ce régime est mis en pratique dans des établissemens d'une grande importance, car il en est qui renferment de 1 0 à 1 ,800 ouvriers ; les chefs d'industrie qui l'ont adopté sont dignes par cela même d'une estime d'autant plus méritée. Parmi eux , je citerai un manufacturier de Sedan (1), connu par l'étendue de ses lumières, autant que par la générosité de ses sentimens, qui fait une pension annuelle de 120 fr. à ceux de ses bons et vieux ouvriers qu'il n'a pas le moyen de placer dans ses établissemens d'une manière convenable à leur âge. Cette ressource quoique faible suffit pour ménager à ces vétérans du travail une retraite paisible dans leur village où ils vivent honorés auprès de quelqu'un de leur famille qui s'estime souvent heureux de l'apport de leur modeste pension. Je dois également signaler comme un trait peu commun et digne de toute la sympathie des amis de l'humanité, le procédé d'un autre manufacturier (2), placé à la tête de l'administration mu-

(1) M. Cunin-Gridaine.

(2) M. Gramer.

par l'entrepreneur sur l'ouvkier. 299

nicipale de Montpellier, qui non content de prodiguer à ses ouvriers tous les secours dont nous avons parlé plus haut va les visiter pendant leur maladie et les excite parla crainte de ne pas le recevoir convenablement ou de passer pour des pères de famille sans ordre et sans économie, à garnir leur logement de meubles suffisans et tenus avec propreté. La préoccupation qui résulte dans l'esprit des ouvriers et de leur famille, de la possibilité de ces visites solennelles, quoique modestes de la part de celui qui les faits, produit sur eux les meilleurs effets , car elle les oblige à contracter des habitudes morales et régulières , et à y persévérer.

A Paris, quelque bienveillans que puissent être les rapports existant entre les ouvriers et les fabricans , ou les manufacturiers , il y a des difficultés provenant, soit des distances, soit de la cherté de toutes choses qui ne permettraient pas au chef d'industrie le mieux intentionné , de suivre avec la même libéralité les exemples que nous venons de retracer. Il est cependant des établissemens qui ne comptent pas moins de six à sept cents ouvriers , conduits avec un tel esprit de justice et de bienveillance, que celui qui les dirige pourrait attendre d'une grande partie d'entre eux, les marques les moins équivoques de considération et de dévoûment. Nous citerons , entre

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