CH®-É1I-CH = CH
permet cependant de rendre compte de sa
transformation en acide méthylcrotonique, de son dédoublement par la potasse fondante et de ses autres réactions.
Appendice à l'acide angélique.
ESSENCE DE CAMOMILLE ROMAINE. — Cette
essence n’est pas, comme on l’avait admis, d’après Gerhardt, un mélange d’aldéhyde angélique et d’un hydrocarbure. Elle forme un mélange en proportions variables de différents éthers, parmi lesquels prédominent les angélates d’amyle et de butyle [Demarçay, Comp. rend., t. LXXVII, p. 360],
Les autres éthers qui y sont contenus sont les méthylcrotonate (?) d’amyle, isobutyrate et méthacrylate d’isobutyle [Fittig et Kopp, Deutsch. chem. Gesellsch., t. IX, p. 1195; Bull, de la Soc. chim., t. XXVIII, p. 20; — Fittig et KObig, Deutsch. chem. Gesellsch., t.. X, p. 513]. Les proportions relatives de ces différents produits sont toutefois très variables, l’essence se composant parfois presque uniquement d’angélates, parfois au contraire en contenant beaucoup moins. On y trouve encore de très minimes proportions d’un camphre bouillant vers 204-268° (Demarçay) et d’un hydrocarbure bouillant vers 150° (Fittig et Kôbig).
Gerhardt, par l’action de la potasse fondante sur l’essence, avait obtenu un dégagement d’hydrogène. Il en avait conclu qu’il avait affaire à une aldéhyde. Il n’en est pourtant rien. Si les gaz qui se dégagent dans ces circonstances contiennent de l'hydrogène, cet élément provient de l’action de la potasse sur les vapeurs des alcools amylique et butylique. Il résulte de là que le meilleur moyen de décomposer l’essence doit être de la traiter par la potasse alcoolique. En effet, lorsqu’on y ajoute la moitié de son poids de potasse en solution alcoolique , elle forme un mélange qui ne tarde pas à s’échauffer. Au bout de 24 heures, son odeur a complètement disparu. On chasse alors l’alcool par un courant de vapeur d’eau, et quand il ne passe plus que de l’eau, on arrête la distillation. On trouve dans le récipient les alcools éthylique, butylique et amylique, le camphre et de l’eau. La couche aqueuse qui reste dans le vase distillatoire étant refroidie, on en sépare une couche mince de produits résineux et on la traite par l’acide sulfurique étendu ou l’acide chlorhydrique. Elle fournit alors une couche huileuse d’acides qui, décantée et abandonnée à elle-même, se prend parfois en une masse de cristaux d’acide angélique ; d'autres fois, il s’en dépose seulement quelques cristaux; d’autres fois enfin elle reste liquide. En tout cas, cette huile étant exposée dans une atmosphère fortement refroidie vers — 20°, il se dépose de gros cristaux d’acide angélique que l’on sépare de leur eau mère.Ceseaux mères, qui contiennent beaucoup d’acide angélique, et les acides isobutyrique, méthylcrotonique et méthacrylique, ne peuvent être commodément traitées par la distillation fractionnée qui altère l’acide angélique en le transformant en acide méthylcrotonique isomérique (Demarçay). D’après MM. Fittig et Kobig, il vaut mieux transformer ce mélange en une solution concentrée des sels de calcium et chauffer la solution entre 50 et 60°. L’angélate de calcium, qui est moins soluble à cette température qu’à froid, se dépose et permet d’isoler l’acide angélique. Quant au mélange des méthylcrotonate, méthacrylate et isobutyrate de calcium, on en extrait les acides qu’on sépare par distillation fractionnée. L’acide methacrylique n’existe qu’en traces dans ce mélange. L’acide isobutyrique n’y est lui- même contenu qu’eu faible proportion. E. Demarçay.
ANGUSTURINE.
ANGUSTUIMNE. — On a donné ce nom à un alcaloïde de l’écorce d’angusture ( Cuspara fébrifuge, Humboldt); son existence est problématique, ainsi que celle de la cusparine, que l’on a envisagée comme étant identique avec l’angusturine.
ANILÉINE. — Nom donné au violet Perkin,
ANILINE (INDUSTRIE DE L ). — Depuis la publication de l’article Aniline (t. I, p. 307), sorti de la plume autorisée de M. Ch. Lauth, des modifications assez importantes ont été apportées à la fabrication des diverses matières colorantes dérivées de l’aniline; en outre, leur nombre et leurs applications se sont rapidement accrus1.