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TÉRÉBENTHINE. — 313 — TÉRÉBENTHINE (ESSENCES

tous les mois; on l’nppello gemme. Une portion qui reste exposée à l’air et au soleil sous une trop mince épaisseur et se solidifie est arrachée avec une gratte en fer et mise à part : c’est le galipot ou barras.

Sept hectares de pins donnent environ 3,000 kilogrammes de gemme molle et 1,000 kilogrammes de galipot.

La gemme molle ou térébenthine brute doit êtro purifiée avant d’être livrée au commerce, car elle est souilléo de terre, de débris de branches et de feuilles ; pour cola, elle ost fondue dans des chaudières et passée à travers un lit do paille. Lorsque cette opération se fait par la seule chaleur du soleil, le produit porte le nom do térébenthine au soleil.

La gemmo filtrée ou térébenthine se présente avec une consistance grenue; peu à peu elle se sépare en un produit comme cristallin, qui se dépose et que surnage un liquide consistant et transparent. Elle est entièrement soluble dans l’alcool ; exposée à l’air, elle se dossèche complètement.

Elle contient le quart environ de son poids d’essence de térébenthine, qu’on en extrait par la distillation; le résidu de cette opération s’appelle ferai sec, arcanson ou colophane.

Si, au lieu de soutirer la colophane de l’alambic pour la laisser refroidir et se solidifier, on la brasse fortement avec de l’eau, on lui fait perdro sa transparence : elle porte alors le nom de résine jaune ou poix résine.

La combustion des filtros de paille et des éclats de bois provenant des incisions fournit une matière résineuse désignée sous lo nom de poix noire. Cette combustion s’effeetue dans des fourneaux sans courant d'air, entièrement remplis de matière à brûler que l’on allume par la partie supérieure; la combustion de cette partie de la masse, fait exsuder de la portion de la paille et des éclats de bois non brûlés la matière résineuse qui se réunit dans le bas du fourneau et s’écoule par un tuyau dans une cuve à demipleine d’eau. Là elle se sépare eu deux parties, l’une liquide, qu’on nomme huile de poix, l’autre plus solide, qu’on expose dans une chaudière de fonte jusqu’à ce qu’ello devienne cassante par le refroidissement : c’est la poix noire.

Enfin, par un procédé analogue, on extrait des éclats de bois, des branches et des débris des troncs abattus, une matière liquide vendue sous le nom d’huile de cade (qui n’est pas la véritable huile de cade extraite du genévrier) et du goudron. Ce dernier est employé, comme les autres produits de la térébenthine, à la fabrication du noir de fumée et surtout au calfatage des navires.

Térébenthine de Suisse, d'I ligne, de Briançon,

ii j ISn T 1,110 cxsude du mélèzo, comme celle de Bordeaux, du pin maritime. On pratique au tronc de l’arbre des trous au moyen d’une tarière et on adapte des rigoles do bois qui conduisent le produit résineux dans une auge. Lorsque la térébenthine cesse de couler, on ferme les trous, pour les ouvrir de nouveau au bout de quinze jours. La térébenthine du mélèzo donne 15 7„ d’une essence incolore peu estimée dans la peinture.

les Vosges, appe- Exsude du vrai temps et à l’audes Alpes font avec un cornet utricules qui se la récolte d’une grammes. Cette à la suavité do • U est probable térébenthine de

Terebenthine de Strasbourg ou i lec aussi térébenthine citron. — sapin. Deux fois par an, au prin tourne, les bergers des Vosgos et cotte récolte; ils rident l’écorce de ferblanc et crèvent ainsi les forment à la surface de l’écorco • journée n’est guère que de 125 résine, assez rare, se reconnaît «on odeur qui rappelle le citron que cette matière d'ffère de la

Bordeaux; elle doit contenir un carbure C'oil'S isomérique avec le térôbenthène.

La térébenthine du faux sapin, connue sous le nom de poix de Bourgogne, poix jaune, poix blanche, est obtenue par des incisions faites au tronc du faux sapin ( Abies excelsa). La résine coule le long du tronc. On la ramasse avec une râcloire. On la fond avec de l’eau dans une chaudière. On obtient ainsi une poix très-tenace et qui adhère fortement à la peau.

On imite ce produit en fondant et brassant avec de l’eau le galipot du pin maritime et la térébenthine de Bordeaux.

Parmi toutes les variétés de térébenthine signalées dans cet article, la térébenthine de Bordeaux a été plus spécialement étudiée, quoique incomplètement, par divers chimistes, parmi lesquels il faut signaler notamment Unverdoben, Laurent, tl. Rose Cailliot. Suivant ces auteurs, il existe dans la matière résineuse séparée de l’essence de térébenthine les acides pinique, pimarique et sylvique, le premier amorphe et les deux derniers cristallisés (voyez ces mots). Us sont isomériques, monobasiques, et correspondent à la formule C*°H3°0!. Leur existence dans ces résines explique comment celles-ci forment des savons résineux lorsqu’on les traite à chaud par les alcalis.

Les résines contenues dans la térébenthine donnent dans leur oxydation par l’acide nitrique, entre autres produits, de l’acide térébique (voyez ce mot) (Bromeis, Rabourdin, etc.), de l’acide isophtalique et de l’acide trimellique (voyez ces mots) (J. Schreder). D’après Laurent, il se formerait un acide nitro-substitué, l’acide azomarique.

Voyez, sur les résines de térébenthine et autres résines semblables, le mot Résine et les sources suivantes [Bouillon, Lagrange et A. Vogel, Ann. de Chim., t. LXXU, p. 72; — Pelletier, Journ. de Phys., t. LXXlX,p. 275; Ann.de Chim., t. LXX1X, p. 90, t. LXXX, p. 38. Bull, de Pharm., t. 111, p. 481, t. IV, p. 502 ; — Braconnot, Ann. de Chim , t. LXV1I, p. 19 et 66 ; — Bonastre, Journal de Pharm., t. IX, p. 178, t. X, p. I, t. XII, p. 492 ;

— Unverdoben, Ann. de Poggend., t. VU, p. 40 et 407, t. XI, p. 28, 230, 293, t. XIV, p. 110 ; — Berzelius, ibid., t. X, p. 252, t. XII, p. 419,

t. XIII, p. 78; — Blanchet etSell, Ann. der Chem.

u. Pharm., t. VI, p. 269; — II. Trommsdorff, ibid., t. XIII, p. 169; — Liehig, ibid,, t. XIII, p. 17 4;

— H. Rose, Ann. de Poggend., t. XXIII, p. 33,

t. XLVIII, p. 61, t. L1II, p. 365; et en extrait, Ami. der Chem. u. Pharm., t. XIII, p. 174; t. XXXII, p. 297, t. XL, p. 307; — Hess, ibid., t. XXIX, p. 135; — Laurent, Ann. de Chim. et de Phys., t. LXV, p. 324, t. LXXII, p. 383; Compt. rend, des trav. de chim., 1846, p, 57 ; Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XII, p. 459; — Baup, ibid., t. XXXI, p. 108; — Cailliot, Journ. de Pharm., t. XVI, p. 436; — Wcehler, Ann. der Chem. u. Pharm., t. XLI, p. 155; — Fremy, Ann. de Chim. et de Phys., t. LIX, p. Il ; — Pelletier et Walter, ibid. t. LXVII, p. 269; — DeviUe, jbid. (3), t. LXXV, p. 09]. J. 11.

TEREBENTHINE (ESSENCE DE). — On nomme ainsi le produit brut et commercial de la distillation de la térébonthine. Quelques chimistes ont désigné et désignent encore à tort sous co nom lo carbure C10II10, térébenthine, qui est contenu dans l’essence.

L’extraction de cette dernière se fait dans les appareils les plus simples. La térébenthine est introduite dans un alambic et distillée doucement à feu nu ; il serait préférable, ainsi qu’on l’a recommandé, d’opérer cetto distillation au bain do sable ou mieux dans un courant do vapeur d’eau.

Le produit recueilli et tel que le livre l’indus-

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