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III. MATÉRIEL DE TEINTURE ET D'IMPRESSION

Nous passerons sommairement en revue les principaux appareils employés pour teindre ou imprimer.

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La teinture pour la laine et le coton peut se donner sur la fibre brute cardée et simplement nettoyée (coton cardé, laine en toison), sur les filés ou écheveaux, ou sur les tissus ouvrés; pour la soie, le lin et le chanvre on ne teint que les filés ou les tissus. L’outillage du teinturier doit nécessairement varier suivant qu’il opère avec les filés ou les tissus; il varie encore dans une certaine mesure avec la nature de la fibre. Le but à réaliser consiste toujours à tremper la fibre dans une solution colorante ou autre, en vue de l’imprégner de cette solution. On peut donc faire usage de terrines, de baquets, de cuves plus ou moins profondes, cylindriques ou rectangulaires, de cuviers, voire même de tonneaux, de barques ou caisses rectangulaires, de chaudières en cuivre étamé , de cuviers doublés de plomb au besoin. Suivant que 1 immersion doit avoir lieu à froid ou à une température élevée, il convient de prendre des dispositions spéciales. Les moyens de chauffage sont : Le feu nu pour les chaudières en métal; il n’est plus employé qu<

• dans des teintureries assez peu importantes pour se passer d’un générateur. De toute façon, on a trouvé un grand avantage à remplacer le chauffage direct par la vapeur, dont l’emploi s’applique à toute espèce de vases, de barques ou de cuves à teindre, ). quelles que soient leur forme et leur substance. Lorsqu’on ne craint pas d’étendre le bain par la condensation, on peut faire arriver directement la vapeur dans le liquide à échauffer, au moyen d’un tuyau percé de trous qui répartit aussi uniformément que possible la vapeur dans le fond de la cuve; dans le cas contraire, on fait circuler la vapeur dans des tubes recourbés sur eux-mêmes et munis de robinets à l’entrée et à la sortie, disposés au fond du vaso et communiquant d’une part avec le générateur, d'autre part avec le tube purgeur. Ou bien encore on se sert de chaudières

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h double enveloppe, en faisant circuler la va neur dans l’espace réservé entre les deux. l,a fl eure 724 donne une idée d’un bain de teinture chauffé à la vapeur. On y vou une cuve cylindrique en bois ou en tôle garnie de bois, et un tubo vertical extérieur, amenant la vapeur du

générateur et communiquant avec lui par 1 intermédiaire d’un robinet. Le tube communique avec un tube en cuivre, placé au fond de la cuve, recourbé en cercle et fermé par son extrémité. La partie circulaire qui baigne dans le bain est percée d’un grand nombre de petits trous par ou

Fig. 725. — Atelier de mordançago.

s’échappe la vapeur. On évite ainsi le bruit qui résulte de la condensation de la vapeur s’échappant d’un grand orifice.

Appareils tour la teinture des Écheveaüx. — La manœuvre des écheveaüx est différente suivant la nature de la fibre. Ainsi, par exemple, s'agit-H de mordanccr des fils ou écheveaüx, ma- \

leaux de coton ou de lin, dans une maçonnerie à hauteur d’appui (fig.725), se trouvent encastrées des jarres de terre contenant le mordant et des terrines dans lesquelles on manœuvre les mateaux. On commence par introduire six à sept litres de liquide dans la terrine; on plonge dans la jarre le mateau abreuvé d’eau, c’est-à-dire également

imprégné de ce liquide, puis on le foule dans la terrine voisine, au sein du mordant; en le pressant à plusieurs reprises contre le fond et les parois du vase, en le tournant entre les mains, jusqu’à ce que l’on juge que le liquide a bien pénétré; on élève alors l’écheveau et on le cheville. A cet effet, l’ouvrier suspend le mateau à une cheville en forme de corne de bœuf fixée dans un poteau vertical au-dessus de la terrine, et le tord fortement; le liquide exprimé s’écoule dans la terrine. L’immersion et le chevillage sont répétés plusieurs fois, après quoi on évente, ouvre ou frise le mateau sur une table, pour le porter

ensuite au séchoir. Ce travail, qui se fait à main d’ouvrier, peut être avantageusement remplacé, au point de vue de l’économie du temps et de la main-d’œuvre, par celui d’une machine dans le genre de celle de \1. Prévinaire de Harlem, connue sous le nom de machine à passer ou à dégorger (fig. 726j. Elle consiste en deux paires de cylindres horizontaux en bois,de0"‘,50de long, sur 0m,45 de diamètre, disposés sur un bâti en fonte. Les cylindres inférieurs ont une de leurs extrémités entièrement libre, pour pouvoir placer sur eux les pantes de coton. Ils sont portés par des coussinets et pourvus de pignons uni engrènent dans

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ceux des cylindres supérieurs mobiles. Ceux-ci peuvent être abaissés sur les cylindres inférieurs, au moyen d’un déclanchement qu'on fait jouer à

| puiser tout ou partie du liquide contenu dans I les pantes; les cylindres inférieurs sont placés à | pende distance du niveau du liquide dans lequel les pantes, placés sur les cylindres inférieurs, trempent d’un tiers de leur hauteur. Pour le mordançage, cet appareil est établi au-dessus de petits bassins; pour le dégorgeage, sur le bord postérieur d’un pont au-dessus d’un cours d’eau. Dans l’un et l’autre cas, le fonctionnement se comprend aisément : le mouvement do rotation des cylindres entraîne les pantes, de sorte que toute leurcirconférence immerge etsort régulièrement du bain ou de la rivière d’une manière continue. Les portions des pantes imprégnées de liquide qui viennent de sortir du bain, passant entre les deux cylindres, sont plus ou moins dégorgées ou exprimées, grâce à la pression graduée du cylindre supérieur. Avec cette machine, deux hommes suffisent pour le travail de30U kilogrammes de fibre en deux heures

.Fig. 727. — Mordançage de la laine en écheveaux.

Fig. 728. — Barque pour le mordançage.

la main ou avec le pied. On diminue à volonté la pression au moyen d’un levier à poids, exerçant son action sur les cylindres supérieurs. Le poids des cylindres supérieurs suffit pour ex-

Le mordançage de fils de laine, ainsi que la teinture, s'effectuent à chaud dans des chaudières profondes ayant la forme de cônes, chauffées à fou nu ou à la vapeur (fig. 727). L’ouvrier passe au

centre des mateaux de longs bâtons ou lisoirs, pouvant s’appuyer par leurs deux extrémités sur les bords de la chaudière; il tourne avec la main les fils sur les lisoirs, de manière à immerger successivement toutes les parties des écheveaux ; après plusieurs lises, on enlève les lisoirs et on laisse tomber dans la chaudière les ccheveaux réunis préf laidement par une corde.

Le mordançage des écheveaux de soie se donne

à froid dans une barque ou caisse rectangulaire en bois (fig. 728) dans laquelle on dispose les écheveaux cordés, les uns sur les autres, en ayant soin que les mateaux soit bien étendus. M. F. Deshayes, de la Corneille (Orne), a imaginé un appareil fort ingénieux pour la teinture mécanique des écheveaux [ Bulletin de la Société d’encouragement, t. VII (2), p. 323). Il se compose d’un châssis mobile rectangulaire (fig. 729), que l’on peut abais-

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ser au moyen d’une crémaillère sur la caisse rectangulaire aussi,' contenant le bain de teinture. Les écheveaux sont passés sur des bâtons triangulaires placés transversalement sur le châssis et recevant un mouvement de rotation, au moyen d’une chaîne de Vaucanson rencontrant les roues dentées que ces bâtons portent à leur extrémité. Deux bâtons voisins tournent en sens inverse pour éviter que les écheveaux ne s’emmêlent. Après un temps convenable d’immersion, on relève le châssis avec les, traverses qui supportent les écheveaux, aussi on laisse égoutter et on exprime entre deux cylindres en bois dont l'un est recouvert de toile. Ces cylindres sont engagés sur un bâti fixé à la partie postérieure de la cuve ; ils frottent l’un sur l’autre avec une pression * que l’on règle au moyen d’un levier. Le cylindre inférieur porto une échancrure dans laquelle on engage successivement chacun des bâtons chargé de ses écheveaux ; celui-ci est reçu sur une armature en fer sur laquelle il glisse, lorsqu'il se dégage des cylindres presseurs.

La teinture de la laine en flocons et en général des matières filamenteuses non filées se fait dans des cuves de forme et de dimensions variables; la fibre est remuéeau crochet longtemps et à diverses reprises et retournée (renversée plusieurs fois). Pour la tointure en bleu indigo, on se sert aussi de paniers formés d’un cadre ou cercle en bois garni d’un file.t de cordes que l’on immerge à volonté dans le bain de teinture et que l’on retire au moyen d’une corde qui s’enroule sur un treuil placé au-dessus dos cuves. Le cercle du panier s’appuie sur les bords de la cuve de teinture, et la laine jetée en vrac dans le panier par mises de 30 kilogrammes est manoouvrée avec de longs bâtons.

M. Henri Weber de Mulliouso avait ima-

Fig. 730. — Cadr e champagne pour la tointure des pièces en indigo.

Riné pour la teinture des écheveaux un appa ont Je principe est ingénieux et qui pour cardé S app iquer * la ^ne en toison et au c

Cet appareil drique en fonte

se compose d’une cuve cylinou en tôle garnie intérieurement

et portant un double fond percé do trous à la partie inférieure ; les écheveaux sont disposes et tassés sur le double fond jusqu’à une certaine hauteur, puis on les maintient par un second fond percé et fixé par une vis de pression. Au moyen d’une pompe aspirante et foulante on puise le bain colorant, préalablement chauffé, au besoin, dans un réservoir voisin, pour le refouler dans le cylindre rempli d’écheveaux, qu’il est obligé de traverser pour retourner au réservoir primitif par un tube d’écoulement. Cot appareil a fonctionné longtemps avec succès dans la grande teinturerie de M. Weber, à Mulhouse, et rendait surtout des services dans la teinture des noirs au campêche chromés.

Appareils pour la teinture des tissus. — Les appareils qui servent à teindre les tissus peuvent différer des simples cuves à immersion. En efTet, il est souveat nécessaire ou utile de tendre l’étoffe pendant son passage à travers le bain pour obtenir une nuance unie ; dans le cas où cette précaution est inutile, les dispositions spéciales réclamées sont toujours différentes de celles qui sont nécessaires pour les filets ou les flocons.

! Ainsi pour la teinture du calicot en bleu indigo on a employé longtemps et l’on emploie encore dans certaines fabriques une disposition connue sous le nom de champagne (fig. 730). La cuve est en bois ou en ciment caillouteux, cylindrique, d’environ 2 mètres de profondeur et enterrée aux deux tiers dans le sol de l’atelier. Les toiles sont attachées par leur lisière sur des cadres garnis do crochets, en commençant par un bout et en finissant par l’autre. Les doux cadres entre lesquels la pièce est tendue en largeur simulent assez bien les jantes d’une roue, le cadre

| supérieur peut glisser sur l’axe vertical en bois qui supporte les deux cadres, de manière à pouvoir tendre la pièce qui est enroulée en spirale, en laissant un intervalle de 27 milimètres entre deux surfaces de tissu, comme le montre la figure. Le champagne est suspendu au moyen d’une corde à une poulie fixée à une poutre horizontale, au-dessus de la cuve, de manière à pouvoir être retiré ou plongé.

On fait aussi usage de cuves à roulettes dont le principe est facile à saisir (fig. 731 et 732). La pièce est convenablement pliée au devant d’une cuve rectangulaire dans laquelle se trouvent deux séries de roulettes en bois horizontales pouvant tourner librement autour de leur axe central, l’une presque à fleur du bain, l’autre à quelques centimètres au-dessus du fond de la cuve. Elle est entraînée par le mouvement de la machine et passe d’abord sur un rouleau élargisseur placé au-dessus du bord latéral de la cuve, parallèlement aux roulettes et circule ensuite, plongée dans le bain, de haut en bas et de. bas en haut, d’une roulette à l’autre. Au sortir du bain elle est exprimée entre deux rouleaux garnis de toile ou de drap, dont le supérieur presse sur l’inférieur grâce à son poids et à un levier do pression Le liquide est ainsi exprimé et recoule dans la cuve. On peut aussi faire circuler la pièce de droite à gauche et de gauche à droite, comme le montre la figure 732. Au besoin, on peut faire circuler la pièce, au sortir do la cuve de teinture, dans une ou deux autres cuves également munies de roulottes, mais en moindre nombre, où ello est lavée ou soumise à l’action de bains oxydants ou fixateurs. Cette disposition de cuves à roulettes est fréquemment usitée, non-seulement pour teindre, mais toutes les fois qu'il s’agit de faire passer des pièces lourdes dans un liquide quelconque; ainsi, par exemplo, pour fixer les mordants d’alumine ou de fer en bouse ou en silicate I de soude.

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La figure 733 offre les dispositions de la cuve à roulettes employée pour la tcinturo des draps do laine en indigo par le procédé à l’hydrosulfite de soudo.

A, cuve on tôle, largeur et longueur 2 mètres; profondeur, 2nl,5Ü; chauffée par le serpentin V.

B, cadre en fer solidement assemblé, portant

les roulettes. Ce cadre peut être enlevé au moyen des crochets d’une chaîne et d’un palan.

C, rouleaux exprimeurs pressés au moyen d’un levier chargé d’un poids. L’axe du rouleau porto une roue droite commandée par un pignon mis en mouvement par une poulie. Les pièces disposées sur la table passent d’une manière continue

sur le rouleau D, puis sur les divers rouleaux du cadre, puis entre les rouleaux exprimeurs qui les attirent avec une vitesse de 2 à 3 mètres à la minute; enfin elles se déverdissent en passant sur des rouleaux et sont pliées sur la table F par l’appareil E.

La cuve gui sert à la teinture et au savonnage des articles garances offre les dispositions des figures 734 et 735, l’une, vue de face, et l’autre,

Fig. '732. — Cuve à roulettes pour la teinture des tissus.

coupe verticale en largeur. Un grand tuyau partant du générateur fournit de la vapeur au tube a, b, c, qui descend et s’étale au fond de chaque cuve et qui est percé d’une rangée de petits trous rapprochés, par où s’échappe la vapeur. Les cuves sont en bois ou en tôle; on les alimente de liquide au moyen d’un tuyau communiquant avec un réservoir. Elles sont couvertes au moyen d’un toit en bois offrant antérieurement des panneaux E, occupant la longueur de la cuvo et pouvant se rabattre pour donner accès dans la cuve. Au-dessus du bain se trouvo un tourniquet B sur lequel les pièces passent continuellement tordues en torchon étayant leursdeux bouts cousus l’un à l’autre, de manière à former un circuit fermé. Un système do clavettes horizontales fixées au-dessus du bain

à une traverse qui occupe antérieurement la longueur de la cuve et qui simule ainsi un rateau, maintient chaque pièce et l’empêche de se mêler à la pièce voisine.

Foulard. — S’agit-il d’imprégner un tissu uniformément d’un liquide, on fait fréquemment usage d’un appareil connu sous le nom de foulard, machine à foularder (fig. 73G). Elle se compose d’une caisse pour le liquide et de rouleaux. a, b, cylindres en bois recouverts de tissu qui reposent par leurs tourillons sur un support placé au-dessus de la caisse A. Le cylindre a exerce sur b une pression en raison de son poids d’abord et ensuite par le levier f, muni du poids p. Le tissu enroulé en le, est tendu par un contrepoids o; il passe sur le rouleau tenseur, de ià dans le réservoir A sur un rouleau, puis sur la règlo élargisseuse e, pour se rendre entre a et b et s’enrouler en h. Le rouleau h repose sur un support mobile autour de l’arc t. Le rouleau b est mis en mouvement; il fait tourner a, et celui-ci agit sur h pour déterminer l’attraction et l’enroulement du tissu. L’appareil (fig. 737) permet de faire passer plusieurs fois le tissu dans le bain; la pièce se déroule en A, passe dans le liquide sur le rouleau m; de lit elle se rend entre les rouleaux exprimeurs, repasse dans le bain sur la roulette n, monte entre C et D et vient s’enrouler en E.

Chaudière d’avivage. — Pour l’avivage et certaines teintures, on doit opérer à une température supérieure à 100° et par conséquent en chaudière close. L’appareil suivant (fig. 733) peut être employé à cet effet. 11 se compose de deux chaudières A et B communiquant entre elles par le tube coudé P, muni du robinet F. Les chaudières contiennent chacune un double fond D, percé de trous. La vapeur passant au-dessous du double fond D se répand dans le tissu superposé. m, soupape de sûreté avec contrepoids n. Chaque chaudière présente, outre un robinet pour l’écoulement de la vapeur au dehors, un robinet de vidange. Cet appareil fonctionne comme deux

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chaudières closes, dont l’une serait chauffée à feu nu et l’autre par la vapeur issue de la premier .

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Appareils rouit nettoyer et dégorger les tissus et LES firhes. — Après la. teinture, les libre

Fig. 733. — Cuvo à roulettes pour la teinture du drap en indigo.

Fig. 733.

Fig. 734.

Cuvo pour garançago.

ou les tissus sont chargés du liquide colorant qui les imprègne, et si le bain de teinture contenait

une poudre tinctoriale comme la garance ou les bois, il y adhère en outre une quantité cousidé-

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rable de cetto poudre que l’on ne peut détacher que par un lavage et un dégorgeage suffisamment prolongés. Lo simple lavage no suffit pas pour nettoyer les pièces; il fautoncore faire intervenir une action mécanique qui produit l’elTet du battage à la main des laveuses. Doux de ces appaPoils propres au lavage et au dégorgeage des tissus ont

Fig. -736. Fig. 737.

Machine à foularder. Machina à foulardsr.

déjà été décrits à l’article Blanchiment, t. I, p. 62 i (clapot), figure 85, et p. 026, figure 8!) (roue à laver). Nous dirons quelques mots de la dégorgeuse à excentrique de Prévinaire et de la laveuse de Riekly, toutes deux employées pour le nettoyage mécanique des écheveaux.

La degorgeuse à excentrique de M. Prévinaire

Fig. 7 3*. — Chaudières servant à l’avivage de» rouges d’Andrinople.

de Harlem (fig. 739) consiste en un cylindre horizontal, en bois, à claire-voie, d’environ 0m,35 de longueur et 0m,25 de diamètre, dont l’axe de mouvement en fer est parallèle, mais ne se confond pas avec l’axe de figure. Ce cylindre sautille au lieu de tourner sur lui-même ; les pantes de fils placées dessus, et qui trempent en même temps dans le cours d’eau sur lequel est montée la machine, se développent sucros-

Flg. 739. — Dégorgeuse à excentrique ri« M.

sivement sur la surface du cylindre et subissent un mouvement saccadé qui les nettoie. On peut laver en une heure 800 pantes, avec une machine jumelle.

La laveuse de Riekly (fig. 740) se compose de trois paires de rouleaux, dont les axes traversent une forte pièce en bois leur servant de support. Chaque rouleau reçoit un mouvement de rotation au moyen de rochets et do cliquets c; en même temps, une bielle imprime à l’ensemble des rouleaux un mouvement de

va-et-vient. Ces deux mouvements combinés amènent le lavage et le dégorgeage des écheveaux qui plongent en partie dans l’eau d’une rivière.

On lave aussi à la rivière, à l’eau courante, en laissant flotter librement les pièces dans le cours d'eau.

Séchoirs. — Les séchoirs forment une partie importante du matériel dans les teintureries et les fabriques de tissus teints et imprimés. Au moyen de la torsion et des turbines essoreuses, on peut enlever une grande partie de l’eau qui imprègne la fibre au moment où elle cesse de s’égoutter, mais il en reste toujours une quantité variable avec la nature de la fibre qui ne peut être enlevée que par vaporisation. Ainsi en moyenne 100 p. de calicot retiennent 125 p.

d’eau; 100 p. de laine retiennent 200 p. d’eau ; 100 p. de soie

retiennent 92 p. d’eau.

Pour arriver à la dessiccation, on suspend les écheveaux ou les tissus exprimés dans des espaces convenables, et disposés de manière à favoriser le plus possible — l’évaporation de l’eau. Les séchoirs sont tantôt à la température ordinaire, disposés de manière à renouveler l’air saturé d’humidité par un puissant courant, d'air; ou bien on emploie des séchoirs chauffés. Les meilleures dispositions à donner au séchoir font plutôt l’objet do l’étude des physiciens que des chimistes; nous n’insisterons donc pas sur cette question. Les pièces sont aussi souvent desséchées instantanément par leur circulation sur des tambours creux en fer, chauffés intérieurement au moyen de la vapeur.

Les soies chevillées à la main, ou au moyen d’une machine spéciale telle que celle de MM.Lyonnet et Prenat (voir Girardin, t. II, p. 455), sont

Préviniaire,

toujours séchées à couvert, dans une cham.ire bien aérée, qu’on peut chauffer en hiver et par 'es temps humides. Un châssis rectangulaire ou brnnloire (fig. 741) supporte les perches sur les-

quelles sont suspendues les pantes. Ce cadre est suspendu au moyeu de cordes et de poulies, presque jusqu’au plafond. Un ouvrier 1 agite continuellement au moyen d’une corde pour acce-

Fig. 140. — Levons» d» Rictly.

lérer la dossiccation. Cette rapidité de dessiccation est nécessaire pour que la nuance des tissus teints garde son égalité. Souvent la plus légère goutte d’eau suffit pour former une tache.

Les écheveaux de laine et de coton, après la torsion ou l’essorage, sont suspendus sur des barres, soit à l’air libre, soit dans une étuve chauffée (fig. 742).

L’étendage à froid pour les pièces de calicot se fait dans des bâtiments élevés, couverts d’un toit et fermés, sur les faces latérales, de jalousies ou de châssis à planches laissant des interstices. Les pièces sont suspendues dans leur demi-longueur â des perches ou petits madriers disposés parallèlement à la partie supérieure du bâtiment. On fait aussi usage de séchoirs à chaud où la température peut être plus ou moins élevée, et dans lesquels on peut régler à volonté la dose d'humidité nécessaire pour que l’évaporation se fasse régulièrement. Ce sont de vastes chambres ventilées dans lesquelles les pièces sont supenduos à des traverses horizontales et que l’on chauffe au moyen d'un calorifère placé à la partie inférieure. Avec quelques modifications les séchoirs peuvent être transformés en chambres dites d'oxydation, dans lesquelles le but à remplir n’est plus le même. Il no s’agit plus de sécher la pièce, mais de l’abandonner à elle-même, après l’impression de certaines préparations, afin de favoriser par le concours de la chaleur, de l'humidité, et aussi de l’oxygène de l’air, la fixation des mordants, ou le développement de la couleur (cachou, noir d'aniline). Afin de donner à l’air chaud qui circule entre les pièces imprimées et sèches le degré d’humidité voulu, on dispose sur le plancher inférieur de la chambre d’oxydation dos rigoles remplies d’eau, dans lesquelles repose un tuyau de vapeur; au besoin on augmente la dose de vapeur d’eau, en lâchant

dans l’eau de la rigole de petits jets do vapeur empruntés au tuyau par dc3 petites tubulures

Fig. 141. — Brauloire pour sécher les pantes de soi».

plongeantes munies de robinets. Un hygromètre d’Auguste â doux thermomètres indique le degré hygrométrique convenable.

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En Angleterre, on se sert d’un appareil à oxydation continue, dont le dessin (flg. 743) est emprunté à l'article do M. Schultz [Moniteur scientifique, juillet 1874], C’est une chambre de 6 mètres de hauteur sur 5m,04 do largeur et 19 mètres de longueur dont les parois sont en bois et doubles, avec des doubles fenêtres qui permettent de voir ce qui se passe. Cette chambre est entourée de tuyaux de fonte chauffés à la vapeur, afin de porter la température inté-

Fjg. "74a. — F.tendai?e à l'air pour le séchage des écheveaux l«inLs.

rieure au degré voulu pour éviter les condensations. Le tissu circule d’une manière continue et lente sur des roulettes en fer-blanc, comme le montre la figure, de manière à séjourner de 10 à 15 minutes dans l’appareil. Des cheminées, au nombre de six, placées à la partie supérieure, servent à la ventilation et à l’élimination des vapeurs acides. La vapeui arrive dans la cl’fjnbre par les orifices avec aue vitesse faible.

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