TÉRÉBENTHINE
directe de l’acide avec l’oxyde, de plomb ; c’est un sel incristallisable qui possède, à l’état sec, l’aspect de la gomme arabique. J. it.
TÉRÉBENTHINE. — Les térébenthines sont des composés naturels, de consistance molle, formés par lo mélange d’uno ou plusieurs résines acides et de carbures C'°II>8 (essence de térébenthine). Ces mélanges complexes sont le résultat de l’exsudation naturelle ou provoquée de végétaux appartenant à la famille des Conifères. Les variétés de térébenthines sont nombreuses et portont des noms rappelant leur origine. Ou emploie généralement en France : les térébenthines dites de Bordeaux, extraites, soit dans les Landes, soit en Sologne, du Pinus maritima; les térébenthines dites do Strasbourg, d’Alsace, des Vosges, de l’Abies pectinata; les térébenthines de la Suisse, de l’illyric, de Venise découlent du mélèze, Pinus Larix ( Larix europea ); la térébenthine du faux sapin (zlbies excelsa), connue sous le nom de poix de Bourgogne; la térébenthine dite de Chio, produite par le Pistacia terebentlius: le baume du Canada, extrait de l’Abies balsamea. En Angleterre on connaît en outre plus spécialement les térébenthines dites de Boston, provenant du Pinus auslralis; les térébenthines dites d’Amérique, extraites du Pinus Strobus; la térébenthine du Nord, du Pinus sylvestris. 11 existe encore un grand nombre de variétés : térébenthine de Hongrie, du Pinus Muglius ; térébenthine des monts Carpathes, du Pinus cimbra, etc., etc.
Extraction. — Le procédé d’extraction est partout le même, sauf quelques modifications dans les détails : il consiste à inciser l’arbre, à recueillir la térébenthine brute et à la filtrer pour la livrer au commerce. Si on veut en retirer l’essence de térébenthine qu’elle contient, ou la distille avec de l’eau ; le résidu do cette distillation constitue la colophane (voyez ce mot).
Voici quelques exemples d’extraction delà térébenthine :
Térébenthine de Bordeaux. — Elle est recueillie dans les Landes et en Sologne. La récolte de la térébenthine ou le gemmage se pratique de la façon suivante dans l’une des exploitations de la Sologne : Du 20 janvier au 10 février, on enlève l’écorce des arbres (qui n’ont pas moins de vingt-cinq ans) du côté du sud ou de l’est sur à peu près le quart de la circonférence, de manière cependant à ne pas attaquer le vif et jusqu’à une hauteur de U’”, 70 au-dessus du sol ; du 25 mars au l,r mai, on procède à l’incision avec un instrument dont le tranchant a la forme d’une gouge; on enlève au ras de terre, dans la partie récemment écorcée, un copeau de0m,il de long sur O”, 010 à O'1’, 012 d’épaisseur, de telle sorte que lo vif du tronc se trouve attaqué. La sécrétion ne tarde pas à apparaître ; lo produit coule le long de l’arbre; on le reçoit dans une cavité pratiquée en terre ou creusée dans uno racine saillante. Dans les bonnes exploitations on reçoit la résine dans des pots do terre fixés au tronc au moyen do fils métalliques et l’on y dirige la résine à l'aide de rigoles en zinc. On a ainsi la térébenthine brute ou gemme.
L’opération de l’incision se renouvelle tous les dix jours et dure jusqu’au 5 octobre. Un résinier suffit pour le gemmage do 5,000 pins. Si l’opération est bien conduite, elle peut être annuellement renouvelée pendant soixante ou quatrevingts ans. L’évaluation comparative du rendement indique l’époque où l’arbre doit être abattu.
Les pins qui n’ont pas poussé régulièrement et que l’on veut sacrifier pour une cause quelconque, sont gemmés à mort, c’est-à-diro que les saignées ne sont pas ménagées ; on se propose alors de laisser vivre l’arbre quatre ou cinq ans.
Le produit que donne le gemmage est récolté