LXVII-631 \nacoluthe
Holger letersen
Ainsy que font gens de pays, Mais de luv point ne s’adviserent, 664 Dont depuis furent esbahis.
LXXII Ce pendant le temps que je di:
Le sainct se mist en oroison.
667 Lors vint l’angle de paradis Luy proferer plusieurs beaulx dictz Seul a part luy en sa maison,
sie Disant qu'il estoit bien saison Que a iceulx se fist acongnoistre Et que Dieu vouloit et raison
673 Que aux armes se voulut remestre
LXXIII Et aussy que Dieu luy rendroit
Sa iemme et ses enfans briefment,
656 Et que plus gueres n’attendroit Que :on premier estat tiendroit De connestable noblement,
és Aymant tousjours parfaictement Dieu. nostre vray seigneur et roy, Sans forvoyer aulcunement
6s2 Contre la christienne loy.
LXXIV Adonc prepara ung disner
Et urg grand convive notable
685 Qu» aux chevaliers voulut donner, :
Comme il le sceust bien ordonner, Et luy mesme servoit a table.
ess L’ung disoit: «C’est le connestable Le quel nous festye en ce point.»
L’aultre disoit: «Ce n’est que fable,
6s1 Mon compaignon, ce n’est il point.»
LXXV Quand ilz ie regardoyent en face Tres souvent changoit de couleur, 6: Et furent ainsy longue espace, Par quoy le benoict sainct Eustace Avoit au coeur griefve douleur.
67 Puys leur dict: «Seigneurs de valeur,
LXXV\V-694 furet.
[Fol. 20 v°]
[Fol. 21 r°]
(163) Deux Vies de saint Eustache 211
Je suys Placidas, proprement, Qui par fortune et par malheur 700 AY vescu ainsy povrement.» [Fol. 21 v°]
LXXVI Alors, en duscouvrant sa teste,
Par une playe le congnurent,
703 Puys se mirent, sans plus d’enqueste, Vers luy a genoulx a grand feste, Car jamais sy joyeux ne furent.
706 Et du grand plaisir qu’il en eurent Pompeusement l'ont revestu, Luy faisant honneur tant qu’ilz peurent,
709 Comme a leur chief plein de vertu.
LXXVII Il fut monté et acoustré,
Comme appartenoit a tel homme,
712 Pour estre a l’empereur monstré Mais au devant qu’il fut entré Jusques près des faubourgs de Romme,
715 On nonça a l’empereur comme Il estoit de venir en voye.
Qui d’or luy eust donné grand somme,
718 Il n’eust pas eu s grande joye. [Fol, 22 r°]
LXXVIII L'empereur vint hors la porte
A tout son sceptre royal
721 Et le tiaire qu’i porte En estat imperial, Disant: : Mon amy feal!
724 Helas! Qui t’a tant tenu?
Tousjours m’as esté loyal, Amoureux et cordial:
727 Tu soyes le bien venu!
LXXIX Chevauche de costé moy, Car souvent te regrettoye.
130 Par tous les dieux de ma loyl!
Sur tous je te souhettoye, Et en grand soussy je estoye 733 Que tu estois devenu. | . Maintenant transsys de joye