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PRODUITS D’ADDITION BROMES

Dibromure d’anthracène, C14 II 10 Br2. — Lorsqu’on mélange en quantités théoriques des solutions sulfocarboniques d’anthracène et de brome, refroidies vers 0“, on obtient une solution rouge qui se décolore peu à peu et qui laisse déposer de petits cristaux blancs et brillants. C’est le dibromure d’anthracône qu’on purifie par des lavages à l’éther anhydre et par dessiccation dans le vide. Il cristallise en prismes obliques qui deviennent bientôt opaques et jaunes, en dégageant de l’acide bromhydrique. Il est peu soluble dans l’alcool, l’éther, le sulfure de carbone, et se transforme en anthraquinone par l’oxydation [Perkin, Chem. News, t. XXXIV, p. 145; Bull, de la Soc. chim., 1877, t. XXVII, p. 464] .

Tétrabromure de dibromantiiracène,

C>4 II8 Br2. Br4.

— Cette combinaison, décrite par Anderson comme hexabromure, s’obtient en étalant le dibromantiiracène sur une plaque de verre qu’on place sous une cloche au-dessus d’une capsule renfermant la quantité équivalente de brome. Aussitôt que les vapeurs bromèes ont disparu, on lave à l’éther et on fait cristalliser dans la benzine.

Tables incolores, dures, assez épaisses, insolubles dans l’eau , peu solubles dans l’éther, l’alcool et la benzine froide, plus solubles dans la benzine bouillante. Il fond entre 170 et 180°, en dégageant du brome et de l’acide bromhydrique et en laissant comme résidu du tribromanthracène pur :

G14 II8 Br* = Ci4H7Br* -f H Br -f Br2.

La potasse alcoolique le transforme en tétra bromanthracène [Graebe et Liebermann, Mém cité].

Tétrabromure de tétrabromanthracène,

C‘4 II8 Br4. Br4.

— Le tétrabromanthracène, exposé pendant quelque temps sous une cloche à l’action des vapeurs de brome, se transforme en une poudre blanche très légère, qu’on lave à l’éther. Le

ANTHRAGÈNE. — 177 — ANTHRACÈNE.

sulfure de carbone n’en dissout que 4 °/0 de son poids, cependant c’est son meilleur dissolvant; il l’abandonne en prismes incolores, fusibles vers 212°. Maintenu pendant quelque temps à 230°, il perd du brome et de l’acide bromhydrique et se transforme en pentabromanthracène :

C14 H* Br8 = C1*H®Br* + II Br -f Br*.

La soude alcoolique le transforme en hexabromanthracène [ Hammerschlag, Deutsch. cliem. Gesellsch., t. X, p. 1212 : Bull, de la Soc. chim., 1878, t. XXIX, p. 524].

ANTHRACÉNES CHLORÉS.

Anderson a décrit un dichlorure d’anthracène et un monochloranthracène. Le premier de ces corps est évidemment, d’après son mode de formation, le dichloranthracène; le second, un mélange de celui-ci et d’anthracène.

Monochloranthracène, G14 II® Cl. — Il s’obtient facilement par la décomposition spontanée du dichlorure d’anthracène (voir plus loin). 11 cristallise dans l’alcool en longues aiguilles jaune d’or, fusibles à 103°, très solubles dans l’étber, la benzine et le sulfure de carbone. L’acide sulfurique fumant le dissout avec une couleur verte. Si l’on chauffe, la solution devient brune et parait alors renfermer de l’acide anthraquino-disulfureux. Il donne avec l’acide picrique une combinaison qui cristallise en magnifiques aiguilles écarlates [Perkin, Mém. cité].

Dichloranthracène, Cf4H8Cl*. — On le prépare en faisant réagir le chlore à -100° sur l’anthraccne. 11 cristallise et se sublime en longues aiguilles jaunes, fusibles à 209°. Il est très soluble dans la benzine, peu soluble dans l’alcool et l’éther. La solution alcoolique possède une magnifique fluorescence bleue. La pousse alcoolique n’attaque pas le dichloranthracène à l’ébullition. Les oxvdants le transforment en anthraquinone [Graebo et Liebermann, Mém. cité].

Le dichloranthracène se comporto vis-à-vis de l’acide sulfurique fumant et do l’acide picrique comme le dibromanthracène (Perkin).

Triciiloranthracène, G14 H7 Cl3. — Ce composé se forme lentement à froid, rapidement à 170°, par la décomposition du dichlorure de dichloranthracène. 11 cristallise dans l’alcool en longues aiguilles jaunes, fusibles à 162-103°. La solution alcoolique présente une fluorescence bleue. L’eau le transforme à une température élevée en anthraqumone. La potasse alcoolique et l’acide sulfurique concentré produisent le môme effet [Schrorzer, Deutsch. cliem. Gesdlscli., t. X, p. 376; Bull, de la Soc. chim., 1878, t. XXIX, p. 04] . ’ ’

Le corps obtenu par Graebo et Liebermann par 1 action du perchlorure de phosphore sur anthraquinonc est probablement identique avec ce tricbloranthracène. ^

ÏÉTRACHLOHANTHRAcèNE, Ci4H8Cl4.— On traite 17W80, Par un courant de chlore ; il se dégage beaucoup d’acide chlorhydrique là

^et^ flel8e|8°lidifie par Ie refr0‘d‘ssqemànt. r, tiîra l6jpar a Polasse alcoolique et on fait cristalliser dans la benzine.

Le tétrachloranthracène cristallise dans la benzine en aiguilles jaune d’or, réunies en étoiles, fusibles vers 220°. Il est non dans l’alcool et la benzine froido, plus soluble dans la benzine chaude. L’acidé azotique le transforme en dichloranthraquinono [Crache et Liebermann, Mém. cité]. luiacneet

Hexachloranthracène, C|4II4 Cl8. — On chauffe lo tétrachlorure de dichloranthracène avec du

Suppl.

perchlorure d’antimoine à 180-200°, et on arrête l’opération aussitôt que des aiguilles jaunes commencent à se sublimer dans le col de la cornue. On traite le résidu par l’acide chlorhydrique et on le sublime.

L’hexachloranthracène est en aiguilles jaunes, fusibles à 320° et sublimables aune température plus élevée. 11 est insoluble dans l’alcool, l’éther, l’acide acétique et la benzine froide, plus soluble dans la benzine chaude, le toluène et le chloroforme; ses meilleurs dissolvants sont la nitrobenzine, la ligroïne et le sulfure de carbone. La potasse alcoolique et l’acide azotique ne l’attaquent pas, même à l’ébullition. L’acide sulfurique le dissout avec une couleur jaune clair; la solution brunit par une ébullition prolongée. Un mélange de dichromate de potassium et d’acide sulfurique le transforme en tétrachloranthraquinone.

IIeptachlorantiiracène, C14H3Cl7. — Il s’obtient par l’action prolongée du perchlorure d’antimoine sur l’anthracène à 200°. On le purifie comme le précédent. — Aiguilles jaunes, fusibles à 350°.

OcTociiLon ANTHRACÈNE, C14II*C18. — On traite l’anthracène ou un de ses dérivés chlorés par le perchlorure d’antimoine à 275-280°. Il se forme en môme temps du perchlorométhane et de la perchlorobenzine. On traite par l’acide chlorhydrique et on reprend le résidu par la benzine chaude qui dissout la perchlorobenzine. Le résidu fournit par sublimation des aiguilles qui ne fondent pas encore à 350° [Diehl, Deutsch. cliem. Gesellsch., t. XI, p. 173].

DÉRIVÉS D'ADDITION CHLORÉS.

Dichloruke d’anthracène, C14 H10 Cl*. — Lorsqu’on dirige un courant lent de chlore dans une solution sulfocarbonique d’anthracène au centième, maintenue à 0°, il se dépose bientôt un produit cristallin peu soluble. C’est le dichlorure qui se décompose rapidement, même à la température ordinaire, en acide chlorhydrique et en monochloranthracène [Perkin, Mém. cite].

Dichlorure de dichloranthracène, C14 H8 Cl*. Cl*.

— On en connaît deux isomères :

1. Le produit obtenu par l’action du perchlorure de phosphore sur le dichlorure dérivé de l’anthraquinone. Sa formule de structure résulte de son mode de formation :

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