Pranioz. Droit civil, t, II, p
que la loi a pu faire naître tel qu’elle a voulu et même contraire à l'intention probable des débiteurs.
Et ceci nous permet de répondre à une autre objection qui serait capitale si elle était juste. « Il est impossible d'appliquer à la solidarité l’idée de représentation, écrit M. Pilon, car la représentation que l’on admet entre codébiteurs solidaires est complètement en dehors de la notion de représentation reposant sur la commune intention de trois personnes : représentant, représenté et tiers dont la volonté participe à créer le rapport de représentation (1). »
Évidemment il est impossible de voir entre les codébiteurs solidaires une représentation conventionnelle et le soutenir, ce serait, comme le fait justement observer M. Pilon, sortir de la représentation et donner son nom à un rapport tout différent. Mais la représentation légale des codébiteurs entre eux suppose-t-elle nécessairement la commune intention de trois personnes ou bien ne manifeste-t-elle que la volonté du législateur ? « La représentation juridique d’une personne par une autre peut exister en dehors de tout contrat”; le mandat n’est qu’un des moyens de la créer, il n’est pas le seul. Par le seul fait que l'obligation est solidaire, chacun des débiteurs représente les autres dans l'intérêt du créancier
et pour la conservation de son droit (2).