II. — SULFO-URÉES A RADICAUX D’ACIDES
ACÉTÏLSULFO-LIiÉE,
C3 II« A z2 S O = C S < ‘h y,C2 IP 0
— La sulfo-urée se dissout aisément à une douce chaleur dans l’anhydride acétique ; la solution se fige par le refroidissement en une masse cristalline jaune qu’on purifie par plusieurs cristallisations dans l’eau bouillante. Ainsi préparée, l’acétylsulfo- urée constitue des prismes incolores, fusibles à 165°, très-solubles dans l’alcool ot dans l’eau bouillante, moins solubles dans l’eau froide et dans l’éther. Cette même sulfo-urée prend naissance lorsqu’on traite l’acétylsulfocarbimide par le gaz ammoniac. L’opération ne réussit que si l’action de l’ammoniaque est des plus ménagées; si l’on ne modère pas la réaction, on obtient une huile Jaune, dont la nature n’est pas encore connue avec certitude [P. Miquel Bull, de la Soc. chim., t. XXV, p. 105 et p. 107J. La solution aqueuse de l’acétylsulfo-urée est neutre ; elle donne avec le chlorure platinique un cliloroplalinate cristallin, peu soluble, do la formule
C3 IIcAzsS 0, 2 H Cl + Pt Cl*.
Chauffée en solution aqueuse avec du cyanure de mercure, l’acétylsulfo-urée donne du sulfure mcrcurique, de l’acétylurée, en môme temps qu’il se dégage de l’acide cyanhydrique [M. Ncncki, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VI, p. 599 et p. 905 ; Bull, de la Soc. chim., t. XX, p. 352 et 510].
ACÉTÏLPIléNYLSUi.FO-liRÉE,
C5H'°Az2SO =
— Elle résulte de la combinaison de la phénylamine avec l’acétylsulfocarbimide ; la réaction ontre les deux corps est très-énergique, et il est nécessaire de la modérer en dissolvant préalablement les produits dans l’éther. L’acétylphénylsulfo-urée se dépose dans l’alcool faible et bouillant en belles lames fusibles à 168-109°, presque insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther. Elle forme des sels avec les hydracides
Miquel, loc. cil.].
BENZOYLSBLFO-imÉE,
C8 II» Az* S O = C S < . C7 H5 O
— On chauffe la sulfo-urée avec du chlorure de benzoyle à 1201, et on purifie le produit par cristallisation dans l’alcool (Pike). La même benzoylsulfo-urée se forme lorsqu’on traite la benzoylsulfocarbimide (p. 117) par l’ammoniaque aqueuse ou gazeuse (Miquel).
Elle cristallise en prismes incolores, fusibles à 170-171°; elle possède une saveur extrêmement amèro. Peu soluble dans l’eau bouillante, elle se dissout facilement dans l’alcool et l’éther. Elle forme un chloroplatinate insoluble dans l’eau [W.-H.-R. Pike, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VI, p. 755; Bull, de la Soc. chim., t. XX, p. 458;
— P. Miquel, loc. cit.].
BENZOVLBENZYLSCLFO-UnÉE,
C‘5H'*Az2SO = CS
^AzH.C'HSO \ Az H . C H* - C6 H5.
— Préparée par l’union do la benzylamine et de la benzoylsulfocarbimide, elle est en petits prismes durs et cassants, fusibles à 145°. Elle est soluble dans l’alcool et l’éther [Miquel, loc. cit.].
BENZOÏLrHÉNVLSULFO-URÉE,
C1*IIlîAzsSO = CS<^H;gIP0
— On traite la benzoylsulfocarbimide par la phénylamine, et on fait cristalliser le produit dans l’alcool. On obtient ainsi des aiguilles soyeuses, flexibles, insipides, fusibles à 149°. L’acide azotique bouillant détruit cette urée pour la majeure partie ; il se forme cependant en même temps une petite quantité do bensoylphénylsulfo-urée nitrée, C14 IP1 (Az O2) Az*S O, cristallisant en aiguilles légères fusibles A 230° [Miquel, loc. cit.].
Acide sulfocitiuconuuiqde,
C8H8AzSS03 = CS<^H-CO-G>H*-C02H
— 11 prend naissance lorsqu’on chauffe à 130° la sulfo-urée avec l’anhydride citraconique; le produit, lavé à l’eau froide et purifié par cristallisation dans l’eau bouillante, forme une poudre cristalline blanche, fusible à 222-223° YV.-H. Pike, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VI, p. 1105 ; Bull, de la Soc. chim., t. XX, p. 540].
Acide solfosoccimoriqoe,
c.ii.»,.so. = cs<);'Ii;co-c’l"-co’n
— On le prépare en chauffant A 140° l’anhydride
succinique avec de la sulfo-urée, lavant le produit A l’alcool et le faisant cristalliser dans l’acide acétique chaud ou dans l’eau bouillante. Il constitue uno poudre jaunAtre, formée d’écailles cristallines, fusible A 210,5-211°; les alcalis le dédoublent en acide succinique et en sulfo-urée qui se décompose A son tour [Pike, loc. cit.]. .
Oxalyl-allylsulfo-urée [Syn. Oxalyltlnosmna-
C«H6Az*SO* = CS<AzCA21[i>C*0>.
— C’est le produit d’hydratation du dicyanure de thiosinnamine (allylsulfo-urée), C* II8 Az* S, C* Az*, pour lequel on peut établir la formule de constitution suivante :
CS<AZAzHH>C‘(A*H)‘
^AzCMPs-CAzH -CS AzlI - CAzII.
Pour préparer ce dicyanure on sature de
cyanogène une solution alcoolique de tliiosinnamine, et on abandonne la solution pendant
SULFO-URÉES COMPOSÉES. — 135 — SULFO-URÉES COMPOSÉES.
vingt-quatre heures ; il so sépare peu à peu une masse cristalline vert-jaunâtre ou brune qu’on lave â l’alcool et qu’on fait cristalliser dans l’alcool bouillant. Le dicyanure est en lamelles dorées, microscopiques, assez solubles dans l’alcool chaud, peu solubles dans l’éther et dans la benzine, insolubles dans l’eau. Il fond au-dessus de 100° en se décomposant. Les alcalis en dogagent de l’ammoniaque.
Lorsqu’on chauffe le dicyanure avec de 1 acide sulfurique étendu, il se dissout et la solution laisse déposer par le refroidissement des aiguilles jaunes, réunies en faisceaux; ce corps cristallisé constitue l'oxalyl-allylsulfo-urie qui a pris naissance en vortu de l’équation :
C S C AZ Th > °2 (Az H)s + S O4 H5 + 2 H* O
= C S ^ Az Tj ^ C* O» -f S O4 (Az ii*) *.
L’oxalyl-allylsulfo-urée se dépose dans l’alcool en tables brillantes d’un jaune citron, fusibles à 89-90°, peu solubles dans l’eau froide, très-solubles dans l’eau chaude, dans l’alcool et l’éther. Elle peut être sublimée. La solution aqueuse offre une réaction légèrement acide; le chlorure de baryum ne la trouble pas, mais l’hydrate de baryum en précipite de Poxalate barytique en même temps qu’il reste de la thiosinnamine en solution. Le nitrate d’argent donne un précipité jaune qui se transforme à froid en sulfure d’argent; la solution contient alors de l’oxalyl-allyluréo [1L-L. Maly, Wien. Acad. Ber., t. LVII, 2e part., p. 573 ; Bull, de la Soc. chim., 1809, t. XII, p. 66.]
OxALYL-ALLYLPAIlACnÉSYLSÜLFO-UnÉE.
C>3 H>3 Az* S OS = C S £ Az £5 ““ ^ C* O*.
— Elle résulte de l’hydratation du dicyanure d’allylparacrésylsulfo-urée (p. 132). On dissout cette sulfo-urée dans l’alcool, on sature la solution de cyanogène, on ajoute un peu d’acide sulfurique et on inaiuticnt le mélange à une douce chaleur pendant quelque temps. Le liquide fournit alors, par le refroidissement, un dépôt volumineux composé d’aiguilles jaunes. L’oxalyl-allylsulfourée, purifiée par cristallisation dans l’alcool bouillant, est en aiguilles dorées, d’un éclat métallique, longues et aplaties; elle se dissout aisément dans l’alcool chaud, en petite quantité â froid; elle est insoluble dans l’eau; ses solutions sont neutres. Elle fond à 157° et peut être sublimée sans décomposition. L’acide sulfurique la dissout et l’eau la reprécipite. Ses réactions sont celles do l’oxalyl-allylphénylsulfo-urée. [R. L. Maly, IKten. Aca/l. Ber., t. LVIII, 2' partie, p. 443; t. LIX, p. 607.]
OxALYL-ALLYLPHÉNYLSULFO-DIuiB.
C»H1°AzîS03 = CS'a^U‘>C*0*.
— L'allylphénylsulfo-urée, traitée en solution alcoolique par le cyanogène, fournit un dicyanure,
CSCazC6H5:C*(AzH)*,
cristallisant en aiguilles groupées en étoiles. Chauffé avec de l’acide sulfurique étendu, ce dicyanure se transforme en oxalyl-allylphénylsulfo-urée qui se dépose par le refroidissement de la solution et qu’on purifie par des cristallisations dans l’alcool bouillant.
Elle est en aiguilles jaune citron , très-fines et soyeuses ; elle fond à 161°. Vis-à-vis des dissolvants et des réactifs, elle se comporte comme les deux urées précédemment décrites [Maly, toc. cit.J.