C14II*°C
ne s’obtient pas au moyen du tolane, mais se forme dans l’action du perchlorure de phosphore sur le chlorobenzile, C141I>»0 Cl2. Ce tétrachlorure est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool et dans l’éther ; l’hydrogène naissant dégagé par l’amalgame do sodium le convertit en tolane ; traité en solution alcoolique par le zinc, il donne deux chlorures de tolane isomères, G14 H10 Cl2 (Zinin).
Ces mêmes chlorures se forment, d après Limpricht et Schwanert, par l’action du perchlorure de phosphore sur le stilbène. L’un de ces chlorures est en lamelles rliomboïdales, fusibles à 153°, solubles dans 10 parties d’alcool bouillant; l’autre est en longues aiguilles ou en prismes hexagonaux, fusibles à 63°, solubles en toute proportion dans l’alcool bouillant. 10 p. de tétrachlorure de tolane fournissent par l’action du zinc 2 p. 2 à 2 p. 4 du chlorure, C14II’°C12, fusible il 1 53°, et 6 p. à 5 p. 2 du chlorure fusible à 63°. Tous deux peuvent être distillés sans décomposition; ils sontsolubles dans l’éther et dans l’acide acétique; la potasse alcoolique à 180° ou l’amalgame de sodium les transforment en tolane. Traités par l’acétate d’argent, ils ne donnent pas de dérivé acétylé. Par la distillation, ils se transforment aisément l’un dans l’autre.
L’action du perchlorure de phosphore additionné d’oxychlorure de phosphore convertit lo tolane en doux chlorures chlorés, C14 11» Cl, Cl2, l’un, en aiguilles jaunes, fusibles à 137-145°, l’autre, en prismes blancs, brillants, fusibles il 150°.
Le tolane se dissout dans l’acide sulfurique en donnant un acide sulfoconjugué dont les sels sont bruns et incristallisables; par l’action de la potasse fondante, cet acide sulfocon jugué ne donne que du phénol et do l’aride benzoïque.
Sous le nom d'alcool lolanique, MM. Limpricht et Jena ont décrit un corps cristallisé, fusible à 200°, présentant la composition de la benzoïne, C141I1202, et qu’ils ont obtenu en décomposant 1 ’acétyl-benzoïne de Zinin, par la potasse alcoolique. Aucune réaction ne prouve que ce corps soit l’alcool diatomique présentant avec le tolane les relations de l’éthylène et du glycol [Limpricht et Jena, Ann, der Chem. u. Pliarm., t. CLV, p. 89; Bull, de la Soc. Cliim., 1871, t. XV, p. 1I7J.
Constitution du tolane. — Le tolane dérivant du benzile, comme l’a montré Zinin, sa formule et celles de ses dérivés sont comparables aux formules des corps de la série de la benzoïne et de
l’hydrobenzoïne
(voyez t.
CO
CO
CO
C»lis.
Benzile. Chlorobenzile. Tétrachlorure Tolane.
do tolane.
Le tolane peut être envisagé comme le diphênylacétylène. E. G.
TOLENE. — Voyez Baumes, t. I, p. 520.
TOLID1NE. — Voyez Toluène (7°. Produits de
RÉDUCTION DES MONONITROTOI.UÊNES).
TOI.U (BAUME DE). — Yoyez Baumes, t. I, p. 520.
TOLUÈNE. — /,28 — TOLUÈNE.
TOLUÈNE [Synonymes : lob toi, méthylbenzine, hydrurede benzyle, hydrure de crésyle; anciens noms : rétinaphte, benzoène, dracyle, hydrure de toluciiyle],
CHU = CHU- CIP.
Le toluène est le premier homologue de la benzine. Il a été découvert en 1838, par Pelletier et Walter, lin étudiant les produits huileux provenant, de la fabrication du gaz de l’éclairage au moyen des résines, cos savants avaient obtenu un hydrocarbure bouillant versl08°, auquel ilsavaiont donné le nom de rétinaphte. Un peu plus tard, M. Deville obtint un carbure de même composition en soumettant le baume de tolu à la distillation sèche; il le considéra comme isomérique avec le rétin, aphte et le décrivit sous le nom do benzoène. Encore quelques années plus tard, Glenard et Boudault montrèrent que la distillation de la résine de sang-dragon fournit un hydrocarbure analogue, le dracyle.
Comme Gerhardt l’a déjà fait remarquer en 1845, dans son « Précis de chimie organique», le rétinaphte, le benzoène et le dracyle ne constituent qu’unseul et même hydrocarbure. Berzelius, en rendant compte du travail de M. Deville dans son Rapport annuel, rejette la dénomination de benzoène et propose les noms de toluol ou toluine, que M. Cahours a plus tard changé en celui de toluène. Les chimistes allemands ont conservé le mot toluol.
Depuis ces divers travaux , le toluène a été rencontré par Mansfield dans les huiles légères du goudron de houille; il y existe en assez grande abondance et accompagne la benzine ot ses autres homologues. Wilson et Ritthausen ont confirmé cette découverte quelques années plus tard. M. Cahours a trouvé le toluène dans l’huile qui se sépare de l’esprit de bois brut par addition d’eau; Voelckel dans les parties volatiles du goudron de hêtre; Warren et Storer dans les produits de distillation de l’huile de Menhaden (extraite do VAlosa Menhaden, espèce de hareng); enfin, d’après les expériences de Warren de la Rue et IL Müller, le toluène se rencontre dans l’huile minérale de Burmah (appelée aussi Rangoon-tar) [Pelletier et Walter, 1838, Ann. de Chiai, et de Phys., (2), t. LXVH, p. 278; — H. Sainte-Claire-Deville, ibkl.. (3), t. III, p. 168; • — Glénard et Boudault, Compt. rend., t. XIX, p. 505 ; — Mansfield, Quart. Journ. cliem. Soc. London, t. I. p. 244; — - A. Cahours, Compt. rend., t. XXX, p. 319 ; — — W. Wilson, Quart. Journ. cliem. Soc. London, 1. 111, p. 151; — Ritthausen, Journ. fur prakt. Chem., t. LXI, p. 74; — Voelckel, Ann. der Chem. u. Pharm., t. LXXXVI, p. 331 ; — C. M. Warren et F. H. Storer, Journ. j. prakt. Chem., t. Cil, p. 436 ; — Warren de la Rue et Hugo Müller, ibid., t. LXX, p. 300].
On le voit, le toluène se forme dans la distillation sèche d’un très-grand nombre de substances diverses; ce sont là des réactions complexes qui fournissent, indépendamment du toluène, une foule d’autres produits. Ni les un3, ni les autres ne dérivent d’une manière régulière de la. substance primitive et ces réactions ne nous donnent aucune indication sur la nature du toluène. Les modes de formation et de synthèse du toluène dont nous allons parler maintenant sont plus simples, et quelques-uns vont nous permettre do fixer la constitution de cet hydrocarbure.
1° Le toluène se produit par la distillation do de l’acide paratoluique avec un grand excès de baryte ou de chaux :
CHU O5 + BaO = CHU +- CCUBa.
Acide Toluùne.
paratoluique.
[Noad, Phil. Mag., (3), t. XXXII, p. 15, Ann. der Chem. u. Pharm., t. LXIII p. 281 1. Les acides orthotoluique et isotoluique, isomériques avec l’acide paratoluique doivent se comporter d’une manière analogue et fournir le même toluène.
2” Tollens et Fittig ont obtenu synthétiquement le toluène en traitant par le sodium un mélange d’iodure de méthyle et de benzine monobromée, mélange fait en proportion des poids moléculaires et étendu de son volume d'éther anhydre,
CHU Br -f- CH»I + Na*
Benzine lodure
monobromée. de méthyle.
~ CHU-CIU -f- Nal -f- Na Br.
Toluène.
[B. Tollens et R. Fittig, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXXIX, p. 369 et t. CXXXI. p. 303 ; Bull, de la Soc. chim., 4864, t. II, p. 452; 1865, t. III, p. 132],
3° M. Berthelot a cherché à réaliser une synthèse semblable par voie pyrogénée, en exposant un mélange de benzine et de méthane à l’action de la chaleur,
C6LU + Cil' = H* + CHU-CIU.
Ces deux substances, à l’état isolé, ne réagissent l’une sur l’autre qu’au rouge blanc, température à laquelle le toluène n’est plus stable; aussi M. Berthelot n’a-t-il obtenu dans cette réaction qu’une petite quantité d’anthracène. Il n’en est plus de même lorsque , à une température élevée , on met en présence la benzine et le méthane, tous deux à l’état naissant : ils s’unissent alors en perdant de l’hydrogène et produisent du toluène. On réalise ces conditions en soumettant à la distillation un mélange intime de benzoate et d’acétate de calcium; le produit condensé dans le récipient contient, indépendamment d’autres produits, du toluène et une petite quantité d’homologues supérieurs de la benzine [Berthelot, Bull, de la Soc. C/wm.,1837, t. VII, p. 116J.
4° Le toluène se forme, en même temps que d’autres hydrocarbures, par l’action de la chaleur sur un mélange d’hydrogène et de styrolène,
2(CeH6-CH = CH*) + H*
Styrolène.