COMPOSÉS ANALOGUES A LA THIALDINE
Nous décrirons dans ce paragraphe les corps suivants dont le mode de formation est analogue à celui de la thialdine.
Étiiylthialdine, C6H12(C2H5) AzS2.— On l’obtient à l’état impur en mélangeant l’aldéhyde avec de l’éthylamine, et saturant le liquide sirupeux avec de l’hydrogène sulfuré. C’est une huile neutre, facilement décomposable.
La méthylthialdine s’obtient par un procédé identique.
Acrothialdine, C2Hi3AzS2 + 5 II* O (Schiff). — Elle se produit par l’action de l’acroléine sur le sulfure d’ammonium incolore saturé d’hydrogène sulfuré et refroidi.
C’est une matière blanche, cristallisée indistinctement, de l’apparence du camphre, presque sans saveur, d’une odeur faiblement alliacée. Elle est insoluble dans l’eau, très-peu soluble dans l’alcool, l’éther, la benzine, soluble dans le sulfure de carbone. Elle ne donne pas de sels. Chauffée avec de l’acide chlorhydrique concentré, ou soumise à une action prolongée avec l’eau, elle est décomposée.
QE.nanthothialdine, CS1 II43 AzS2 (Schiff). — Elle se produit par l’action du sulfure d’ammonium sur l’œnanthol à froid. C’est une huile incolore, d’une odeur particulière fade et alliacée, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, non volatile sans décomposition, n’ayant aucune réaction sur le papier de tournesol. Sa densité est de 0,89G à 26°.
L’œnanthpthialdine est une base peu énergique, qui ne fournit pas de combinaisons stables avec les acides faibles. Le perchlorure de platine la décompose partiellement avec production d’œnanthol et de chlorure d’ammonium. Une solution aqueuse d’acide sulfureux la décompose à 110°; il se forme de l’œnanthol et de l’oxysulfure d’heptylène,
(C7Hu)2SO.
L’œnanthothialdine, chauffée à 100° avec de l’œnanthol, fournit également de l’oxysulfure d’heptylène, en même temps que de la triœnanthonaldine, C21H41AzO. A 100°, elle réagit sur l'aniline; avec 2 molécules d’aniline, elle donne de l’oxysulfure d’heptylène, et de la diheptylidènediphény lamine, Az2(C7II14)2(CGH5)2.
Si l’aniline est en excès, il no se forme que ce dernier corps, avec de l’ammoniaque et de l’hydrogène sulfuré, mais point d’oxysulfure. Enfin si l’œnanthothialdine est en excès, il se forme de l’beptylène, C7 IIU, et la base précôdento.
Valébotiii Aldine, ClsIl31AzS2 (Schiff). — On fait agir le sulfure d’ammonium incolore saturé sur l’aldéhyde valérique. C’est un liquide épais, qui se décompose en partie par la distillation. 11 donne avec l’iodure d’éthyle une combinaison cristallisée. Le produit principal de l’action de l’aniline est la diamylidènedipliénylamine, Az2 (CMII0)2(CGI15)2.
Constitution des thialdines. — Les tlnaldines sont formées par l’union de 3 molécules d’une aldéhyde, 1 molécule d’ammoniaque , et 2 molécules d’hydrogène sulfuré avec élimination de 3 molécules d’eau :
3C2 II4 O + Az II3 -J- 2 H2 S
Aldéhyde.
= CGH13AzS2 -f 3 U2 O Thialdine.
3 C7 H!* O + AzII3 + 2 H*S
Œnanthol.
= C2‘Ii43AzS2 + 3 112 O.
THIAMÉTHALDINE. — 395 — THIOBENZOÏQUE (ACIDE).
D’après l’action de l’ioduro de méthyle qui fournit avec la thialdiile l’iodure d’un ammonium composé, donnant de l’hydrate de tétraméthylammonium, AI. Hofmann regarde la thialdine comme une base tertiaire renfermant
(C6HlsSs)”Àz.
AI. Schiff a présenté la thialdine comme résultant de la substitution de 3 radicaux monoatomiques à 3 atomes d’hydrogène de l’ammoniaque, et en considérant seulement les aldéhydes de la série C" 112'1 0, attribue aux tliialdines la formule générale :
( O II2", S II Az C" H2", S II ( C"IIs"->.
; Ainsi la thialdine serait :
( C3II», SH Az C2 II», S II ( G2 H3.
! Ces formulos ne sont pas encore suffisamment justifiées, et, comme celles des oxaldines (voyez t. II, p. 008), demandent de nouvelles recherches. E. G.
THIAMÉTHALDIXE [Syn. de Métiiyltiiialdine]. — Voyez Thialdine.
THIAMYLIQUE (ACIDE). — AI. Commaillo i a donné ce nom à un acide monobasique de la formule, CG H 1 1 . S O H, isomérique avec l’acide lamylsulfurique et qui serait à cet acide ce que l’acide parathionique est il l’acide éthylsulfurique [A. Commaille, Compt. rend., t. LXXV, p. 1G30J. L’existence de l’acide parathionique a été rendue plus que douteuse par les travaux de Scheibler et
Id’Erlenmeyer, et il nous semble que l’acide paramvlique doit partager le sort de son congénère. AI. Commaille prétend avoir trouvé l’acide thial mylique, parmi les produits accessoires de la préparation de la coralline au moyen du phénol, i do l’acide oxalique et de l’acide sulfurique. On ne comprend pas comment ces corps peuvent engendrer un acide contenant le vadical amyle.
La composition de quelques thiamylates correspond presque exactement à celle des oxyphénylsulfites.
THIANISOÏQUE. — Voyez Anisoïque (acide).
THIANILINE. — Voyez Phénylamines, t. II,
Tlll AXISOL, C8H8OS. — [Cahours, Cumpt.
rend., t. XXV, p. 450, 18171. Ce corps, qui parait être l’hydrure de sulfoauisyle ou aldéhyde anisique sulfurée
\ CSH,
se produit par l’action du sulfhydrate d’ammoniaque sur l’anishydramide (C8ll80)8Az2 (voyez t. I, p. 330).
C’est une poudre blanche, farineuse.
TH IOBE.VZ ALDINE. — Synonyme de Sulfazoture de benzylène, t. I, p. 578.
THIOBENZOÏQUE (ACIDE). — Ou a donné le nom d’acide thiobenzoïque il des acides renfermant C7 11° S O ; mais on remarque qu’il peut X avoi™,eu\,acide3 de cotte formule, renfermant lun, C U8- CO. S H; c’est le sulfhydrate de benzoyle, étudié par Cloêz, Engelhardt, etc.; l’autre, renfermant C8H:7-CS-0 H, c’est l’hydrate de sulfobenzoyle étudié par Fleischer. Nous décrirons successivement ces deux acides.
nuC,!?fcT"10^N?o!<lt’E ( sulfhydrate de benzoyle), Ç7H6°S == C»H=-CO. SII. - [Cloêz, Bull de
de vT,' .J85!’ P- lü5- — TüttscheiT, Bull.
ae l Acad. dePetersb., t. V, p. 295 Engelhardt,
Latschmoff et Alalyscheff, Zeitscli. fur. Chem.,
1808, p. 353, et Bull, de la Soc. chim., 1808, t. X, p. 409]. AI. Clo0z a décrit sous le nom d’acide thiobenzoïque C7 H6 O S, un composé cristallisé, tondant il 120», et qu’il obtint en versant du chlorure do benzoyle dans une solution alcoolique de monosulfure de potassium, filtrant la solution, chassant l’alcool au bain-marie, dissolvant dans l’eau et additionnant la solution d’acido chlorhydrique. Il se sépare un liquide oléagineux qui, au bout de quelques jours, abandonne des cristaux volumineux, incolores. Suivant MAI. Engelhardt, Latschinoff et Alalyscheff, dans l’action du chlorure de benzoyle sur le monosulfure de potassium, il se forme bien du thiobenzoate de potassium comme Ta vu AI. Cloêz; mais l’huile séparée par l’acide chlorhydrique, serait le véritable acide thiobenzoïque, taudis que les cristaux décrits par Cloêz seraient du bisulfure de benzoyle (C7 H5 O)8 S2, formé par transformation de l’acide thiobenzoïque, corps peu stable et s’altérant à l’air. Il est d’autant plus facile de confondre ce corps avec l’acide thiobenzoïque qu’il donne avec la potasse du thiobenzoato en même temps que du benzoate; la transformation de l’acide thiobenzoïque en bisulfure de benzoyle s’opère à l’air, suivant l’équation
2(C7H80, SI1) + O = H* O + (C7 H5 0)s S*.
Nous décrirons donc le corps de Cloêz sous le nom de bisulfure de benzoyle.
MM. Engelhardt, Latschinoff et Malysclieff ont préparé l’acido thiobenzoïque au moyeu du thiobenzoate d’éthyle que AI. Tüttscheff avait obtenu en traitant le mercaptide de plomb par le chlorure de benzoyle. Cet éther,