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IG

Suif do mouton

Australie. . <

— do bœuf et de mouton.

! is.

— do bœuf

Italie ....

Suif de Florence

Autricho. .

— do Vienne

Nous ferons remarquer que les écarts de prix ne sont pas toujours en rapport avec les différences existant entre les points de solidification des acides gras. Cette anomalie trouve son explication dans le besoin, plus ou moins fondé, que certains fabricants éprouvent d’avoir tel ou tel suif, pour obtenir les produits qu’ils ont l’habitude de faire.

Essai des suifs. — Les graisses ont quelquefois été additionnées de sullato de baryum, de kaolin, do marbre on poudre, de fécule, etc. Ces fraudes, très-rares d’ailleurs, seraient très-facilement décelées lorsqu’on fond une certaine quantité de suif dans une capsule avec de l’eau; après avoir porté le liquide à l’ébullition pendant quelques instants,

SUIF

SUIF

on laisse refroidir, et par le repos les matières étrangères se séparent avec l’eau. Aucune difficulté no se présente pour leur examen, et nous n’insistons pas davantage sur une falsification qui ne se présente jamais dans le commerce en grand des matières grasses.

Maintenant, des fondeurs peu scrupuleux ajoutent aux suifs des résines ; c’est une des principales falsifications; on peut les reconnaître comme dans les savons. — Voyez t. II, p. 1453.

On fait aussi absorber aux suifs des proportions d’eau plus ou moins fortes, par un simple battage avec ce liquide seul ou additionné de carbonate de soude. Le carbonate de soude peut se reconnaître en fondant du suif dans l’eau et examinant si l’eau est devenue alcaline, ou bien encore en iucinérant un poids donné de suif; s’il y a du sel de soude, il se retrouvera dans le résidu de l’incinération. Quant à la proportion d’eau contenue dans un suif, on la détermine en plaçant dans une petite capsulo tarée 20 grammes par exemple de suif et en élevant progressivement la température jusqu’à 110° ou 115". La perte de poids de la capsule indique la proportion d’eau.

Mais les sophistications les plus nombreuses et les plus habituelles sont produites par l’addition aux suifs de bonne qualité de matières secondaires, telles que des graisses d’os ou petit suif, du flambart, de l’axonge, de l’acide oléique, etc. Toutes ces matières, analogues quant à leur composition, et différant surtout par la proportion de matière solide qu’elles renferment, ne peuvent pas être distinguées facilement; et cependant il est de la plus haute importance pour les fabricants d’acide stéarique de connaître la proportion exacte d’acides solides contenus dan-, les suifs dont ils font usage. Depuis quelques années, les transactions effectuées à Paris, sur ces matières, stipulent que les acides gras, retirés du suif par saponification, auront un point do fusion de 43°, 5, les différences en dessus et en dessous donnant lieu à une augmentation ou à une diminution de prix proportionnelle. On s’est basé, pour établir ce nombre, sur ce que les suifs d; la fonderie de Paris donnent des acides gras fondant environ à 44°.

Lorsqu’on veut faire un essai de suif, on prend un échantillon moyen de la livraison, on le saponifie au moyen de potasse caustique étendue, en faisant bouillir longtemps; on dérompose le savon par de l’acide sulfurique étendu, on lave les acides gras, on les dessèche, et on prend leur point de solidification; cela fait, on saponifie une seconde fois les acides, et on s’assure que le point de solidification n’a pas changé. Cette seconde opération est indispensable pour être cortain du nombre que l’on a trouvé.

Cette manière d’opérer est très-longue et demande une grande surveillance; on peut arriver au môme résultat beaucoup plus rapidement par un procédé que nous employons depuis plus de vingt ans, et qui est généralement adopté. 11 consiste à verser sur le suif fondu une dissolution alcoolique de potasse en proportion assez forte pour qu’il y ait excès d’alcali; la saponification est instantanée, et le liquide devient limpide.

On chauffe, par précaution, quelques instants, on ajoute de l’eau, on évapore l’alcool au bainmarie, et lorsque tout l’alcool s’est volatilisé, on décompose le savon comme précédemment, et on en sépare les acides gras. Un point important pour la réussite de l’opération, c’est que l’alcali employé soit en excès et qu'il ne reste plus d'alcool dans le savon au moment de sa décomposition ; sans cola, il se forme des éthers d’acides gras dont le point do fusion est très-bas et qui diminuent d’une manière notable le point de solidi-

fication des acides obtenus [J. Bouis, Compt, rend., t. XL V, juillet, 1857],

Ce procédé, excellent pour un chimiste exercé, n’a pas toujours donné de bons résultats à des personnes qui n’ont pas su éviter la formation des éthers; aussi M. Dalican, auquel nous l’avons autrefois fait connaître, l’a-t-il décrit de manière à le rendre pratique dans l’industrie et il le résume de la manière suivante :

i° Peser 50 grammes de suif;

2° Les faire fondre jusqu’aux premières vapeurs grasses ;

3° Mesurer 40 centimètres cubes de soude caustique (à 30° Baumé) ;

4° Mesurer 25 centimètres cubes d’alcool à 40°;

5° Mêler dans une fiole;

6° Verser ce mélange sur le suif très-chaud (environ 200°);

7° Agiter sans cesse jusqu’à ce que le savon se solidifie;

8° Verser sur le savon un litre d’eau ;

9° Faire bouillir le tout 45 minutes;

10° Décomposer par l’acide;

1 1° Enlever l’eau à la pipette;

42° Couler la matière grasse dans un petit plateau;

13° Vérifier la cristallisation.

[ Méthodes chimiques sérvant à déterminer la valeur commerciale des matières grasses, par MM. Dalican et F. Jean, 1872. J

Les acides gras obtenus sont desséchés et fondus dans un tube bouché ; le point de solidification est pris à l’aide d’un thermomètre indiquant les dixièmes de degré.

Le titre du suif étant connu, on peut évaluer approximativement les proportions des acides solides et de l’acide liquide à l’aide du tableau suivant dressé par M. Chevreul, au moyen do mélanges à proportions déterminées d’acide margarique et d’acide oléique. (Voyez à la page suivante).

D’après ce tableau, un suif qui aurait donné des acides fondant à 41°, 7 déviait fournir 48 % d’acides solides et 52 % d'acide oléique. Nous allons également faire connaître les nombres obtenus par MM. Dalican et F. Jean, en mélangeant l’acide stéarique type du commerce, dont le point de solidification est 54", 4, et l’acide oléique complètement débarrassé de l’acide margarique par un dépôt prolongé et filtration. Il est essentiel d’observer que dans ce tableau on a défalqué 4 °/0 pour la glycérine et 1 % pour impuretés et humidité. Les nombres ne doivent donc pas se trouver d’accord avec ceux de M. Chevreul.

Indépendamment des proportions relatives d’acides solides et d’acide oléique, on peut avoir besoin de connaître le rendement d’un suif en acides gras. On parvient à ce résultat en prenant un poids déterminé du suif à examiner, 100 grammes par exemple, en le saponifiant par le procédé précédemment décrit, en séparant les acides gras, les desséchant et les pesant, comme nous l’avons indiqué à l’analyse des savons (t. II, p. 1452). En pressant les acides gras o' tenus entre des doubles de papier à filtrer, d’abord modérément, puis très-fortement et en couches minces, on arrive presque exactement aux nombres fournis par les tableaux ci-dessus et on a, en outre, l’avantage de constater la naturo des acides solides. Dans la comparaison de plusieurs suifs, ce moyen nous a souvent bien réussi.

La proportion do glycérine s’obtient par différence; si l’on tenait à la doser directement, il faudrait neutraliser, après saponification, la dissolution alcaline aussi exactement que possible par l’acide sulfurique, évaporer au bain-marie et reprendre le résidu par l’alcool qui dissoudrait la glycérine; une nouvcllo évaporation à

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