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ARSENIC. — 2/(0 - ARSENIC

Sels de calcium.

(AsS2)2Ca -j- 10H2O (?) (As2S3.CaS). Longs prismes fins et soyeux.

As8S,3Ca -f 10H2O (4 As2S3.CaS). Amorphe et brun. Asl8Si8Ca + 1011*0 (9As2S3.CaS). Amorphe et brun.

As2Sl0Ca2 + 25 H’O (As2S3.7CaS). Longs prismes quadrangulaires, flexibles, blancs et nacrés.

Sels de magnésium.

(AsS2)2Mg -f- 5H20 (As2S3.MgS). Masse brune. As2SsMr2 -f- 8 II2 O (As2 S5 . 2 .Mg S) . Cristallin, jaune, peu soluble.

As2 S8Mg3 -|- 9 H2 O (As5 S3. 3 MgS). Sel cristallin jaune foncé.

Pentasulfure d’arsenic, As2 S8. — Le précipité produit lorsqu’on ajoute de l’acide chlorhydrique à la solution d’un sulfurséniate est l’acide sulfarsénique As S4 H3 (soit As2S3.3H2S), qui ne perd tout son hydrogène sulfuré que par une ébullition prolongée avec l’acide chlorhydrique. Séché sur l’acide sulfurique, ce précipité renferme As2 S8. H* O.

Nilson a obtenu les sulfarséniates suivants en dissolvant ce pentasulfure précipité dans les sulfhydrates alcalins et alcalino-terreux :

As S4 K3 H2 O. Longs prismes quadrangulairos déliquescents.

As S* Na3 -)- 7 1/2 H2 O. Grands prismes clinorhombiques jaunes.

AsS'Na3 -f- 9H20. Petits octoèdres orthorhombiques courts et opaques.

As3S'°(AzH»)5 |ou 3 As2S5.5 (Az H4)2 S]. Masse amorphe jaune et brillante.

As'S^Ca8 + 12 H2 O. Masse radiée très soluble. As(Slf,Mg5 30H2O. Sei cristallin jaune.

Les sels de baryum et de strontium ont été obtenus combinés au sulfarsénite.

Celui de baryum cristallise en prismes adamantins jaunâtres qui renferment

(As S4)2 Ba3. As2 S5 Ba2 + 8 II2 O.

Le sel strontique correspondant forme une masse radiée jaune.

Le sulfarséniate de sodium précipite un grand nombre d’alcaloïdes naturels [Km. Massing, Zeilscli. Chem., 1869, p. 350; Bull. Soc. chim., t. XII, p.487).

Sulfoxïarséniates. — Nilson a observé la formation de ces sels dans l’action des carbonates alcalins sur le trisulfure d’arsenic. (Voir page 239.) Il a obtenu ainsi les sulfoxyarséniates de potassium et de sodium.

Le premier, As S O2 K -f- H2 O ou As S O3 K II2 forme de petits cristaux pointus incolores ;

Le second forme de petits cristaux d’un rouge grenat, renfermant As S O2 Na. As S2 O II 4- 3 H2 O ou (As* S3 O4) Na II3 4- 5 II2 O.

Phosphuke d’arsenic, As P. — Il se produit, d’après Oppenheim, dans l’action du phosphore sur l’anhydride arsénieux. Janowski le prépare en faisant agir l’hydrogène arsénié sur le trichlorure de phosphore dans un appareil rempli préalablement d’hydrogène et en évitant toute élévation de température.

C’est un corps, rouge brun, qu’il faut sécher à 80° dans un courant de gaz carbonique sec. Il est un peu soluble dans le sulfure de carbone, insoluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme. L’acide azotique concentré l’enflamme ; l’acide étendu le dissout avec production d’acides arsénique et phosphorique. Les alcalis le décomposent à froid en donnant de l’hydrogène arsénié , de l’hydrogène phosphoré , les acides phosphoreux et arsénieux , en môme temps qu’un dépôt d’arsenic.

Chauffé à l’air, le phosphure d’arsenic s’en-

flamme. Chauffé dans un courant d’acide carbonique, il se dédouble en phosphore et arsenic [Deulsch. cliejn. Gesellsch., t. VI, p. 216; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 77].

L’eau décompose le phosphure d’arsenic eu donnant un oxyde mixte As3 P2 O2.

Carrure d’arsenic ou arséniocyanogène. — L’ammoniaque produisant de l’acide cyanhydrique en réagissant sur le chloroforme, Hodgkinson, dans l’idée d’obtenir le composé correspondant de l’arsenic, a soumis l’iodoforme dissous dans l’alcool à l’action de l’hydrogène arsénié. On obtient ainsi un précipité rouge brun, amorphe, insoluble dans tous les véhicules habituels et renfermant du carbone, de l’arsenic, de l’hydrogène et de l’iode \Chem. News, t. XXXIV, p. 203].

AHSENIC (ANALYSE). — Recherche de l’arsenic. — Mayençon et Bergeret caractérisent l’hydrogène arsénié par sa réaction sur le chlorure mercurique, dont ils imprègnent une feuille de papier; celle-ci se colore en jaune citron, puis en jaune brun sous l’influence de l’hydrogène arsénié. L’hydrogène antimonié fournit de môme une coloration brun gris [Compt. rend., t. LXXIX, p. 118].

Pour reconnaître la présence de traces d’arsenic à côté de l’antimoine, Gatehouse recommande le procédé suivant. On ajoute ur, fragment de soude caustique à la solution, puis une lame d’aluminium, et l’on recouvre le tube avec une feuille de papier imprégnée d’azotate d’argent. Ce papier noircit si la solution renferme de l’arsenic, et si ce dernier existe en quantité notable dans la solution, celle-ci se colore en brun et le tube se recouvre d’un dépôt d’arsenic. Avec l’antimoine, si le papier ne noircit pas, la liqueur reste incolore et laisse seulement déposer l’antimoine [Chem. News, t. XXVII, p. 139].

On doit à Arm. Gautier un Mémoire très précis sur la recherche et le dosage de l’arsenic dans les matières organiques [Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 250]. Ce Mémoire comprend une critique des méthodes usuelles appliquées à la recherche toxicologique de l’arsenic. Voici la marche suivie par A. Gautier pour détruire les matières organiques sans être exposé à subir des pertes d’arsenic. On traite 100 grammes de matières animales, coupées en morceaux, par 30 grammes d’acide nitrique ordinaire pur à une douce chaleur, dans une capsule de porcelaine de 600 centimètres cubes de capacité. La substance se liquéfie peu à peu, puis tend à s’épaissir et à prendre un ton orangé. On retire alors la capsule du feu et l’on ajoute au mélange 5 grammes d’acide sulfurique pur. La masse brunit et s’attaque vivement; on la chauffe jusqu’à ce qu’elle commence à émettre des vapeurs sulfuriques. On laisse alors tomber goutte à goutte sur le résidu 10 à 12 grammes d’acide nitrique; la masse se liquéfie de nouveau, en émettant des vapeurs nitreuses. Quand tout l’acide a été introduit, on chauffe jusqu’à commencement de carbonisation. Cela fait, on épuise le résidu, pulvérisé dans la capsule même, par l’eau bouillante. La solution réduite par le bisulfite de sodium est ensuite précipitée par l’hydrogène sulfuré, et le sulfure d’arsenic est, transformé en acide arsénique qu’on introduit dans l’appareil de Marsh.

En suivant certaines précautions, en général déjà connues, mais que A. Gautier appuie par des preuves analytiques, l’appareil de Marsh peut fournir tout l’arsenic qui y est introduit sous la forme d’acide arsénieux ou arsénique.

L’acide sulfurique employé, de préférence à l’acide chlorhydrique, est de l’acide^ pur dilué de 5 fois son poids d’eau. On ajoute 45 grammes

ARSENIC

ARSINES.

de cet acide dilué à la matière arsénicale (produit de l’oxydation du sulfure), et on l’introduit peu à peu dans l’appareil de Marsh, contenant 25 grammes de zinc pur, préalablement rempli d’hydrogène et maintenu dans l’eau froide. Cette addition étant terminée, ce qui dure une heure environ, on verse dans l’appareil 25 grammes d’acide dilué, auquel on a ajouté 5 grammes d’acide sulfurique pur, et on termine l’addition du même acide dilué, renforcé de 12 grammes d’acide pur pour 25 grammes, en ayant toujours soin de refroidir ces mélanges avant leur introduction dans l’appareil. Dans ces conditions, tout l’arsenic se retrouve dans l’anneau, ainsi que s’en est assuré Gautier par des expériences quantitatives. L’introduction de 0sr,005 d’acide arsénieux a donné en deux ou trois heures un anneau d’arsenic dont le poids était, à peu de chose près, identique au précédent.

Lorsque le dégagement d’hydrogène se produit avec trop de lenteur, ce qui arrive, comme on le sait, très fréquemment, on peut y ajouter sans inconvénient une goutte de chlorure de platine; cette addition n’occasionne pas de perte d’arsenic, tandis que celle du sulfate de cuivre détermine des pertes relativement considérables.

Dosage volumétrique. — Houzeau a appliqué au dosage volumétrique de l’arsenic la réaction de l’hydrogène arsénié sur une solution d’azotate d’argent, réaction qui produit de l’acide arsénienx et de l’argent métallique. Si l’on emploie une solution titrée d’argent, la perte de titre, déterminée à l’aide d’une solution titrée de chlorure de sodium, indiquera indirectement la proportion d’arsenic, d’après l’équation connue

12 Az03Ag -f 3 II5 O -f- 2 As H3 = 12 Az03II -j- 12 Ag -)- As8 O3.

On peut aussi titrer directement l’acide arsénieux produit à l’aide de permanganate de potassium [ Compt . rend., t. LXXV, p. 1823J.

L’arsenic dégagé sous forme d’hydrogène arsénié peut aussi être dirigé dans un tube à houles contenant de l’acide azotique fumant, qui transforme tout l’arsenic en acide arsénique. Le titrage de ce dernier peut se faire à l’aide d’une solution d’acétate d’urane, en procédant comme pour le dosage volumétrique de l’acide phosphorique, mais en employant des solutions plus étendues.

Le résidu sec de l’évaporation de l’acide azotique est repris par l’eau, additionné d’un peu d’acide acétique et d’acétate de sodium. On y verse alors goutte à goutte la solution d’acétate d’urane, renfermant ‘20 grammes environ par litre, titrée avec une solution normale d’acide arsénique, au centième par exemple; on continue cette addition jusqu’à ce qu’une goutte de la liqueur d’essai produise avec le ferrocyanure de potassium la coloration brune du ferrocyanure d’urane; on lit ensuite le volume de solution d urane ajouté, et on en déduit le poids de Parsème. Il est important, pour saisir nettement le terme de la réaction, de faire usage d’une solution récemment préparée de ferrocyanure de potassium. Cette méthode a été recommandée par , lot et Maquenne, et appliquée notamment au dosage de Parsème dans les eaux minérales [Compt. rend., t. LXXXVI, p. 14041.

Dosage de l'arsenic à l’état de sulfure — Pour que ce dosage soit rigoureux, il est nécessaire de déterminer la richesse du précipité en arsenic, ce précipité pouvant contenir du soufre en excès.

Graeger délaie le précipité dans l’eau, y ajoute du carbonate de sodium et de l’empois d’ami-

Suppl.

2hl —

don, puis une solution titrée d’iode; la réaction a lieu suivant l’équation

As3 S3 -f- 5 H3 O -f 5I2 = As8 O5 -f 10 III -f S3

[Journ. fur pralct. Chem., t. CXVI, p. 261].

Champion et Pellet s’appuient sur la même réaction. La solution d’iode qu’ils emploient renferme 3sr,2 d’iode et 10 grammes d’iodure de potassium dans 1 litre d’eau. Suivant eux, l’équation ci-dessus n’exprimerait pas la réaction qui a lieu pendant le titrage; aussi titrent-ils leur solution d’iode en employant la liqueur arsénieuse usitée pour la chlorométrie; mais il est à remarquer qu’ils n’opèrent pas en présence du carbonate de sodium ; ils dissolvent le précipité de sulfure dans l’ammoniaque, prennent une quantité aliquote de cette solution, l’acidulent d’acide acétique et procèdent au titrage [Bull, de la Soc. chim., t. XXVI, p. 541].

Dosage d l’état d'arséniate ammoniaco-magnésien. — Voici, d’après Puller, la solubilité de ce sel dans l’eau et dans les solutions salines au sein desquelles sa précipitation se fait habituellement :

Quantité nécossniro

Nature du liquide. pour l p. de sel.

Eau 2.184

Mélange de 1 vol . ammoniaque at 3 vol.

d’eau 15.904

Solution de sel ammoniac au 60° 1.386

— — dans 7 p. d’eau. 886,7

— — dans 10 p. ammoniaque. 2.879

Azotate ammonique au 59e 4.380

Solution ammoniacale d’acide tartriquo

(12 gr. par litre) 1.422

Solution ammoniacale d’acide tartriquo

(10 gr. par litre) 933,5

I Séché sur l’acide sulfurique, l’arséniatc ammoi niaco-magnésien renferme 6II20. Calciné dans J l’oxygène, il laisse du pyroarséniate de magné- I sium pur [Zeitschr. fur analyt. Chem., 1871,

La dessiccation fait perdre de l’ammoniaque à j l’arséniate ammoniaco-magnésien, et il vaut ; mieux, avant de faire la pesée, calciner ce sel, comme l’avait déjà indiqué Levol. On recommence de calciner le précipité bien détaché du filtre en le chauffant progressivement jusqu’à 200°, puis jusqu’à 400", et finalemert pendant plusieurs heures au rouge [Rammelsberg, Deutsch. client. Gesellsch., 1874, p. 544 ; — Mac Ivor, Cliem. News, t. XXXII, p. 283].

Dosage d l’état d'arséniate d’urane. — Suivant Puller [loc. cit.], ce procédé est très exact. On facilite la précipitation de l’arséniatc addij tionné d’acide acétique (s’il y avait un autre acide libre, il faudrait le neutraliser par l’acétate de | sodium) en chauffant doucement et en ajoutant j quelques gouttes de chloroforme. Calciné avec un I peu d’azotate d’ammonium, ou dans un courant j d’oxygène, il laisse un résidu do pyroarséniate j uranique, As207(U0)*. E. Willm.

AKSINES. — Ethylarsines. — Ftéac lions de la triéthylarsine sur les chlorures de platine, de palladium et d’or. — Lorsqu’on ajoute de la triéthylarsine à une solution concentrée de chlorure de platine étendue de son volume d’alcool, le mélange s’échauffe et laisse déposer par le refroidissement des cristaux jaunes, en partie solubles dans l’éther, en partie insolubles.

La portion soluble cristallise dans l’éther en grands cristaux transparents jaunes, et dans l’alcool en prismes opaques ; ces cristaux renferment As (G2 H3)3 -(- Pt Cl2. La portion insoluble dans l’éther cristallise dans l’alcool bouillant en longs prismes d’un jaune très pâle; ces cristaux sont isomériques avec les précédents.

Ces sels doubles s’unissent à une nouvelle quantité de triéthylarsine, en donnant naissance au

ARSINES. — 242 — ARSINES.

composé [As (C2 H5)3]4 Pt Cl2, correspondant au chlorure de la première hase de Reiset.

Le chlorure de palladium agit comme le chlorure de platine et fournit de beaux prismes jaune orange, volumineux et transparents, isomorphes avec ceux que fournit le chlorure de platine. Ils renferment [As (C2II6)3]2 PdCl2.

Le triéthylarsine décolore la solution alcoolique de chlorure d’or, qui laisse déposer ensuite par l’évaporation lente de longs prismes volumineux et incolores qui renferment As (C2 H5)8 Au Cl. Il faut, dans cette réaction, éviter toute élévation de température, sans quoi il y aurait de l’or réduit [A. Cahours et II. Gai, Compt. rend., t. LXXI, p. 208J.

Sels de tétréthylarsonium. — Le chlorure, le bromure et l’iodure de tétréthylarsonium (ou arsénéthyline) forment avec le chlorure, le bromure et l’iodure de bismuth des combinaisons ayant pour formule, par exemple, 3fC2H8)4AsI.2BiI3, isomorphes entre elles et se présentant en tables hexagonales. Le chlorure double est incolore, le bromure est jaune, l’iodure est rouge IJœrgensen, Deutsch. chem. Gesellsch., t. II, p. 460].

Pentamétkylüre d’arsenic ou pentaméthylarsine, As (G H3)5. — Ce composé saturé prend naissance lorsqu’on fait agir le zinc-méthyle sur l’iodure de tétraméthylarsonium. La réaction est très énergique, et le produit fournit par la distillation, outre beaucoup de triméthylarsine, un produit présentant sensiblement la composition de la pentaméthylarsine. Traité par l’iode, ce corps fournit de l’iodure de méthyle et de l’iodure de tétraméthylarsonium.

L’acide chlorhydrique le décompose de môme en produisant de l’hydrure de méthyle et du chlorure de tétraméthylarsonium. Ces réactions suffisent pour établir l’existence de ce composé [A. Cahours, Ann. de Chim. et de Phys. (3), t. LXII, p. 340].

Arsines propyliques. — Tripropylarsine,

As (C3H7)3.

— C’est une huile à odeur désagréable, qui se forme dans la distillation sèche de l’iodure de tétrapropylarsonium.

Iodure de tétrapropylarsonium, As (C3 II7)2 1.

— Lorsqu’on chauffe à 175-185° de l’iodure de propyle avec de l’arsenic en poudre, il se forme un liquide épais brun qui, parle refroidissement, se prend en prismes rougeâtres entrecroisés. Ce produit se dépose, de sa solution dans l’alcool absolu bouillant, en cristaux rouge brun bien définis. Ces cristaux sont une combinaison d’iodure d’arsenic et d’iodure de tétrapropylarsonium (C3II7)4 AsI.AsI3. La potasse les décompose en agissant sur l’iodure d’arsenic et laissant Tiodure de tétrapropylarsonium, cristallisable dans l’alcool absolu en prismes incolores. Ce sel se combine avec un excès d’iode, pour former un periodure qui se dépose en cristaux d’un brun noirâtre à reflets métalliques.

Si, dans la préparation ci-dessus, on remplace l’arsenic par l’arséniure de zinc, on trouve dans le tube une matière visqueuse remplie de cristaux. En reprenant le produit par l’alcool absolu et évaporant la solution, on obtient des prismes de l’iodure zincique double,

2 As(C3II7)4I.ZnI2.

Avec les arsèniures alcalins, la réaction est plus énergique et l’on obtient un liquide complexe qui paraît renfermer le cacodyle propylique et la tripropylarsine [A. Cahours, Compt. rend., t. LXXVI, p. 748].

Arsines aromatiques. — Arséphényle, C6II5As.

— Michaelis a obtenu le chlorure de cette arsine non saturée, en faisant agir le chlorure d’arsenic

sur le mercure-diphénylo ; la réaction commence déjà à froid :

2 As Cl3 + Ilg (CeH8)2 = 2 As (C8 II8) Cl2 -f HgCl2.

On opère à 170° sous pression, en présence d’un excès de chlorure d’arsenic. Le produit de la reaction est un liquide noir, baignant un corps cristallin qui est le bichlorure de mercure. Le liquide, soumis à la distillation, donne d’abord, à 132°, l’excès de chlorure d’arsenic; le dichloruro d’arséphényle passe vers 250°, entraînant un corps solide peu abondant, facile à séparer par rectification et qui constitue peut-être la triphénylarsine. Enfin le résidu de la distillation renferme le chlorure d’arsédiphényle.

Le dichlorure d' arséphényle (C8 II5) As Cl2 est un liquido incolore, très réfringent, peu fluide, fumant faiblement à l’air et distillant de 252 à 255°. Il possède une odeur désagréable, faible à froid, pénétrante à chaud. Il n’est pas altéré par l’eau bouillante. Traité par la potasse, il se dissout en donnant du chlorure de potassium et un composé soluble dans l’alcool absolu, renfermant sans doute fC8 II5) As (O K)2 et régénérant le chlorure d’arséphényle par l’action de l’acide chlorhydrique.

Tétrachlorure d' arséphényle (CeH5)As Cl4. — Larges aiguilles jaunes, fusibles à 45° en un liquide jaune rouge, produites par fixation directe du chlore sur le dichlorure. L’eau décompose énergiquement ce tétrachlorure en produisant l’acide phénylarsinique ; il se forme d’abord un oxychlorure solide.

Chauffé dans un courant de gaz carbonique sec, il se dédouble en dichlorure et chlore. A 150°, en tubes scellés, il se dédouble en clilorobenzine et chlorure d’arsenic.

Le dichlorure absorbe le brome et fournit le chlorobromure, C8 H3 As Cl2. Br2.

Oxyde d’ arséphényle, C6 II5 As O. — Il s’obtient lorsqu’on ajoute du carbonate de sodium au chlorure d’arséphényle, en présence de l’eau bouillante. C’est un corps insoluble dans l’eau, et qui cristallise dans l’alcool bouillant. Il est soluble dans la soude, dont il est séparé de nouveau par un acide. Traité par l’acide chlorhydrique, il régénère le chlorure d’arséphényle. Chauffé au delà de son point de fusion, ce corps se dédouble en anhydride arsénieux et en un liquide épais, cristallisable, qui est sans doute la triphénylar sine, (C8II5l3As.

Oxychlorure d'arséphènyle, C6H5AsOCl2. — Il se produit par l’action de l’eau sur le tétrachlorure ou, plutôt, par celle du chlore sur l’oxyde qui s’y combine avec élévation de température. C’est un composé cristallin blanc, fusible vers 100°, soluble dans l’eau qui le convertit en acide phénylarsinique.

Chauffé à 120°, il se dédouble en chlorobenzine et As O Cl.

Il existe de môme un oxybromure.

Dibromure d’arséphényle, C8 H8 As. Br2. — Liquide incolore, bouillant à 285°, obtenu en traitant l’oxyde par l’acide bromhydrique.

Densité = 2,0983 à 15°.

Acide phénylarsinique, C8H5AsO(OH)2. — Il est soluble dans l’eau froide et très soluble dans l’eau bouillante. Il cristallise en longues aiguilles blanches et fond à 168°. Neutralisé par l’ammoniaque, il donne avec l’azotate d’argent un précipité blanc, peu soluble dans l’eau, soluble dans l’acide azotique et dans l’ammoniaque, et qui a pour composition C8II5As O(OAg)2.

Chauffé longtemps à 140°, c’est à dire au-dessous du point de fusion, cet acide se convertit en anhydride, C8Il5AsO.O. C’est une poudre amorphe, infusible, qui se dissout dans l’eau en régénérant l’acide.

ARSENICITE. — 243 — ASPARTIQUE (ACIDE).

AnsÉDipnéiNYLE ou cacodyle phényliqiie. — Son chlorure (C6Hs)2AsCl se produit en môme temps nue le chlorure d’arséphényle ot reste comme résidu après la distillation de ce dernier. C est un liquide épais, dense, à pou P^s inodore, bouillant à 333°. Sa densité est de 1,4223 a 15 .

L’eau ne l’altère pas.

Ce chlorure fixe 1 molécule de chlore. Le tnchlorure produites! un corps solide jaune, fusible à 174° et qui ne cristallise pas par le refroidissement. L’eau bouillante le transforme successivement en oxychlorure liquide et en acide diphénylarsinique.

Acide diphénylarsinique (C6H5)2AsO.OH. — Il cristallise par le refroidissement de la solution bouillante obtenue en traitant le trichlorure d’arsédiphényle par l’eau. Il forme de fines aiguilles d’une densité de 1,545, peu solubles dans l’eau froide et fusibles à 174°. Son sel d’argent (C6H5)2As 0.0 Ag est un précipité blanc [Michaelis, Deutsch. cliem. Gesellsch ., t. VIII, p. 1316: et t. IX, p. 1566; t. X, p. 622; t. XI, p. 1883; Bull, de la Soc. chim., t. XXVI, p. 201 ; t. XXVIII, p. 124, t. XXIX, p. 13].

Diéthylphénylarsine , C6IIs(C2Hs)2As. — Liquide très réfringent, bouillant à 240°, qui résulte de l’action du zinc-éthyle, puis de la potasse sur le dichlorure d’arséphényle.

Elle absorbe le chlore en donnant un dichlorure cristallisable. Cette arsine se combine avec l’iodure d’éthyle en donnant Viodure de phényltriéthylarsonium, C6H5(CïHs)»AsI, corps soluble dans l’eau et cristallisable en aiguilles dures (Michaelis). E. Willm.

ARSE.VICITE — Voyez Pharmacolitiie .

ARSÉNOTEI.LURITE (Min). — Nom proposé par M. Haunay, pour un sulfure d’arsenic et de tellure rencontré en petites écailles brunâtres sur une pyrite arsénicale de localité inconnue.

ARTI1.VN1TINE. — Voyez Cyclamixe dans ce Supplément.

AS REFER RITE (Min.) — Amphibole asbestiforme ferromanganesienne.

AS9IAMTE (Min.). — Petits grains arrondis, composés essentiellement de silice, trouvés dans le fer météorique de Breitenbacb. D’après Story- Maskelyne, celte substance est orthorhombique, avec un clivage prononcé, fragile; dureté, 3,5. Densité, 2,25.

ASPARAGINE. — L’asparagine, étant l’amide de l’acide aspartique (acide amido-succinique), s’obtient par l’action à chaud de l’ammoniaque concentrée sur l’acide éthylaspartiquo

C02C2II5 CO-AzII2

ÇH.AzlIi -f Azlis = CH.AzH* + C2IRO.

CII2-C02II tlH2-C02II

Acide Ammo- Asparagine. Alcool,

éthylaspar- niaque.

tique.

[E. Scbaal, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CLVII, p. 24; Bull. Soc. chim., 1871, t. XV, p. 89].

L’asparagine ne serait pas attaquée par le permanganate de potassium, d’après Péan de Saint- Gilles [Ann. Chim. Phys. (3), t. LV, p. 394.] Campain , en faisant agir ce réactif à froid, a obtenu de l’ammoniaque, de l’acide oxalique, de l’acide carbonique et des traces d’acide cyanhydrique [Compl. rend., t. LXIX, p.73].

Quand on chaufio au bain-marie l’asparagine avec de l’acide chlorhydrique concentré, qu’on évapore à sec, qu’on chaude ensuite le résidu dans un courant d’acide carbonique à 120°, à 140° puis finalement à 200°, on obtient deux corps amorphes, l’un peu soluble C|6IIi»Az* O9, l’autre i nsoluble G32 1126 Az8 O17 (à 100-120°), et qui sontdes anhydrides de l’acide aspartique, car l’ébullition

avec la baryte des solutions ammoniacales de ces corps les convertit en acide aspartique (Schaal).

Le brome agit sur l’asparagine en solution dans l’eau : outre un peu de bromoforme et du bromure d’ammonium, il se forme delà dibromacétamide et de la tribromacétamide [Guareschi, Deutsch. chem. Gesellsch., t. IX, p. 1485 ; Bull. Soc. chim., 1877, t. XXVII, p. 25] . La solubilité de l’asparagine a été déterminée par Guareschi [/oc. cit.].

1 partie d’asparagine se dissout

dans eau 105p,3 55,9 28,3 17,5 11,1 3,0 1,89

L’asparagine, chauffée avec de l’urée à 125- 130°, se convertit en amide malyluréique

C O Az H8 CII.AzH\

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