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CH*)SC6II (0 C-2 IP

— Cet éther se forme lorsqu’on fait agir, à la température ordinaire, le chlorure d’acétyle sur l’hydroquinone. Il cristallise dans l’alcool en grands prismes incolores et brillants, fusibles à !)9° et pouvant être sublimés. L’alcool froid le dissout en petite quantité, l’acide acétique en abondance, mais il est insoluble dans l’eau.

OXYHÉTAXYLOQUINHYDRONE. — Elle S6 forme

7Z|7 — YTTHIUM.

par la réduction incomplète de I’oxymétaxyloqulnone, ainsi que par l’oxydation do Foxymétaxylohydroquinone à l’air. Elle forme des aiguilles brunes, à éclat métallique, fusibles à 142-113° [R. Fittig et VV. Sicpermann, Liebig's Ann. der Chem., t. CLXXX, p. 23; Ball.de la Soc.clim., t. XXIV, p. 209, et t. XXVI, p. 395]. A. H.

XYLOUETINE. — Syn. de Hautine, t. II, p. 5.

XYLORETINITE (Min.).— Résine extraite par Forchhammer d’un bois de pin fossile des marais de Iloltegaard (Danemark). Formule empirique, Cio hi60. Fusible à 165°. Blanche, inodore, insipide. Soluble dans l’éther.

XYLOSTÉINE. — Principe amer, non volatil, trouvé par Hübsclimann dans le fruit du chèvrefeuille (Lonicera Xylostcum) ; ce corps est insoluble dans l’eau, et soluble dans l'alcool et l’éther ; il appartiendrait au groupe des glucosides [Ann. der Chem., u. Pharm., t. LXXXV, p. 250].

XYI.OTILE (Min.). — Plaquettes de fibres déliées parfois entrelacées, opaques, brunes et plus ou moins chatoyantes donnant plus d’eau dans le tube que la xylite (14 %) et provenant sans doute de l’altération d’un chrysotile très-ferrugineux. Assez facilement soluble dans l’acide chlorhydrique en laissant un squelette de silice. Trouvé à Sterzuns (Tyrol).

XYLYLE. — Radical monovalent de l’acide xylique.

YANOLITHE. — Voyez Axixite.

YEXITE. — Voyez Liévrite,

YPOLEIME. — Voyez Lcnnite.

YTTKRBITE. — - Voyez Gadolinite.

YTTRIA FLUATEE. — Voyez YrrnocÉmTE.

YTTRIA PHOSPIIATIIÉE.— Voyez XÉXOTIME.

YTTRIUM, Y = 89,6 (de Ytterby, nom d’une carrière de feldspath, près de Stockholm, où se trouve la gadolinite, matière première pour l'extraction de l’yttria).

Historique. — Gadolin, chimiste finlandais, découvrit en 1794, dans un minéral rare nommé plus tard en son honneur gadolinite, un oxyde terreux, qu’il désigna sous le nom d'yttria. C’est dans ce même minéral qu’Ekeberg, chimiste à üpsal, découvrit la glucine en 1802; Berzelius montra, en 1814, que l’yttria de Gadolin contenait de l’oxyde de cérium, dont il avait fait la découverte quelques années auparavant. En 1835, Berlin fit connaître un grand nombre de sels d’yttria, débarrassés do glucinium et de cérium. M. Schcerer remarqua que l’yttria, calcinée à l’air, devient jaune, mais qu’elle est blanche après sa calcination à l’abri de l’air: il en conclut que l’yttria renferme encore un autreoxyde. Peu après (1844), Mosander, chimiste suédois , a publié un mémoire dans lequel il a avancé le fait que l’yttria est un mélange de trois oxydes différents : Vyttria, la terbia ou terbine, et l 'erbia ou erbine (noms dérivés tous d’Ytterby). La faible quantité de gadolinite sur laquelle il avait opéré ne lui avait pas permis d’obtenir ces oxydes dans un état de pureté parfaite. Sa méthode pour la séparation des trois oxydes consistait dans la précipitation fractionnée par l’oxalate acide de potassium et par l’ammo-

niaque; l’erbino est précipitée on premier lieu, et l’yttria vers la fin. Si ces observations de Mosander n’ont pas été complétées par des recherches plus étendues, cela doit être attribué sans doute à la grande rareté de la gadolinite. C’est seulement en 1800 qu’on a fait la première addition importante aux travaux pénibles et difficiles de ce savant.

Berlin fit connaître à cette époque, à la réunion des naturalistes Scandinaves à Copenhague, les résultats de ses travaux sur l’yttria. 11 reconnut l’insuffisance des méthodes employées par Mosander pour la séparation des oxydes qui l’accompagnent. Il essaya avec plus de succès une nouvelle méthode consistant dans la calcination incomplète de l’azotate d’yttria brute. L’azotate d’erbium se décompose plus facilement que le sel d’yttrium et, par le traitement de la masse calcinée par l’eau, on obtient une solution riche en yttria, et un résidu contenant l’erbine. Après avoir renouvelé plusieurs fois cette opération, il parvint à obtenir l’yttria pure et l’erbine presque pure. Quant au troisième oxyde signalé par Mosander, il reconnut qu’il était toujours possible de le dédoubler en yttria et en erbine.

En 1864, Popp, ignorant les travaux importants de Berlin, publia un mémoire sur l’yttria et ses combinaisons, dans lequel il nia l’existence de i’erbine et de la terbine. D’autre part, vers la môme époque, Delafontaine croyait avoir isolé tous les oxydes de Mosander. D’après lui, les sels de terbium donnent au spectroscope lo spectre d’absorption que Bahr avait découvert en 1862 comme caractérisant un des oxydes contenus dans l’yttria brute.

YTTRIUM.

En 18G6, Bahr et Bunsen publièrent un mémoire fort important sur les oxydes d’yttria. Pour les séparer, ils ont omployé à peu près la même méthode que Berlin et ils sont arrivés à préparer dans un état de pureté presque parfaite les oxydes d’yttrium et d’erbium ; quant à l’oxyde du troisième métal, la tcrbine, ils reconnurent qu’il n’est autre chose qu’un mélange dos deux autres, avec un pou de didymo, etc. Dans un mémoire publié peu do temps après, Delafontaine maintient l’existence du troisième oxyde, et émet l’opinion que l’orbine de Bahr et Bunsen constitue la terbinede Mosander.

En 1872, Cleve et HBglund ont examiné en détail la plupart des combinaisons les plus importantes de l’yttria et de l’erbine. Ils essayèrent en vain d’obtenir le troisième oxyde (l’erbine de M. Delafontaine). Cleve publia, seul, un second mémoire, en 187 i, sur plusieurs combinaisons do l’yttrium et de l’erbium ; ces recherches furent suivies do celles de Thalen sur les spectres do l’erbium et de l’yttrium purs, de celles de ’l'opsoe sur la forme cristalline de plusieurs sels d’yttrium et d’erbium. Enfin, Delafontaine a publié une dernière note, dans laquelle il maintient l’existence de son erbine (ou terbine) (*).

Bibliographie. — Gadolin, Kongl. So. Vetensk. Akacl. Handlingar, 1794, p. 137; — Ekeberg, loc. cit., 1802, p. 08; — Berzclius, Afhandlingar i Fysik, Kemi och. Mineralogi, t. IV, p. 217; Lehrb. d. Chem. Ste Autl., t. II, p. 173; — Berlin, Kongl. Sv. Vetensk. Akad. Handlingar, 1835, p. 409; Forhandlingar ved de skandinaviske Naturforskeres Sde Mode i Kjobenhavn, 1800, p. 440; — Scheerer, Poggend. Ann., t. LV1, p. 483; — Mosander, Journ. für prakt. Chem., t. XX, p. 288; Lond. Edimb. and. Dublin, Phil. Mag., octobre 1843, p. 251 ; — l’opp, Uber die Ittererde, Gûttingen, 1804; — Delafontaine, Arcli. d. sc. pliys. et nat., 1804, t. XXI, p. 97 ; 1805, t. XXII, p. 30; 1800, t. XXV, p. 105; .dmer. Chem., 1875, t. V, p. 235; — Bahr, OEversigtaf Kongl. Sv. Vetensk. Akad. Forhandlingar, 1802, p. 597; — Bahr et Bunsen, Ann. der Chem. u. Pharm., 1800, t. CXXXVII, p. 1 ; — Cleve et Hœglund, Bihang lill Kongl. Sv. Vet. Akad. Handlingar, 1873, t. 1, n° 8; Bull, de la Soc. chim., t. XVIII, p. 193 et 289; — Cleve, loc. cit., t. II, n° 12 ; Bull, de la Soc. chim., t. XXI, p. 344; — Thalèn, Kongl. Sv. Vet. Ak. Handlingar, t. XII, n» 4; Journ. de Phys., 1875, t. IV, p. 33 ; — Topsoë, Bihang. lill Kongl. Si >. Vet. Ak. Handlingar, 1874, t. II, n° 5.

On donnera, dans les pages suivantes, une description comparative des composés de l’yttrium et de l’erbium, si voisins l’un de l’autre, par la constitution et les caractères de leurs combinaisons ; ces indications complètent l’article Erbium, t. I, p. 1253.

Propriétés. — L’yttrium et l’erbium métalliques n’ont pas encore été obtenus en masses compactes. Les tentatives de Cleve et Uœglund pour

(I) Les épreuves do cet articlo étaient corrigées lorsque parut nn travail do M.Marc Delafontaine surlo torbium et ses composés ( Archives des sciences physiques elnaturelles, t. LX1, mars 1878). L’autour affirme de nouvoau l'existonco de deux torres dans la Samarskile de la Caroline du Nord, qui renfermerait une terre roso, l’erbine, une terre jaune qu'il nomme maintenant torbino avec tous les autres chimistes. 11 fixe lo poids atomique du terbium à 98, en supposant que la terbine soit TrO.

M. Marignac, si compétent en pareille matière, appuie les conclusions de M. Marc Delafontaino. Il a retiré pareillement de la gadolinite, l'erbinu et la terbine, la première roso, la secundo d'un jaune orange pur, mais très-foncé. Son équivalent serait 115, co qui donne pour lo poids atomique du terbium 99 ou 1 18,5, suivant que l'on formule la terbine TrO ouTr!0J. On donnera dans le Supplément le résumé de ces rcchorches. A. XV.

YTTRIUM.

les obtenir par l’électrolyse des chlorures en fusion n'ont donné que des poudres noirâtres trèsimpures.

Etat naturel. — L’yttrium parait toujours accompagner l’erbium et très-souvent les oxydes do cérium, de lanthane et de didyme. L’oxyde d'yttrium est toujours plus abondant que l’oxyde d’erbium. Los minéraux dans lesquels on rencontre ces deux oxydes sont très-rares. Co sont : la gadolinite, l’euxénite, l’yttrotantale, la fergusonitc, la xénotimo, l’yttrotitanite, etc.

Extraction. — Pour la préparation des oxydes mélangés d’yttrium et d’erbium, on emploie soit la gadolinite d’Ytterby, qui contient d’après Kcenig [Ann. der Chem. u. Pliarm., t. CXXXVII, p. 27 J 34,04 % d’oxyde d’yttrium et 2,93 °/o d’oxyde d’erbium, soit l'euxénite d’Arendal, qui contient d’après Cleve environ 17 % d’oxyde d’yttrium et 11,5% d’oxyde d’erbium. Pour préparer l’yttria pure, la gadolinite est le minéral le plus avantageux; mais, pour obtenir l’erbine, il vaut mieux recourir à l’euxénite.

On opère sur la gadolinite de la manière suivante : On décompose le minéral, finement porphyrisé, par l’acide chlorhydrique, mélangé d’un peu d’acide azotique; on évapore à siccité et on traite le résidu par de l’eau acidulée. On sépare l’acide silicique par filtration, on neutralise la solution par le carbonate de potassium et l’on sature complètement cette solution par du sulfate potassique neutre. Le didyme, le cérium et le lanthane se séparent alors sous la forme de sulfates doubles cristallins, insolubles dans une solution saturée de sulfate neutre do potassium. On mélange la solution filtrée avec une solution chaude d’acide oxalique. Il se forme alors un précipité, d’abord cristallin, qui se concrète bientôt en une poudro pesante, ayant une couleur rosée. On calcine les oxalates "précipités et on lave le résidu avec de l’eau bouillante, qui dissout une quantité notable de carbonate potassique. Les oxydes restants sont assez purs pour la séparation de l’yttrium et de l’erbium.

Si l’on opère sur l’euxénite, on fond le minéral, finement porphyrisô, avec un excès de bisulfate potassique, on épuise la masse refroidie par l’eau bouillante, on sépare l’acide niobique, etc., par filtration et on précipite la solution par l’acide oxalique. On calcine les oxalates, on lave le résidu â l’eau bouillante, on le dissout dans l’acide azotique, on évapore la solution à siccité et ou chauffe un peu pour décomposer les sels de cérium et do fer, d’acide niobique et d’acide titanique. Lo traitement du résidu par l’eau bouillante laisse insoluble l’acide titanique, l’acide niobique, l’oxyde de cérium, etc., qu’on sépare par filtration. La solution filtrée renferme les azotates d'yttrium et d’erbium dans un état de pureté suffisant pour qu’on puisse aborder la séparation des deux oxydes.

On sépare l’yttria de l’erbine de la manière suivante. On chauffe dans une capsule de platine les azotates, parfaitement exempts de potassium, jusqu’à leur décomposition, qui se manifeste par un abondant dégagement de vapeurs rouges. A ce moment, on place la capsule dans l’eau froide; les azotates fondus se solidifient bientôt en une masse transparente et vitreuse. On la dissout dans la plus petite quantité possible d’eau bouillante et on abandonne la solution au refroidissement. On obtient alors des cristaux rosés d’azotates basiques, contenant beaucoup d’erbium. Quant à la solution, on la soumet de nouveau au môme traitement, qu’on répète plusieurs fois. On dissout les sels basiquesdans l’acideazotiqueeton répète le procédé décrit plus haut, jusqu’à ce que l’oxyde obtenu à l’aide des sols basiques, possède le poids moléculaire do l’oxyde d’erbium. On n’ob-

YTTRIUM.

YTTRIUM.

tient que très-peu d’oxyde d’erbium pur, c’est pourquoi il est nécessaire d’opérer sur des quantités assez fortes des oxydes mélangés.

L’eau mère, d'où se sont déposés les azotates basiques, riches en erbium , est évaporée à siccité. On chauffe le résidu dans une capsule de platine jusqu’à une décomposition très avancée. On reprend le résidu par l’eau bouillante, qui laisse indissoute une grande quantité d’azotate basique, riche en erbium. La solution qui doit être très-peu colorée, contient beaucoup d’yttrium, mais eu général aussi des quantités notables de didyme, de lanthane, de cérium, etc. On la sature par le sulfate neutre de sodium ou de potassium. On sépare les sulfates doubles de didyme, etc., et on précipite par l’ammoniaque caustique. On lave l’hydrate gélatineux et on le dissout dans l’acide azotique. On précipite par l’acide oxalique et on calcine l’oxalate d’yttrium. Il est avantageux de laver l’oxyde restant avec de l’eau bouillante, pour extraire des traces d’alcali On dissout l’oxyde dans l’acide azotique, on évapore à siccité, et on chauffe jusqu’à décomposition avancée. On traite le résidu par l'eau bouillante, et on répète la même opération, jusqu’à ce que la solution très-concentrée de l’azotate d’yttrium ne donne plus au spectroscope les lignes d’absorption de l’erbium. On précipite alors par l’acide oxalique, on calcine l’oxalate et on obtient ainsi l’yttria pure. Souvent l’yttria contient do petites quantités de didyme, qu’il est facile de déceler a l’aide du spectroscope. En ce cas, il faut répéter le procédé de. séparation à l’aide du sulfaie de potassium, etc.

Par le traitement ci-dessus, on obtient des résidus considérables, contenant à la fois de l’yttrium et de l’erbium. On traite à part avec avantage les résidus riches en erbium et ceux riches en yttrium. On dissout ces derniers dans l’acide azotiquo et on précipite la solution neutre et trèsétendue par une petite quantité d’ammoniaque caustique. Los sels basiques et gélatineux, qu’on obtient ainsi, contiennent beaucoup d’erbium, et on peut les joindre aux autres résidus riches en erbium. En renouvelant cette précipitation incomplète par l’ammoniaque, on obtient une solution qui contient très-peu d’erbium et d’où l’on peut extraire de nouvelles quantités d’yttria pure.

Pour savoir si l’oxyde d’erbium est pur, on n’a d’autre procédé pratique que de déterminer le poids moléculaire de l’oxyde, chose assez facile.

On pèse dans une capsule de platine, l’oxyde d'erbium purifié avec soin, on le dissout dans l’acide azotique étendu et chaud. On ajoute à la solution une quantité suffisante d’acide sulfurique, et 011 évapore à siccité. On chauffe le sulfate restant dans un bain d’air vers 300”, et on le pèse. Par son poids, il est facile de calculer le poids atomique de l’oxyde, même avec une trèsgrando exactitude.

Usages. — L’yttrium et l’erbium n’ont aucun usage industriel.

Poids atomique. — Berlin a le premier déterminé le poids atomique de l’yttrium pur. Par la calcination de l’oxalate et le dosage de l’oxyde restant, il a trouvé le nombre 89,6 (l’oxyde d’yttrium = Y2 O3). Bahr et Bunsen ont transformé l’oxyde en sulfate, et trouvé ainsi le nombre 92,55. Cleve a trouvé par le même procédé le nombre 89,6.

Le poids atomique de l’erbium a été fixé par Berlin à 162. Bahr et Bunsen ont trouvé le nombre 168,9 et Hoeglund 170,6.

Classification. — Les propriétés basiques trèsprononcées do l’yttria et de l’erbine, qui égalent presque celles des terres alcalines, ont fait croire que ces oxydes ont pour formule R O. Les recherches étendues de Cleve sur la composition d’un

grand nombre des combinaisons des terres rares de la gadolinite et de la cérite ont conduit à la conclusion que ces oxydes sont composés d’après la formule R2 O3, et que la formule de leurs chlorures, etc., était représentée par R Cl3, etc. Mendelejeff avait déjà été conduit à la même opinion par des spéculations purement théoriques. Les recherches très-étendues de Nilson sur les sélénites de ces oxydes ont montré qu’il existe une grande analogie de composition entre ces sélénites et ceux des oxydes ferrique, de chrome, d’aluminium, etc; il en conclut que les chlorures d’yttrium et d’erbium renferment R2 Cl6, et que les métaux possèdent la même atomicité que l’aluminium.

D’après les recherches cristallographiques de M. Topsoe, les sels d’yttrium et d’erbium sont isomorphes avec les sels do didyme; or, pourcedernier métal, Hillebrand[Pogg..dmi.,t. CL VIII, p. 76, 1876], a trouvé que sa chaleur spécifique s’accorde avec la loi de Dulong et Petit, si l’on admet la formule Di2 O3 pour l’oxyde de didyme.

Dans l’état actuel de nos connaissances, l’yttrium et l’erbium forment avec le cérium, le lanthane et le didyme un groupe très-distinct de métaux tétratomiques, qui (sauf le cérium) entrent toujours dans les combinaisons comme atomes doubles.

composés de l'yttrium et de l’erbium.

Oxydes d'yttrium et d’eiibiiixi. — On ne connaît qu’un seul oxyde d’yttrium et d'erbium, l’yttria, Y2 O3 et l’erbine, Er203.

Oxyde d'yttrium, Y203. — On l’obtient par la calcination de l’hydrate, du carbonate, de l’oxalate, etc. Le sulfate laisse aussi par une calcination très-forte un résidu d’oxyde.

C’est une poudre blanchâtre ou jaunàtro, d’une densité égale à 5,03 (Cleve). Il joue le rôle d’une base salifiable très-énergique et se combine, même après une calcination très-forte, avec les acides, pour former des sels incolores, dont plusieurs cristallisent très-bien. L’oxyde d’yttrium décompose les sels ammoniacaux, même dans leurs solutions. Il ne se combine pas avec les bases.

Oxyde d’erbium, Er203. — Obtenu comme l'oxyde d’yttrium, il se présente en fragments durs, d’un rose sale, ou sous la forme d’une poudre jaunâtre ou rougeâtre; densité = 8,9 (Hœglund).Il se dissout dans les acides et décompose les sels ammoniacaux. Ses sels ont une belle couleur rose.

L’Iiydrate d'yttrium est un précipité gélatineux idanc, qu’on obtient par l’addition d’un alcali fixe à la solution d’un sel d’yttrium ; l’ammoniaque précipite généralement des sels basiques. 11 se dissout aisément dans les acides; il attire rapidement l’acide carbonique de l’air en formant un carbonate neutre, et décompose les sels ammoniacaux (Cleve).

L'hydrate d’erbium, Er203,6II20 + 3II20, est un précipité rose, ressemblant à l'hydrate d’yttrium. 11 forme avec l’acide carbonique un carbonate basique (Hoeglund).

Sulfures d’yttrium et d’erbium. — Les oxydes, chauffés dans un courant de vapeur de sulfure do carbone, se transforment en poudres noires, répandant à l’air humide l’odeur de l’hydrogène sulfuré et prenant par la pression un faible éclat métallique (Cleve et Hoeglund).

Fluorures d’yttrium et d’erbium, R2 Fl6. — Précipités amorphes, qui se transforment bientôt en poudres denses, peu solubles dans les acides. Ils contiennent un peu d’eau (Cleve et Ilœgluntl).

Fluosilicates d’yttrium et d’erbium. — L’acide fluosilinque dissout les hydrates d’yttrium et d erbium; mais la solution se prend bientôt on

YTTRIUM.

YTTRIUM

une gelée transparente. Par l’évaporation au bain-marie, on obtient des sels basiques non cristallins (Cleve et Ilœglund).

Chlorure d’ïttiuüm, Y2 Cl6 12 II2 O. — 11 forme dos prismes aplatis, déliquescents, solubles dans l’alcool, insolubles dans l’éther. Chauffé, il dégage do l’eau et do l’acide chlorhydrique et laisse un chlorure basique, sous la forme d’une poudre blanche. Le chlorure anhydre, qu’on obtient par la fusion d’un mélange de chlorure cristallisé et de sel ammoniac, est une masse blanche et cristalline, qui se décompose à l’air humide (Cleve).

Le chlorure d’erbium présente une belle couleur rose; sous tous les autres rapports, il ressemble au chlorure d’yttrium (Hceglund).

Les chlorures d’yttrium et d’erbium se combinent au cyanure mcrcurique pour former des sels doubles cristallisables qui renferment :

R2 Cl6 + GHg (CAz)2 + 10 H2 O

[J.-E. Ahlèn, Bull, de la Soc. chim., 1877, t. XXVII, p. 3 05 J.

Chloroplalinate d'yttrium,

2 Y2 Cl6, 5 Pt Cl4 -(- 51 H2 O.

— Il cristallise en grands cristaux, bien formés, d’un jaune orange foncé, très-déliquescents [Cleve et Nilson, Bull, de la Soc. cliim., 1877, t. XXVII, p. 209].

Chloroplalinate d’erbium,

Er2 Cl6,2PtCl’ -f- 21 H2 O.

— Il forme de grands cristaux tabulaires, extrêmement déliquescents, qui perdent 7 molécules d’eau sur l’acide sulfurique (Cleve).

Clüoroplatinite d’yttrium,

Y2 Cl6, 3 Pt Cl2 + 21 II2 O.

— Prismes obliques rouges, déliquescents, per» daat 10 H2 O à 100°.

Chloroplatinile d’erbium,

Er2 Cl6, 2 Pt Cl2 + 2711*0.

— Prismes aplatis, déliquescents, se déposant d’une solution chlorhydrique renfermant 1 inocule Er2Cl6 et 2 molécules Pt Cl2.

On obtient un autre chloroplatinite,

Er2 Cl6, 3 Pt Cl* + 24 H2 O,

cristallisable en prismes déliquescents, lorsqu’on décompose une solution de chloroplatinite de baryum par le sulfate d’erbium.

Chloraurate d’yttrium,

Y2 Cl6, 4 Au Cl3 + 32H20, et chloraurate d’erbium,

Er2Cl6, 2 Au Cl3 + 18 II2 O.

— Ils cristallisent en grands cristaux très-solubles (Cleve).

Chluromercurate d'erbium, ErsCl6,10IIgCl2.

— 11 cristallise en hexaèdres déliquescents, contenant 12 (?) Il2 O (Cleve).

Bromure d'ïttrium, Y2Br6 -}- 18I120, et Bromure d’erbium, Er2Br6 -j- 18 II2 O. — Ils cristallisent en aiguilles déliquescentes (Cleve et Hœglund).

Iodüres d’ïttrium et d’erbium. — Ils cristallisent en aiguilles fort déliquescentes, qui brunissent à l’air et dégagent dos vapeurs d’iode lorsqu’on les chauffe à 120° (Cleve et Ilœglund).

Cyanures d’yttrium et d’erbium. — Ils sont inconnus, mais on connaît les cyanures doubles , suivants :

Platocyanures d'yttrium et d'erbium, R2(CAz)tspt».

— Ils cristallisent avec 27 molécules IIsO en cristaux fort beaux et volumineux. Leur couleur est rouge cerise par transparence, mais la lumière réfléchie sur certaines faces est verte et douée d’un éclat métallique. D'autres faces paraissent d’un violet bleuâtre. Ces sels sont très-solubles. Leur solution est incolore. A 100-120°, ils perdent de l’eau et deviennent jaunes (Cleve et ilœglund).

D’après les déterminations de M. Topsoë, ils cristallisent dans le système rhombique et sont complètement isomorphes. La densité du sel d’yttrium est égale à 2, 370; celle du sel d’erbium = 2,02.

Ferrocyanures yttriopotassique et erbinopolassique,

j (CAz)12Fc2.

— Précipités blancs, qu’on obtient par double décomposition entre le fcrrocyanure potassique et l’azotate correspondant. Le sel d’yttrium contient 4 molécules II20 (Cleve et Ilœglund).

Cobalticyanure d’yttrium,

Y2 (CAz)12Co2 + 5H20.

— C’est un précipité dépourvu de forme cristalline, qu’on obtient par l’addition d’alcool aux solutions mélangées de cobalticyanure potassique et d’azotate d’yttrium (Cleve).

Sulfocyanates d’yttrium et d’erbium,

R2 (CAz S)6 + 12 H2 O.

— Us cristallisent en prismes, bien définis, inaltérables à l’air (Cleve et Ilœglund) . Ils se combinent au cyanure mercurique pour former des sels doubles,

R2 (CAz S)6, GHg (CAz)2 + 24 H2 O,

qui cristallisent, d’après les déterminations de Topsoë, dans le système triclinique. Ils sont parfaitement isomorphes. La densité du sel d’yttrium est égale à 2,544 et celle du sel d’erbium, â 2,740.

OXYSELS D’YTTRIUM ET D’ERBIUM.

Azotates d’yttrium et d’erbium,

R2 (Az O3)6 -f- 12 H- O.

— Ils cristallisent dans une solution très-concentrée en grands cristaux (Cleve et Hceglund).

Lorsqu’on chauffe ces azotates, ils dégagent des vapeurs rouges, et l’on obtient par le refroidissement du sel fondu et partiellement décomposé une masse transparente, soluble dans l’eau bouillante. Par le refroidissement de la solution, il se dépose des cristaux bien formés d’un sel basi-

ue, qui ne se dissout pas dans l’eau sans être

écomposé en acide azotique libre et un sel encoro plus basique, insoluble.

Ces sels ont, pour composition , d’après Bahr et Bunsen, 2R203. 3 Az205 + 9 H20. Cleve a trouvé pour le sel d’erbium la composition,

3Er203.4Az203 -j- 2U1I20.

L’azotate basique d’erbium possède une tendance à se déposer d’abord, d’une solution concentrée, qui renferme les deux azotates basiques d’erbium et d’yttrium. De là le procédé de séparation qui a été décrit plus haut.

Azotites d’yttrium et d’erbium. — Ils sont très-solubles et forment des masses sirupeuses incristallisables [Nilson, Communication privée]. Les azotites donnent, avee l’azotite de platine, des sels doubles cristallisant eu prismes jaunes, multérables à l’air, ayant pour formule,

[Pt (Az02)lPR2 + 9II20.

yttrium.

YTTRIUM. — 75

Le sel d’yttrium cristallise aussi avec 21 H2 O eu cristaux jaunes ou presque incolores (Nilson). Chlorates d'yttrium et d’erbium,

(Cl O’)6 R5 + 18 H!0 (?).

— Ils cristallisent en prismes minces extrêmement déliquescents (Cleve et Hœglund).

Perciilorates d’yttrium et d’erbium,

(C103)6R2-f- 18 II2 O (?).

— Tables minces, fort déliquescentes (Cleve et Hœglund).

Bromates d’yttrium et d’erbium,

(Br O3)6 R2 -f- 18 H2 O.

— Ils cristallisent en aiguilles solubles (Cleve et Hœglund).

Iodates d’yttrium et d’erbium,

(I03)6R2 -f- OIP-O.

— Poudres blanches, non cristallines, qu’on obtient par l’addition d’acide iodique à. la solution des azotates (Cleve et Hœglund).

Periodate d’yttrium, (I05)2Y2 -f- 4H20. — Par l’addition d’acide périodique aux solutions d'azotate ou d’acétate d’yttrium, on obtient un précipité volumineux, qui se dissout dans un excès d’acide périodique. La solution dépose bientôt des cristaux microscopiques bien formés et peu solubles.

Le sel d’erbium ressemble au sel d’yttrium.

Le précipité formé d’abord par l’acide périodique et l’acétate d’yttrium, en excès, est amorphe et contient 35,9 °/„ Y et 32,73 I (Cleve et Hœglund).

Sulfites d’yttrium et d’erbium,

— L’acido sulfureux s’unit aux hydrates d’yttrium ou d’erbium en donnant des sels solubles. Leur solution dépose par la chaleur un précipité blanc ou rose, formé d’aiguilles minces et microscopiques (Cleve et Hœglund).

IIyposulfates d’yttrium et d’erbium,

(Ss05)3Rî 4- 18 H* O.

— Ils cristallisent en aiguilles allongées, trèssolubles et inaltérables à l’air (Cleve et Hœglund).

Sulfates d’yttrium et d’erbium,

— D’après les déterminations de Topsoë, ils cristallisent dans le système monoclinique. Le sel d’yttrium est incolore et forme de petits cristaux ; le sel d’erbium cristallise en grands cristaux roses. Ils sont parfaitement isomorphes et ont la même forme cristalline que les sulfates do didyme et de cadmium (Rammelsberg). Le sulfate d’yttrium a pour densité 2,53 et le sel d’erbium 3,217 (Topsoë). Ils supportent une température assez élevée sans perdre d’acide sulfurique ; mais par la calcination au rouge, ils perdent une partie de l’acide, et au blanc la totalité.

Le sel d’yttrium est moins soluble que le sel d’erbium. Les sels anhydres sont assez solubles dans l’eau froide ; les sels cristallisés sont moins solubles, surtout dans l’eau chaude (Cleve et Hœglund).

D’après Cleve et Hœglund 100 p. d’eau dissolvent :

A la température ordinaire,

I 1,52 parties de sulfato d'yttrium anhydre.

43 — — d'erbium »

0 — — d'ytt ium cristallisé.

80 — — d’erbium cristallisé.

4,8 parties de sulfate d'yttrium cristallisé.

10 — d’erbium cristallisé.

Los sulfates d’yttrium et d’erbium se combinent avec les sulfates alcalins en donnant des sulfates doubles de composition variable. Ils ont été examinés par Cleve et Hœglund.

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