‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 299 sur 430 · CO* H GO* H · texte numérisé non relu

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Alanine. Tyrosine.

rHüfner, Zeitsch. ftir Chem., 1808, p. 391; — Barth, ibid.,1870, t. VI, p. 113].

Mais d’après le dédoublement de Hüfner, elle dd se rattacher à l’acide phlorétique, et celui-ci, is mère de l’acide hydroparacoumarique, me part devoir être

G8 H*, OH 1 ,/CIP

CH

La tyrosine en serait donc un dérivé amid comme l’a dit Hüfner, mais non un dérivé ami dans le groupe phényle, ainsi qu’il l’a adm l’acide iodhydrique lui enlevant, vers 150°, l’ammoniaque, ce qui n’a pas lieu avec les dériv amidés du groupe benzine. Il me semble do que la tyrosine doit être représentée par l’u. ou l’autre des deux formules suivantes ;

GfAzH2! ^ ^ Oo t, O x G H*(Az H*) L [Az II*) x CO* H LU ''CCPH.

UDDEVALEITE (Min. J. — Fer titanô rhomboédrique renfermant environ 15 % d’acide titanique, d’Uddevala (Suède). Densité = 4,78.

UIGITE (Min). — Zôolithe mal définie formant des noyaux groupés en gerbes de lames nacrées, dans une amygdaloïde de Uig (lie de Skye),

SiO* = 45,98; Al* O3 = 21,93 CaO = 16,15;

Na*0 = 4,7; 11*0 = il, 25.

Dureté, 5,5. Densité, 2,28.

ÜLEXITE (Min.). — Voyez Hayesine.

ULLMANMTE (Min.) [Syn. Nickelspiesglanserz , nickelstibine, antimoine sulfuré nickelifère], — Antimoniosulfure de nickel arsénifère, Ni S Sb. Gris d’acier clair; se trouve dans les mines de Freusburg (Nassau), de Siegen (Prusse), etc., avec galène et chalcopyrite.

Caractères. — Attaqué par l’acide azotique avec production d’une solution verte et d’un résidu de soufre et d’acide antimonique. Sur le

charbon, fond en bouillonnant en un globule, q émet des fumées d’antimoine. Avec le bora réaction du nickel.

Dureté, 5, à 5,5. Densité, 6,3 à 0,5.

Forme cristalline. — Cubique, faces p, a', l Clivage p parfait.

Isomorphe avec la gersdorflite.

ULMARIQCE (ACIIJE). — Synonyme d’h; druro de salicyle. — Voyez t. II, p. 1392.

ULMINE et UEMIQUË (ACIDE). — Sous 1 noms de matières ulmiques ou humiques, d’u mine, d’acide ulmique ou humique, de géin d’acide géique, les chimistes désignent diversi substances brunes ou noires, que l’on extrait d terreau, de la tourbe, de la terre d’ombre, d fumier d’étable, du purin et de certaines eau minérales. Elles doivent être considérées cornue le résultat final de la putréfaction des matièri 1 végétales ou animales en présence do l’air humidi Ces mêmes dénominations ont aussi été donnét

ULMINE.

U LM I NE

à un grand nombré de substances analogues que l’ona obtenues artificiellement, soit en faisant agir les acides ou les alcalis sur différentes matières organiques telles que la cellulose, l’amidon, le sucre, la fibrine, le glucose, la mélasse, l’alcool, l’albumine, etc. Toutefois la composition des différents corps ainsi obtenus varie avec les circonstances de leur production, bien qu’elle indique qu’ils doivent être rangés dans une môme classe.

Produits ulmiques formés par la putréfaction des matières organisées. — Les végétaux morts se décomposent, à la suite de réactions chimiques analogues aux fermentations, et se transforment en produits colorés en brun plus ou moins foncé, qui sont généralement connues sous le nom d'humus. La putréfaction des matières animales au contact de l’air humide, à une certaine température et sous l’influence de principes azotés, engendrent aussi des produits analogues, désignés vulgairement sous le nom de pourri. Ces corps doivent être classés dans la série ulmique.

Rappelons d’abord que Klaproth [Ann. de Gehlen, t. IV, p. 329] a désigné sous le nom d’ulmino ou d’acide ulmique une substance gommeuse contenue dans les cavités noires des troncs des arbres malades, particulièrement des ormes.

On a isolé et décrit un certain nombre de ces produits. Leurs propriétés et leur composition varient suivant le mode de préparation. Nous allons entrer dans quelques détails à ce sujet.

Mulder [Ann. der Chem. u. Pharm., t. XXXVI, p. 215; Journ. fur prakt. Chem., t. XXXII, p. 325], ayant fait digérer du terreau végétal ou du bois pourri avec une solution faible de potasse et de soude, a obtenu un liquide brun dans lequel l’addition d’un acide a déterminé un précipité brun noirâtre soluble dans les alcalis et toujours très-azoté. Mulder regarde ce dernier précipité comme un mélange de trois substances qui résultent elles-mêmes de la combinaison de l’eau ou de l’eau et de T’ammoniaque avec trois acides différents : l'acide géique, CS0H1! O7, l’acide humique, C!0III2O6, et l’acide ulmique, G20 II14 O6.

Hermann [Journ. fur prakt. Chem., t. XXII, p. 05; t. XXflf, p. 375; t. XXV, p. 189; t. XXVII, p. 165; t. XXXIV, p. 156] distingue onze matières humiques qui sont pour la plupart azotées, même lorsqu’elles proviennent de substances ne contenant pas d’azote. Dans ce cas, .elles absorbent l’azote de l’air. Mulder et Hermann ont analysé un grand nombre de ces matières ulmiques extraites de la tourbe ou de débris végétaux, et ont constaté que, par leur composition et leurs propriétés, elles doivent être considérées comme des produits analogues à ceux obtenus par l'action dos acides ou des alcalis sur un grand nombre | de matières organiques. Leurs analyses et leurs î formules sont peu concordantes et prouvent * que ces substances sont le produit de matières ’ végétales dans un état de décomposition plus ou i| moins complet.

| Th. Lettenmayer et C. Liebermann [ Deutsche i chem. Gesells., t. VII, p. 408], ayant recueilli une couche de résine sur un fragment de bois de hêtre provenant d’un tronc en décomposition, vont dissoute dans l’eau froide. La solution alca- I line a donné par l’addition d’un acide un précipité floconneux, couleur de rouille, se desséchant a 100° en une masse vitreuse brune, difficilement soluble dans les alcalis et renfermant

ni r difficilement dans les

«içalis. Les auteurs considèrent la matière première comme formée des sels alcalins do cet acide m n , trac?f de chaux> de fer et d’alumine. Ün«« . V?f, [ Landwirthschalliche Versuchsstanan’ XIV , p. 248] traite la tourbe ou les terres

tourbeuses par une solution de carbonate de sodium, précipite le liquide par l’acide chlorhydrique et purifie le précipité obtenu en le soumettant un grand nombre de fois au même traitement. Finalement il le dissout dans l’eau bouillante et le précipite par l’acido chlorhydrique. Il obtient ainsi de l’acide humique ne contenant plus que 0,179 °/0 d’azote. L’analyse de cet acide desséché à 126° a donné 59,75 de carbone, 4,61 d’hydrogène, ce qui correspond à la formule C20 H18 O9. Toutefois, delà composition des sels qu’il a préparés, ce chimiste déduit la formule triple CC0H54O27, qu’il croit être la véritable.

Propriétés de l'acide humique. — L’acide humique est amorphe et commence à se décomposer à 145° ; non desséché préalablement, il exige 8333 p. d’eau à 6° et 625 p. à 100° pour se dissoudre. Desséché, il ne se dissout plus que dans 13784 p. d’eau bouillante. L’acide phosphorique le dissout plus facilement que les autres acides. Il rougit le tournesol et chasse l’acide carbonique des carbonates métalliques. Les combinaisons alcalines seules ne sont pas insolubles.

Avec l’ammoniaque, il donne un corps de la formule, CeoH48(AzH4)60*7; avec le sesquichlorure de fer, on a un composé Cco H46 (Fe2)'1 (AzH4)2 O27. Le nitrate d’argent donne un composé renfermant C60lH®Ag8O27. Tous ces corps sont amorphes.

La composition et les propriétés de l’acide humique préparé par Mulder avec la tourbe brune ne diffèrent pas de celles du corps préparé avec la tourbe noire. En s’oxydant l’acide humique donne les acides crénique et apocrénique (voyez ces mots). Des échantillons de tourbe de la tourbière de Nienwold desséchés à 120° ont été analysés et montrent par la différence des résultats les changements que la tourbe subit pendant sa formation.

Comires

«/„• Az°/o. H%>. OV„ CV..

Tourbe brune de lasurface. 2,719 0,80 5,43 36,02 57,75

— presque noire (7 pieds). 7,423 2.10 5,21 30,65 62,04

— noire (14 pieds) 9,164 4,05 5,01 26,87 64,07

Fulminose. — Blondeau [Itép. de chim. appl., t. V, p. 331] constate que sous l’influence d’une végétation mycodermique le bois qui se pourrit se transforme en fulminose (espèce de cellulose). D’après lui l’humus n’est autre que la fulminose teinte en noir par l’action de l’ammoniaque sur la matière incrustante, laquelle donne lieu à un acide brun.

Acide du lignite. — Si, après avoir enlevé la résine du lignite par l’alcool, on le fait bouillir longtemps avec de la soude concentrée, on obtient un liquide brun qui, traité par l’acide chlorhydrique, laisse précipiter des flocons brun foncé. Ce précipité traité par l’alcool lui cède de l’acide carbo-ul inique, tandis que l'acide carbo-humique reste indissous. L’analyse de l’acide carbo- ulmique donne 62,36 % de carbone, 4,77 °/a d’hydrogène; 32,87 °/0 d’oxygène. Cellede l’acide carbo-humique à 130-110° donne G 4,59 % de carbone, 5,15 °/0 d’hydrogène et 30,26 % d’oxygène [Herz, I\ 'eues Rep., t. X, p. 496].

Produits ulmiques formés par l'action des acides sur les substances organiques. — Si l’on soumet la cellulose, le sucre, la gomme et la matière amylacée à une ébullition prolongée avec les acides minéraux étendus, il se forme probablement d’abord du glucose qui lui-même est transformé en produits bruns ou noirs, lesquels doivent être considérés comme des substances ulmiques. On a étudié spécialement l’action des acides sur le sucre.

Si l’on fait bouillir pendant un certain temps du sucre avec de l’acido chlorhydrique, azotiquo ou sulfurique étendu, on voit apparaître des écailles brunes ou noires; il se produit en même temps de l’acide formique, si l’opération est faite au contact de l’air. Toutefois, à une température

ULMINE.

— 5U — U LM IN E

suffisamment élevée, la réaction peut se produire sans le concours de l’air, même dans une atmosphère d’azote. Ajoutons que les acides minéraux étendus peuvent être remplacés par des acides organiques énergiques.

Les paillettes brunes ainsi obtenues sont lavées à l’eau, puis digérées avec l’ammoniaque qui les dissout partiellement. La partie insoluble dans l’alcali est de l'ulmine; le liquide contient l'acide ulmique que l’on précipite par un acide. Cet acide ulmique se dissout dans l’eau pure, mais est insoluble dans l’eau acidulée ou contenant du sulfate de potassium. Par une ébullition prolongée, il se transforme en ulmine.

Selon Stein [Ann.der Chem. u. Pharm., t. XXX , p. 8*1, l’acide ulmique et l’ulmine ont la mémo1 composition; il leur attribue la formule C24H180!i ne différant de celle du sucre que par les élément;:de l’eau. Une forte dessiccation, ou la digestioi dans l’acide chlorhydrique concentré, diminue lu solubilité de l’acide ulmique dans les alcalis et i le transformant en ulmine. Les alcalis concen-, très le rendent do nouveau soluble, du moins: en partie. La formation d’ulmine est d’autan : moindre que la température du mélange esv moins élevée. Voici les résultats de la combustion des produits ulmiques faites par différents chi mistes.

Boullay,

Malaguti.

Stein.

Muldor.

Carbone

Hydrogène

Oxygène

[P. Boullay , Ann. de Chim. et de Phys., (2),t. XLIII, p. 273 ; — Malaguti, ibid., t. L1X, p. 407 ; — Mulder, ibid., t. XXXVI, p. 245].

Comme on le voit, les proportions de carbone trouvées par Stein et Mulder sont de beaucoup supérieures à celles trouvées par Boullay et Malaguti. Mulder appelle liumine et acide humique les produits bruns, tandis qu’il désigne sous les noms d’ulmine et d’acide ulmique les produits noirs. Il attribue aux premiers les formules

C*° H20 O15 et Cw H24 O18 et aux seconds les formules

C20H16CU ou (C«>H320‘4)

C20 H14 0e ou (C40H28O12).

Cette division est contestable. Malaguti, qui emploie pour la préparation de l’acide ulmique 10 °/„ de sucre, 30 % d’eau et 1 °/o d'acide sulfurique, attribue à cet acide la formule C12 H12 O6.

On a décrit les ulmates de cuivre et d’argent. L’ulmate de cuivre est un corps brun noir obtenu en précipitant l’ulmate de potassium par le sulfate de cuivre. Selon Malaguti, il contient 8,7 ou 8,6 °/0 de cuivre, et, selon Mulder, 8,1 %• L’ulmate d’argent est un corps rouge marron, contenant 24,5 ou 24,14 °/0 d’argent. Desséché, il est formé de fragments anguleux d’une nuance cuivreuse ayant l’aspect du sulfato de fer grossièrement pulvérisé.

Muldor explique de la manière suivante la formation des matières ulmiques : le sucre incristallisable est transformé en acido glucique, qui, lui-même, par une métamorphose ultérieure, produit des matières brunes ou noires ne différant de l’acide glucique que par les éléments de l’eau. On sait que l’action seule de la chaleur sur le sucre engendre dos produits analogues, aussi est-il probable que les substances ulmiques sont des hydrates de carbone, comme le sucre et la cellulose, et que le caramel, le caramélan, l’assamare, l’acide apoglucique, ne sont que des modifications de l’acide ulmique, c’est-à-dire de la cellulose plus ou moins déshydratée, plus ou moins voisins du charbon.

Mulder a encore obtenu des produits ulmiques analogues aux précédents en remplaçant le sucre par l’albumine. Les produits de décomposition de l’acide gallique et de l'acide tannique, la masse charbonneuse obtenue en traitant l’alcool par l’acide sulfurique, doivent être regardés comme des produits ulmiques.

Dérivés des produits ulmiques. — Le mémo chimiste a décrit un acide humique chloré qu’il prépare en traitant l'humine, l’acide humique ou |

l’ulmine par le chlore en présence de l’eau. Il ni] obtenu un acide nitro-humique en traitant le: ï] matières humiques et ulmiques par l’acide ni- -J trique. 11 se dégage beaucoup d’acide formique e îj se forme une matière rouge renfermant 53,71 “/, c de carbone, 3,44 °/„ d’hydrogène, 5,02 % d’azotti et 37,83 % d’oxygène. Cet acide nitro-humiquo ta été regardé plus "tard comme l’apocrénate d'ammo-> nium. En traitant les produits ulmiques et hu-.miques par l’acide sulfurique, Mulder a obtenu; une poudre noire dont il donne la composition. ICI décrit aussi différents composés, produits pair l’action de la potasse en fusion sur les matière: ulmiques, substances à composition variable sui- ■ vant la durée de la réaction. En faisant bouillit pendant quelques heures du sucre de canne avec de l’acide chlorhydrique concentré, puis en lavan à grande eau, M. Berthelot [Bull, de la Soc. chim.., 1869, p. 281] a obtenu une poudre brunâtre., charbonneuse, insoluble dans tous les dissolvants-, qu’il considère comme de l’ulmine représentant: un dérivé condensé des sucres. Ayant fait réagir, èt 275°, 100 p. d’acide iodhydrique sur 1 p. d’ulmine: qu’il a ainsi presque entièrement transformée et i carbures liquides. 11 a obtenu : 1° un carbure: principal bouillant vers 200°, répondant à la for- I mule, C12H26, résistant aux acides sulfurique etazotique fumants, à leur mélange ainsi qu’au brome; 2° un carbure oléagineux offrant la com-position et les réactions générales dos carbures forméniques.

Produits ulmiques formés par l’action des alcalis sur les substances organiques. — L’action des alcalis caustiques sur les matières organiques telles que le sucre, la gomme ou la matière amylacée, est peu différente de celle qu’exercent les acides, du moinsquantau résultat final. Une ébullition prolongée les transforme en produits bruns ou noirs qui sont des substances ulmiques. On peut employer indifféremment l’hydrate de baryte, la potasse, la soude et la chaux. Avec le glucose fondu à 100°, l’action est vive et la température s'accroît tellement qu’une portion du liquide est projetée hors du vase par suite du dégagement d’une grande quantité de vapeur d’eau. Il se forme tout d’abord de l’acide glucique qui, à une température plus élevée, donne naissance à un acide noir de la série ulmique. M. Peligot [Ann. i de Chim. et de Phys., (2), t. LX VII, p. 157J a dési- : gné ce corps sous le nom d’acide mélassique. La J masse noire, résultat de la réaction, est dissoute • dans l’eau, et l’addition d’acide chlorhydrique pré- I cipite des flocons noirs d’acide mélassique insolu- 1 blés dans l’eau, mais solubles dans l'alcool. L'analyse faite par M. I’oligot a donné : Cl, 9 à 01,0 de carbone, 5,3 à 5,4 d’hydrogène, 32,8 à 33,6

U LM I NE

— 545 — U LM I NE

d'oxvgène, nombres qui, pour le carbone, correspondent à la formule C12ID<>06.

L’acide gallique, le tannin, l’acide particulier du cachou donnent aussi par une ébullition prolongée à l’air avec les alcalis des produits ulmiques dont on ne connaît pas la composition.

Braconnot fAnn. de Chim., t. LXI, p. 287, t. LXXX, p. 280; Ann. de Chim. et de Pliys., t. XII, p. 289; t. XXI, p. 40J a préparé l’acide ulmique en faisant réagir l’hydrate de potassium on fusion sur le ligneux. M. Peligot [Ann. de Chim. et de Phys., (3) t. LXXIII, p. 208], qui a aussi étudié cette réaction, a constaté que le contact do l’air n'était pas indispensable à la formation do l’acide ulmique artificiel, qui, du reste, dans cette réaction, ne peut pas être considéré comme un produit constant. Sa couleur varie du jaune au noir. Il se forme en même temps des substances huileuses, de l’esprit de bois, du formiate et de l’oxalate de potassium. Les produits soumis à l’analyse par M. Peligot ont donné :

Acide ulmique jaune chamois.

Carbone 65,8 à 67,6

Hydrogène... 6,3 à 6,2

Acide ulmique noir.

On remarque que ces produits ulmiques contiennent plus de carbone qu’il n’en avait été trouvé jusqu’alors pour de semblables substances. Les produits analysés, il est vrai, n’étaient pas purs. On a encore désigné sous le nom d’ulmine i un produit obtenu par l’ébullition de la potasse caustique solide avec l’alcool.

Millon f Compt. rend. t. LI, p. 249] a préparé une matière liumique acide se dissolvant dans l’ammoniaque et les alcalis aqueux, en traitant ! par la potasse fondante au contact de l’air, du charbon de bois obtenu à 320°. On peut remplacer la potasse par le carbonate de potassium, mais la réaction est plus lente.

M. Berthelot [Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. LIV, p. 87] a constaté la formation de produits I humiques en chauffant du chlorure de carbone avec de la potasse alcoolique.

A ces produits ulmiques dérivés de matières i organiques, nous devons ajouter encore la sub- I stance obtenue par Drageudorff [Chem. Centralb.,

1 1861, p. 863] eu chauffant un mélange de carbonate de sodium et de phosphore dans un tube i en verre pendant plusieurs heures vers 240°. Il i a ainsi préparé une matière brune amorphe, brillante comme de la résine, légèrement acide, répondant approximativement à la formule, C20H16O8. Elle est précipitée de sa solution aqueuse par un grand nombre de sels.

On sait aussi que M. Paul Thénard [Bull, de la Soc. chim., 1861, p. 33] a préparé des matières azotées en arrosant d’ammoniaque des tas de paille ou de sciure de bois, ainsi qu’en faisant passer un courant d’ammoniaque dans du glucose fondu. Mais ces produits font plutôt partie de la série humique que de la série ulmique.

M. Schützenborger [Bull.de la Soc. chim., 1861, p. 16] a étudié de son côté l’action do l’ammoniaque sur ljs matières organiques (sucres, amidone, dextrine, gomme, cellulose), et a obtenu des matières brunes gommeuses qu’il considère comme des mélanges de principes azotés nouvellement formés et de substances hydrocarbonées non modifiées. Cos substances renferment 16 à ll°/o d'azote et lo retiennent énergiquement. Aussi diffèrent-elles notablement des pro- (lujts ulmiques par la grande proportion d’azote I qu elles contiennent.

A ces produits ulmiques se rattachent encore quelques substances préparées d’uue façon toute differente par M. Hardy [Bull, de la Soc. clwn.,

1862, p. 29, et 1863, p. 339]. Ce chimiste expose un mélange de chloroforme et d'acétone à l’action du sodium : il se produit une quantité de gaz considérable et il se dépose des matières brunes et incristallisables qui se séparent de l’alcool par évaporation sous forme d’une masse noire brillante. Cette masse se dissout en partie dans l’étlier, et parmi les produits de la réaction figure un corps brun qui se comporte comme un acide chloré et qu’il appelle chloracétulmique. Les produits insolubles contiennent du chloracétulmata de sodium et un isomère de l’acide chloracétulmique formés suivant la réaction :

6 (C8 H* O) + C H Cl» -f- 2 Na = C7H"C1 05 + C7H10ClNaO2

Acide chloracétulmique.

-f 2CO+3CH* + 4H + NaCl.

La potasse dédouble cet acide en acide acétulmique, C7H1202, et en acide bioxyacétulmique, C7H120*. L’acide acétulmique donne des dérivés de substitution chlorés, bromés et nitrés. La potasse transforme l’acide bioxyacétulmique en acide trioxyacétulmique, C7II1205. M. Hardy a préparé encore l’acide cnloréthulmique, C6 H9 Cl O2, en mélangeant du chloroforme avec l’alcool en présence de sodium. La potasse dédouble cet acide en acide éthulmique, C6H'°02, et en acide bioxéthulmique, OH'OO*. En remplaçant dans cette préparation l’alcool éthylique par les alcools méthylique, amylique, il a obtenu les acides chlorométhulmique, méthulmique, bioxyméthulmique et les acides chloro-amulmique, amulmique et bioxyamulmique.

Propriétés fertilisantes de Culmine. — L’humus influe d'une manière très-sensible sur la fertilité d’une terre. En raison de sa couleur foncée, il absorbe bien la chaleur : hygroscopique, il permet aux terres sableuses de retenir une quantité plus considérable d’eau. Il absorbe facilement l'ammoniaque et dégage de l’acide carbonique en se décomposant. Aussi détermine-t-on la teneur en humus d’une terre en oxydant par le bichromate de potassium, et en dosant l’acide carbonique qui se dégage. Il ne faut cependant pas en conclure que plus uno terre contient d’humus, plus elle est fertile. Il est, au contraire, prouvé

3u’une quantité considérable est nuisible en réuisant les sels de fer et pour d’autres raisons (voyez Terre arable).

Corps absolument colloïdes, l’humine et l’humate d’ammonium ne peuvent servir directement à l’alimentation des plantes : cela parait résulter d’expériences qui ont été faites à ce sujet.

Bretschneider [Chem. Ackersmann, 1 87 1 , p. 287] a établi que l’acide humique dans le sol favorise beaucoup l’absorption de l’azote de l’air. Il a pris do l’acide humique séché à 119°, et contenant 60,39 % de carbone, 4,50 % d’hydrogène, 35,03 % d’oxygène, 0,025 °/0 d’azote, et 0,042 de cendres. Il s’est servi de quatre vases en métal d’une profondeur de 6 pouces et d’une surface de 1 pied carré. Dans chacun de ces vases, il a mis 15 kilogrammes de sable de quartz humecté de 3t,55 d’eau. Le premier des vases ne contenait pas trace d’acide humique, les trois autres en contenaient respectivement, 1, 3, 5 % du poids du sable. Ces vases furent exposés à l’air libre pendant un an, en ayant soin de les préserver de la pluie et des insectes et de remplacer de temps en temps l’eau évaporée. Au bout de ce temps, l’azote a été dosé et on a coustaté que l’augmentation d’azote pour 1 % d’acide liumique était 0er,009, pour 3%, de 0f,239, et pour 5 %, de 0sr,454. De ces expériences il résulte que pour une surface d’un are

URANIUM.

ULMIQU ES (MATIÈRES). — 546

l’augmentation d’azote était respectivement de 0,24, 21,72, et 41,14 livres d’azote, ce qui prouve que l'augmentation d’azote n’est pas proportionnelle â l’augmentation d’humus, mais qu’elle lui est supérieure. L’auteur n’a pas constaté que l’azote ait été absorbé à l’état d’ammoniaque.

Ph. de C.

ULMIQUES ET UUMIQUES (MATIÈRES)

voyez Ulmine et Ui.mique (acide).

UMBELL1FÉRONE. — Voyez Ombelliférone au Supplément.

UMBELI.IQIÎE (ACIDE). — Voyez Ombelli-

qüe (acide) au Supplément

UNDÉUYLE (1IYDBITRE DE), C11 H2*. — Cet hydrocarbure saturé a été découvert par Pelouze et Cahours dans le pétrole d’Amérique. Amato l’a obtenu, indépendamment, de l’hvdrure d’heptyle, en soumettant à la distillation le résidu visqueux et boursouflé provenant de la préparation de l’œnanthol au moyen de l’huile de ricin. Enfin, Cahours et Demarçay ont signalé la présence de cet hydrocarbure dans l’huile volatile formée pendant la distillation des acides gras bruts dans un courant de vapeur d’eau surchauffée.

L’hydrure d’undécyle est un liquide incolore bouillant à 180-182°; densité = 0,705 à 16°; densité de vapeur 5,458 (calcul 5,496). Le chlore le transforme en un chlorure, C11 El23 Cl bouillant à 220-224° [J. Pelouze et A. Cahours, Ann. de Cliim. et de Phys. (4), 1. 1, p. 65; — D. Amato, Gazz. chim. liai., 1872, p. 6; — A. Cahours et É. Demarçay, Compt. rend.,, t. LXXX, p. 1568]. A. H.

UNDECYLÈNE. — Voyez Rue (essence de), t. II, p. 1377.

UNDÉCYLIQUE (ALCOOL). — Voyez Rue (essence de), t. II, p. 1377.

UNO H WA RITE. — Voyez Chlohopale.

UNIONITE (Min.). — Ce nom paraît avoir été donné à deux substances, dont l’une, d’après JI. Brush, doit être rapportée à la zoisite, et l’autre serait un oligoolase. D’Unionville (Pennsylvanie), avec tourmaline noire et euphyllite.

URACONISE (Min.) [Syn. Uranocre ]. — Sous-sulfate d’urane hydraté,

Poussière jaune, écailleuse, formant des enduits sur les minerais d’urane. h Joachimsthal (Bohême).

UR ALITE ou OIIRAL1TE (Min.). — Cristaux ayant la forme Cm, h.', g', bui, a1) de l’augite et les clivages de l’amphibole. Ils sont formés d’une agrégation de petits cristaux d’amphibole et ne sont autre chose qu’une pseudomorphose d’augite. La composition est celle d’une hornblende sans oxyde ferrique. Couleur vert foncé. Poussière blanc verdâtre.

Dureté, 5. Densité = 3,15.

URALORTIIITE. — Voyez Alt.anite.

URAMIDÉS (ACIDES). — Griess a donné ce nom à une classe d’urées substituées qui sont douées de propriétés acides et qui résultent de l’union, avec perte d’eau, de l’urée et d’un acide à fonction mixte, acide-alcool ou acide-phénol :

G,HkCoHU! + CO-AzH2-H!°

Acide métoxy- Urée,

benzoïque.

„ n ^ Az II (C8 II» - C O2 H)

— uun.AzH2

Acide uramido-métabeezolque.

On connaît un certain nombre d’acides uramidés; tels sont les trois acides uramido-benzoîques isomériques (t. II, p. 703) ; les acides uramidoisobutyrique, uramido-caproïque, etc., etc.

URAMILE. — Voyez Dialdbahide, t. I, p. 1144.

URAMILIQUE ACIDE, OIIDAzSO3. [Liebig et YVübler Ann. de Chim. et de Phys., 1836.

t. LXVII1, p. 225J. — Quand on traite le thionu rate d’ammonium, C4lI3Az3SO°(AzH‘)2 par unequantité convenable d’acide sulfurique qu’on évapore à une douce chaleur, il se dépose, au bout de 24 heures, des cristaux d’un corps auquel: Liebig et Wülilcr ont donné le nom d’acide urami-lique, et attribué la formule C8 H11 Az608, ] H*0.' i D’après Grégory, ce corps parait être du bidia-lurate d’ammonium,

C8 Hu Az508 = C* II3 Az20, AzH1 -f C*H‘Az*0‘.\

Les analyses de Liebig et Wohler coïncident; également avec cette dernière formule [Grégory,, Phil. Slagaz. t. XXIV, p. 187].

Quand l’acide uramilique se dépose lentement; d’une solution passablement concentrée, il format des prismes à quatre pans assez volumineux i, incolores et transparents, d’un éclat très-vitreux Dans une solution chaude saturée, il cristallise en fines aiguilles soyeuses. Par la dessiccation â l’aided’une douce chaleur, il se colore légèrement ei : rose. Il se comporte comme un acide et donn e avec l’ammoniaque et les alcalis des sels cristalli . sables. Il ne précipite les sels de calcium, dli baryum et d’argent qu’après l’addition de l’amiü moniaque. Après une ébullition prolongée ave < l’acide sulfurique étendu, il donne de l’alloxantina dimorphe et précipite en violet l’eau de baryte; Avec l’acide azotique il donne des paillette? blanches, cristallisées d’un corps qui n’a pai encore été étudié. Si l’acide uramilique étaréellement du dialurate acide d’ammonium, semble qu’avec l’acide azotique, il devrait donne de l’alloxane. E. G.

URANBLUTHÉ. — Voyez Zippéite.

URANE OXYDULÉ. — Voyez Pechblende. --.

Une variété impure, renfermant de la silice, cl l’acide phosphorique et environ 15 °/„ d’eau, reçu le nom de gummite, à cause de son aspeu gommeux.

URANE PHOSPHATÉ, URANITE OU URASJ GLIMMER. — Voyez Autunite et Torbébite.

URANINE, LRAMMTE. — Voyez Peu;

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