‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 76 sur 337 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Considérations générales sur le salaire des classes ouvrières. — De son insuffisance. — Est-elle imputable aux chefs d'industrie ou au cours du prix de la main-d'œuvre? — Coalitions illicites formées en Angleterre pour faire hausser les salaires , réduire le temps du travail et le nombre des apprentis. ■ — Détails à ce sujet. — ■ Essais de coalition abusifs en France. — De la contrainte morale ou de la prudence considérée dans ses rapports avec l'usage des forces reproductives de la population et avec la concurrence industrielle.— De la commandite du travail. — Moyen d'arriver à une fixation équitable du salaire. — Nécessité de recourir au patronage pour suppléer aux non- valeurs résultant du manque de travail. — Salaire des ouvrières. — ■ Salaire des chiffonniers. — Des devoirs de l'ouvrier envers l'entrepreneur. — Bien-être de l'ouvrier subordonné à l'accomplissement de ces devoirs. — ■ Examen de la conduite des ouvriers sous ce rapport, (i)

Il convient de distinguer dans les travaux qui sont du domaine de l'industrie manufacturière , les travaux simples et grossiers de ceux qui demandent une certaine dose d'intelligence de la part des ouvriers. Parmi ces travaux, il existe une gradation qui règle le rang des ouvriers en même temps que le taux de leurs salaires. Il est même un degré de

(i) Ce chapitre a reçu des additions nombreuses el importantes , notamment les observations relatives a la contrainte morale ou à la prudence, lesquelles n'existaient pas dans le mémoire soumis au jugement de l'Académie.

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l'échelle industrielle où le salaire prend la forme et la dénomination de traitement , et se trouve à l'abri jusqu'à un certain point des oscillations de l'industrie. Ce degré est le point de départ de la hiérarchie, qui, de degré en degré, vient aboutir au chef de l'entreprise , ainsi que nous l'avons dit dans le chapitre précédent; cette hiérarchie se compose des employés supérieurs et des sous -chefs de l'établissement; le traitement des premiers dans les maisons importantes s'élève de 1,800 à 3,ooo fr., et celui des seconds de 1,200 à 2,000 fr.

Dans les maisons d'un ordre inférieur et dans les établissemens dépendans de la petite industrie , les employés et sous-chefs ne sont pas rétribués sur un pied aussi élevé; mais, en tout cas, ils jouissent d'un traitement en rapport avec leur capacité, et qui les place dans une position tout autre que celle de la masse des ouvriers , bien que ce traitement ne soit pas toujours fixe, et qu'il se rapproche quelquefois de la forme du salaire, du moins quant aux sous-chefs de dernière classe. Pour eux les variations de l'industrie ne sont point une question d'existence, ils s'en ressentent comme tous les travailleurs, avec cette différence, pourtant, qu'ils peuvent faire face par leurs épargnes aux embarras momentanés quelles engendrent. Aussi , la sollicitude publique

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