CII (O U)-C02U CH (O II) -CO5 II
Acide tartrique.
Le produit de la réaction saturé par la chaux donne un précipité qui no se dissout qu’en partie dans l’acide acétique. Le sel calcique insoluble est décomposé à la température de l’ébullition par le carbonate de potassium et la solution est sursaturée d’acide acétique : il se précipite du racémate acide de potassium. L’acide libre offre les caractères de l’acide racémique. Cette réaction fournit sans doute en même temps de l’acide tartrique inactif; mais le bitartrate inactif de potassium étant beaucoup plus soluble que le racémate a dû rester dans les eaux-mères (A. Strecker, Zeitsch. fur Chem., 1868, p. 216; Bull, de la Soc. chim., t. X, p. 257J.
La réaction de l’acide cyanhydrique sur le glyoxal avait été étudiée d’abord par Schoeyen; mais ce chimiste n’était pas arrivé à isoler un produit pur ; il a décrit sous le nom d’acide glycotartrique un acide sirupeux, auquel il a attribué la formule de l’acide tartrique t>H806 (voyez t. I, p. 1626) [Ann. d. Chem. u. Plmrm., t. CXXXH, p. 168; Bull, de la Soc. chim., 1865, t. III, p. 295J.
Préparation de l’acide tartrique. — La préparation de l’acide tartrique est une opération industrielle ; elle sera décrite dans un article spécial [voyez Tartmque, acide (industrie)]. L’acide livré au commerce est assez pur; cependant il contient ordinairement un peu d’acide sulfurique libre et un peu de sulfate de calcium; pour le débarrasser de ses impuretés, on le fait cristalliser à plusieurs reprises dans l’eau.
Propriétés et réactions de l’acide tartrique. — 1° L’acide tartrique forme de beaux cristaux transparents, incolores, d’un poids spécifique de
l, 75 (Richter), de 1,73'J (Beignet), de 1,764 (SchifT).Les cristaux appartiennent au typeclinorhombique; ils ont été mesurés par un grand nombre d’observateurs [Haberle, Taschenb-, 1865, p. 160 ; — Soret, ibid., 1823, p. 1 H ; — Bernhardi, N. Journ. d. Pharm., von Trommsdorff; — Brooke, Ann. of Phil ., t. XXII, p. 118; — Péclet, Ann. de Chim. et de Phys., (2) t. XXXI, p. 78; — Hankel, Poggend. Ann., t. XLIX, p. 500; — E. Wolff, Journ. fur praht. Chem., t. XXVIII, p. 138; — De la Provostaye, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. III, p. 131 ; — Pasteur, ibid., t. XXVIII, p. 66].
Nous donnons ici les mesures de la Provostaye et de Pasteur; formes: d1/1, (6,;2 dl,i g ')•
m, e1, o', a1, h1, p; angles : mm = 77° 8’; IPo1 == 135°0' ; h'p = 100°17' ; e’p = I3I"30’.
Les cristaux présentent un aspect dissymétrique ; la face e1 manque généralement à gauche ou n’ost que très-pou développée, tandis qu’elle se trouve presque toujours à droite ; cependant dans des cas rares, les cristaux sont parfaitement réguliers. Dans les macles, le plan d’assemblage est parallèle à g1. Plan de clivage A*. Les cristaux de l’acide tartrique sont fortement pyroélectriques (E. Simon). Ils se chargent des deux électricités lorsqu’on les chauffe ou lorsqu’on les refroidit; la chaleur de la main suffît déjà pour accuser les pôles. L’axe b est l’axe électrique, et, par échauffement, le pôle positif se trouve du côté gaucnc du cristal, tandis que le côté droit se charge a e-
TARTRIQUES (ACIDES).
ectricité négative; par refroidissement
C°LeTcri8tqauxade l’acide tartrique droit possèdent les mêmes propriétés optiques que ceux de 1 aci gauche : ils sont négatifs ; l’angle des axes opt ques est d’environ 120°; la bissectrice est pa - Tlèle à la diagonale horizontale (axe b); et le pla des axes optiques fait un angle do 20 ' avec la
tsection principale passant par la diagonale hoi zontalo (Sénarmont).
2" Les cristaux d’acide tartrique ne contien nent nas d'eau de cristallisation; ils sont inaltérables à l’air. L’acide tartrique est très-soluble ■dans l’eau ; 100 p. d’eau à 22» en dissolvent 130^,6 ou, en d’autres termes, la solution saturee a z. £n contient 57,75 »/„ (Maischl ; Gerlach a trouvé un chiffre un peu different, 57,9 »/„, pour la solution saturée a 15". La densité des solutions de différentes concentrations a été déterminée par plusieurs observateurs [Ricliter, Neuere Cegenstœnde, t. VI, p. 39; — Osann, Arch. f. «• 0®sammteNaturl.v. Karsten, t. III, p.iOietp. -bJ; t. V, p. 107; — H. Schiff, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CX11I, p. 183; - G. Th. Gerlach, Jahresb. far Chem., 1859, p. -44 et p. 48 ; —J. M. Maisch, ibid. 1 805, p. 392], Les résultats obtenus concordent bien entre eux.
203 TARTRIQUES (ACIDES) c’est le
en solution, (voyez t. II,
Densité
Acide en 100 p.
Densité
Acide en 100 p.
de solution.
de solution.
La dilatation des solutions tartriques a été déterminée par Gerlach; le tableau suivant indique le volume a différentes températures de deux solutions, contenant 25 et 50 "/„ d’acide tartrique, le volume a 0° étant égal à 1 :
Tempé-
SotuUon
Solution
rature.
solution
d’acide tartrique
il est doué du pouvoir rotatoire .voyez i,. il, p. 251); les solutions dévient a droite le plan de la lumière polarisée, rnais e phénomène offre des anomalies qui ont été complètement étudiées par Biot (voyez à 1 article Lumière, t. II, p. 252).
La solution d’acide tartrique à 25 °/0 bout
L’acide tartrique en se dissolvant dans l’eau absorbe — 3cal,45 (Berthclot), — 3cal,60 (Thomsen) (1 calorie = kilogramme-degré).
L’acide tartrique se dissout facilement dans l’alcool ; 100 parties d’alcool a 80 centièmes en dissolvent à 15°, 49 parties donnant une solution d’une densité do 0,999 (Schiff). 11 est trèspeu soluble dans l’éther. Le coefficient de pareil] tage pour l’acide tartrique en présence de l’eau l! et de l’éther (voyez t. II, p. 1546) est exprimé par i la relation c= 133 — Sp, dans laquelle p reprérW sente la quantité d’acide tartrique contenue fina- Mij lemcnt dans 10 centimètres cubes de la solution liil aqueuse (Berthelot et Jungfleisch).
La solution aqueuse de l’acide tartrique se »!: recouvre à la longue de moisissures; certains antiseptiques , phénol, acido salicylique, etc., 1 ajoutés en petites quantités, empêchent le développement des champignons.
3° L’acide tartrique è l’état cristallisé n’agît pas sur la lumière polarisée, mais à l’état fondu et
Le pouvoir rotatoire spécifique varie avec la concentration ; il augmente d’une manière notable avec la dilution des solutions; la formule empirique suivante, proposée par Landolt, donne le pouvoir rotatoire pour la lumière jaune du sodium :
c = ie nombre de grammes d’acide contenus dans 100 centimètres cubes de la solution. La rotation augmente aussi avec la température et par l’addition de l’acide borique. Dans ce dernier cas, la dispersion anomale disparaît et l’acide tartrique se comporte comme le quartz, le sucre, etc. Il est probable que l’augmentation du pouvoir rotatoire et la régularisation des phénomènes de dispersion que l’acide tartrique éprouve par l’addition de l’acide borique, sont dues à une combinaison, une sorte do sel ou d’éther formé par les deux corps (Voyez sur le pouvoir rotatoire Biot, Mém. de l’Institut , 1836-1837 ; Ann. de Chim. et de Phys., (2), t. X, p. 316 et p. 385; t. XI, p. 82; ibid., (3), t. XXVIII, p. 215 et p 3ol ; t. XXIX, p. 35 et p. 341; t. XXXVI p. 2o7 et p. 4U5; — Dubrunfaut, Comyt. rend., t. XL11, p 112- — Arndtsen, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. L1V, p. 403; — F.-W. Krecke, Arch. neerland., t. VII, p. 97 ; et Jahresb. fur Chem.. 1872, p. 154; — H. Landolt, Deutsch. cliem. Gesellsch., t. VI, p. 1073].
L’équivalent de réfraction de l’acide tartrique en solution est de 45,1 S (J.-II. Gladstone).
4° L’acide tartrique fond entre 170° et 180" et se transforme sans perdre de l’eau en un isomère, l’acide métatartrique (voyez à la fin de cet article); si l’on prolonge l’action de la chaleur, il se dégage de l’eau, et l’acide tartrique fournit p' jsieurs anhydrides. — [Voyez Tartriques (Anhydrides)].
Une température encore plus élevée détermine une décomposition profonde très-complexe. Lorsqu’on chauffe l’acide tartrique peu à peu à 220°, il se boursoufle considérablement, devient de plus en plus foncé, et au bout de quelque temps il entre en ébullition régulière, dégage du gaz carbonique et fournit un liquide jaune, contenant de l’eau, de l’esprit de bois (7), de l’acide acétique, de l’acide pyruvique, de l’acide pyrotartriqueet un produit sirupeux non volatil; ce mélange ne renferme pas d’acide formique. Si l’on ne dépasse pas 220°, le résidu est noir, semiliquide, et devient dur après le refroidissement; chauffé à une température plus élevée, ce résidu fournit du gaz des marais, une huile empyreumatique, et laisse un charbon très-volumineux (Berzelius).
Pelouze a étudié l’influence de la température sur la décomposition de l’acide tartrique; entre 1 79 et 190", cet acide donne du gaz carbonique, de l’eau, de l’acide pyrotartrique en notable proportion, et seulement une petite quantité d’éthylène, d’acide acétique, d’huile empyroumatique et de charbon; entre 200 et 300", les mêmes produits apparaissent, mais les trois premiers sont moins abondants; enfin, si l’on distille l’acide tartrique à feu nu , on n’obtient qu’une trèsfaible quantité de gaz carbonique, d’eau et d’acide pyrotartriquo, mais beaucoup d’éthylène, d’huile empyreumatique, de charbon et de l’acido acétique très-concentré [Ann. de Cliim. et de Phys-, (2), t. LVI, p. 297]. Depuis, ou a trouvé parmi les produits de la distillation do l’acide tartrique,
TARTRIQUES (ACIDES). — 204 — TARTRIQUES (ACIDES).
de l’acétone (Voelckel) et de l’acide pyrotritarique (t. II, p. 1268).
La décomposition de l’acide tartrique sous l'influence de la chaleur est donc une réaction très-compliquée, et il est difficile d’expliquer par des formules, la production d’une grande quantité d’acide acétique, de l’éthylène, etc. Quant à la formation du gaz carbonique, de l’acide pyruvique , de l’acide pyrotartrique et de l’acide pyrotritarique, on peut admettre dans une première phase que l’acide tartrique se scinde en gaz carbonique et acide glycérique :