CH2C1-C-CI
La combinaison primitive était donc le cyanure
CH2 Cl-C-CH3 /\
OH CAz.
Le monochloracètonate de sodium est une masse cristalline déliquescente ; le sel ammoniacal est aussi cristallisable dans le vide.
Le sel de plomb est vitreux et soluble dans l’alcool et dans l’eau.
h’éther éthylique a été obtenu dans un état de pureté incomplet par l’action de l’acide chlorhydrique sur la solution alcoolique de l’acide, et par évaporation au bain marie. Il reste une huile d’odeur agréable, décomposable par la distillation.
On a constaté que le chlore de l’acide mono-
ACÉTONE.
ACÉTONE.
chloracétonique peut être remplacé par le groupe CAz [Bischoff, Deutsch. chem. Gesellsch., t. V, p. 804].
Dichlouacétones. — 1° Dichloracetone dissymétrique, G H3-CO-CH Cl*. — Ce composé s’obtient en saturant de chlore l’acétone pure refroidie, jusqu’à ce qu’elle commence à se colorer en jaune et à dégager des fumées d’acide chlorhydrique. A ce moment, on chasse l’acide chlorhydrique par digestion dans un appareil à réfrigérant ascendant; on distille, et, après un petit nombre de fractionnements, on isole la dichloracétone bouillant à 120°.
On peut aussi laver avec un peu d’eau et ajouter un mélange de chlorure de calcium et d’acide chlorhydrique.
La dichloracétone peut également se préparer par électrolyse d’un mélange d’acide chlorhydrique et d’acétone. Dans cette réaction, outre la dichloracétone bouillant à 120°, M. Mulder a obtenu en petite quantité un produit ayant la même composition et bouillant entre 135 et 140°.
Traitée par le sulfhydrate de potassium K S H, la dichloracétone fournit un composé CHI* S O. C’est un corps peu stable, soluble dans l’éther, dont la solution alcoolique donne avec le sousacétate de plomb un précipité rouge renfermant C3Il6PbS03. Ce dernier est pyrophoriquc à 110°; il noircit lorsqu’on le chauffe avec l’eau, et semble donner un composé C3H609 en même temps que PbS. La liqueur aqueuse renferme, en effet, un produit sirupeux qui brunit par la potasse, réduit le carmin d’indigo, donne l’odeur do caramel lorsqu’on le chauffe, et qui est précipité par l’acétate de plomb. Lorsqu’on chauffe la dichloracétone avec la potasse, on obtient un produit analogue en même temps qu'un autre qui, avec le sous-acétate de plomb, fournit un composé 2C9ll9Os.Pb [Mulder, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VIII, p. 100].
Cyanhydrine de la dichloracetone. — Par digestion au bain-marie, la dichloracétone se combine avec l’acide cyanhydrique aqueux concentré; le produit huileux restant après évaporation est peu stable et se décompose lorsqu’on chauffe; il renferme C3 IP Cl2 O. CAz II. Traité au bain-marie par l’acide chlorhydrique moyennement concentré, il fournit, avec production de sel ammoniac, L’acide dichloroxyisobutyrique ou dichloroacèlonique. Pour séparer ce dernier, on évapore au bain-marie et on reprend par l’éther. Après évaporation de l’éther, il reste une huile qui se prend en cristaux prismatiques épais. Ceux-ci, séchés sur l’acide sulfurique, renferment
CUClC G (O H) -CO2 H.
L’acide ne peut pas être distillé, mais se sublime en prismes rayonnés. Il fond à 82-83°.
Le sel d'argent C*H«AgCl*0* est cristallisable, peu soluble dans l’eau à froid, altérable à la lumière. En chauffant la solution, on voit se séparer du chlorure d’argent.
Le sel ammoniacal s’obtient par neutralisation d une solution alcoolique de l’acide par l’ammomaque alcoolique, sous la forme d’une masse cristalline de prismes soyeux entrecroisés. Ce sel se décompose à chaud.
Celui de potassium est assez soluble dans * alcool, et très soluble dans l’eau ; cristallisable dans 1 alcool, en aiguilles plates et en croûtes cristallines. Il se décompose quand on chauffe scs solutions. Le sel de baryum se présente en prismes limpides.
Il existe deux sels de plomb. Le premier se dépose en boules cristallines, de la liqueur
obtenue en dissolvant du carbonate de plomb fraîchement précipité dans l’acide. Ensuite il cristallise des prismes transparents, beaucoup plus solubles. Le premier paraît être un sel neutre hydraté, le second un sel basique.
L’éther éthylique s’obtient par l’action de l’acide chlorhydrique sur une solution alcoolique de l’acide, sous la forme d’une huile que Ton sépare en évaporant au bain-marie, lavant avec un peu d’eau, reprenant par l’éther, séchant avoc le chlorure de calcium et chassant l’éther. L’éther CH13CI!03 (C2H3) distille en se décomposant entre 208 et 215° [Bischoff, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VIII, p. 1332].
2° Dichloracétone symétrique. — M. Markownikoff et MM. Glutz et Fischer ont préparé la dichloracétone symétrique C H2 Cl - C O - C H2 Cl par oxydation de la dichlorhydrine symétrique bouillant à 174° [Deutsch. chem. Gesellsch., t. VI, p. 1210; Journ. fur prakt. Chem., t. IV, p. 52]. Le premier Ta obtenue sous la forme de cristaux fondant à 43°; les derniers sous celle d’une huile bouillant à 170°. On connaît encore d’autres produits ayant la composition de la dichloracétone : l’un a été isolé, sous la forme de gros prismes, des produits bouillant entre 140 et 170° de la préparation de la monochloracétone. Il fond à 44° et parait identique avec la dichloracétone de Markownikoff. Les prismes se subliment facilement et sont insolubles dans l’eau, facilement solubles dans l’alcool et dans l’éther. Bien séchés entre des doubles de papier, ils sont inodores. Ils paraissent être un produit de polymérisation de la dichloracétone proprement dite [Barbaglia, Deutsch. chem. Gesellsch., t. \ .1, p. 408]. M. Mulder en a obtenu un autre cristallisable, par l’action de l’acide chlorhydrique sur le produit de la réaction du cyanure de potassium sur la dichloracétone. C’est peut-être un mélange de cette dernière avec l’acide dichloracétonique.
Trichloracétone. — Ce corps a été obtenu à l’état de pureté bouillant de 170-172°, en traitant par l’acide chlorhydrique sec l’hydrate cristallin et fondu provenant de l’évaporation de la solution aqueuse de trichloracétone. Cette dernière a été obtenue elle-même par l’action du chlore sur le produit d’oxydation de l’alcool isobutyrique qui renferme de l’acétone [Kramer, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VII, p. 256].
La trichloracétone CCI3- CO -CH3 prend aussi naissance par l’action du chlore sur l’acide citraconique [Gottlieb et Morawski, Journ. fur prakt. Chem. (2), t. XII, p. 1 et p. 369].
L’hydrate renferme C3H3C130.2I120. Il fond vers 44°. Il se sépare à la distillation en hydrate aqueux et anhydride. L’anhydride lui-même cristallise à la longue en tables quadrangulaires solubles dans l’eau. L’acide azotique concentré les dissout sans altération. L’hydrate de baryum en sépare du chloroforme.
En saturant de chlore l’acétone pure, on obtient un mélange de dichloracétone et de trichloracétone que Ton peut séparer par distillation fractionnée. La partie bouillant de 165- 175°, mise en contact avec l’eau au froid, se prend en beaux cristaux tabulaires ou prismatiques, qui sont purs après un lavago à l’eau. L’acétone trichlorèe attire l’humidité et donne des cristaux d’hydrate que Ton peut transformer en anhydride par l’action de l’acide chlorhydrique sec.
Traitée par l’aniline avec addition de lessivo de potasse, suivant la réaction indiquée par M. Hofmann, elle dégage une odeur marquée de cyanure de phényle, preuve qu’elle renferme le groupe CCI3 et possède, par conséquent, la formule de constitution suivante : CC13-C0-CH3.
ACÉTONE.
Chauffée avec de l’eau à 100°, elle donne de l’acide chlorhydrique, de l’acide carbonique et de l’acide acétique; il se forme en même temps urr produit de condensation sirupeux, brunâtre, ayant parfois une saveur douce.
Elle ne se combine pas avec les bisulfites alcalins, mais par contre avec l’acide cyanhydrique, et forme avec lui une matière huileuse, que l’action de l’acide chlorhydrique convertit en acide trichloracétonique. Ce dernier est huileux , incristallisable et très facilement décomposable. Le sel d’argent se précipite lorsqu’on ajoute un peu d’ammoniaque au mélange d’acide trichloracétonique et d’azotate d’argent; mais ce sel abandonne presque immédiatement du chlorure d’argent. Les alcalis décomposent l’acide.
Tétrachloracétone — Lorsque, au lieu de chlorer l’acétone pure, on opère sur un mélange de ce corps et d’alcool méthylique, on observe les phénomènes décrits par M. Bouis. En traitant le produit fractionné et distillant entre 160 et 180° par l’eau, à froid, on a obtenu d’abord de l’hydrate de trichloracétone, puis un hydrate de trichloracétone et de tétrachloracétone, que M. Bischoff considère comme une combinaison définie et qui renferme C6H17C1708, c’est-à-dire