Ce précipité renferme FeCyHUOl’K + 3 H’ O
d'après Atterberg | //»/(. de la Soc. chim., t. XXIV,
p. 355 1 et 3FeCy6UJ PeCy» IC* -f- IgIPO, d'après AVy-
rouboff [ lnn. Cliim. Phys. (5) t. VIII, p. 483
avec une solution de sel ammoniac. Soumis à la calcination dans un creuset ouvert, il laisse un résidu d’oxyde vert; mais pour avoir des résultats constants, il faut couvrir le creuset pendant son refroidissement, sans quoi l’oxyde vert absorberait do l’oxygène. Lo produit calciné, c’est-à-dire II3 O4, renferme 84,90 °/„ d’uranium.
On peut aussi introduire dans une ampoule de verre le précipité urano-ammonique après l’avoir desséché, et le chauffer fortement dans un courant d’hydrogène, de manière à le ramener à l’état de protoxyde; il faut laisser refroidir celui-ci dans le courant d’hydrogène et le peser dans l’ampoule pleine d’hydrogène, car il est fortement pyrophorique (H. Rose). Le protoxyde ainsi obtenu renferme 88,24 % d’uranium.
Quand la lioueur d’où l’on précipite l’oxyde uranique par l’ammoniaque contient beaucoup d’alcalis ou de terres alcalines, ces bases sont partiellement entraînées avec le précipité à l’état d’uranates; le précipité calciné présente alors par places une coloration orange. Lorsqu’il en est ainsi, il faut avoir soin de redissoudre le précipité dans l’acide chlorhydrique et de le précipiter une seconde fois par l’ammoniaque ; la petite quantité d’alcali que renferme alors la .liqueur reste dans la solution.
C’est ainsi, en répétant au besoin l’opération, qu’on dose l’uranium dans les uranatos alcalins.
H. Rose a proposé de précipiter l’uranium de ses solutions uraniques par le sulfure ammonique, après sursaturatiou par l’ammoniaque, de laver le précipité avec de l’eau chargée de sulfure ammonique et de le calciner, après dessiccation, dans un courant d’hydrogène. La précipitation ust empêchée par la présence du carbonate ammonique. \Poggend. Ann., t. CXVI, p. 352].
Pisani précipite le sesquioxyde d’uranium en solution acétique, par le phosphate disodique. Le précipité calciné est du pyrophosphate d’uranyle, l’2 O1 (U O)4, qui renferme (i6,85 % d’uranium [Compt. rend., t. LU, p. 72].
Dosage volumétrique. — On peut doser voluinétriquement l’uranium par le permanganate de potassium, lequel transforme les sels uraneux en sels uraniques. Pour cela, on commence par ramener la solution uranique au minimum par l’action du zinc pur et de l’acide sulfurique étendu, puis l’on ajoute goutte à goutte la solution titrée de permanganate. L’uranium doit être contenu dans la solution à l’état de chlorure ou de sulfate [Belohoubec, Journ. fur pralct. Chem., t. XCIX, p. 231 J.
Ant. Guyard a fait connaître un procédé de titrage de l’urane basé sur la précipitation do l’acétate double d’uranium et d’ammonium par le phosphato manganique acide. Le précipité, qui ost d’un blanc jaunâtre, devient subitement rose lorsque tout l’uranium est précipité. Le précipité blanc est du phosphate uranico-ammonique; le précipité rose qui se dépose à la fin du titrage est du phosphate manganique basique.
On dissout 1 gramme à l*r,5 du sel, do l’oxyde ou du minerai à analyser dans l’acide azotique ou dans l’eau régale ; on sursature par le carbonate ammonique, de manière à redissoudre l’oxyde d’uranium et à le séparer ainsi de la majeure partie des oxydos qui l’accompagnent. Le sesquioxyde d’uranium, séparé de sa solution dans le carbonate ammonique, est transformé on acétate. I
La solution acétique, étendue d’un litre environ d’eau froide, est ensuite titrée par lo phosphate manganique. Pour établir le titre de ce dernier, on sc sert d’une solution d’acétate uranique pur, d’un titre connu [ Bull, de la Soc. chim., 1804, t, I, p. 93].
On peut enfin doser l’uranium par le phosphate de sodium comme on dose l’acide phospho-
URANIUM (ANALYSE). — 559 — URANOPHANE.
rioue par l’acétate uranique. — Voyez t. Il, p. 08 i.
Séparation des alcalis. — Dans un mélange de sels d’uranium et de sels alcalius les alcalis sont précipités par l’ammoniaque avec l’uranium, à l'état d’uranates. Pour les séparer de l’oxyde uranique, on peut redissoudre le précipité dans l’acide chlorhydrique et le précipiter de nouveau par l’ammoniaque. Ou bien on calcine le précipité avec du sel ammoniac et on reprend lo résidu par l’eau, qui enlève le chlorure alcalin formé, taudis qu’il reste du protochlorure d’uranium insoluble.
Stolbaa fait connaître une méthode de séparation fondée sur la solubilité du lluosilicate d’uranium dans l’alcool et sur l’insolubilité des fluosilicates alcalins [ Zeitsch . fur analyt. Chem., t. III, p. 71, 18G4J.
Séparation des terres alcalines. — La baryte peut être séparée par l’acide sulfurique; il en est de môme do la chaux et de la strontiane, si l’on ajoute de l’alcool à la solution. Pour séparer les terres alcalines entraînées dans la précipitation de l’oxyde uranique par l’ammoniaque, on peut redissoudre le précipité dans l’acide chlorhydriquo et précipiter la baryte, etc. par l’acide sulfurique, ou bien évaporer la solution chlorhydrique et la calciner dans un courant d’hydrogène; le résidu renferme les chlorures de baryum, etc., que l’eau enlève facilement au protoxyde d’uranium insoluble (Ebelmen).
Séparation du nickel , du cobalt, du zinc et du manganèse. — Ces métaux accompagnent l’uranium lorsqu’on le sépare du fer, etc. par le carbonate ammonique en excès; ils sont précipités de cette solution par le sulfhydrate d’ammonium qui, dans ce cas, ne précipite pas l’uranium (Ebelmen).
Le zinc, lo cobalt et le nickel peuvent aussi être précipités par l’hydrogène sulfuré dans la solution additionnée d’acétate de sodium ; l’uranium reste dissous [Gibbs, Sillim. Amer. Journ., (2), 1865, t. XXXIX, p. 58].
Leur séparation peut encore être effectuée par le carbonate do baryum, qui ne précipite que l’uranium lorsque celui-ci est à l’état de sesquioxyde; s’il était au minimum, il faudrait le suroxyder.
Enfin, ces métaux peuvent être séparés de l’oxyde uranique par les bicarbonates alcalins fixes, qui redissolvent facilement ce dernier.
Séparation du fer. — On ramène le fer et l’uranium au maximum, on neutralise la solution par l’ammoniaque et on y ajoute un excès de carbonate ammonique : le sesquioxyde de for reste précipité, tandis que celui d’uranium se redissout.
Pour le précipiter de nouveau de cette solution, on fait bouillir ou bien on sursature par l’acide chlorhydrique, et on précipite par l’ammoniaque caustique exempte de carbonate.
Dose a proposé de précipiter les deux oxydes par l’ammoniaque, puis do les soumettre, après dessiccation, à l’action de l’hydrogène au rouge ;
i que l’oxyde lique.
Hheineck sépare les deux métaux, au maximum, en les transformant en acétates; par une longue ingestion au bain-marie, l’acétate ferrique se décompose, tandis que l’acétate uranique reste dissous; celui qui se précipite avec l’hydrate ferrique peut être facilement enlevé par l’eau bouil- •ante [Chem. News., t. XXIV, p. 233].
n,-°n 8 rappellerons encore le procédé indiqué
î.,r«5??.hler?t qui est fond<5 sur l’insolubilité du suinte d’uranium.
On fait bouillir la solution uranique avec du sulfite ammonique; il se forme un précipité cristallin jaune-clair de sulfite uranique. Cette niethode peut servir à séparer l’uranium d’un grand nombre d’autres métaux.
L 'aluminium et le chrome sont facilement séparés par le carbonate ammonique.
Les métaux précipitables par l’hydrogène sulfuré en solution acide ( cadmium , plomb, etc.) sont facilement séparés par ce réactif.
Séparation du molybdène, du tungstène et du vanadium. — Elle est fondée sur la solubilité des sulfures de ces métaux dans un excès de sulfure ammonique.
Séparation du niobium, du tantale et du titane.
— On peut avoir recours aux procédés qui servent à séparer le fer de ces métaux.
Séparation de l’uranium et de l’acide phospliorique. — On dissout le phosphate d’urane dans l’acide azotique et on traite la solution nitrique par l’étain métallique. Le précipité d’hydrate stannique renferme tout l’acide phosphorique, avec des traces seulement d’urane [W. Heintz, Ann. derChem. u. Pharm., t. CLI, p. 216].
On dissout le phosphate d’urane dans l’acide chlorhydrique, on y ajoute du chlorure ferrique et de l’acétate de sodium, puis l’on fait bouillir; l’acide phosphorique est entraîné par l’hydrate ferrique qui se précipite [Keichardt, Zeitsch. für analyt. Chem., t. VIII, p. 116].
D’après Reichardt, la séparation s’effectue facilement en précipitant l’acide phosphorique par un sel do magnésium ajouté fi la solution de phosphato d’urane dans un excès de carbonate sodique.
Tous ces procédés peuvent servir à isoler l’urane des précipités de phosphate qui s'accumulent dans les laboratoires où l’on effectue le dosage de l’acide phosphorique par l’acétate d’urane.
Essai des minerais d’urane (pechblende). — On peut suivre la marche indiquée par l’extraction de l’uranium. Nous mentionnerons encore le procédé suivant, recommandé par Patera et qui est très-expéditif Wingl. polyt. Journ,, t. CLXXX, p. 2 i2J. 11 est fondé sur les procédés de séparation ci-dessus.
On attaque le minerai par l’acide azotique, on étend d’eau et on précipite la solution par un excès de carbonate de sodium; on chauffe pour redissoudre tout l’oxyde uranique, puis on précipite le liquide filtré par la soude caustique. Il se dépose de l’uranate do sodium (U2 O3)2 Na2 O, qu’on lave, qu’on sèche et qu’on calcine. 11 est bon de laver de nouveau le produit calciné, de lo sécher et le calciner une seconde fois avant de le peser. 100 p. d’uranate de sodium correspondent à 88p,5 d’oxyde vert U3 O4 contenu dans la pechblende analysée. E. W.
«RANOCHALCITE (Min.) [Syn. Urangrün].
— Petites croûtes veloutées de cristaux aciculaires groupés, d’un beau vert d’herbe, à poussière vert-pomme, de Joachimsthal (Bohême).
Sous-sulfate d’urane, de chaux et de cuivre hydraté.
SO3 = 20,03; U30‘= 36,14; FeO = 0,14;
CuO = 6,55; CaO = 10,10; H20= 27,16.
Dureté, 2 il 2,5.
URANOCRE. — Voyez UnAcomSE.
URANOI.ITE (Min.). — Espèce très-analogue à l’uranophane, probablement identique avec elle.
URANONIOBITE et URANOTANTALE. —
Voyez S.uunsKiTE.
URANOPHANE (Min.). — Silicate hydraté d’urane, d’alumine, avec chaux, antimoine, bismuth, etc. Petits cristaux microscopiquos, en prismes rhomboïdaux droits, mm= 146°. D’un
URANOSPHÉRITE.
jaune de miel. En masses d'un vert jaunâtre. Trouvé dans le granité â Kupferberg (SilésieJ .
Densité, au-dessous de 3.
URANOSPHERITE (Min.). — Bismuthite d’urane, Bi*03,2 U203, 3 11*0. Se trouve en petites masses demi -globulaires , à surface drusique, rayonnées, d’un jaune orange passant au rouge brique, d’un éclat gris. Accompagne les autres minéraux d’urane à la mine de Weisser-Hirsch, près de Schneeberg (Saxe).
Caractères. — Au chalumeau, décrépite en se réduisant en petites aiguilles cristallines.
Donsité, 2 à 3. Poussière jaune. Densité, 6,36.
UltANOSPlNITE (Min.). — Arséniate hydraté d’urane et de chaux, As205, U!03, CaO.SIPO, en lames ou écailles cristallines à section rectangulaire, appartenant au type orthorhombique; vert-serin, trouvé dans la mine de Weisser-Hirsch, près Schneeberg (Saxe).
Dureté, 2 à 3. Densité, 3,45.
Clivage parfait parallèle aux grandes faces des lamelles.
U lt AN PECHER Z. — Voyez Pechblende.
UH ANPII YLL1TE. — Voyez Torberite.
UKANYLE. — Nom donné par Peligot au radical des sels uraniques. C’est l’oxyde U O qui, avant les recherches de Peligot, avait été considéré comme l’urane métallique. — Voyez t. II, p. 548 et 551.
UR AO (Min.) [Syn. Troua]. — Sesquicarbonate de sodium hydraté.
(C 02)3(Na20j2 H20 -f 2H20 ou 3H20.
L’urao (carbonate à 2H20) se trouve en masses granulaires saccharoides ou compactes, au fond d’un lac voisin de Mérida, Venezuela.
Le troua (carbonate à 3 H2 O) se rencontre en grandes masses dans la province de Suckenna, à deux jours de marche du Fezzan, en Égypte, au Thibet, dans l’Inde.
L’urao cristallise en prismes clinorhombiques, m p a1; m m = 47° 30 p m = 105° 11' ; p o1 = 103° 15'. Clivage parfait p, traces m, a1. S’effleurit à peine à. l’air.
URARI. — Synonyme de Curare.
URD1TE. — Voyez Monazite.
UREE ( Amide carbonique ), C O Az2 IIv — L’urée, principe cristallisé de l’urine, a été signalée pour la première fois, en 1773, par Rouelle le cadet qui lui donna le nom d’extrait savonneux de l’urine, et la décrivit comme une matière molle et cristalline, soluble dans l’alcool. Fourcroy et Vauquelin en firent uno étude approfondie vers 1790, ils lui donnèrent le nom d’urée et constatèrent sa transformation en ammoniaque, sa cristallisation par l’addition d’acide azotique, etc. La préparant d’abord par concentration de l’urine et par dissolution du résidu dans l’alcool, ils l’avaient obtenue sous forme d’une matière de la consistance de miel épais, formée de lames cristallines entrecroisées, d’une couleur jaunâtre, d’une saveur forte et âcre, d’une odeur fétide. Plus tard, en ajoutant de l’acide azotique à l’urine et eu refroidissant fortement le mélange, ils séparèrent des cristaux d’azotate d’urée qu’ils décomposèrent par le carbonate de potasse, et, reprenant le résidu par l’alcool, ils obtinrent de l’urée pure. Le procédé actuellement suivi fut indiqué en 1819 par le chimiste anglais William Prout, qui fit une analyse très-exacte de l’urée et en décrivit les principales propriétés. Proust, chimiste français, obtint également de l’urée pure en décomposant l’azotate par le carbonate de plomb et contribua à faire connaître les propriétés de l’urée.
Vauquelin montra que l’urée, dans sa transformation en carbonate d’ammonium, absorbe les éléments de l’eau, et Dumas, rapprochant l’urée de l’oxamide, fit voir qu’elle représente du carbonate d’ammonium, moins de l’eau;
URÉE
cotte vue fut confirmée plus tard par diverses synthèses de l’urée, et surtout par les recherches de M. W urtz sur les éthers cyaniques et les urées composées.
En 1828, Wôliler effectua la synthèse de l’urée par l’union de l'acide cyanique et de l’ammoniaque. C’était une découverte importante, car elle a fourni le premier exemple de la formation artificielle d'une substance organique.
L’urée a été l’objet d’un grand nombre d’autres recherches, dont nous citerons les auteurs à mesure que nous décrirons les faits [Rouelle le jeune, Journ. de médecine, année 1773; — Fourcroy et Vauquelin, Ann. de Chim., an VIII, t. XXXII, p. 86; Ann. du Mus. d'hist. nat., cahier 63 ; — W. Prout, Ann. de Chim. et de Phys., 1819, t. X, p. 367; — Proust, même recueil, 1820, t. XIV, p. 267; — Vauquelin, ibid., t. XXV, p. 457; — VVbhler, tè/d., 1828, t. XXXVII, p. 330; — Dumas, ibid., 1830, t. XLIV, p. 273J.
État naturel et modes de production . — L’urée se trouve non-seulement dans l’urine de l’homme et des carnivores (voyez Urine), en petite quantité dans celle des oiseaux et des reptiles, maisencore elle se rencontre dans un grand nombre : de liquides de l’économie.
On a trouvé de l’urée : 1° Dans le sang des i chiens dont les reins ont été extirpés [Prévost et Dumas, Ann. de Chim. et de Phys. (2), t. XXIII, p. 97]. Le sang normal des animaux etdel’homme renferme une petite quantité d’urèe ;
2° Dans le sang des cholériques [Marchand, Journ. fur prakl. Chem., t. XI, p. 449].
3° Dans la liqueur amniotique de la femme [Wohler, Ann. aer Chem. u. Pharm., t. LV1I1, p. 98 ; — J. Régnault, Compt, rend. t. XXXI, p. 248] ;
4° Dans les liquides des hydropisies [Marchand, Ann. de Poggend., t. XXXVIII, p. 356];
5° Dans l’humeur vitrée de l’œil et l'humeur aqueuse qui remplit les chambres antérieures de l'œil [Millon, Compt. rend., t. XXVI, p. 121 ; — Wohler, Ann. der Chem. u. Pharm., t. LXVI, p. 128] ;
6° Dans le chyle et la lymphe du chien, du taureau, de la vache, du bélier, du mouton et du cheval [Wurtz, Compt. rend., t. XLIX, p. 521;
7° Dans tous les organes des plagiostomes [Stæ— deler et Frerichs, Journ. für prakl. Chem., t. LXXVI, p. 58];
8° Dans le lait des herbivores; de 16 litres de lait d’herbivores en bonne santé, on a pu retirer Ur,6ü d’azotate d’urée [Lefort, Compt. rend., t. LXII, p. 190] ;
9“ Dans la bile [Popp, Ann. der Chem. Ma Pharm., t. CLVI, p, 88] ;
10° Dans les excréments des chauve-souris d’Égypte. M. Popp, en analysant des excréments accumulés dans une caverne, y a trouvé 77 % d’urée [Ann. der Chem. u. Pliarm., t. CLV, p. 351] ;
11° Dans la salive |Pettenkofer. Iiep. fur die Pharmacie, t. LI, p. 289].
M. Picard, qui a dosé l’urée des divers liquides de l’organisme, y a trouvé les quantités suivantes pour 100 p.
Humeur de l’œil. 0,500
Sueur O 08 8
Salive 0,035
Bile 0,030
Lait 0,013 *
Sérosité du vésicatoire 0,000
Liquide de l’ascite 0,015
Liquide amniotique 0,035
Quant aux quantités d’urée que renferme 1 urine, et la variation que subit ce principe suivant la différence des conditions physiologiques, voyez l’article Urine.
L’urée se produit dans un grand nombre de réactions, savoir :
1° Par le dédoublement de l’acide urique et de ses dérivés. — Voyez Acide urique ;
2° Par l’action des alcalis sur la créatine (t. I,
3° Par la décomposition du fulminate de cuivre ammoniacal au moyen de l’hydrogène sulfuré [Gladstone, Ann. der Chem. u. Pharm., t. LXVI, p. I ; Ann. de Millon, 1849, p. 303J ;
4° Par la distillation sèche de l’acide urique (Liebig) ;
5° Par l’oxydation de l’oxamide. L'oxamide est chauffée avec de l’oxyde de mercure jusqu’il ce que le mélange soit devenu grisâtre; on traite ensuite par l’eau et l’on fait cristalliser :
CO-AzH2
CO-AzfP
+ HgO
Oxamide.
= COCffiS + Hs + cos
Urée.
1 [Williamson, Mém. du congrès scient, de Venise, 1847; Ann. de Millon, 1849, p. 304] ;
6° Par l’oxydation des matières albuminoïdes. Cette production de l’urée, annoncée d’abord par M. Béchamp, puis plus récemment par M. Ritter, a été mise en doute par plusieurs chimistes qui n’ont pu réaliser cette réaction.
Synthèses de l'urée. — L’urée se forme par i divers procédés synthétiques :
1° Par la transformation isomérique du cyanato d’ammouium. Quand on fait arriver dos vapeurs d’acide cyanique dans du gaz ammoniac, ou qu’on ; traite le cyanate de plomb, d’argent ou de potassium par le sulfate d’ammonium, ou le cyanate ; de plomb par l’ammoniaque, on obtient du cya- | nate d’ammonium, qui par l'ébullition de sa so-
flution ou spontanément à froid se convertit en urée [Wohler, Mém. cité] :
CO, Az(AzH4) CO^AzH
Cyanate d’ammonium. Urée.
Cette synthèse constitue un mode de préparation avantageux de l’urée, que nous décrivons plus loin. — Voyez Préparation.
2° Par l’action du gaz chloroxycarbonique sur l’ammoniaque sèche [Natanson, Ann. der Cliem. u. Pharm., t. XCVI1I, p. 287]:
C O CH + 2 Az H3 = C O ^ £ g! + 2 Az H» CI;
3“ Par l’action de l’ammoniaque aqueuse sur le carbonate d’éthyle, à 180°.
CO
^ O C2H5 ■^OCHIS
+ 2 Az II*
= C0CazZH2 + 2CSH°°
(Natanson).
Ces deux réactions semblables à celles qui fournissent les amides, montrent bien que l’urée est l’amide de l’acide carbonique;
*° Par l’action de la chaleur sur le carbamate d ammonium, chauffé â 130” dans des tubes scellés :
CO
Az II- — 112 0 -L m OAzID — H u + co NAzll2 Carbamate Urée,
d’ammonium.
[Bas;
Bull.
row Zcitsch. für Chem., 1808, p. 206; de la Soc. cliim., 1808, t. IX, p. 250]; far l’évaporation lente d’une solution
aqueuse d’acide cyanhydrique [Campani, Gaz. chim. ital., t. I, p. 472],
Préparation. — Deux procédés sont employés pour l’obtention de l’urée : ou bien on l’extrait de l’urine, ou bien on la prépare synthétiquement en faisant réagir le sulfate d’ammonium sur le cyanate de potassium, de manière à obtenir du cyanate d’ammonium qui se convertit spontanément en urée.
Extraction de l'urine. — Le procédé employé pour retiror l’urée de l’urine est le môme qui a été indiqué en 18 1 9 par W. Prout.
On fait évaporer avec précaution l’urine fraîche en consistance de sirop, et quand elle est refroidie, on y ajoute un volume d’acide azotique de 1,42 égal au sien. On recueille la masse, on la lave avec un peu d’eau froide, puis on dissout les cristaux dans l’eau chaude, on décolore la solution par du noir animal sans la faire bouillir, et l’on neutralise la liqueur filtrée par du carbonate do potassium. On concentre la liqueur, on la laisse reposer pour que la plus grande partie de l’azotate de potassium cristallise, puis on décante la liqueur aqueuse; on l’évapore doucement à siccité, et l’on reprend le résidu sec par l’alcool concentré et bouillant qui dissout l’urée et l’abandonne par concentration.
Proust, au lieu de carbonate de potassium, employait la céruse pour décomposer l’azotate d’urée.
Au lieu de transformer l’urée en azotate, Berzélius conseille de traiter l’urine concentrée par l’acide oxalique, et de décomposer l’oxalate d’urée par la craie en poudre.
Quand on traite l’urine trop fortement concentrée par l’acide azotique, l’azotate d’urée est souvent très-coloré et difficile à purifier, Le charbon animal n’y produit presque aucun effet. On réussit à le décolorer en le faisant bouillir avec une demi-partie d’eau, un dixième d’acide azotique ordinaire et ajoutant dans la liqueur bouillante de petites portions de chlorate de potassium pulvérisé jusqu’à décoloration. Par le refroidissement, l’azotate d’urée cristallise avec une faible teinte jaunâtre qu’il perd complètement par l’expression [Roussin, Bull, de la Soc. chim., 1859, p. 29].
Par le cy anale de potassium. — On prépare le cyanate de potassium en grillant un mélange de deux parties de ferrocyanure de potassium et de une partie de peroxyde de manganèse, l’un et l’autre bien secs et réduits en poudre fine (voyez Cyanate de potassium, t. I, p. 1071). On épuise la masse par l’eau froide, et l’on y dissout du sulfate d’ammonium sec (environ 205 grammes pour 280 grammes de ferrocyanure employé). 11 se sépare du sulfate de potassium que l’on sépare par décantation, puis on évapore au bain-marie, on sépare de nouveaux dépôts de sulfate, puis on pousse l’évaporation jusqu’à siccité et l’on reprend par l’alcool bouillant qui dissout seulement l’urée. Ce mode opératoire, dû à Liebig, constitue le meilleur mode de préparation de l’urée; c’est celui qu’ontadoptô les fabricants de produits chimiques [Liebig, Ann. der Chem. u. Pharm,, t. XXXVIII, p. 108],
Diverses modifications ont été apportées à ce procédé. M. Carey Lea prépare lé cyanate de potassium en fondant dans un vase de fer 850 gr. de ferrocyanure de potassium et 318 grammes de carbonate de potassium calciné, puis quand la température est un peu abaissée , ajoutant 1 900 grammes do minium par portions de 300 à 400 grammes à la fois, à intervalles d’environ 10 minutes, pendant lesquelles on remue la masse, en la maintenant à une température assez élevée pour que la matière reste en fusion complète. Après l'addition de la dernière portion de minium, on laisse le vase sur le feu pendant une demiheure pour que la réaction soit complète. Un tout
on chauffe pendant 4 heures. On épuise par l’eau froide, pour enlever lo cyanate de potassium, ot l’on termine l’opération comme dans la méthode de Liobig. Les quantités indiquées précédemment fournissent 500 grammes d’urée [Carey Loa, Sillim. Amer. Jour». n° 95, 1861; Rép. de chim . appl., 1861, p. 439].
M. J. Williams trouve plus avantageux do remplacer le cyanate de potassium par lo cyanate de plomb, sel insoluble et inaltérable que l’on peut conserver et au moyen duquel on prépare facilement l’urée, en la laissant digérer A une douce chaleur avec une solution de sulfate d’ammonium. Pour obtenir le cyanate de plomb, on transforme le cyanure, de potassium en cyanate, on épuise la masse pulvérisée par l’eau froide et l’on ajoute de l'azotate de baryum à la solution de cyanate qui est mélangé de carbonate. On sépare le carbonate de baryum par le filtre, et l’on précipite par de l’azotate de plomb. Le précipité est du cyanate de plomb [Journ. of tlie chem. Soc., nouv. sér., t. VI, p. 63; Bull, de la Soc. chim., 1868, t. IX, p. 322].
PropiuÉTés. — L’urée cristallise de sa solution aqueuse en longs prismes aplatis. Par évaporation spontanée des eaux mères alcooliques provenant du traitement du cyanate d’ammonium, on l’a obtenue en prismes quadratiques, terminés par les faces de l’octaèdre. Formes : m, b'll,p à une extrémité seulement du prisme; angles : mb,fi = 139°; b 1/2 b i/2=820 [Werther, Journ. fürprakt. Chem., t. XXXV, p. 51].
L’urée est incolore, d’une saveur fraîche et amère, analogue à celle du salpêtre ; elle est sans action sur les papiers réactifs.
Très-soluble dans l’eau, elle se dissout dans 1 p. d’eau à 15°, et la dissolution s’accompagne d’un notable abaissement de température. Elle est soluble dans 5 p. d’alcool froid de 0,816, et dans 1 p. d’alcool bouillant. Elle est très-peu soluble dans l’éther.
A l’état de pureté, elle n’est pas déliquescente. Néanmoins, pulvérisée et mêlée à certains sels qui renferment de l’eau de cristallisation, elle s’empare de l’eau, et la masse, de solide qu’elle était, devient tout à coup molle et même tout il fait liquide, quand le sel hydraté, comme le sulfate de sodium, par exemple, contient beaucoup d’eau de cristallisation [Pelouze, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. VI, p. 68].
Action de la chaleur. — Suivant Wühlor, l’urée entre en fusion vers 120°, mais l’urée pure a un point de fusion plus élevé qui est situé il 132° [Lubavine, Deutsche chem. Gesellsch., 1. 111, p. 303; Bull, de la Soc. chim., 1870, t. XIV, p. 332] .
A quelques degrés au-dessus de son point de fusion, l’urée entre en ébullition en émettant des vapeurs d’ammoniaque et de carbonate d’ammonium, et, maintenue A cette température, laisse un résidu d’ammélide, C6H9Az!,03 [Laurent et Gerhardt, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XIX, p. 94]. Chauffée entre 150 et 170°, elle fournit un mélange d’ammélide, d’acide cyanurique et de biuret, CsH5Az3Os :
2(CO AzsIIl) = C*tI5Az3 02 + AzH»
Urée. Biuret. Ammo-
niaque.
[Wiedemann, Poggend. Ann., t. LXX1V, p. 671.
Enfin, maintenue il cette température jusqu’il ce qu’elle soit complètement convertie en une masse sèche, blanche ou grisAtre, elle laisse un résidu qui est principalement formé d’acide cyanurique. Si l’on opère dans une cornue, on trouve de l’urée dans les produits de la distillation, non pas que celle-ci soit volatile, mais une certaine quantité d’acide cyanurique a passé à l’état d’a-
cide cyanique qui s’est uni à l’ammoniaque déga^ gée pour régénérer de l’urée :
3 C O Azs II‘ = C303Az3II3 -f 3AzH3
Urée. Acide Ammo-
cyanurique. niaque.
[Wôhler, Ann. de Chim. et de Phys., 1830' t. XLIlI,p.64; — WOhler etLiebig, même recueilli 1831, t. XLVI, p. 28].
Réactions. — 1. L’urée étant une amide carbonique fixe les éléments de l’eau dans beaucou de réactions. Chauffée avec les alcalis (potasse, soude, chaux, magnésie), elle donne du carboj nate et de l’ammoniaque (W. Prout).
Traitée à chaud par l’acide sulfurique conceni: trô, elle dégage de l’acide carbonique et il restt du sulfate d’ammonium [Dumas, Mémoire cita 1830].
2. L’action de l’eau seule suffit pour décompc: ser l’urée qui, en solution aqueuse à 140°, sconvertit en acide carbonique et en amine niaque (Pelouze) :
C O Az!Hl + II2 O = CO2 -f 2 Az H3.
3. Lorsque l’urine se putréfie, l’urée subit 11 même dédoublement (Fourcroy et Vauquelin Cette transformation a lieu sous l’influence d’u ferment spécial, constitué par des chapelets oo de petits amas de globules sphériques, se développant par bourgeonnement et dont le diamètri est environ de 0n,m,0015 [Van Tieghem, Comp rend. t. LVIIf, p. 210; Bull, de la Soc. chim 1864, t. Il, p. 61].
D'après les recherches plus récentes di M. Musculus, le ferment de l’urine n’est pas un ferment organisé, mais il se rapproche de 11 diastase. Pour le préparer, on précipite par l’a ! cool les urines épaisses, filantes et ammonisi cales, et l’on recueille ce mucus coagulé, qu lavé à l’alcool et séché, se conserve dans de flacons bouchés. Il est soluble dans l’eau, et s, solution filtrée fait fermenter rapidement l’uréé Une température de 80°, les acides même éteci dus détruisent son activité, l’acide phénique et sans action sur lui [Musculus, Compt. rem t. LXXXII, p. 333 ; Bull, de la Soc. chim., 1870 t. XXVI, p. 470].
La solution de l’urée pure, abandonnée à elb < même, ne se décompose pas, mais par l’additid ’ d’une petite quantité du ferment retiré de l’urin le dédoublement s’effectue.
Par l’ébullition, les solutions d’urée ne soi' pas altérées, à moins qu’elles ne soient très-co: centrées; dans ce cas, elles dégagent de petit quantités d’ammoniaque, parce que l’urée s’ chauffe au-dessus de 100".
4. Un courant de chlore dirigé dans une soit tion aqueuse d’urée, la décompose en acide ca boniquo et azote,
UOAzMP + 6 Cl + II2 O = CO! -f Azs+0IIC1.
Mais si l’on dirige du chlore sec dans de l’ur en fusion, il se produit do l’acide cyanurique, < l’azote, du chlorhydrate d’ammoniaque et do 1’ eide chlorhydrique [Wurtz, Comp. rend. t. XXI
Les liypochlorites alcalins agissent comme chlore sur les solutions aqueuses d'urée ; la réa tion s’accomplit à une douce chaleur. Elle a été a pliquée par Leconte au dosage de l’urée. Les h. pobromitos agissent plus rapidement A froii aussi l’hypobromite de sodium a-t-il été emplo; par Knop, Hüfner, Yvon, pour le dosage do l’ur (voyez A l’article Urine, dosage de l’urée).
5. L’urée étant une amide amidoformique, po sède des propriétés basiques faibles. Aussi so con
URÉE
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bine-t-elle avec certains acides pour former des sels; on connaît l’azotate, l’oxalate, le chlorhydrate d’urée, etc. ; mais elle ne s’unit pas à l’acide lactique, à l’acido hippurique et à l’acide urique, comme l’avaient annoncé Henry et Cap, qui pensaient que l’urée se trouvait à l’état de lactate d'urée dans l’urine humaine, à l’état d'hippurate dans l’urine des herbivores, à l'état d’urate dans celle des reptiles. Pelouze a montré que l’urée cristallise sans altération dans l’acide lactique, qu’elle ne se combina ni avec l'acide hippurique ni avec l’acide urique [Ann. de Cliim. et de Phys. (3;, t. VI, p. 65J. Lecanu avait déjà nié l’existence du lactate d’urée dans l’urine [Ann. de Chim. et de Phys., (2), t. LXXIV, p. 90].
Lorsqu’on fait bouillir l’urée avec des acides concentrés, elle se détruit en dégageant de l’acide carbonique et donnant un sel d’ammonium. Cette réaction, observée par Dumas avec l'acide sulfurique concentré, a lieu môme avec des acides faibles; ainsi par l’ébullition d’un mélange d’urée et d’acide hippurique en solution aqueuse, il se forme de l’hippurate d’ammonium et il se dégage de l’acide carbonique (Pelouze).
0. L’acide formique chauft'é avec do l’urée donne de la formylurée, COAz2H3(CHO) (voyez Urées composées, t. III, p. 575).
; 7. L’acide chloreux réagit en solution aqueuse sur l’urée et donne un corps cristallisant en grands prismes aplatis, très-hygroscopiques. Ce corps, qui renferme, CH8Az3C10, pourrait être considéré comme une combinaison d’urée et de chlorure d’ammonium, CO AzsHs-|- AzH»Cl, mais on n’arrive pas à l’obtenir en faisant cristalliser ensemble molécules égales d’urée et de chlorure d’ammonium [Schiel, Ann. der Chem.u. Pharm., iit. CX1I, p. 73, et Répert. de Chim. pure, 1800, ilp. 190].
, 8. L’acide azoteux et l’acide azotique chargé de vapeurs nitreuses, décomposent l’urée avec dégagement d’acide carbonique et d’azote. Cette décomposition est généralement représentée par l’équation :
I COAz2IP-|- Az203 = C 02-j-Az'-|- 2 H2 O (1).
Liebig et Wôhler ont représenté ce dédoublement comme il suit :
2 C O Az! H* + Az203 = CO»(AzH')« Az» +C02 (2).
jj M. Claus a déterminé les conditions dans lesquelles le dédoublement se fait dans un sens ou dans l’autre. Si l’on fait le mélange à froid dans le rapport de une molécule d’acide azoteux à deux molécules d’urée, la décomposition se passe comme l’indique l’équation 2. Si, au contraire, on ajoute peu à peu l’acide azoteux à la solution d’urée préalablement chauffée, et dans les mêmes proportions, une moitié de l’urée so décompose entièrement et l’autre moitié reste inaltérée ; par conséquent, en ajoutant de nouvel acide azoteux, on arrive à décomposer l’urée entièrement suivant l’équation 1 [Claus, Deutsche chem. Gesellsch., t. IV, p. 140, et Bull, de la Soc. dum., 1871, t.XV, p. 2001.
9. Les chlorures d'acides monobasiques agissent sur l’urée en remplaçant un atome d’hydrogéne par un radical acide : ainsi le chlorure d’acétyle fournit l’acétylurée, CO Az2 H3 (C2 H3 O) (Zinin). un chauffant l’urée avec les anhydrides d’acides nwnobasiques , on obtient les mômes urées composées ; l’anhydride benzoïque fondu avec de l’urée - “Onne la bcnzoylurée,
C O Az2 H3 (C'a3 O).