Baupry-LacanTineRiE, t. 11, n
2. Democomse, op. cit, n° 349, — LarmoBiere, t: Il, art. 1207, n° 1.
Cet article est le corollaire de l’article 1205 qu'il vient compléter et préciser. L'article 1205 s’occupe des effets de la demeure dans les obligations de corps certains, l’article 1207 s'occupe de ces mêmes effets dans les obligations solidaires de sommes d’argent. Le premier, il vrai, dans les obligations de corps certains soustrait à la charge des dommages-intérêts les codébiteurs non en demeure ; le second, dansles obligations de sommes d’argent, impose le paiement de ces dommages-intérêts, appelés ici intérêts tout court, à tous les codébiteurs qu’ils soient ou non en demeure. Mais cette contradiction n’est qu’apparente. Les dommages-intérêts peuvent avoir dansles obligations de corps certains une importance etune étendue considérable ; ils peuvent faire d’une obligation peu lourde au début une charge écrasante pour les codébiteurs ; ils sont une conséquence possible, nullement nécessaire de l’obligation et quand ils s’y ajoutent, ils l’augmentent et l’aggravent,. Si la représentation avait pour effet d’obliger les codébiteurs qui ne sont pas en demeure à payer ces dommages-intérêts, elle existerait alors réellement ad augendam.
Au contraire, dans les obligations de sommes d’argent, les dommages-intérêts ne consistent jamais que dans la condamnation aux intérêts fixés par la loi, et l’addition des intérêts au capital est une conséquence naturelle et prévue des obligations de sommes d’argent. Les intérêts sont une suite à ce point
directe, normale, ordinaire et prévue de l’obligation qu'ils doivent être considérés comme en faisant partie intégrante. Un débiteur s’engage pour telle somme et les intérêts qu’elle produira. Dès lors la représentation entre codébiteurs solidaires, si elle a pour effet de faire courir, contre tous, les intérêts, quand la demande est formée contre un seul, cettereprésentation n'existe pas ad augendam, car en fait et dans l’intention des parties, ces intérêtsne sont pas distincts de l'obligation elle-même ; ils font partie intégrante de
son objet.