PRODUITS DE SUBSTITUTION DE LA BENZANILIDE
— Ils iorment trois séries isomériques. La série des composés substitués dans le groupe amidogène n’est pas encore connue, et la série substituée dans le radical benzoyle est représentée par deux corps, la métanitrobenzanilide
C6 H4(Az Os) - C O.Az U C8 II3, et la mêtamidobcnzanilide
C8H4(AzH2)-CO.AzHC8II8.
Le premier de ces dérivés se forme lorsqu’on chauffe de l’aniline avec de l’acide métauitrobenzoîqueà 110-120° jusqu’à ce qu’il ne forme plus d’eau. On épuise la masse par l’eau bouillante, et l’on purifie le dépôt formé par le refroidissement par cristallisation dans l’eau. La métanitrobenzanilide est en lamelles incolores, très solubles dans l’alcool, l’éther et la benzine, fusibles à 141° [Engler et Volkausen, Deutsch. chcm. Gesellsch., 1875, p. 34; Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 300]. '
La mctamidobenzanilide se forme par réduction du dérivé nitré au moyen de l’étain et l’acide chlorhydrique. Elle cristallise en longues aiguilles blanches, fusibles à 114°, solubles dans l’alcool et l’éther (Engler et Volkhausen). Le chlorhydrate (C13 Hi*Az* O) II Cl
et le sulfate (cishi*Az«0)*H*S0S
cristallisent en aiguilles blanches.
Dérivés substitués oans le reste aniline. — Benzanilide parabromée, C8H8-CO.AzH.C8H4Br.
Pour préparer ce composé, on ajoute 2 molécules do brome à la solution d’une molécule de benzanilide dans l’acide acétique glacial II cristallise en grandes tables fusibles à 202“ [F Meinecke, Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, n 5(ii- Bull. Soc. chim., t. XXV, p. 375]. ’
Benzanilide dibromée,
C8H8-CO.AzII.C8 H8 Br*.
— Elle se forme lorsqu’on traite la benzanilide par un excès de brome. Elle cristallise en lamelles incolores fusibles à 134°. Traitée par l’acide nitrique fumant, elle perd un atome de brome et fournit la benzanilide monobromée dinitrée, fusible à 221° (Johnson, voyez plus loin).
Benzanilide chlorée, C6Hs-CO.AzH.C6H4Cl.
— Par l’action de l’aniline chlorée sur le chlorure de benzoyle. Elle cristallise en aiguilles brillantes (Engclhardt).
Dérivés nitrés. — Benzanilidcs mononitrées.
— Lorsqu’on traite la benzanilide par l’acide nitrique, on obtient un mélange renfermant les dérivés ortlio, méta et para nitrés. Pour les séparer, on épuise la masse sèche par le chloroforme. Ce dissolvant enlève les dérivés ortho et méta, tandis que le dérivé para reste. Le chloroforme est alors chassé par distillation, et le résidu est repris par l’alcool bouillant. Les composés ortho et méta se dissolvent, et le dérivé méta se dépose par le refroidissement de la solution alcoolique.
Benzanilide orlho-nitréc,
[C8 H«-CO.AzH](1)C«H‘ (Az 0*),2).
— Elle cristallise en aiguilles fusibles à 94-95°, très solubles dans l’alcool frijjd. La potasse bouillante la transformo en aniline ortho-nitrée, fusible à 07°. L’étain et l’acide chlorhydrique la convertissent en une amidine (voir p. 268) [Hübner et Stover, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 463 et 1314; Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 303 ; t. XXIII, p. 558; — Hiibner et Mears, Deutsch. chem. Gesellsch.. 1870, p. 774; Bull. Soc. chim., t. XXVII, p. 130],
Benzanilide mèlanitrée,
[C8 ID - C O. Az H]|i,C8 H* (Az 0*)(3).
— On l’obtient d’après le procédé qu’on vient de décrire, on bien en traitant l’aniline métanitrée, fusible à 108° par le chlorure de benzoyle. Après cristallisation dans l’alcool amylique, elle se présente en aiguilles fusibles à 144° (Bell), à 152° (Mears) [Ilübncr et Mears, loc. cit. ; — C.-A. Bell, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 497].
Benzanilide parani trée,
[C8 H8 - C O . Az IlJu, C8 H4 (Az 0*)(4].
— Elle cristallise en aiguilles fusibles à 199°. La potasse la transforme en aniline paranitrée, fusible à 146° [Llübner et StOver, loc. cit.].
Métanitrobenzanilide métanitrée,
[C8 H4 (Az O*), s, - C O . Az H](1) C8 H4 (Az 0*)(3).
— Elle résulte de l’action du chlorure de métanitrobenzoyle sur l’aniline méta-nitrée. Elle cristallise en aiguilles blanches, fusibles à 187°, insolubles dans l’eau, l’alcool et l’éther, solubles dans l’alcool amylique [Mac-Hugh, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 1267; Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 555].
Benzanilides trinitrées. — On a étudié deux des quatre dérivés trinitrés de la benzanilide que l’on a préparés.
Métanitrobenzanilide orthoparadinitrée,
C8 II4 (Az 0*)|3)-C O . AzH . C8 II8 (Az Os)*|2,4|.
— On l’obtient en traitant la benzanilide paranitrée ou orthonitrée par l’acide nitrique. Elle cristallise en aiguilles fusibles à 165°, que la potasse bouillante convertit en acido métanitrobenzoî^ue et en aniline orthoparadinitrée, fusible à 176° [Hübner et V. Schwartz, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 1707].
La benzanilide métanitrée traitée par l’acide nitrique fournit trois dérivés trinitrés, fusibles à 178, 202 et 212°. Le dérivé fusible à 178°, chauffé avec la potasse, fournit l’acide ortlioni-
BENZANILIDE. — 208 — BENZHYDROL.
trobenzoïque, et une dinitroaniline fusible à 175°. C’est donc l’orthonitrobenzanilide ? métadinitrée [Hübner et V. Schwartz, loc. cit.]. Benzanilide orthonitrée parabromée,
C° H3 (Az 03)|2, Br(4) Az II. C O - C6 H».
— Par l’action du brome sur la benzanilide orthonitrée, fusible à 94°, ou par l’action de l’acide nitrique sur la benzanilide parabromée, tusible à 202°. Elle cristallise en aiguilles fusibles à 137° [Hübner et Johnson, loc. cit.; — F. Meinecke, loc. cit.].
L’étain et l’acide chlorhydrique transforment ce composé eu une amidine bromée
C6H*-C<f^H>C«H3Br,
fusible à 199°. La potasse la dédouble en acide benzoïque et en aniline orthonitrée parabromée, fusible à 112-113°.
Benzanilide paranitrée orthobromée,
C6 II3 (Az 02)|4j Br(2) Az II. CO- C6I15.
— • Par l’action du brome sur la benzanilide paranitrée. Elle cristallise en longues aiguilles fusibles à 100°. La potasse la transforme en acide benzoïque et en aniline paranitrée orthobromée, fusible à 104°, 5 [Ilübner et Johnson, loc. cit.].
Benzanilide orthonitrée dibromèe,
C6 II2 (Az Os)(2) Br2 Az II. C O - C6 H8.
— Elle se forme en même temps que le dérivé parabromé; elle cristallise en aiguilles fusibles à 194-195° (Meinecke, Hübner et Johnson).
Benzanilide monobromée dinitrée,
C6 H2 Br (Az O2)2 Az II . C O - C« II3.
— Elle se forme lorsqu’on traite la benzanilide dibromèe ou la benzanilide orthonitrée parabromée par l’acide nitrique. Elle cristallise en fines aiguilles, fusibles à 221° (Hübner et Johnson).
Dérivés amidés. — Benzanilide orthoamidée.
— Lorsqu’on réduit la benzanilide orthonitrée par l’étain et l’acide chlorhydrique, on n’obtient pas de dérivé amidé ; la benzanilide amidée perd les éléments de l’eau et se transforme en une base de la formule C13H10Az2. Cette base, l’anhydrobenzoylediamidobenzine, est une amidine dont la constitution est exprimée par la formule
C6H5-C<AzZH >GCH4-
Elle cristallise en tables rhombiques fusibles à 240°, solubles dans l’alcool. Traitée par l’acide nitrique, elle fournit un dérivé nitré
C6 H5 - C ^ ^n>C«II3(Az02),
qui cristallise en fines aiguilles fusibles à 190°. Ce dernier fournit par réduction un dérivé amidé fusible à 245°, qui donne des sels cristallisables avec les acides.
L’anhydrobenzoyle-diamidobenzine fournit ellemême un chlorhydrate et un sulfate cristallisables. Traitée par les iodures alcooliques, elle donne des composés renfermant un radical alcoolique à la place de l’hydrogène du groupe Az H [Hübner et Retschy, Deulscli. chem. Gesellsch-, 1873, p. 798 et 1128; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 513 ; — Hübner et Stover, loc. cit.; — Hübner et Sennewald, Deutsch. chem. Gesellsch., 1870, p. 775; Bull. Soc. chim., t. XXVH, p. 130]. Benzanilide mélaamidèe,
C« IP (Az H2), 3, AzII. CO-C6 H8.
— Elle se forme par réduction de la benzanilide
métanitrée. Elle cristallise en prismes rhombiques fusibles a 125° (Bell), à 250° (Sennewald).
Le chlorhydrate (Ci3IP2 Az20) II Cl,
le sulfate (C13 II»2 Az2 0)2SO II2, et l’ azotate (C'3IH2Az20) Az03H
sont en longues aiguilles solubles dans l’eau [C.-A. Bell, loc. cit.; — Hübner et Sennewald].
Benzanilide paraamidce,
C6 E’> (Az II2)(4) Az H. CO-C6 II8.
— Par réduction de la benzanilide paranitrée. Elle cristallise en aiguilles fusibles à 125°, que la potasse convertit en paraphénylène-diamine [Hübner et Stover, loc. cit.].
Benzanilide paraamidce orthobromée,
C« II3Br [2) (Az II»)|4] AzII. CO-C6 H8.
— Par réduction de la benzanilide paranitrée orthobromée, en solution dans l’acide acétique glacial. Elle est en lamelles incolores fusibles à 205° [Hübner et Johnson, loc. cit.].
Mèlamidobenzanilide métaamidée,
C6 H'' (Az H2)|3, AzII. CO-C6 IP (Az H2)(3].
— Par réduction de la métanitrobenzanilide métanitrée, au moyen du sulfure d’ammonium. Elle cristallise en aiguilles fusibles à 129° [Mac-IIug, loc. cit.].
Benzanilide et chlorure de succinïle. — Ces deux corps réagissent l’un sur l’autre pour former le chlorhydrate d’une base C42fl36Az2, fusible à 217°. La hase, ainsi que son chlorhydrate, cristallisent en grands prismes incolores [Hübner et Frerichs, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 1720].
Benzanilide et oenanthol. — Voyez t. II, p. 006]. r ^ M. Wassermann.
BENZÈRYTHRÈNE. — Nom donné par Berthclot à un carbure jaune, peu fusible, non distillable, qui accompagne le diphényle et le chrysène formés par l’action de la chaleur sur la benzine [Ann. Chim. Phys., (4), t. IX, p. 458].
Ce carbure se rencontre aussi dans les parties les moins volatiles de l’anthracène brut [Bull. Soc. chim., t. VII, p. 52]. G. Schultz l’a dédoublé en deux carbures définis : la diphénylbenzine C18 II 14 = C,: IP (C6 H5)3, et l’autre, auquel il réserve le nom de benzèrythrène, qui constitue une triphénylbenzine,
C24H18 = C6 H3 (C6 tls)3
[Liebig’s Ann. Chem., t- CLXXIV, p. 229; Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 95].
Le benzèrythrène de Schultz est à peu près insoluble dans l’alcool, la benzine froide, l’acide acétique bouillant. La benzine bouillante le dissout et l’abandonne par le refroidissement en lamelles brillantes, fusibles à 307-308°. L’acide sulfurique le dissout avec une couleur verte, et cette solution n’est pas précipitée par l’eau. L’acide azotique le dissout et donne des dérivés nitrés résineux. Ed. Willm.
BENZHYDROL ( diphénylcarbinol )