COULEURS NOUVELLES ARTIFICIELLES. — LOS
procédés d’application des matières colorantes artificielles sont fort simples généralement et ont été décrits à propos de chacune d’elles. P. S.
TEI.ÉSIE. — Voyez ConmnoN.
TELLURE, Te = 128. — Cet élément, dont l’apparence et beaucoup de propriétés rappellent celles des métaux, mais qui doit être classé parmi lo> métalloïdes de la famille du soufre, a été signalé par Millier de Reichenstein en 1782 et caractérisé pour la première fois par Klaproth en 1798 ( Crell's Ann., 1798, t. I, p. 91). Il est fort rare. On le trouve à l’état natif ou sous forme de tellurures de bismuth (tétradymite) , de plomb ( allaite , èlasmose, nagyagite ), d’or (sylvane, calavéritc), d’argent ( hessile , pelzite), et parfois de nickel ( mélonite ), en Hongrie, en Transylvanie, à Savodinskoi (Altaï) dans la Virginie, en Californie (Calaveras), et à Kara-Hissœr (Asie Mineure). Il existe en très-petite quantité dans la cérite de Batnas. Presque toute l’histoire du tellure a été tracée par Berzelius fSc/iut. Jour., t. VI, p. 31 1, et t. XXXIV, p. 78 ; Pogr/end. Ann., t. VIII, p. 4111 ; t. XXVIII, p. 392; t. XXXII, p. 1 et 577].
Extraction. — 1° Elle peut s’effectuer par les mêmes procédés que l’extraction du sélénium. L’un d’eux consiste à chauffer au rouge blanc, dans un creuset couvert, du tollurure de bismuth réduit en pâte avec son poids de potasse d’Amérique et de l’huile d’olive. On traite la masse fondue par l’eau bouillie qui se charge de tollurure de potassium, lequel est décomposé par l’oxygène de l’air avec production de tellu’e en paillettes métalliques (*). Il reste dans la liqueur du sulfure et du séiéniure de tellure que l’on décompose par l’acide chlorhydrique (Berzelius).
Ou bien, on pulvérise finement la nagyagite, on la débarrasse des carbonates et des sulfures par des traitements répétés avec l’acide chlorhydrique chaud ; on lave avec de l’eau et l’on fait bouillir avec do l'acide nilrique concentré. On a ainsi une solution d’acide tellureux qu’on évapore. On reprend le résidu par l’acide chlorhydrique et l’on réduit par le gaz sulfureux (Berthier).
2° On chauffe le tellururo d’argent dans un courant de chlore. Il se forme d’abord du bichlorure, puis du tétrachlorure de tellure qui peut être isolé du chlorure d’argent par distillation. On décompose le tétrachlorure par l’acide chlorhydrique, et l’on précipite le tellure par le bisulfite. Le métalloïde retient généralement une assez grande quantité de sélénium ; on le purifié, à un certain degré, en le distillant dans un courant d’hydrogène qui entraîne les vapeurs de sélénium. On peut encore employer le procédé indiqué par Oppenheim.
3° Ou traiie les schlichs tolluiifèros de Nagyag comme dans le procédé de Berthier, mais on substitue l’eau régale à l’acide nitrique. On précipite l’or de la solation à l'aide du sulfate ferreux ou mieux de l’acide oxalique ou de la glycérine; puis on ajoute une lame de zinc qui, en présence de
(!) Le tellure obtenu par ce procédé peut être facilement purifié par un procédé dû à Oppenheim | Itrpert. lit Cliim. pure, t. III, p. 188|. On le pulvérise ei on le fait bouillir pendant 8 ou 10 heures avec une solution de cyanure de potassium; tout le soufre et tout le sélénium se dissolvent, à l'état de sulfocyanato et do séléniocyanate. 11 se dissout un peu do iellure à l’état de tellurito (tellurocyanate selon Roso), mais cette ! etit-’ quantité n’est pas perdue; on filtre, on précipite le sélénium par l'acide chlorhydrique, on filtre do nouveau et l'on traite à l’ébullition par le sulfite de soude; au bout de 21 heures tout le tellure s'est déposé.