II. — Version basée sur te texte latin de l’Abbreviatio
4. — Citons d’abord le commencement de cette traduction (d’après le ms. français 988 de la Bibliothèque
nationale, fol. 230 v°):
Sainz Eustaces estoit apelez Plaisanz an son non et estoit maitres de la chevalerie Tragien l’ampereor et estoit paiens. Et nequedant il estoit mout anta{n]tis en huevre de misericorde. Et cum il chacest chacun jor avec les compaignons, il trova un . jour un fouc de cers antre les quelx il vit un qui plus granz et plus biax estoit que li autre et le dessirra mout a panre.
Cette version nous a été conservée dans quatre manuscrits, à savoir: le ms. français 988 de la Bibliothèque nationale, le ms. 587 de la Bibl. Ste Genev., le ms. 451 de Lille et le ms. 70 d’Epinal (la fin seulement). ! Cette version correspond exactement à son modèle sauf quelques rares divergences insignifiantes. ? Paul Meyer $ a donc tort d'affirmer que le traducteur paraît avoir traité très librement son original. 4
1 Voir Paul Meyer, Notices et extraits, XXXVI, 1—69, 717 —21, et Histoire littéraire de la France, XXXIII, 450, note 5.
? Nous avons comparé le texte français aux copies latines de l’Abbreviatio qui se trouvent dans le ms. 937 de la Bibliothèque de l’Arsenal et le ms. latin 5639 de la Bibliothèque nationale.
8 Histoire littéraire, XXXIII, 454. :
# La graphie du copiste du ms. 988 présente des traits lorrains nets: boiche (— bouche), roiche (= roche); diauble, permainnauble;
74 Holger Petersen (26) III. — Version basée sur le Speculum historiale
5. — Pour l'étude de ce texte, nous avons comparé les manuscrits français 313 (daté de 1396) et 315 (du XVe siècle) de la Bibliothèque nationale avec l'édition latine suivante: Bibliotheca mundi seu speculi maioris Vincentit Burgundi praesulis Bellovacensis, ordinis praedicatorum, theologi et doctoris eximii, Tomus quartus, qui speculum historiale inscribitur. Duaci, ex Officina Typographica Balthazaris Belleri, sub Circino aureo. Anno MDCXXIV. Nous donnons ici le commencement d’après le ms. 313 (fol. 130 v°):
Eustace vraiement seurnommé Placides estoit paien et maistre de la chevalerie de Traien emperiere. Mais si comme il estoit ententif es euvres de misericorde ! et il entendist chascun jour a vener avec ses compaingnons, il trouva un jour une compaingnie de cers, et si comme ilz estoient avironnés de chevaliers, il vit entre yceulz cers un qui estoit plus bel et greigneur, le quel il, desirant a prendre, est sui, fuiant s’en el bois, de si a tant que le cerf s’en ala sus la hautesce d’une roche et se tint ylc.
Cette traduction ne donne lieu à aucun commentaire, le traducteur suivant avec une exactitude scrupuleuse la leçon de son modèle.
mervoille, ploins, ansoignes; mas, ma (— mais), je vanra (= viendrai), je gardera, maïs, de l’autre côté, les 3es personnes baisai, demorai; e pour a: es (— tu as), es (— à + les), ale (— il alla), tu serez; chacest, menest, alest (3° p. de l’imp. du subj.), meniere, essemblez; nous aviens; meinre (— moindre), couveinra, couvanra (= conviendra), vinrent, panre (— prendre), vaignent (3° p. du prés. du subj.); auler (— aller), aulez, aulerent; aus (— eus, pron.); louf (c.r.; c.s. — lous), par tou (— partout).
1 C’est la leçon du ms. 315, ainsi que celle du ms. français 50 de la Biblioth. nationale. Le ms. 313 porte: M. si c. il e. pou chascun jour entendible en l’euvre de sa chevalerie.
(27) Deux Vies de saint Eustache 75