CHAPITRE XI. - Du rechange
252. Si la lettre de change est tournée à protêt, le porteur, pour obtenir son payement par les voies judiciaires, est obligé d'attendre un délai souvent fort long. Lorsque, pressé par les besoins
endosseurs , pour arriver à exiger leur acceptation ou payement, A défaut d'acceptation ou de payement par la personne sur laquelle elles sont tirées , le porteur doit, après avoir bit le protêt, solliciter l'acceptation ou le payement des besoins {sujetos) raen-
de son commerce, il est de sou intérêt de trouver de l'argent sur-le-champ, il peut se rembourser amiablemcnt et sans relard. Un double moyen lui est offert. Il a le choix d'emprunter dans l'endroit où il devait toucher : ou bien, et c'est le mode le plus fréquent, il se fait escompter par un banquier une traite, ordinairement à vue, sur l'un de ses débiteurs, contenant la valeur de l'ancienne, et il touche ainsi le net produit de celte nouvelle négociation.
Mais, comme il est obligé d'avoir recours à l'intermédiaire d'un tiers, et de lui payer ou un intérêt , ou un certain droit de commission , il ajoute ce droit à sa créance, cl il se couvre de son côlé au moyen du rechange ou arrièrechange, ainsi que l'appelaient nos anciennes ornances (t).
Dans le premier cas, le rechange est l'intérêt de l'argent emprunté; dans le deuxième cas, c'est un second change pour raison de la nouvelle lettre de change tirée pour cause de protêt.
La lettre remise au banquier, en vertu de l'opération de rechange, est nommée retraite. Sous l'ancien droit, on la désignait également par le nom de lettre de sur-protest. >
253. L'art. 178 définit la retraite d'une manière parfaitement claire : c La retraite, dit cet article, est une nouvelle lettre de change, au moyen de laquelle le porteur se rembourse sur le tireur, ou sur l'un des endosseurs, du principal de la lettre protesléc, de ses frais et du nouveau change, qu'il paye. >
Voici un modèle retraite :