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SUINT. — 75 — SUINT

basse température chasserait l’alcool et aban- I donnerait la glycérine. Certains suifs vieux four- |

nissent do la glycérine qui ne se comporte pas toujours avec les réactifs comme la glycérine à

Acide

oléique.

concret.

Se trouble à

Se fige à

Acide

oléique.

Acide

concret.

Point de fusion.

Acide

oléique.

Acide

concret.

Point de fusion.

Acide

oléique.

Acide

concret.

Poi-nt de fusion.

IG

partir de ce nombre, les degrés sont des points de fusion.

l’état de pureté, et cette observation peut avoir son importance.

Pour compléter l’analyse d’un suif, il nous reste à dét miner les impuretés qu’il peut renfermer. Habituellement on ne rencontre que dos débris de membranes ou do tissu cellulaire; pour en obtenir la proportion on dissout un poids

connu de suif dans l'éther ou le sulfure de carbone, on recueille la matière insoluble sur un filtre taré qu’on lave complètement à, l’éther, on le dessèche et on le pèse. Les suifs ordinaires no contiennent pas même 0,5 % d’impuretés; mais il n’en est pas de même des suifs d’os qui renferment souvent dos quantités notables de

TABLEAU INDIQUANT POUR CHAQUE DEGRÉ DU THERMOMÈTRE LA QUANTITE D’ACIDE STÉARIQUE ET OLÉIQUE CONTENUE DANS UN SUIF (DÉFALCATION FAITE DE 4 % POUR LA GLYCÉRINE ET DE 1 »/„ POUR HUMIDITÉ ET IMPURETÉS).

& jj *§ S5 a

Quantité % d'acide stéarique.

Quantité °/0 d’acide oléique.

Degrés

du

thermo-

mètre.

Quantité °/o d'acide stéarique.

Quantité °/o d’acide oléique.

Degrés

du

thermo-

mètre.

Quantité °/0 d'acide stéarique.

Quantité % d’aride oléique.

matières gélatineuses, du phosphate et du carbonate de chaux en partie combinés à des matières grasses. On en rencontre qui contiennent 5, 10 et même 20 % de résidu insoluble dans l’éther et le sulfure de carbone.

Dans le commerce des corps gras, les bulletins d’essai des suifs indiquent l’humidité, les impuretés et le titre, c’est-à-dire la température de solidification dos acides gras obtenus. A l’aide des tables ci-dessus indiquées on se rond compte de la proportion d’acides solides qu’on peut retirer des échantillons examinés. J. B.

SUINT. — Le suint est une substance grasse, onctueuse, très-odorante, qui pmviertt du dégraissage de la laine; il est produit par la transpiration des moutons dont il revêt la toison. Vauquelin est le premior qui ait étudié la nature

chimique du suint, considéré alors par plusieurs savants comme une matière grasse [Expériences sur le suint, par Vauquelin, Ann. ( le Cliim., t. XLVII, p. 276J . Selon ce chimiste, l’eau avec laquelle on a lavé la laine, filtrée et évaporée, fournit un extrait brun d’une saveur àcre, salée et amère. Sa dissolution est coagulée par les acides, qui en séparent une substance grasse insoluble dans l’eau. La graisse se trouverait combinée à la potasso à l’état d’un véritable savon animal et le suint contiendrait un excès de potasse et un excès do matière grasse libres de toute combinaison, en telle sorte que lorsqu’on immerge dans de l’eau de la laine en suint, la matière savonneuse, le carbonate do potasse excédant et quelques autres sels s’y dissolvont. Une partie do la substanco grasse non combinée à l’alcali

SUINT

SUINT

est entraînée en suspension dans l’eau de lavage.

Des expériences de Vauquelin il résulte que le suint est formé :

1° D’un savon à base de potasse qui en fait la plus grande partie ;

2“ D’une petito quantité de carbonate de potasse ;

3" D’une quantité notable d’acétate de potasse;

4° Do chaux à un état do combinaison inconnu ;

5° D’un « atome » do muriate de potasse;

6° D’une matière animale à laquelle est attribuée l’odeur particulière du suint.

Toutes ces matières paraissent essentielles à la nature du suint, et le célèbre chimiste les a retrouvées dans uu grand nombre de laines, tant de France que d’Espagne.

On y rencontre en outre des matières accidentelles, comme le sable, le carbonate de chaux. Depuis le travail de Vauquelin remontant à 1803, on ne s’était plus occupé du suint, lorsque, le 15 octobre 1828, M. Chevreul publia l’analyse suivante de la laine de mérinos :

Laino puro (épuisée dans l'alcool) 31,23

Suint soluldo dans l’eau 3Z.74

— insoluble (élaîérine et stéarérine). 8,57

Terre déposéo dans l’eau 2G,0(i I „7 .R

— adhérente à la laine 1,40 j

La stéarérine est solide, amorphe; elle fond à 60° environ : elle donne l 'acide sléarérique quand on la fait bouillir longtemps avec une dissolution concentrée de potasse.

il no paraît pas se former do glycérine pendant cette transformation.

L’élaïérine, ou mieux, d’après Littré, l’élaérine, est oléagineuse.

Dans un deuxième travail publié le 26 septembre 1857, M. Chevreul signale dans le suint vingt-neuf substances diverses ;

1° Eau;

2° Ammoniaque;

3° Acide carbonique,

4° Arôme des bergeries;

5° Arôme y;

6° Acido phocénique ;

7° Acide volatil x; *

8° Stéarérine;

9° Élaîérine;

10° Principe immédiat, gras, cristallisable à la limite des acides;

1 1 ° Stéarérate de potasse ;

12" Klaïératc de potasse;

13° Phocénate de potasse;

14° Acide volatil x uni à la potasse;

15° Acido incolore cristallisable;

16° Acide orangé incrustai lisablo;

17° Acido azoto-sulfuré brun;

Ces trois derniers unis à la potasse dans le liquide brun.

18° Matière acide azoto-sulfurée insoluble dans l’eau ;

19° Carbonate do potasse;

29° Sulfate de potasse;

21° Silicate de potasse;

22° Chlorure de potassium;

23° Oxalate de chaux ;

24" Phosphate de chaux;

25° Phosphate ammoniaco-magnésien;

26" Carbonate de chaux;

27° Oxyde de fer;

28° Oxyde de manganèse;

29° Oxyde de cuivre.

D’après M. Chevreul, le suint de mouton présente une réaction alcaline; celui des chèvres alpaca possède, au contraire, une réaction acide. Ces suints renferment de l’acide valérianique,

ainsi qu’un autre acide qui lui ressemble fClievreul, Compt. rend., t. XL1I1, p. 130].

Dans uno dissertation inaugurale sur le suint, M. P. Hartmann a supposé la présence de ht cholestérine dans le suint [Inaugural Dissertation, Gottingue, 1868],

M. Er. Schulze [Z ait. fiir Chem., 1870, t. VI, p. 453] est parvenu à l’isoler et en a constaté les principaux caractères. Pour séparer la cholestérine, il chauffe le suint à 100° avec de la potasse alcoolique, évapore l’alcool, ajoute de l’eau au rési lu et agite avec l’éther. L’évaporation de la solution éthérée laisse un résidu formé de lamelles cristallines blanches, mélangées de flocons amorphes. L’alcool bouillant partage le suint on deux parties : l’une, soluble, formée principalement de cholestérine, l’autre, presque insoluble [üeutsch. Chem, gesells., t. V, p. 107; t. Vf, p. 251, et Bull, de la Soc. chi.n., t. XIX, p. 306; t. X\, p. 201]. Dans une seconde note, M. E. Schulze signale la présence, dans lesuint, d’un nouvel alcool accompagnant la cholestérine. Cet alcool est isomérique avec cette dernière et renferme ; C!6HW. OH; il le nomme isocholestérine. Il cristallise dans l’éther ou dans l’acétone en fines aiguilles transparentes. Une solution alcoolique bouillante fait complètement gelée par le refroidissement.

L’isocholestérine fond à 137-138° et se concrète en masse amorphe. Elle parait se volatiliser sans altération à une température plus élevée.

Le benzoale d’isocholestérine, C26II4:*0.C7H50, est peu soluble dans l’alcool bouillant, plus soluble dans l’acétone bouillante et encore plus dans l’éther.

L 'acétate d’isocholeslérine est soluble dans l’alcool et incristallisable. On l’obtient en chauffant l’isocholestérino avec du chlorure d’acétyle jusqu’à expulsion de tout l’acide chlorhydrique formé, puis on chauffe en vase clos au bainmarie.

Un mélange de cholestérine et d’isocholestérine fond à 10 ou 15° plus bas que chacune d’elles séparément et se concrète eu une masseamorphe.

11 résulte dos expériences de M. Schulze que la portion du suint insoluble dans l’alcool est formée de combinaisons de cholestérine et d’isocholestérine, tandis que la partie soluble renferme ces alcools à l’état de liberté et peut-être en combinaisons acétiques.

Le suint parait encore renfermer en faible quantité un autre alcool moins riche en carbone.

En 4847, Evrard a pris un brevet pour des procédés propres à utiliser les produits provenant du dégraissage des laines. Ce n’est que douze ans plus tard, en 1859, que MM. Maumené et Iiogelet ont réalisé pratiquement l’utilisation des eaux du désuintage des laines comme source de potasso pure, et, en 1865, ils ont publié sur le suint un travail important dont nous donnons les conclusions [ Bail, de la Soc. chim., uouv. série, t. IV, p. 472].

1° Le suint est neutre. Vauquelin et M. Chevreul l’ont tous les deux regardé comme alcalin et ont attribué l’alcalinité à un excès de carbonate de potasse. MM. Maumené et Iiogelet ont reconnu qu’elle a pour cause la production de carbonate d’ammoniaque par suite d’une fermentation putrido.

2“ La base des sels contenus dans le suint est la potasse seule (avec une très-petite quantité de chaux et de magnésie). La soude en est absente.

3° Le mélange do sels de potasse qui constitue la partie soluble du suint laisse, par la calcination, du carbonate de potasse oxempt de soude et mêlé seulement de chlorure de potassium, de sulfate de potasse, de silico-aluminate de pousse,

SUINT

75 SULFACÉTIQUES (ACIDES).

de phosphate de potasse, d’un peu de chaux, de magnésie, d’oxydes de fer et de manganèse.

Le mélange de sels de la partie soluble du suint ost appelé, pour abréger, suintate brut, et on donne le nom de suintine au mélange de tlaiôri ne et de stcarérine. 1U0 p. de laine ordinaire laissent de 10 à 20 p. de suintate sec. Les meilleures laines du Soissonnais donnent un maximum

do 20 °/oi le maximum courant est de 1 /,5 a 1S /0.

Les laines les moins riches, celles de Buenos- Ayrcs par exemple, présentent seulement 1- et même 10 %. Une toison, représentant en moyenne 5 kilogrammes, peut fournir en moyenne 0*,8 de suintate sec.

En faisant abstraction complète do la terre, on a environ :

Laine pure 46,00

Élaïérine ou stéarérine 10,00

Suintato sec 22,00

Humidité 22,00

Lo suintate laisse toujours sensiblement le même poids de salin, en moyenne 52 %. La composition du salin est :

Carbonato de potassium 86,78

Chlorure de potassium 6,18

Sulfate de potassium 2,83

Silice, alumine, acido phospho- j rique, chaux, magnésie, potasse, ' ^ oxydes do fer, de manganèse, de ( ’

cuivre I

Le sulfate parait provenir d’un acide conjugué qui est détruit par la calcination ; car MM Maumené et Rogelet ont reconnu, après Vauqueliu et après M. Chevreul, que la quantité do sulfate de baryum formée dans le suintate brut par le chloruro de baryum est très-faible; mais, après la calcination, le précipité atteint la proportion de 2,83 dans 100 de salin.

MM. Maumené et Rogelet insistent beaucoup sur les méthodes analytiques qu’ils ont employées pour s’assurer de l’absence de la soude: Plusieurs chimistes ont au contraire trouvé dans les potasses provenant du suint de 3 à 4 % do soude; M. Chevreul, dans une communication faite à la Société d’agriculture, a fait remarquer que les moutons mangent des aliments sales et que le sodium doit se trouver dans leurs sécrétions [Bull, de la Soc. d’agric. de France, 1862, t. VII, p. 371]

M. Cloiiz a cherché il élucider cette question et il a analysé comparativement le suint des moutons pâturant dans les prés salés et celui des animaux de même espèce nourris loin de la mer. Dans ces conditions il a trouvé une différence notable dans les proportions relatives do soude et de potasse, et il croit pouvoir affirmer en outre l’existence no male et constante des sels de soude dans toute espèce de suint, comme dans la sueur de l’homme. M. Cloëz a trouvé également que la quantité de soude est toujours en rapport avec colle qui existe dans les aliments [Bull, de la Soc. chim., nottv. série, t. XII, p. 23].

M. P. Havrez a eu l’idée, en 1865, d’employer le suint i la fabrication du prussiate, attendu que, quand il est calciné, le suint, mêlé de crottins, constitue un mélange naturel et extrêmement intime de potasse et de charbon. M. Léon Sauvage a réclamé la priorité de cette idée et il cite un brevet qu’il a pris, le 30 décembre 1864, sous ce titre : pour un procédé de fabrication directe des cyanures au moyen du suint extrait de la laine. 11 recommande de calciner le suint brut en ajoutant des matières azotées en quantité suffisante I Moniteur scientifique, 4870, t. XII, p. 120 et 250], j.

SULF... ou SULFO... — Voir le mot qui suit ces deux préfixes pour les composés qui ne se trouveraient pas ici dans leur rang alphabétique.

SULFACÉTAS1IDE. — Voyez Suu'ACütiqdbs (acides).

SULFACÉTIQUES (ACIDES). — On a décrit sous ce nom deux acides bien différents. L’un, découvert par Melsons,est l'acide arèlo-sulfureux, C2lI302.S02lI. L’autre, décrit par E. Schultze, est au contraire un dérivé sulfuré de l’acide acér tique et représente 2 molécules d’acide acétique dans lesquelles 2 atomes d’hydrogène sont remplacés par 1 atome de soufre. Il peut aussi être envisagé comme un acide monothiodiglycolique, Il se forme par substitution du soufre au chlore dans l’acide monochloracétique ; cette formation est analogue à celle de l’acide glycolique.

Acide acéto-sülfureux,

c rxa r O II

circ o on

ou

— Cet acide, décrit surtout par Molsons, se forme par l’action de l’anhydride sulfurique sur l’acide acétique cristallisable [Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. V, p. 392, et t. X, p. 370] :

CIRC O O II + S0»=CH2(S0ni)-C001I.

Il prend naissance, on outre, par l’action du sulfite de sodium sur l’acide monochloracétique [A. Collmann, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXLVIII, p. 109]. Cotte formation est exprimée par l’équation

CH2Cl-COONa -f S O2 Na2 = C H2 (S O3 Na) - C O O Na -f- Na Cl .

Il se produit enfin, d’après Carius, par l’oxydation de l’acide thioglycolique,

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