CHEFS D'INDUSTRIE, CONTRE-MAÎTRES ET OUVRIERS
de l'impôt; on leur conférait des titres nobiliaires; enfin, on les faisait participer aux diverses immunités qu'il était au pouvoir de la cité d'accorder à ses habitans.
Assurément, mon intention n'est pas déconseiller l'emploi des mêmes moyens de récompense; ceux qui ne sont pas surannés pourraient devenir abusifs ou trop onéreux pour les fonds de la cité. Sans créer de nouveaux privilèges qui seraient bientôt la proie de l'intrigue et de la faveur, il serait aisé de récompenser les entrepreneurs pour leur belle conduite et leurs bonnes actions comme on les récompense pour l'utilité, la nouveauté, le bon marché et la perfection de leurs produits industriels. Des médailles consacreraient leur bienfaisance , de même que des médailles constatent la supériorité de leurs produits sur ceux de leurs émules. On pourrait même, au lieu de médailles, leur faire don de quelque tableau que l'on commanderait à nos meilleurs artistes, ou d'autres objets d'art dont l'élégance, le fini et la richesse seraient dignes de répondre au vœu et au but moral d'une grande cité ou d'un département tout entier. Ces sortes de récompenses que je n'ai voulu qu'indiquer, seraient susceptibles d'une grande diversité , quoique l'autorité dût en être sobre : on devrait les épuiser avant d'accorder la croix
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d'honneur à l'entrepreneur qui la recevrait comme dernière distinction.
Il en est de même de celles qui seraient destinées aux contre -maîtres et aux ouvriers jugés les meilleurs entre les bons. Les corps administratifs et les autorités, que nous avons désignés plus haut, trouveraient des moyens de récompense dans une modeste dot votée en faveur de la fille du contre-maître ou dans une bourse accordée à l'un de ses fils que l'on jugerait apte à être placé dans une école d'arts et métiers. Des avantages analogues devraient être répartis parmi les enfans des ouvriers les plus laborieux, les plus économes et les plus soumis.
Dans l'état actuel de nos mœurs, l'esprit d'association est un ressort, un moyen d'action dont le gouvernement peut tirer un parti très avantageux pour moraliser et contenir les masses. Cette arme, car c'en est une, peut être offensive et dangereuse, quand elle est maniée et employée par les factions, mais elle peut aussi être défensive et protectrice, du moment qu'elle est placée dans les mains de gens paisibles et honnêtes, occupés, sans arrière-pensée, du bien-être des classes pauvres. Les relations des sociétés philanthropiques avec l'administration ne sont pas toujours exemptes, il est vrai, de difficultés