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HO-S- 0-0-C2H

Acide éther-sulfureux, C2II50-S-0-0H Acide éthylsulfureux.

C’est le seul exemple, du reste, que l’on connaisse d’une isomêrie de ce genre.

Les autres isoméries des acides sulfoniques s’observent dans la série aromatique. Comme ces acides sulfoniques sont formés par substitution du groupe S O3 II à un atome d’hydrogène de la benzine, les isoméries sont de l’ordre de celles que fournit la série aromatique. Ainsi le toluène fournit 3 acides sulfoniques isomères, CH3-CeH4-S03 H, qui représentent les 3 dérivés bisubstitnés de la benzine. Il y a de même 3 acides chlorophénylsulfureux, 3 acides bromophénylsulfureux; il n’y a pas lieu de s’étendre sur la nature de ces isoméries, qui n’ont rien de particulier aux acides sulfoniques.

Enfin dans la série grasse, il y a des isoméries d’acides sulfoniques dépendant de la nature des groupes auxquels est substitué S O3 H. Ainsi, il y aura plusieurs acides butylsulfureux correspondant aux alcools butyliques isomériques. E. G.

SCI.FOPI1ÉN ICIQCE (ACIDE). — Syn. de SULFOPHnPUIUQUE (ACIDE).

SCLFOPllÉiYIQUE (ACIDE). — Syn. peu usité d’OXYPIIÉWL-SULFUnEDX (acide), t. II, p. 917.

SULFOPHEXYEAMIDE.— Voyez Benzine, 1. 1, p. 537.

SULFOPIIENYLiiNE-ÉTIIYLÈNE,

C8li8S02 = CGlI’>.S02.C2II4

[R. Otto, Ann. der Chem,, u. Pharm., t. CXLIII, p^, 205; Bull.de la Soc. chim., 1868, t. IX, p. 494], — Ce corps se forme comme produit secondaire lorsqu’on fait agir l’amalgame de sodium sur une solution éthérée de chlorure phénylsulfureux, réaction qui fournit l’hydrure de sulfophônyle (acide phénylhydrosulfuroux), C6HS.S O2 II (t. I.

Après distillation de l’éther, le produit ost traité par l’eau et l’acide chlorhydrique, l’huile qui se sépare est lavée avec une solution de carbonate

SULFOPHLOR AMIQUE (ACIDE). — 12Z| — SULFO-URÉE.

sodique et dissoute dans l’éther. La solution éthérée évaporée laisse le sulfophénylène-éthylène.

Ce composé forme une huile jaunâtre, d’une odeur douceâtre particulière, plus dense que l’eau et insoluble dans ce liquide, mais miscible en toute proportion avec l’alcool, l’éther et la benzine. Le sulfophénylène-éthylène ne se combine pas avec le bisulfite sodique, et se dissout dans l’acide sulfurique fumant tiède en le colorant en bleu violet. Le zinc et l’acide sulfurique étendu le dédoublent en alcool et sulfhydrate de phényle, C6H3.SH. Traité par l’acide azotique fumant, il fournit de l’acide nitrophénylsullureux et des traces de nitrobenzine et d’acide picrique. A. H.

SUI.FOPllLOR AMIQUE (ACIDE). — Hlasiwetz a donné ce nom à un acide qui prend naissance dans l'action de l’acide sulfurique concentré sur la phloramine, il la température de 100° (voyez t. II, p. 922} ; cet acide n’a pas été analysé, mais il constitue sans doute un acide sulfoconjugué de la phloramine. Il est en petites aiguilles incolores, solubles dans l’eau, et donne avec le perchlorure de fer une coloration violette trèsintense [Hlasiwctz, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXIX, p. 199].

SULFOPSEU DO-URIQUE (ACIDE). — Voyez Urique (acide).

SULFO PUR P URIQUE (ACIDE). — Voyez Indico, t. Il, pp. 101 et 103.

SULFOPYROMUCIQUE (ACIDE), C5IRS06.

— Lorsqu’on fait agir pendant quelque temps de l’acide sulfurique anhydre sur de l’acide pyromucique bien desséché, il se produit un sirop jaune brun, qui, additionné d’eau et neutralisé par du carbonate de baryum, donne, par l’évaporation de la liqueur filtrée, un sel de baryum en cristaux indistincts. Desséché à 150°, la composition de ce sel est C5H2S 06.Ba [H. Schwanert, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXVI, p.‘257 ; Rép. de Chim. pure, 1861, p. 331]. Pli. de G.

SULKORUFIQUE (ACIDE). — Voyez Indigo, t. II, p. 103.

SULFOSALICYLIQUE (ACIDE). — Voyez Salicyliqce (acide).

SULFOSLYAPIQUE (ACIDE). — Voyez Allyle, t. I, p. 150.

SULFOTRIPIIOSPIIAMIDE. — Voyez t. II, p. 979.

SULFO-UREE. — Syn. sulfocarbamide, urée sulfurée.

CH‘Az8S = CS

/A z H* v Az H2.

Ce corps représente de l’urée dont l’oxygène ost remplacé par du soufre; il a été découvert par Reynolds ; il se produit par une transposition moléculaire du sulfocyanate d’ammonium, semblable à celle que subit le cyanate d’ammonium lorsqu’il se transforme en urée :

CAzS.AzII* = CS (AzII2)1 Sulfocyanate Sulfo-uréo. d'ammonium.

fJ.-E. Reynolds, Jour n. Chem. Soc. London. (2), t. VII, p. 1; Bull, de la Soc. chim., 1869, t. XII,

L’urée ordinaire résulte de la fixation de l’eau sur la cyanamide ; de même, la sulfo-urée se forme lorsqu’on traite la cyanamide par l’hydrogène sulfuré :

CAz.AzH* + H8 S = CS(Azn8)*

Cyanamide. Sulfo-uréo.

[E. Boaumann, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VI, p. 1375 et t. VIII, p. 20; Bull, de la Soc. cliitn., t. XXI, p. 309, et t. XXIV, p. 131].

Glutz a obtenu la sulfo-urée par la réduction

de l’acide persulfocyanique au moyen de l’acide iodhydrique naissant (icidure de phosphore et eau), ou au moyen de l’étain et do l’acide chlorhydrique (Voyez t. II, p. 780),

C2II2Az8S8 + II8 = CS* + CII*Az8S,

[L. Glutz, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CLIV, J p. 41; Bull, de la Soc. cliim., 1870, t. XIV, ; p. 159].

Il est probable que l’action du gaz ammoniac ■ sur le sulfochlorurc de carbone fournirait égale- 1 ment de la sulfocarbamide,

CSCl8 + 4 Az II3 = 2 AzII1 Cl + CS(AzII2)i. Sulfochlo- Sulfo-

rure do carbamide.

carbone.

Enfin on pourra peut-être obtenir la sulfo-urée en faisant agir l’ammoniaque sur les éthers des I acides sulfocarbonique, sulfocarbamiquo, thiosul- I focarbamique, etc.

Préparation. — On maintient il 100-170°, pendant deux heures, le sulfocyanate d’ammonium sec; le résidu est dissous à 80° dans son poids d’eau, et la solution filtrée est abandonnée au refroidissement : la sulfo-urée sa dépose en fines aiguilles soyeuses, qu’on purifie par compression et cristallisations répétées dans l’eau bouillante (Reynolds).

D’après Claus, il n’est pas nécessaire d’employer pour cette préparation du sulfocyanate d’ammonium pur; on peut se contenter de dissoudre du sulfure de carbone dans l’ammoniaque (procédé Millon. — Voyez t. III, p. 96), On concentre la solution jusqu’au point où elle pourrait cristalliser et l’on chauffe rapidement le résidu; l’opération est arrêtée dès que la masse, devenue brune, se boursoufle considérablement et com- : mence à dégager des vapeurs blanches. A ce mo- (1 ment on verse de l’eau froide dans le produit j encore chaud tant que le liquide entre en ébullition et on laisse refroidir. La sulfo-urée impure I qui se dépose est séparée de l’eau mère, lavée A l’alcool froid et purifiée par cristallisation dans j l’eau bouillante. Les eaux mères concentrées et sou- i mises au même traitement fournissent une nouvelle quantité de sulfo-urée [A. Claus, Deutsch. j chem. Geselsch., t. VI, p. 727, et Ann. der Chem, j u. Pharm., t. CLXXIX, p. 112 ; Bull, de la Soc. J chim., t. XX, p. 440].

L’urée sulfurée qui se dépose dans les der- j nières eaux mères, est souvent mélangée de combinaisons mélamiques, dont on ne peut la dé- i barrasser par des cristallisations répétées; on y j parvient au contraire facilement en additionnant d’acide acétique sa solution concentrée et chaude : ; la sulfo-urée se dépose par le refroidissement à l’état cristallisé, tandis que les corps mélamiques restent en solution (Volhard).

La transformation du sulfocyanate ammonique j en sulfo-urée est toujours très-incomplète, la ' proportion de la dernière n’atteint guère plus de j 20 °/0 de la quantité théorique. En effet, à la tem- : pôrature où la sulfo-urée se forme, elle régénère I du sulfocyanate d’ammonium; ces deux réactions ! inverses tendent à se limiter de telle sorte qu’il j se produit un certain état d’équilibre entre le sulfocyanate ammonique et la sulfo-urée. Une autre circonstance vient encore diminuer le ren- I dement : la sulfo-urée commence déjà vers 160° à s’altérer profondément en donnant du dithiocarbonate d’ammonium et du sulfocyanate de guanidine (Voyez t. III, p. 97) [Delitsch ; — Volhard].

Pour préparer la sulfo-urée avec la cyanamide, on dissout ce dernier corps dans l’éther anhydre et l'on fait passer de l’hydrogèn^ sulfuré dans la solution; la sulfo-urée commence à se déposer

SULFO-URÉE. — 125 -

SULFO-URÉE.

près un à deux jours. On peut aussi faire agir 'hydrogène sulfuré sur la cyanamide fondue, iu le sulfure d’ammonium sur une solution iquouse de cyanamide (Baumann).

Propriétés et réactions. — La sulfo-urte se lépose par le refroidissement de sa solution itenduo on gros prismes rhombiques, voisins du :ube; quelquefois on l’obtient sous la forme le prismes lins. Si la solution est très-concontrée it chaude, clic laisse déposer de longues aiguilles, loin posées de petits prismes rangés en chapelets 3t formant un amas extrêmement volumineux ; ces cristaux ressemblent à ceux que fournit une Bolution do sulfocarbamide impure contenant encore du sulfocyanate d’ammonium, seulement ces derniers possèdent un bel éclat soyeux , qui manque aux cristaux de la sulfocarbamide pure.

La sulfo-urée est inaltérable dans l'air moyennement chargé d’humidité ; elle se dissout aisénent dans l’eau et dans l’alcool, difficilement dans 'éther; 1 p. se dissout dans onviron 11 p. d’eau roide. La solution aqueuse mousse un peu lorsqu’on l’agite; elle est neutre aux papiers et ne colore pas en rouge les sels ferriques; elle possède une saveur amère.

La sulfocarbamide fond à 149°. Maintenue pen- Want quelques heures à une température un peu ((plus élevée (1 00- 1 7 0°), elle se convertit do nouveau •en sulfocyanate d’ammonium. Cette transformation n’est jamais complète comme il a été dit

Elus haut, elle est limitée parla réaction inverse; 1. Volhard a trouvé dans une expérience que la masse chauffée pendant trois heures à 100-170°, renfermait encore 34 °/0 de sulfo-urée. Si l’on élève davantage la température, la transformation en sulfocyanate devenant de plus eu plus complète, la sulfo-urée fournit les mêmes produits ide décomposition que le sulfocyanate d’ammonium : sulfocyanate de guanidine, acides tliioprussiamiques, mélam, hydromollon, sulfure de ; carbone, etc. [G. Delitsch ; — J. Volhard ; — à. Claus. — Voyez t. 111, p. 971.

Maintenue avec de l’eau à 140°, la sulfo-urée se transforme en sulfocyanate ammoniquo.

La potasse ou les acides sulfurique et chlorhydrique étendus la dédoublent à chaud en ammoniaque, hydrogène sulfuré et gaz carbonique (la potasso fournit en même temps une petite quantité de sulfocyanate de potassium),

CS(AzH*)« + 11*0 = 2Az U3 + CO» + H2 S. Lorsqu’on fait traverser par le courant électrique une solution de sulfo-urée, légèrement acidulée par l’acide sulfurique, celle-ci se colore on brun (acide azulmique), en même temps qu’il se forme de l’acide cyanhydrique et de l’ammoniaque [E. Mulder et J. -A. Roorda Smit, Deutsch. cliem. Gesellsch., t. VII, p. 1634 ; Bull, de la ■ Soc. chim., t. \X1I1, p. 550].

L’acide azotique bouillant détruit la sulfo-urée; le peroxyde de plomb, en présence de l’acide acétique, |a transforme en cyanamide, en même i temps qu’il se sépare du soufre,

CS(Azll*)2 -F O = S + U20 -f CAz5lI».

Le permanganate de potassium, en solution acide, en sépare pareillement du soufre; en solution alcaline, il se forme de l’acida sulfurique et il se dégage de l’azote.

L’acide hypochloreux donne du soufre (qui s’oxyde presque aussitôt), de l’eau et de la cyanamide; le liquide reste incolore Jusqu’à ce que la totalité do la sulfo-urée soit détruite; à ce ; moment, il se colore et dégage un gaz. Les liypochlorites alcalins employés on excès mettent

1| l'azote en liberté.

( L acide azoteux en solution dans l’eau ou dans l’alcool convertit immédiatement la sulfo-urée en

sulfocyanate ammonique et, en agissant sur ce dernier, donne de l’azote, de l’oxyde azotique et du persulfocyanogène [A. Claus, Ann. der Chem, u. Pharm., t. CLXX1X, p. 128].

Lorsqu’on introduit de l’oxyde de mercure jaune ou de l'oxyde do mercure rouge bien lévigué dans une solution aqueuse de sulfo-urée, il se forme du sulfure de mercure, rapidement et à la température ordinaire; la désulfhydratation est complète. Si l’oxyde de mercure est parfaitement exempt d’alcali, et s’il n’a pas été employé en excès, la solution renferme delà cyanamide, qui peut en être retirée par l’évaporation ; c’est même là le meilleur procédé de préparation de ce corps.

C S Az» II* -f Hg O = C Az» H» + Hg S + H» O.

Sulfo-urée. Cyanamide.

Mais si l’on opère sans observer ces précautions, on obtient le polymère de la cyanamide, la dicyanodiamide C’AzHP. Le nitrate d’argent ammoniacal enlève pareillement à froid le soufre à la sulfo-urée; l’oxyde de plomb et le sous-acétate de plomb produisent le même effet à l’aide de la chaleur. [Reynolds, loc. cit. — A. W. Hofmann, Deutsch. chem. Gesellsch., t. II, p. 605; Bull, de la Soc. chim., 1870, t. XIII, p. 513; — E. Baumann, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VI, p. 1376; Bull, de la Soc. chim., t. XXI, p. 309; J. Volhard, Journ. fur prakt. Chem., (2), t. IX, p. 6 ; Bull, de la Soc. chim., t. XXII , pp. 123 et 126; — E. Mulder et Roorda Smit., loc. cit.]

L’urée sulfurée, à la manière des sulfures organiques, peut s’unir directement au brome, au chlore, à l'ioduro et au bromure d’éthyle, au chlorure d’acétyle , à l’acide monochloracétique, etc., produisant ainsi des combinaisons sulfinées, sur lesquelles nous reviendrons plus loin (A. Claus).

Si l’on traite la sulfo-urée en solution alcoolique par l’iode, on obtient de l’iodhydrate d’éthylguanidine, en vertu de l’équation suivante :

3 CS Az*H* 4- I» -)- 2C2H5.0 II

= 2CII*(C!IIs)Az3.ni -FCS2-|-S + 2H20 Iodhydrate d’éthylguanidine.

[Lietny, Bull, de la Soc. chim., t. XXIV, p. ixrrf.

A une douce chaleur, l’anhydride acétique con vertit la sulfo-urée en acétylsuifo-urée (M. Nencki), et le chlorure de benzoylo en benzoylsulfo-urée (Pike). Si l’on chauffe doucement un mélange d’acide chloracétique et de sulfo-urée, une réaction très-énergique a lieu, et il se forme de l’eau et du chlorhydrate de déhydracétylsulfo - urée (voyez t. III, p. 135). L’éther chloracétique, en agnsant à froid sur la sulfocarbamide, fournit le même composé (Maly ; — Volhard; — E. Mulder).

Le chlorure d’éthoxalyle C2 O2 (O C2 II5) Cl, réagit à froid d’une manière énergique sur la sulfourée : il se dégage de l’acide chlorhydrique et de l’oxyde de carbone, et. il se forme un corps cristallisant en prismes rhombiques incolores et possédant la formule C4H3Az2S02 (sulfo-alloplianate d'éthyle?) [B. Peitzsch, Deutsch. chem. Gesellsch., t. Vil, p. 896; Bull, de la Soc. chim., t. XXII, p. 505].

La sulfo-urée s’unit aux anhydrides succinique et citraconique. L’aldéhyde la transforme on éthylidène-sulfo-urée (Reynolds) et l’aldéhydate d’ammoniaque en diéthylidènc-sulfo-urée, qui reste combinée avec une molécule d’ammoniaque (M. Nencki). Ces différents composés sont décrits à l’article Sui.fo-diiées composées.

Si l’on chauffe à 60-70° la bromacétylurée avec une solution alcoolique de sulfo-urée, il se dépose peu à peu un corps rouge clair, insoluble dans l’alcool, et qui semble renfermer

CO

Az II» II»Azvrc

N AzIl.CO — CI1MIAz'L&

SULFO-URÉE.

L’ean bouillante le dédouble on urée et en sulfhydantoïne [E. Mulder, Deutsch. chem. Gescllsch., t. VIII, p. 1204].

L’urée argentiquc réagit presque instantanément sur une solution aqueuse de sulfo-urée, on fournissant du sulfure d’argent, de la cyanamido et do l’urée [J. PonomarclT, Bull, de la Soc. chim., t. XXI, p. 540].

C O Azs H2 Ag! C S Azs II*

Urée argentique.

= CAz2H2 -f COAz2H4 + Ag!S.

Cyanamide.

En chauffant à 100° de l’alloxane avec de la sulfocarbamide en solution alcoolique, Nencki a obtenu un acide CsH6Az4SOs, auquel il a donné le nom d’acido sulfopseudo-urique ; indépendamment de cet acide, il se forme dans cette réaction du soufre et les gaz carboniques et sulfureux :

C* H!Az*04 -F C H4 Azs S = C5 H6 Az4 O3 -f- O.

L’oxygène qui figure dans le second terme de cette équation ne se dégage pas, mais brûle une partie des corps mis eu présence [M. Nencki, Deutsch. chem. Gcsells., t. IV, p. 722 ; Bull, de la Soc. chim., 1871, t. XVI, p. 266].

La sulfo-urée, ingérée même à assez haute dose, n’exerce sur l’économie aucune influence appréciable.

En raison de la propriété qu’elle possède de dissoudre les sels d’argent, d’or, de platine, etc., la sulfo-urée pourra peut-être trouver un emploi en photographie, soit comme fixatif, soit comme un des éléments du bain de virage. Elle présente sur le sulfocyanate d’ammonium le grand avantage d’être inaltérable par les acides étendus.

Titrage de la sulfo-urée. — Se basant sur la facilité avec laquelle le nitrate d’argent ammoniacal enlève à froid le soufre à la sulfo-urée, Yolhard a proposé le procédé suivant pour le dosage volumétrique de ce corps : on ajoute de l’ammoniaque au liquide dans lequel on veut doser la sulfo-urée et ensuite, peu à 'peu, une liqueur titrée d’azotate d’argent: il se précipite immédiatement du sulfure d’argent, et si de temps en temps on plonge dans le liquide une bandelette de papier filtre, et qu’on touche le bord aqueux de la tache de sulfure d’argent avec une solution ammoniacale d’azotate d’argent, il se formera une tache noire ou brune, tant qu’il existera dans la solution de la sulfo-urée non décomposée; vers la fin, l’endroit touché prendra la couleur jaune de la cyanamide argentique; mais cette circonstance ne diminue pas la sensibilité de la réaction finale, grâce à la coloration intense du sulfure d’argent (Vol hard, loc. cit.).

sels de sulfo-urée. — La sulfo-urée forme des sels avec les acides, mais on n’a pu obtenir que le nitrate par l’anion directe des deux corps; le chlorhydrate et l’iodhydrate s’obtiennent par des moyens détournés. La sulfo-urée possède une grande tendance à former des sels doubles avec les sels métalliques.

Sels simples. — Azotate de sulfo-urée. — CSAzMl4, Az 03 H.

Lorsqu’on ajoute à une solution saturée de sulfourée de l’acide azotique d’une densité do 1,25, en évitant toute élévation de température , l’azotate se précipite sous la forme do beaux cristaux. Ce sel est instable et se décompose quelquefois spontanément avec explosion, lorsqu’on le sèche dans le vide (Reynolds').

Chlorhydrate de sulfo-urée. — Les deux corps ne s’unissent pas directement ; pour préparer ce sel, il faut ajouter h la sulfo-urée do l’acide chlor-

SULF|0-URÈE.

hydrique et du chlorure stanneux, et décomposer par l’hydrogène sulfuré le chlorostannite ainsi rormé; la solution, filtrée et fortement concentrée fournit le chlorhydrate sous la forme de lamelles cristallines, que l’alcool dissout et dépose en prismes. Dans la solution do ce sel, l’acide azotique précipite de l’azotate de sulfo-urée et le chlorure mercurique donne un précipité blanc ] cristallisé (L. Glutz, loc. cit.).

lodhydrate de sulfo-urée. — CSAz2II4, HI. ' Obtenu dans la réduction de l’acide persulfocyanique par l’iodure de phosphore et l’eau, il cris- j taliise dans l’eau chaude en tables présentant l’aspect de la cire (L. Glutz).

Sels doubles. — Sulfo-urée et chlorure d’argent. — 2GS Az2H4-(- AgCI. Le chlorure d’argent 1 récemment précipité se dissout très-facilement dans une solution de sulfo-urée chaude et addi- 1 tionnée do quelques gouttes d’acide chlorhydrique; par le refroidissement, la combinaison ] des deux corps se déposé sous la forme de g longues aiguilles blanches et brillantes. On obtient la même combinaison par l’addition < d’acide chlorhydrique à un mélange de solutions s de sulfo-urée et d’azotate d’argent. Elle se dissout !' dans l’acide chlorhydrique bouillant. Elle fond à 175° et se décompose à une température plus ■ élevée, eu laissant un résidu de sulfure d’argent [Volhard, loc. cit. — E. Baumann, loc. cif.J.

Sulfo-urée et oxyde et argent,

2 C S Az2 II4 + Ag50 + 4 H2 O,

— Lorsqu’on ajoute du nitrate d’argent à une solution chaude de sulfo-urée, additionnée d’acide t azotique, il se dépose par le refroidissement des fl aiguilles soyeuses, qu’on peut purifier par une nouvelle cristallisation dans l’eau aiguisée d’acide I azotique. Ce composé, qui paraît posséder la for- I mule donnée plus haut, dégage de l’eau lors- •] qu’on le chauffe, et détone ensuite faiblement; il ■ reste du sulfure d’argent et il se forme un sublimé cristallin. (Reynolds).

Sulfo-urée et oxalate d’argent,

6CSAz*H4 + CsO‘Ag*.

— Lorsqu’on chauffe à l’ébullition une solution de sulfo-urée avec de l’oxalate d’argent, il se manifeste une réaction énergique : l’oxalate d’argent disparaît et est remplacé par un précipité noir (mélange d’argent métallique et de sulfure d'argent). La solution filtrée laisse déposer par le refroidissement de belles aiguilles brillantes, trèspeu solubles dans l’eau froide. Ce sel double, qui ! possède la formule indiquée plus haut, est pou .4 stable; chauffé avec l’eau, il noircit déjà vers 60°. j Parmi ses produits de décomposition, on trouve j de la sulfo-urée, un corps exempt de soufre (dé- j rivé de la cyanamide), du gaz carbonique, du sul- j fure d’argent et de l’argent métallique. Traité par l’hydrogène sulfuré, il fournit un mélange de î sulfo-urée et d’acide oxalique [A. Claus, Deutsch. chem. Gescllsch., t. IX, p. 226].

Sulfo-urée et sulfate de cadmium,

2CSAz2II4 + CdSO4.

— Prismes incolores, volumineux, généralement courts, quelquefois cependant longs do 2 centi- ! mètres, assez solubles dans l’eau [R. Maly, Deutsch. chem. Gesellsch., t. IX, p. 172].

Sulfo-urée et chlorure stanneux,

2CSAz*H* -F Sn Cl*.

Ce sel double se forme lorsqu’on mélange des

solutions concentrées des deux corps (Maly),

Sulfo-urée et chlorure mercurique. — Si l’on introduit dans une solution aqueuse et chaude de sulfo-urée du chlorure mercureux récemment précipité, ce sel se dissout en même temps qu'il

SULFO-URÉE. — 127 — SULFO-URLE.

Sb dépose du mercure métallique pulvérulent, la réaction du liquide restant neutre. Le liquide filtre laisse déposer par le refroidissement de longues aiguilles soyeuses, qui, malgré leur aspect liomogène, constituent un mélange de deux combinaisons distinctes de sulfo-urée et de chlorure mercurique. On peut les préparer d’une manière beaucoup plus simple en ajoutant directement au chlorure mercurique à une solution aqueuse de sulfo-urée. Il se forme un précipité qui se dissout ide nouveau par l’agitation, jusqu’à ce quon ait employé les deux substances dans le rapport de 4 molécules de sulfo-urée à 1 molécule de sublime. Si l'on évapore à ce moment la solution, elle fournit de beaux cristaux transparents do la formule 4 CS Az2 H4 -f- HgCl2.

Si, au contraire, on continue à ajouter du chlorure mercurique, il se forme un précipité blanc, composé d’aiguilles microscopiques entrecroisées ou réunies en étoiles ou en faisceaux. Ce sel double renferme 2CSAzsll' + HgCl2; il est extrêmement peu soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool [A. Claus, (oc. cit., et Deutsch. chem. Gesellsch., t. IX, p. 226; - R. Maly, loc. cit.].

Sulfo-urée et cyanure mercurique,

CSAz*II* + (CAz)’IIg.

— Ce sel double se précipite sous la forme d’une poudre cristalline, si l’on mélange des solutions saturées à froid de sulfo-urée et do cyanure de mercure, employés on proportions moléculaires; il n’est que pou soluble dar»s l’eau froide et noircit à chaud avec formation de sulfure de mercure, d’acide cyanhydrique et de dicyanodiamide [M. Nencki , Deutsch. chem. Gesellsch, t. VI, p. 640; Bull, de la Soc. chim., t. XX, p. 352].

Sulfo-urée et iodure mercurique,

CSAz2H‘ -f- Ilgl*.

— Une solution tiède de sulfo-urée dissout abondamment l’iodure de mercure et donne en se refroidissant des aiguilles brillantes légèrement jaunâtres, peu solubles dans l’eau et dans les arides étendus. L’alcool les dissout abondamment (Maly).

La sulfo-urée donne avec l 'azotate mercurique un précipité cristallin très-instable, qui parait contenir 2CSAz2H\3HgO 4- 3 II2 O.

Sulfo-urée et chlorure d’or. — La solution aqueuse de la sulfo-urée donue, avec le chlorure aurique presque neutre, un précipité rougeâtre, ui se dissout aussitôt; en continuant l’additien u sel d’or, tant que la liqueur se décolore rapidement et en soumettant celle-ci à l’évaporation lente, on obtient des cristaux monocliniques, nacrée, auxquels Reynolds attribue la formule

Au" Cl (C S Az* II*)*.

Il serait plus rationnel de considérer ce corps comme un sel double de chlorure aureux et de sulfocarbamide 2 CS Az2lU -{-Au Cl. En employant un excès de trichlorure d’or, on obtient un précipité rouge-jaunâtre renfermant peut-être

Au” Cl2 (C S Az 2H4) ;

cette formule parait très-peu probable.

Sulfo-urée et chlorure de platine. -* Le chlorure platinique (aussi neutre que possible) occasionne dans une solution de sulfo-uréo un précipité rouge composé de longues aiguilles réunies en agrégations plumeuses; ce sel doit être lavé rapidement, d’abord à l’eau, puis à l’alcool, exprimé et séché à une température inférieure à 80". Une fois purifié, il est assez stable ; Reynolds lui assigne la formule PÏCl2(CSAz2H')2HCl, ; qui est peut-être 2CSAz2!l‘-f Pt Cl2 -f HCl.

Si, au contraire, on ajoute la solution de sulfo-urée à un excès de chlorure platinique acide, ce n’est qu’au bout d’un certain temps qu’il se produit un précipité brun sale, qu’on ne débarrasse que difficilement de l’excès de chlorure de platine ; Reynolds propose, pour ce précipité, la formule inadmissible PtCl9 (CSAz2 H4).

Sulfo-urée et chlorure de plomb,

2 CSAz2 H1 + Pb Cl2.

— Ce sel se dépose en aiguilles irisées lorsqu’on dissout à la température de l’ébullition du chlorure de plomb dans une solution concentrée de sulfocarbamide et qu’on abandonne au refroidissement la solution filtrée (A. Claus).

La sulfo-urée ne paraît pas pouvoir dissoudre Voxalate de plomb, même par la chaleur.

Sulfo-urée et sulfocyanate de plomb,

CSAz2 II1 + Pb (C Az S)2.

— Aiguilles groupées en mamelons peu solubles, qu’on prépare en dissolvant à chaud le sulfocyanate do plomb récemment précipité dans une solution concentrée de sulfo-urée (A. Claus).

Sulfo-urée et chlorure de sine,

2 C S Az2 H4 -f- Zn Cl2.

— Grands prismes incolores réunis en géodes demi-sphériques, assez solubles dans l’eau chaude; l’hydrogène sulfuré précipite du sulfure de zinc de la solution (Maly).

La sulfo-urée forme des sels doubles analogues ave • un grand nombre d’autres sels (cuivre, thallium, etc).

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