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H-C-OH

COsH

L’acide tartrique renferme donc 1 atome de carbone asymétrique ; mais remarquons que le dernier des groupes substitués est identique au groupement dans lequel il entre, qu'il possède par conséquent aussi 1 atome de carbone asymétrique.

La molécule de l’acide tartrique se compose donc de deux groupements actifs, qui peuvent présenter chacun deux arrangements d’une symétrie inverse. Si les deux groupements sont superposables, leurs effets sur la lumière polarisée s’ajouteront et l’on aura l’acide tartrique actif, droit ou gauche. Si, au contraire, la symétrie des deux groupements est inverse, leurs effets se neutraliseront et l’on aura l’acide tartrique inactif, non dédoublable. Enfin, quant au quatrième acide, l’acide racémique ou tartrique inactif et dédoublable, on doit le considérer comme une combinaison ii parties égales des acides droit et gauche. Il possède donc très-probablement, ainsi que ses dérivés, i molécule double de celle des autres composés tartriques [J. A. Le Bel, Bull, de la Soc. chim., t. XXII, p. 337; — J. II. van ’t Hoff, ibid., t. XXII I, p 295J.

M. Berthclot a cherché à expliquer l’existence des quatre acides tartriques par une théorie ingénieuse sur l'orientation des mouvements vibratoires dans la molécule [Bull, de la Soc. chim., t. XXIII, p. 338].

Indépendamment des quatre acides tartriques, on a décrit, sous les noms d’acide mètatarlrique et d’acide isotarlrique, deux substances qu’on obtient en maintenant en fusion l’acide droit, et qui possèdent la môme composition que l'acide tartrique. On ne sait rien sur la nature de l'acide métatartrique ; l’acide isotartrique, au contraire, n’est probablement que le premier anhydride de l’acide tartrique, l’acide ditartrique. — Voyez Tartriques anhydrides.

Nous décrirons successivement les acides tartrique droit (p. 200), gauche (p. 223), racémique (p. 226), tartrique inactif (p. 230) et métatartrique (p. 231), ainsi que les sels de ces acides. Les modes de formation et de synthèse et les

dédoublements sont étudiés avec l’acide tartrique droit.

Pour les amides et les éthers tartriques, voyez les articles spéciaux.

Le mot tartarum (plus tard tartarus) ne se trouve dans les écrits des alchimistes qu’à partir du xic siècle ; il est d’origine arabe, tarlar désignant dans cette langue le dépôt du vin. Plus tard, le mot tartarus a été donné à des corps les plus divers, notamment aux sels préparés avec le carbonate de potassium provenant de la calcination du tartre : tartarus vitriolatus (sulfate de potassium) ; tartarus regeneratus (acétate de potassium), etc. Paracelse avait employé le même mot pour désigner les sédiments des liquides organiques ( tartarus urinœ), etc.

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