THALLIUM (COMBINAISONS). — 370 — THALLIUM (COMBINAISONS
Hydrate de thallium-diétliyle, Tl (C!H*)*0 II. On ne l’obtient pas en faisant réagir l’oxyde d’argent humide sur le chlorure, niais bien on décomposant le sulfate correspondant par la baryte. 11 cristallise en aiguilles déliées et soyeuses, deux fois plus solublos h froid qu’à chaud. Sa solution est alcaline, mais n’absorbe pas l'acide carbonique. Chauffé à 211", cet hydrate se doompose brusquement.
Iodure de thallium- diétliyle, T1(C*H*)*Ï. — Préparé par double décomposition entre le sulfate et l’iodure do baryum, il cristallise par le refroidissement en lamelles soyeuses exigeant 1000 p. d’eau froide pour se dissoudre. Il se décompose brusquement à 195°.
Le chlorure de thallium-diétliyle donne facilement les combinaisons suivantes par l’action des sels d’argent (llansen, Hartwig).
Azotate de thallium-diétliyle, Tl(C2tIs)2Az03. — Lamelles peu solubles, détonant à 230°.
Sulfate, [Tl (C2 H5)2]2 S O4. — Aiguilles étoilées trè3-solubles, détonant à ‘203°.
Phosphate, [Tl (C2 H3)2]3 P O’*. — Aiguilles plus solubles à froid qu’à chaud dans l’eau, solublos dans l’alcool. 11 détone à 189°.
Acétate, T1(C2HS)2C*H302. — Aiguilles déliées, assez solubles dans l’eau et dans l’alcool. Chauffé brusquement, il se décompose; mais chauffé lentement, il fond à 212° et distille à 245°.
Traité par le zinc-éthyle, le chlorure de thallium-diéthyle ne donne pas le thallium-triéthyle ; il se forme du thallium métallique, du chlorure de zinc et les gaz éthylène et éthane. L’action du mercure-éthyle est analogue.
Alcools thalliqües. — Aux combinaisons organo-métalliques précédentes, il faut joindre les combinaisons très-intéressantes découvertes par Lamy et décrites sous le nom d 'alcools thalliqües [Ann, de Chim. et de Phys., (3), t. LXVII, p. 395 et (4), t. III, p. 373J.
Alcool étiiylthallique,
— Cette combinaison se produit par la simple dissolution du protoxyde de thallium anhydre dans l’alcool absolu ou par l’action simultanée de la vapeur d’alcool et de l’air sec et privé d’acide carbonique sur le thallium réduit, eu feuilles minces. Le meilleur procédé pour la préparer consiste à introduire sous la cloche de la machine pneumatique un vase plat, contenant de l’alcool absolu et recouvert d’une toile métallique sur laquelle on place dos feuilles de thallium. Après avoir fait le vide,, pour enlever l’humidité et l’acide carbonique, on fait rentrer dans la cloche de l’oxygèue pur et sec, qu’on renouvelle au besoin après quelque temps. 11 se forme rapidement do l’alcool thallique qui perle sur les feuilles de thallium et qui s’égoutte dans le vase contenant l’alcool. On obtient ainsi facilement 100 grammes de produit on 24 heures, si la température est de 20 à 25°. Dans cette opération, l’alcool en excès s’hydrate, conformément à l’équation :
\ 2 Tl + 0-f-2CsH*0ll = CMI'TIO + II20.
L’alcool thallique est un liquide limpide, dont 'a densité est égale à 3,550, à 3,012 selon qu’il contient un petit excès d’alcool ou do protoxyde de thallium. Si l’on chauffe légèrement ou qu’on oxpose dans le vide un produit do densité inférieure, cette densité s’élève. On observe des variations de densité inverses avec les produits à densité maxima. La densité de l’alcool thallique le plus pur est égale à 3,550. Ce corps est donc le plus dense de tous les liquides, après le mercure.
Le coefficient de dilatation moyen entre 0° et + 20» est égal à 0,011072.
L’alcool étiiylthallique est de tous les liquides le plus réfringent et le plus dispersif. Voici, à ce sujet, les résultats obtenus par M. Lamy et comparés aux chiffres fournis par le sulfure de car-> bone :
pour la pour la pour la dispersit raie B. raie D. raie H. na — "r.
Alcool éthylthallique. 1,6015 1,6616 1,7590 0,0975 Sulfure do carbone.. 1,6140 1,6330 1,6930 0,0195
L’alcool thallique est bon conducteur de la chaleur. Il se solidifie à — 3°; s’il a été agité avec do i’alcool, son point do solidification est situé à (1°, et même un peu au-dessus. Si, au contraire, l’oxyde de thallium est en léger excès (de manière à avoir la densité maxima), ce point peut s’abaisser jusqu’à — 5° et môme — 12°.
L’alcool thallique peut se mélanger au cinquième de son poids d’alcool absolu ; la solution se trouble à chaud et s’éclaircit de nouveau par le refroidissement. L’éther pur le dissout; l'éther aqueux en décompose une partie en précipitant de l’oxyde de thallium. C’est là une réaction très-sensible pour reconnaître la pureté de l’éther.
Le chloroforme dissout l’alcool thallique, mais il le décompose peu à peu. La solution laisse déposer bientôt du protochlorure de thallium ; le résidu parait renfermer du formiate.
L’alcool thallique brille avec une flamme verte. Soumis àl 'action de la chaleur, il laisse dégager quelques bulles de gaz à 130° ; de 170 à 180», ce dégagement devient tumultueux, il se produit des lamelles de thallium métallique dans la masse et il distille de l’alcool, mais pas d’éther. Le gaz dégagé est de l’hydrogène. Le résidu renferme du thallium, du carbonate et de l’acétate de thallium. Si la température est portée brusquement à 200°, il se dégage CO2 et CO dans le rapport de 3 : 1.
L’eau décompose l’alcool thallique en alcool et en oxyde de thallium hydraté, se précipitant sous la forme d’une masse volumineuse jaunâtre. L’humidité de l’air agit de môme à la longue, et pour conserver l’alcool thallique, il faut le recouvrir d’une couche d’alcool ou le conserver en tubes scellés. Sans ces précautions, les flacons se recouvrent peu à peu d’un enduit en partie jaune, en partie noir, dû à de l’oxyde et à de l’oxyde anhydre. Les acides agissent dans le môme sens que l’eau.
L’acide carbonique se fixe directement sur l’alcool thallique en donnant d’abord une pellicule blanche. Cette combinaison no se détruit qu’au delà de I0Ü», en donnant d’épaisses fumées blanches, un liquide empyreumatique et du thallium métallique. La composition de ce produit n’est pas indiquée.
Le sulfure de carbone décompose l’alcool thallique avec violence. Si l’on modère la réaction en versant goutte à goutte l’alcool thallique dans le sulfure de carbone, il se produit une espèce de gelée jaunâtre et volumineuse.
Alcool amylthaluqce,
Tl ^ u’
Il se forme comme l’alcool éthylthallique, mais
plus lentement. Pour le préparer, on traite l’alcool éthylthallique par l’alcool amylique. A 80- 90», il distille de l’alcool ordinaire. On laisse la température s’élever à 1 40-151)° pour expulser l’excès d’alcool amylique. . , ...
L’alcool amylthallique est liquide; sa densite varie de 2,4fi5 à 2,518. Indice de réfraction pont
THALLOCHLORE. — 371 — THÉBAÏNE.
la raie D = 1,572. Il ne se congèle pas à — 20». Il est très-soluble dans l’alcool amylique, insoluble dans l’alcool absolu ordinaire, i.’eau agit sur lui comme sur l’alcool èthylthallique, mais l’influence de l’humidité atmosphérique se manifeste plus lentement. Sa flamme est plus éclairante et moins verte.
Alcool métiiyltiiai.liqiie,
Tl
— Il se distingue des précédents en ce qu’il est i solide. Il est difficile do lo préparer par les mûmes procédés. Mais on l’obtient très-facilement par l’addition d’alcool méthylique en exces aux al- , cools précédents. Par l’agitation, il se dépose sous la forme d’un précipité grenu blanc. 11 est très-peu soluble dans l’alcool méthylique, dans lequel on peut néanmoins le faire cristalliser. Ce corps est à peu près 5 fois plus lourd que l’eau. Ses caractères chimiques sont les mûmes que ceux des alcools ci-dessus.
Traité par un excès d’alcool ordinaire, l’alcool j métliylthallique se convertit de nouveau en alcool I èthylthallique. E, W.
TIIAI.LOCHI.onE. — Knop et Schnedermann ont donné ce nom à la matière colorante verte ides lichens, qu’ils regardent comme dilférentedo ! la chlorophylle [Ann. der Chem. u. Pharm., t. LVI, p. 147].
THARANDITE (Min.). — Dolomie contenant 4 °/o environ de carbonate ferreux de Tharand.
THÉ11AÏCINE [O. Hesse, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CL11I, p. 47, 1870]. — Cette hase
! peu connue semble être un isomère do la thébaïne ; Hesse ne l’a pas analysée ni ses sels non plus. 11 l'obtient en traitant pendant plusieurs minutes lathébaïne par l’acide chlorhydrique concentré et bouillant. L’ammoniaque précipite après cette action une base amorphe jaune , insoluble dans l'eau, l’ammoniaque, la benzine et l’éther, un peu soluble dans l’alcool bouillant d’où elle se sépare il l’état amorphe. La potasse la dissout et la solution s’oxyde à l'air en brunissant. Elle se dissout en rouge dans l’acide nitrique et en bleu dans l’acide sulfurique concentré. Le sulfate et le chlorhydrate sont résineux.
THEBAÏNE, C>ni«Az03 [ Syn. Paramorphine]. — Cet alcaloïde, découvert en 1835, par Thiboumery dans l’usine de Pelletier, existe dans l’opium dont il constitue environ la centième partie. Il a été étudié par Pelletier [Journ. de Pharm., t. XXI, p. 509], Couerbe [Ann. de Chim. et de Phys., (2), t. LIX, p. 155], Kane [Ann. der Chem. u. Pharm., t. XIV, p. 9], Anderson \ibid., t. LXXXVI, p. 179] et Hesse [ibid., t. CL111, p. 09 ; Bull, de la Soc. chim., t. XIV, p. 70].
Préparation. — Pelletier traitait l’extrait d’opium par un excès do lait de chaux et épuisait le précipité calcaire, lavé préalablement A l’eau et desséché, par l’alcool bouillant. Il évaporait l’alcool ot reprenait par l’éther qui dissolvait la théhaine. Anderson se servait des eaux mères alcooliques d’où s’étaient déposés les cristaux bruns de narcotine. En les évaporant il obtenait un résidu amorphe contenant beaucoup de matières rosineusos, un peu de narcotine et toute la thébaïne. Voici comment il la séparait : le résidu ôtait traité par l’acide acétique étendu et boudant; celui-ci dissolvait les alcaloïdes et un peu , ? r , Ce î on ajoutait alors du sous-acétate do plomb jusqu’à réaction franchement alcaline, la narcotine et la résine étaient seules précipitées; nôm s.éParait par le filtre; on enlevait l’excès la thau t Par,racidG sulfurique et l’on précipitait nian ^T0 dan.s -la litIueur fiIlrée par l’ammo- Iar- r;,° Précipité, lavé il l’eau et séché, était nos dans 1 alcool bouillant, ot la solution,
traitée par le charbon animal, déposait par la refroidissement des paillettes brillantes qu’on pouvait encore purifier par de nouvelles cristallisations.
Hesse agite la solution basique de l’extrait aqueux d’opium avec l’éther, puis la solution éthérée avec de l’aride acétique. On chasse l’éther par évaporation et on verso la liqueur lentement et en agitant continuellement dans une lessive alcaline maintenue en excès. Le précipité dans lequel la résine n’a pas dû s’agglomérer est séparé au bout de 24 heures et dissous dans l’acide acétique. On décolore la solution avec du charbon animal et on y ajoute de l’acide tartrique en poudre. Après 2i heures on recueille des cristaux de tartrate de thôbaïne qu’on fait recristalliser dans l’eau bouillante. On mot enfin la base elle-même en liberté et on la fait cristalliser dans l'alcool.
Propriétés. — C’est une substance cristallisant en lamelles quadratiques, d’un éclat perlé, absolument insipide quand elle est pure, fondant à 193° (Hesse), insoluble dans l’eau froide, trèssoluble dans l’alcool, surtout A chaud. Soluble dans le chloroforme et dans la benzine, assez peu soluble dans l’éther (1 p. dans 140 p. d’étlier à 10°). Insoluble dans les solutions alcalines, et facilement soluble dans les acides, elle possède une réaction alcaline et elle est toxique. Magendie a constaté que 5 centigrammos injectés dans la jugulaire d'un chien suffisent pour produire la mort à la suite do convulsions tétaniques. Claude Bernard place lathébaïne en tête des alcaloïdes de l’opium au point de vue de la toxicité sur les animaux; cependant, d’après llabuteau, l’homme peut ingérer 10 à 15 centigrammos de chlorhydrate de thébaïne sans danger, et selon M. Bouchut, A la dose de 50 centigrammes elle est absolument inerte. Son action hypnotique paraît faible, elle n’arrête que difficilement la diarrhée [Bull, de la Soc. chim., t. XV11I, p. 31 et 2G0J.
L’acide sulfurique concentré colore la thébaïne en rouge. Plus étendu (D = 1.3), il la dissout A froid, mais la solution légèrement chauffée laisse déposer un résidu, qui se dissout lentement dans l’eau bouillante et s’en sépare par le refroidissement A l’état de cristaux microscopiques (Anderson). L’acide nitrique concentré donne des vapeurs rouges et la solution jaune traitée par la potasse devient brune et dégage une base volatile.
L’acide chlorhydrique dissout aisément la thébaïne, la solution se fonce par l’évaporation et laisse une matière résineuse qui n’est plus entièrement soluble dans l’eau. Il se produit d’abord do la thébénino et de la thébaïcine (voyez ces mots).
Le chlore et le brome attaquent la thébaïne vivement avec production de corps résineux.
L'acide chlorhydrique gazeux donne du sel ammoniac et une masse résineuse qui ne fournit plus de sels [Liebig, Ann. der Chem, u. Pharm., t. XXVI, p. 60].
sels de thébaïne. — Les sels de thébaïne ne peuvent pas être obtenus cristallisés A l’aide de leur solution aqueuse ; ils cristallisent bien dans l’alcool on l’éther. Leurs solutions aqueuses précipitent par les alcalis ou leurs carbonates et (même en présence de l’acide tartrique) par les bicarbonates alcalins, ce dernier précipité est composé du petits prismes.
Chlorhydrate de thébaïne,
C19HJiAz O3. HCl + H2 O.
— Co sel forme de gros prismes rhombiques solubles dans 15,8 p. d’eau A 10° et perdant leur eau A 1(19°. La solution est neutre, elle jaunit I avec lo temps, surtout A chaud, aussi l’évapora-
THÉBÉNINE. — â72 — THÉN ARDUE.
tiou la résinifie. Il est difficilement soluble dans l’alcool, surtout absolu, insoluble dans l’éther. On l’obtient en mélangeant la tbébaïne avec une petite quantité d’alcool et ajoutant une solution alcoolique d'acide chlorhydrique jusqu’à ce qu’elle soit entièrement dissoute, on abandonne la liqueur, qui ne doit pas renfermer un excès d’acide.
Chloroplatinate
[C19 H*1 Az O3. H Cl]s Pt Cl4 -f 2I120
— Précipité jaune qu’on obtient avec le chlorure de platine et le sel précédent. 11 se convertit vite en cristaux orangés microscopiques, peu solubles dans l’eau bouillante. La solution dépose un sel probablement altéré.
Le sel primitif perd son eau dans l’air sec; selon Anderson il ne renfermerait que H2 O.
Chloromercurate. — Précipité cristallin obtenu avec le chlorhydrate de la base et le chlorure mercuriquo (avec la base libre le précipité est volumineux), ni l’un ni l’autre n’offrent do composition constante (Anderson).
Chloraurate. — Précipité orangé fusible à 100° en une masse résineuse.
Iodhydrate de thébaïne. — Prismes incolores et déliés, très-solubles dans l’eau, obtenus en traitant le tartrate neutre par l’iodure de potassium. En présence de l’iodure de potassium la solution laisse déposer à l’air de beaux prismes violets (Hesse).
Sulfate de thébaïne. — On ajoute de l’acide sulfurique à une solution de thébaïne dans l’éther. On obtient des cristaux et une résine qui finit elle-même par cristalliser (Anderson).
Hyposul/lte de thébaïne. — Il se produit par la décomposition du tartrate neutre à l’aide de l’hyposulfite de sodium; il forme de petits prismes blancs solubles dans l’eau, surtout à chaud, et dans 1 alcool.
Chromate de thébaïne. — Petits prismes jaunes très-altérables.
Oxalates de thébaïne. — Le sel neutre se présente en prismes incolores groupés en chouxfleurs, solubles dans 9p,7 d’eau froide, insolubles dans l’éther. On le prépare en traitant une solution alcaline de la base par l’acide oxalique. Sa composition est représentée par la formule
(C19H21 Az03)2C2H20'* + 6 H2 O.
Le sel acide, O» H2' AzOhC2 H20‘ + H20, se produit par l’addition d’une molécule d’acide oxalique à la solution concentrée du sel précéden et forme de gros prismes incolores solubles dans 44p,5 d’eau à ‘20°.
Tartrales de thébaïne. — Le sel acide,
C19 H21 Az O3. C* H6 O6 + H2 O,
est en prismes déliés solubles dans l’eau et l’alcool bouillants; il se dissout dans 130 p. d’eau à 20°.
Le sel neutre est facilement soluble dans l’eau et dans l’alcool, on l’obtient en employait un excès de thébaïne qu’on enlève ensutc par l’éther.
Méconale de thébaïne
(C19II21 Az03)2C" H' O1 + 6 U2 O.
Prismes incolores groupés en étoiles, solubles
dans l’eau et dans l’alcool bouillants, solubles seulement dans 304 p. d'eau à 20°. G. S.
THÉBÉNINE [O. Hesse, Ann. der Chem. u.
Pharm., t. CL11I, p. 47, 1870], — Cet alcaloïde résulte de la transformation isomérique de la thébaïne (voyez ce mot) sous l’influence de l’acido chlorhydrique bouillant. On porte un instant i l’ébullition 200 p. d’acide chlorhydriquo ( ti = l.wA) avec 10 p. de thébaïne, et l’on étend aussitôt la solution de son volume d’eau froide.
Il se sépare peu après des cristaux qu’on lave à l’eau et qu’on dissout dans l’eau bouillante additionnée d’acide acétique; on obtient alors par le refroidissement le chlorhydrate de thébétiine à l’état de pureté (voyez plus bas). La solution ! aqueuse de ce sel traitée par le sulfite de sodium, donne un précipité floconneux de thébé-j nine libre. C’est une substance amorphe inso--i lubie dans l’éther et dans la benzine, peu soluble « dans l’alcool bouillant, insoluble dans l’ammo- | niaque, mais soluble dans la potasse et précipi- table de cette solution parle sel ammoniac. Elles neutralise les acides b-s plus énergiques. Elle t s’oxyde rapidement à l’air surtout en présence d6 matières alcalines. Sa solution dans la potasse devient brun noir par la formation d’une substance humoïde de nature probablement basique. > L’acide sulfurique concentré dissout la thébénine e| avec une belle coloration bleue qui disparaît parti l’addition d’eau et reparaît par l'addition d’une. .| nouvelle quantit ■ d’acide.
Chlorhydrate de Ihébénine — On l’obtient, , comme il a été dit plus haut sous la forme de lamelles incolores solubles dans l’eau et dans-, l’alcool bouillants, solubles seulement dans 100 p. .1 d’eau froide, et renfermant
C19H21Az03.HCl + 3 H2 O.
L’acide nitrique les dissout avec une coloration) jaune en dégageant des vapeurs rouges. La soliwJ tion de chlorhydrate de thébénine possède un i goût amer et ne paraît pas être toxique. Le chlo-4 roplatinate est jaune et amorphe; il s’altère assetl vite et prend une coloration brun-verdàtre.
Le chloromercurate forme de longs prismes | incolores renfermant
(C19 H21 Az O3 . H Cl)2Hg9 Cl* + 2H«0.
Sulfate de thébénine
(C19 H21 Az O3)2 112 S O -f 2 H2 O.
— On l’obtient en chauffant la solution du chlor hydrate avec un peu d’acide sulfurique. Il se dé pose à l’état d’une poudre blanche cristallin: formée de petits prismes. Ceux-ci perdent leu eau à 100°.
Le sulfate de thébénine est peu soluble dan l’eau bouillante, insoluble dans l’eau froide ( dans l'alcool.
Sulfocyanate de thébénine. — Il se prépaie avec la solution aqueuse du chlorhydrate et . sulfocyanate de potassium. C’est une poudre cri)/ talline blanche, très-peu soluble dans l’ea froide.
Oxalale de thébénine,
C’9 H21 Az O3 . C2 II2 Ov + 11*0.
- 11 se forme par l’action de l'acide oxalique si e chlorhydrate ; ce sont de belles lames nacréi ieu solubles dans l’eau bouillante, insolubles dai 'alcool, perdant leur eau à 100°. G. S.
TIlÉBOLACriQCE (ACIDE). — MM. T.
4. Smith ont re iré des eaux mères de la mo ihine un acide possédant la composition i 'acide lactique, mais qui en différerait par ce ains caractères. D’après les recherches plus i •entes de Buchanan, et acide cest identique t ous points avec l’acide lactique de fermentant T. et H. Smith, Pharm. Journ. and Transac . 2) t VII p. 50; — Buchanan, Deutscli. chei îescll.. t. III, p. 182].
THEINE. — Svn. de Cxfékve, t. I, p. b.13.
THÉNAHIMTE (Min.). [Syn. Pl/rojechn Scacchi)]. — Sulfate de sodium anhydre. SO*«» rrouvé en Espagne, près d’Aranjuez, à larapa :t au Vésuve.
Dureté : 2 à 3. Densité : 2,73,
THÉOBROMINE. — 373 — THÉOBROMINF,
Forme cristalline. — Prisme orthorhombiquo », ,»= I03",26';pa> = 120", 30'. Clivage p, presque parfait.
TH EOBROM IN E, C7 IIS Ait4 O*. — Cet alcaloïde, découvert par M. WoskresensK en 1842, a été retiré de la semence du cacao ( iheobroma cacao), larlire peu élevé de l’Amérique appartenant à la famille des Bythnériacces ou sous-famille des Ij Malvacées.
La théobromine est l’homologue inférieur de la caféine. La synthèse de cette dernière base a été obtenue à l’aide de la théobromine argen- ! tique et de l’iodure de métbyle.
La théobromine s’obtient en épuisant le cacao ipar l’eau bouillante; l’alcaloïde se dissout, ainsi iqu’une certaine quantité d’acide malique, de mallatcs acides et de matière colorante. On filtre à (travers une toile et on ajoute à la solution un (excès d’acétate de plomb; on filtre de nouveau et (l’excès de plomb est enlevé à l’aide de l’hydrogène
I sulfuré. La solution est évaporée à siccité, et le résidu est repris par l’alcool bouillant, qui laisse (déposer, par le refroidissement, la théobromine isous forme d’une poudre cristalline encore colorée • que l’on purifie par de nouvelles cristallisations [Woskresenski (1842) Ann. der Chem. u. Pharm., tt. XLI, p. 125J.
Propriétés. — La théobromine est une base faible, cristalline, d’une saveur légèrement amère, inaltérable à l’air, même à 100"; à 250°, elle commence A se colorer en brun et donne quelques degrés plus haut un sublimé cristallin en laissant un résidu de charbon. D’après M. Relier, la théobromine, au contraire, se sublime sans décomposition vers 290"; le produit de la sublimation est formé de cristaux microscopiques consistant en prismes rhomboïdaux terminées par un sommet octaédrique [,4«n. der Chem. u. Pharm., t. XCII, p. 71, et Journ. de Pharm. et de Cliim., t. XXVII, p. 1G0 (3)J. Elle est à peine soluble dans l’eau même bouillante; l’alcool et l’éther la dissolvent encore moins.
La théobromine chauffée à l’ébullition avec de l’eau de baryte se dissout sans altération, il ne se dégage pas d’ammoniaque ; par le refroidissement, la liqueur se prend en une bouillie blanche.
Lorsqu’on chauffe cet alcaloïde avec un mélange d’acide sulfurique et d’oxyde puce de plomb, de l’acide carbonique se dégage sans qu’il soit nécessaire de continuer il chauffer, et si l’oxyde plombique n’a pas été employé en excès, on obtient après filtration un liquide incolore et légèrement acide qui colore la peau en pourpre ; chauffé avec de la potasse caustique, il r 1Sf° dégager de l’ammoniaque; l’hydrogène sulfuré y fait naître un dépôt de soufre; enfin, en presence de la magnésie, il prend une couleur bleue indigo qu’un excès de magnésie fait disparaître, mais qu’il est facile de reproduire en ajoutant une quantité convenable d’acide sulfurique.
Cette liqueur, chauffée avec un excès de magnésie, dégage de l’ammoniaque, prend une teinte rouge et laisse un résidu qui, traité par l’alcool bouillant, lui abandonne un corps donnant des cristaux à base rhombe, incolores, ayant une réaction acide, et qui ne forment de combinaison m avec l’azotate d’argent, ni avec les bichlorures de platine ou de mercure [Glasson, Ann. der Chem. u. Pharm. L LXI, p. 3351.
Sous 1 influence du chlore, la théobromine donne des composés analogues à ceux que l’on obtient avec la caféine dans la même réaction.
u" Tie.nt,une li(Iuour jaunètre bleuissant par ics sets de fer au minimum en présence de l’am- Kr®’ j0t fidi.oolofe la peau en pourpre. Le préc n té td6 ?l,atule, forme dans cotte liqueur un théohmndn cll,oro.P1atmato de méthylamine. La bOobronune soumise A l’action de la pile don-
nerait, d’après MM. Rochleder et Hlasiivetz, un corps qui répondrait à la formule C6fI8Az!0' [Rochleder et lllasiwctz, Wiener Acad, Berichl.'. 1850, mars, 260; — Ann. der Chem. u. Pharm.. t. LXXIX , p. 124],
Transformation de la théobromine en caféine.
— La théobromine argentiquo, traitée par Viodure de méthyle, a été transformée en caféine identique avec l’alcaloïde naturel :
C7 H1 AgAz40* + C1PI = Agi -f C8H'° Az40!.
Théobromine Caféine.
argentique.
On trouvera tous les détails relatifs à cette synthèse obtenue par Strecker, ainsi que l’opinion de Rochleder sur les formules rationnelles de la théobromine et de la caféine, à l’article Caféine, t. I, p. 695 [ Strecker, Compt. rend., t. LU, p. 1210 et 1268; Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXVIII, p. 151; Ann. de Chim. et de Phys., (3) t. LXII, p. 355 ; Itépert. de Chim. pure,, t. III, p. 343; — Rochleder, Wiener Acad. Berichte, Journ. fur prakt. Chem., t, XCIII, p. 98; Bull, de la Soc. chim., 1865, t. 111, p. 213].
Sels de tfiéobiiomine. — Les sels de théobromine sont cristallisablos et se décomposent en partie par l’eau.
Azo'ale de théobromine, Cït^Az^O^HAzO8 .
Cristallise sous la forme de prismes obliques A base rhombe. Il se forme lorsqu'on abandonne une solution de la base dans l’acide nitrique. La chaleur et l’eau le décomposent.
Théobromine et azotate de d’argent,
C7 H8 A z4 O8 , Ag Az O3.
— On obtient ce sel en ajoutant une dissolution d’azotate d’argent A une dissolution très-étendue d’azotate de théobromine. Le sel formé se dépose en aiguilles brillantes d’un blanc argentin. Cette combinaison, fort peu soluble dans l’eau, peut être utilisée pour reconnaître des traces de théobromine. L’azotate de théobromine peut être chauffé A 100° sans éprouver d’altération; A une température plus élevée, il fond en émettant des vapeurs rutilantes, et laisse un résidu d’argent pur.
Chlorhydrate de théobromine,
C7 H8 Az4 OMI Ch
— Ce sel prend naissance lorsqu’on fait dissoudre la théobromine dans l’acide chlorhydrique concentré et chaud. Étendu d’eau, il se décompose en donnant un sous-sel. Cette combinaison est peu stable : il suffit de la chauffer à 100° pour chasser tout l’acide chlorhydrique.
Chloromercurate de théobromine. — Il s’obtient en mélangeant une solution aqueuse de théobromine et une solution étendue de biclilorure de mercure; le chloromercurate de théobromine se dépose sous forme d’un précipité blanc cristallin.
Chloroplatinate de théobromine,
(C7 II8 Az40*. Il Cl)8ptCl* -j- 4 HsO.
— Sel cristallisé en prismes obliques A base rhombe, qui s’effleurissent A l’air. On l’obtient en versant une solution de biehlorure de platine dans une solution chlorhydrique de théobromine. Il perd ses deux molécules d’eau lorsqu’on le chauffe à 100°.
Tannate de théobromine. — Cette combinaison se forme lorsqu’on ajoute une dissolution d’acide tannique A une dissolution de théobromine. C’est un précipité soluble dans un exces d’acide taunique, dans l’alcool et dans l’eau bouillante.
Tétraiodure de théobromine,
C7H8Az4 O*, III4.
THERMOCHIMIE
— 37/i- — THERMOCHIMIE.
— Se produit lorsqu’on ajoute de l’iodure de potassium à une soluiion chlorhydrique de théobromine; le mélange, abandonné à lui-même, laisse déposer ît la longue do grands prismes presque noirs de tétraiodure de théobromine. L'eau froide ou l’alcool chaud les décompose [M.-E.-M. Joergensen, Deutscli. client. Geselsch., t. II, p. 400; Bull, de la Soc. chim., t. XIII, p. 180]. E. C.
TIIEItMOCHIMIE. — Depuis la rédaction de l'article Cini.mm (t. I, p. 813), la partie de la science qui traite do l’étude thermique des réactions s’est enrichie d’une multitude de données expérimentales nouvelles; certains travaux peu connus en France à cette époque ont été mis en lumière ; enfin bon nombre de problèmes de statique chimique ont été abordés et résolus à l’aide du thermomètre. Nous croyons donc utile do compléter notre article primitif en présentant au lecteur un très-rapide résumé des récents progrès de la thermochimie. Nous nous occuperons d’abord des instruments et des méthodes calorimétriques (4) ; nous donnerons ensuite quelques-uns des résultats numériques les plus importants (2); nous mentionnerons les applications du calorimètre à l’étude des réactions chimiques (3); enfin nous passerons en revue les lois chimiques auxquelles les réactions paraissent être subordonnées (4).