‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 147 sur 430 · IMPRESSION · texte numérisé non relu

IMPRESSION

Le matériel d’une fabrique d'impression sur étoffes est bien plus considérable et plus varié que celui d’un atelier de teinture.

Voici, en résumé, quelles sont les parties les plus importantes d’une fabrique de ce genre bien aménagée :

4° Un laboratoire d’essais avec ses vases appropriés, terrines, capsules, verres do diverses formes et réactifs d'essais. Le laboratoire touche ordinairement d'un côté à la cuisine aux couleurs, où se préparent les couleurs destinées à l’impression, de l’autre, au magasin de drogues;

2° Les bâtiments servant au blanchiment, au grillage et au flambage ;

3° Les ateliers de gravure, les magasins pour les planches et les rouleaux;

4° Les magasins pour le tissu blanc et les pièces terminées ;

5° Les ateliers où l’on exécute toutes les * opérations qui exigent l’emploi de beau- | coup d'eau, tels que teinture, bousage, savonnage, lavage, dégorgeage. Ces opérations se font au rez-de-chaussée ou sous des hangars couverts, au-dessus ou à proximité d’un cours d’eau ;

6° Les salles d’impression à la planche, géné- ' râlement superposées sur plusieurs étages dans un môme bâtiment;

7° Les salles renfermant les machines à impri mer (rouleaux et perrotines) avec leurs séchoirs ) appropriés;

8° Les étendagcs à froid et à chaud, les chambres d'oxydation;

Fig. 743. — Appareil

9° Les rames destinées à redresser la position des fils altérée par les diverses manipulations;

10" Les salles pour vaporiser, chlorer, apprêter, cylindrer et plier;

11° Enfin, les ateliers de dessin.

En résumé, une fabrique de toiles peintes, telles que nous les voyons dans les grands centres industriels du Haut-Rhin et de la Normandie, réunit dans son sein une série d'industries spéciales qui fonctionnent indépendamment les unes des autres, mais finissent toutes par concourir au même but sous l'impulsion dircc-

d'oxydation continue.

trice du chef de l’établissement. V oici la marche du travail :

Le dessinateur coloriste dispose, suivant le goût du moment, un dessin colorié de diverses manières. Lorsque ce dessin est accepté, il est livré au graveur, qui, par des opérations décrites plus loin, prépare autant de planches en relief ou autant de rouleaux en croux qu’il y a de nuances dans le dessin. Ces diverses planches ou ces divers rouleaux doivent tous se rapporter, de manière à reproduire le dessin complet et correct après l’impression.

Le chimiste coloriste préside de son côté à la préparation dos diverses couleurs, dont l’impression réalisera le dessin demandé. Le tissu, convenablement blanchi, grillé et tondu, est livre a l’ouvrier imprimeur, qui applique les couleurs à la planche ou au rouleau. Suivent les diverses opérations destinées à. fixer la matière colorante et qui varient avec la nature chimique de la couleur. On procède ensuite au lavage et degonimage, au séchage et à l’apprêt. Dans ce rapide aperçu, nous n’avons donné qu’une très-faible idée de la complication d’opérations que peut nécessiter un dessin. Ainsi, il peut arriver que le dessin comporte à la fois des couleurs do teinture et des couleurs vapeur ou d’application. On commence alors par imprimer et fixer le mordant, puis on teint, on lave, on sèche, et ce n'est qu’après ces traitements et après avoir redressé à la rame la position des fils que l’on pourra imprimer et rentrer les autres couleurs qui n’exigeront plus de nouveaux passages dans des bains que nous venons d’indiquer. Nous donnons ici quelques détails sur les diverses opérations.

1° Essais de laboratoire. — Nous n’avons pas besoin d’insister beaucoup sur l’outillage du laboratoire, qui rappelle avec plusde simplicité celui des laboratoires de chimie. 11 peut renfermer, avec avantage, des modèles en petit des appareils employés dans la fabrique, tels que rouleaux d’impression, planches et baquet à couleur, appareil de vaporisage, séchoir. Ces dispositions permettent au chimiste de faire ses essais sans perte de temps. Cependant le plus souvent on préfère opérer avecle matérielmêmede la fabrique, afin que les échantillons et les pièces se fassent le plus possible dans les mômes conditions

2° Préparation des couleurs. — Les couleurs destinées à. l’impression sont préparées dans un atelier spécial, la cuisine à couleur. On se sert généralement do chaudières en cuivre à double fond , munies d’agitateurs mécaniques et pouvant basculer autour de leurs tourillons de support, pour la vidange (fig. 744). Cette dernière disposition, qui est relativement récente, ne so retrouve pas partout. Les chaudières offrent des dimensions variables suivant les besoins. Les robinets d’eau etdovapeurrendent lamanîpulation facilo. Autrefois, le fabricant d’indienne préparait lui-mème ses extraits de bois et môme certains sels dont il avait besoin. Aujourd’hui il trouve dans le commerce presque tous les ingrédients qui lui sont nécessaires; aussi n’a-t-il plus guère besoin que de dissoudre ceux-ci et de les mélanger dans les proportions indiquées par les essais.

3° Gravure. — La gravure forme une industrie spéciale, dont nous n’avons pas à nous occuper ici. Pour l’impression, on se sert de planches offrant en relief le dessin à imprimer. Ce relief s’obtient en creusant une planche de bois do poirier, bien plane, de manière à laisser les parties qui serviront à l’application de la couleur.

Pour obtenir des dessins légers, on fixe des picots ou des lames de laiton dans la planche ; ou bien on prépare des clichés en relief avec de l’alliage fusible que l’on coule dans un moule en creux. Ces clichés sont ensuite fixés sur une planche. Les moules s’obtiennent en creusant le dessin dans un bloc en bois tendre au moyen d’un petit outil en acier chauffé latéralement au moyen do jets de gaz enflammés.

Les planches d’impression sont généralement formées de quatre couches de bois bien dressées au rabot sur les deux faces. La couche de dessous est en chêne de 12 à 13 millimètres d’épaisseur. Les deux couches intermédiaires sont en bois blanc de mémo épaisseur, et la quatrième, de

9 millimètres d’épaisseur, est en poirier ou en. pommier. Les fibres des diverses couches sont disposées do manière à se croiser; elles sont jointes par une colle insoluble et inaltérable à l’humidité.

Pour fournir la couleur à la planche, on emploie un appareil connu sous le nom de baquet à couleur (fig. 745). Il se compose d’une caisse rectangulaire en bois B, goudronnée intérieurement. Mlle est remplie jusqu’à un niveau convenable d’une dissolution épaisse de gomme destinée à former matelas élastique. Sur cette couche repose un cadre plus petit, fermé en bas au moyen d’unetoile cirée ou caoutchoutée imperméable. Enfin,, un troisième cadre plus petit portant un drap de laine repose sur la toile cirée. C’est sur ce tissu

Fig. “14. — Chaudières à cuire les couleurs.

spongieux que l’ouvrier étale, au moyen d’une brosse à poils longs, la couleur conservée dans une terrine A. En appliquant ensuite la planche et en appuyant convenablement, on prend à chaque fois la dose de couleur nécessaire à une bonne impression. Des picots fixés à la plancho permettent à l’ouvrier imprimeur de bien rapporter sa planche sur le dessin. On a imaginé diverses dispositions de baquets à couleur destinés à faciliter le travail, à diminuer la main-d’œuvre ou encore à remplir certaines indications. Ainsi, par exemple, telle couleur doit être conservée à l’abri de l’air ou maintenue chaude pendant l’impression. Nous n’entrerons pas dans ces détails, qui ne pourraient trouver place quo dans un traité spécial.

Les tables d’impression sont plus ou moins longues, car tantôt on étale à la fois toute la pièce, pour les genros meubles à grands dessina sur laine, tantôt on n’a besoin que d’étendre une longneur de quelques mètres à la fois. L» largeur de la table est un peu plus grande que celle de la pièce à imprimer. La table est forte et

Page 1