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carbonique, qu’on dirige tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Le mélange devient de plus en plus fusible, et finalement le produit refroidi forme une masse cristalline conluse, d’un rouge
cinabre. , ,,
On obtient encore le disulfure d’arsenic ou réalgar en traitant le trisulfure ou orpiment par une solution bouillante de carbonate de sodium; le réalgar s’obtient ainsi sous la forme d’une poudre rouge et cristalline. Ce mode de formation avait déjà été indiqué par de Sénarmont f.4im. Cltvn. Phys. (3), t. XXXII, p. 158].
Traité par les alcalis, le disulfure d’arsenic laisse une poudre noire que Berzélius avait envisagée comme renfermant As18S, et qui,
d’après Nilson, comme aussi d’après Kuhn, est de l’arsenic; le dédoublement a lieu d’après l’équation 3 As8 S2 = 2 A s2 S8 -{- As2.
Suivant Nilson, le disulfure d’arsenic ne s’unit pas aux sulfures alcalins et autres, comme l’admettait Berzélius.
Trisulfure d’arsenic, As2 S8. — On l’obtient cristallisé lorsqu’on le fait digérer longtemps à 80° avec une solution de carbonate de sodium. On a vu plus haut qu’à l’ébullition il y a transformation en disulfure. Dans cette dernière réaction, il se dégage de l’hydrogène sulfuré et de l’acide carbonique, et la solution séparée du disulfure renferme un mélange complexe des sels suivants ;
Sulfarsénite acide Oxysulfarséniate.
Sulfarséniate ....
Arséniate
Bicarbonate
As3 S5 Na + 4H!0 [ou 3As3S3,Na3S + 8H!0|.
(As* S6Oi) Na3 + 7 H3 O [ou (As2 S3 O3)2 Na2 O + 7H20]. 2 As S* Na3 + 15H30.
As O' Na3 H 4 9H20.
C03NaH.
Le carbonate de potassium en solution bouillante produit la môme réaction, avec cette différence seulement que l’oxysulfarséniate produit a pour composition
As S O2 K 4- II2 O (ou As2 O3 S2. K2 O 4- 2II20).
Le sulfure d’arsenic obtenu par voie humide se décompose très facilement sous l’influence de la chaleur : l’eau le décompose alors en dégageant de l’hydrogène sulfuré et en produisant de l’anhydride arsénieux. D'après Ward [Amer. Chennst., 1873, p. 10], cette décomposition a déjà lieu à 35° lorsqu’on cherche à débarrasser, par un courant d’acide carbonique, la solution de l’excès d’hydrogène sulfuré; mais cette décomposition n’est pas duo à l’acide carbonique, qui parait au contraire la retarder.
Les recherches de P. de Clermont et Frommel à cet égard ont fait voir qu’on peut facilement opérer cette décomposition d’une manière complète en faisant bouillir le sulfure précipité avec de l’eau. Ils ont même fondé sur cette réaction un procédé de séparation analytique de l’arsenic d’autres métaux dont les sulfures résistent à l’ébullition ou bien donnent un oxyde insoluble, tandis que l’arsenic arsénieux reste dessous. 11 suffit d’une ébullition de 20 à 25 minutes pour décomposer complètement 5 à 6 centigrammes de sulfure d’arsenic [Compf. rend., t. LXXXVI, p. 828; Bull, de la Soc. chim., t. XXIX, p. 200].
Sulfarsènites. — Nilson a décrit un grand nombre de ces sels et montré que la capacité de saturation du sulfure d’arsenic est très variable; en effet, il donne des sels acides renfermant jusqu’à 9 molécules As2 S8 pour une molécule de sulfure métallique et des sels basiques contenant jusqu’à 7 molécules de sulfure métallique pour 1 molécule As2 S3.
Les sulfhydrates alcalins ou alcalino-terreux saturés de trisulfure d’arsenic donnent des combinaisons brunes, amorphes, ayant pour formule générale As S2 M' ou (AsS2)2M" -j- nll20; cependant le sulfhydrato strontique fournit le sel basique As2S3Sr2 (soit As2S3.2SrS).
Si l’on opère dans le vide, le sulfure d’arsenic déplacé plus d’hydrogène sulfuré, et l’on obtient des sels basiques souvent bien cristallisés, notamment ceux de baryum et de strontium, renfermant 2 ou 3 H S pour As2 S3; le calcium fournit ainsi un sel heplabasique.
Pour les sulfhydrates alcalins, cette augmentation de saturation est accompagnée de réactions secondaires donnant naissance à un dépôt d’arsenic et à la production d’un sulfarséniate,
As S'* R3 -]- h II2 O.
Avec le sulfhydrate ammonique, on obtient toujours le sel As8Ss(AzHi) -|-2H20.
En traitant les sels AsS2M par l’eau, on obtient en général des sels acides. Ainsi le sel monopotassique As S2 K donne le sel acide
AsvS7 K2 [ou (As2S3)2K2S] et, par une ébullition prolongée,
le sel A82S5K [ou (As2S3)3K2S].
Les sels acides de potassium et de sodium se forment aussi lorsqu’on ajoute peu à peu, jusqu'à saturation, du sulfure d’arsenic à une solution bouillante d’alcali caustique; il se forme en même temps du disulfure d’arsenic et des sulfoxyarséniates cristallisables.
Traité par l’eau froide, le sel calcique neutre fournit le sel As8SfSCa -j" 10 II2 O ; l’eau bouillante le transforme en As18S28Ca.
Voici en résumé les sels décrits par Nilson. Nous indiquons entre parenthèses les rapports du sulfure métallique au sulfure d’arsenic.
Sels de potassium.
AsS3K-j- 2 1/2 H2 O (As2 S3. K3 S). Amorphe, d’un rouge vif.
As* S9 K* 4- 8H20 (2 As3 S3.3K2 S). Amorphe, rouge de sang.
As3SsK 4-H20(3As2S3.K3S). Cristaux microscopiques bruns.
Sels de sodium.
AsS2Na 4- 1/2 H3 O (As3 S3. Na2 S). Sel amorphe, d’un brun sale.
As<S’Na3 + 6H30 (2As3S3.Na2S). Amorphe et rougo bran.
As3 S3 Na -[- 4 H3 O |3 As3 S3.Na2S). Ressemble aukermès.
Sel d'amnionium.
As3 S5 (Az H*) 4- 2H30 [3 As2S3. (AzH4)’Sj. Sel cristallin rouge.
Sels de baryum.
As13 S,9Ba (6 As3 S3. BaS).
(AsS2)3Ba -j- 2H30 (As2S3.BaS). Masso brillante bruno.
— 4- x H20 — Masse verte.
As2 Ss Ba2 -[- 5 H2 O (As3 S3. 2 BaS). Gris vert ou bleu indigo. *
As2SiBa2 -f- 15H30 (As3 S3. 2 BaS). Grands prismes clinorhombiques, à éclat adamantin.
As'SUBa3 4- 6H20 (2 As2S3.5BaS). Aiguilles microscopiques.
As3S6Ba3 -J- 14H30 (As3S3.3BaS). Prismes jaunâtres, aplatis et pointés.
Sels de strontium.
(As S3)3Sr -]- 2 '/2 H2 O (As3S3.SrS). Masse amorphe jaune orange.
As3SsSr3 -j- 15 H3 O (As3S3.2SrS). Grands cristaux clinorhombiques.