‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 216 sur 589 · C8 H5 S O3 II + 8 II = C8I18 + 3H!0 + IPS · texte numérisé non relu

C8 H5 S O3 II + 8 II = C8I18 + 3H!0 + IPS

En chauffant une partie d’aniline avec 20 par- I ties d’une solution saturée d’acide iodhydrique, I Berthelot a obtenu de la benzine:

CHPAzIP + 2 II = C8II8 -f AzIP

1 [Bull. Soc. chim.,t. IX, p. 8, p. 91, p. 178, p.2G5].

Prunier [Compt. rend., t. LXXXII, p. 1113] l’a H obtenue en même temps que l’hydrure d’hexyle l| en faisant réagir longtemps l’acide iodhydrique [j sur la quercite.

Formation de la benzine par la chaux chauffée I) au rouge. — Ohm a obtenu de la benzine en faisant K passer de l’essence de bergamotte sur de la chaux | incandescente [Am. Chem. Pharm., t. XXXI, fi p. 318] ; Warren de La Rue, en distillant l’huile de i ■ Menhaden, une huile extrait de poisson, de l’Alosa H Menhaden, avec un excès de chaux [Memoirs of the Americ Acad. (nouv. série), t. XI, p. 177]. Limpricht l’a obtenue en faisant passer des vap peurs de chlorure de benzylène C81P-CIICP, ou | de trichlorure de benzényle C8 115 -CCI3, sur de I i la chaux sodée chauffée au rouge,

C8 IP -CH CP + 2NaOII =

C8H8 -f CO + 2 Na Cl -f U20 C81P-CC13 + SNaOH =

C8 II8 -]- CO3 Na2 + 3NaCl -f- 2 IP O.

[Ann. Chem. Pharm., 1860, t. CXXXIX, p. 303; Bull. Soc. chim., t. VI, p. 467].

La benzine se forme aussi : par la décomposition de l’acide benzoïque bromé ou chloré [Riche, Compt. rend., t. LUI, p. 586], de l’aciae cinnamique avec un grand excès de chaux ou d’hydrate de baryum [Howard , Chem. Soc.

1 Journ., 1861, t. XIII, p. 135]; de l’acide trimésique C8H3(C02H)3 [Fittig et Furtenbach, Ann. Chem. Pharm., t. CXLVH, p. 309] ; de l’acide diphénylphosphénique, (C8 IP)2 PO (O II) [Goetter et Michaelis, Deutsch. chcm. Gcsellsch., 1878, p. 887]; du benzile (C8 IP)2 (CO)2, qui distillé avec de la chaux sodee donne de la benzine et de la benzophénone [Jena. Ann. Chem. Pharm. t. CLV , p. 77; Bull. Soc. chim., t. XIV ! p. 301.]

Voici d’autres réactions encore qui donnent

naissance à la benzine : action de l’alcool sur le sulfate ou l’azotate de diozobenzol,

C8 H5Àz*S04II -j- C* IP O II =

c8ip c2ipo 4- ipso1

[Griess, Philos. Transact., t. CLIV, p. 667 ; Bull. Soc. chim-, t. VI, p. 68].

Action de l’acide phosphorique anhydre sur le phénol (avec quelques produits secondaires) [Maikopar , Deutsch. chem. Gesellsch. , 1873, p. 669]. La chrysine, chauffée avec de la poudre de zinc, donne un mélange de benzine et de toluène [Piccard, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 888, Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 79]. D’après M. Schützenberger, il se forme une petite quantité de benzine par l’action de l’iode sur le toluène à 250° [Compt. rend., t. LXXV, p. 1767]. La colophane distillée avec la vapeur d’eau surchauffée donne également de la benzine [Smith, Chem. Soc. Journ., 1876, t. II, p. 29].

Propriétés physiques de la benzine. — La densité de la benzine a été déterminée par un grand nombre de physiciens. D’après Mcndelejeff[Compf. rend., t. LI, p. 97], elle est à 15° do 0,8841; d’après Warren, à 0° de 0,8957 ; à 15° de0,8820. Voir t. II, p. 888, les résultats obtenus par Louguinine. Pizati et Paterno [Gazz. chim. ital., 1873, p. 551] ont donné le tableau suivant des densités et des volumes de la benzine à différentes températures :

Températures.

Donsilés.

Volumes.

Voici la formule qui donne, d’après H. Kopp, le volume de la benzineàf°(entrell0,4et8i°,4) :

Vt = 1 4- 0,001171626 t 4- 0,00000127755 i2 -f 0,0000000080648 I3.

Adrieenz [Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 441] a déterminé la densité, à différentes températures, de la benzine préparée avec l’acide benzoïque.

Températures. Densités.

Températures.

Densités.

La benzine, soumise à l’action du froid, cristallise en pyramides orthorhombiques ; rapport des axes a : b : c = 0,891 : 1 : 0,799 [Groth, Poggend., Ann., t. CXLI, p. 31].

Régnault a trouvé que leur point de fusion était situé à 4°, 45. D’après lui, le point d’ébullition de la benzine est à 80", 36 sous la pression de 760mm. D’après Adrieenz ( loc . cit.), le point d’ébullition de la benzine du goudron de houille est à 80°, 53 — 80°, 62, tandis que la benzine, obtenue de l’acide benzoïque, bout à 80°, 60 — 80”, 67.

La température d’un mélange bouillant de benzine et d’eau est de 68°, 5, celle des vapeurs de 69°, 1 [Naumann, Deutsch. chcm. Gesellsch., 1877, p. HH-, Bull, Soc. cliim.,t. XXX, p. 277|.

La chaleur spécifique de la benzine entre 19 et 46° est égale à 0,450 (Kopp). Régnault a déterminé la chaleur spécifique des vapeurs de benzine sous pression constante ; calculée à poids égaux, elle est égale à 0,3754 à volumes égaux

BENZINE

= 1,0114 [Compt. rend., 1853, t. XXXVI, p. 670). D’après ce même physicien, la moyenne entre 20 et 70° est égale à 0,43002. Winckelmann a établi la formule suivante pour la chaleur spécifique : Kt = 0,5244 + 0,00022 t entre 3°, 3 et 19° [Poggend. CL, p. 592], Régnault a déter-

miné la force élastique des vapeurs de benzine à diverses températures [Compt. rend., t. L, p. 1003]; il a établi que la force élastique d’un mélange de benzine et d’alcool est plus faible que celle du corps le plus volatil, mais un peu plus grande que celle du corps le moins volatil.

La benzine se mélange avec l’alcool et le sulfure de carbone. Ces mélanges se font avec abaissement de température et celui-ci a été déterminé par Winckelmann ( loc . cit.) pour des mélanges d’alcool et de benzine, de sulfure de carbone et de benzine. La compressibilité de la benzine entre des pressions de 8 à 37 atmosphères à une température de — 10° estO, 00009; à 99°, 3, elle est 0,000187 [Amagat, Ann. Chim. Phys. (5), t. XI, p. 520.]

L’indice de réfraction est 1,4593 à 9° pour la ligne A, 1,5050 pour la ligne D et 1,5307 pour la ligne H [Gladstone, Chem. Soc. Journ., 1870, t. XXIII, p. 152]. Adrieenz (loc. cit.) a trouvé cet indice pour la ligne D = 1,4957 à 15°, 2 (Voir aussi Powel, Jnstit., 1850, p. 324.) La conductibilité pour l’électricité de la benzine comparée à celle de l’eau est dans le rapport de 16 à 1000. [Saïd-Effendi, Compt. rend., t. LXVIII, p. 1565J. Lothar Meyer [Deutsch. chem. Gesellsch ., 1878, p. 206] a étudié la diffusion des vapeurs de benzine. Muir et Thorpe [Chem. News, t. XXXVII, p. 36] ont déterminé le pouvoir éclairant de ce corps.

Propriétés chimiques. — Décomposition de la benzine à une haute température. — Lorsqu’on fait passer les vapeurs de benzine à travers un tube chauffé au rouge, il se forme, outre les corps déjà signalés par Berthelot [t. I, p. 528] (Schulze n’a pu caractériser le chrysène dans ces produits) deux diphénylbenzines isomériques et du benzérythrène [Schulze , Liebig’s Ann. Chem. , t. CLXXIV, p. 201; Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 95; — Schmidt, Bull. Soc. chim. ,t. XXIII, p. 567]. Behr et Van Dorp, en faisant passer des vapeurs de benzine sur de l’oxyde de plomb chauffé au rouge , ont obtenu du diphényle [Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 723; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 465].

Indépendamment des produits que Berthelot a obtenus en dirigeant à travers un tube chauffé au rouge du cinnamène, de la benzine et de l’acétylène, il se forme dans cette circonstance, d’après Barbier, de l’anthracène et du phénanthrène.

Action des halogènes et de leurs dérivés sur la benzine. — En ce qui concerne l’action du chlore et du brome sur la benzine, voyez plus loin aux dérivés chlorés et bromés. Le trichlorure d’iode ICI3 agit sur la benzine en donnant un composé cristallin [Spencer, Journ. chem. Soc., 1855, t. VII, p. 2441. Le chlore en présence du perchlorure de molybdène attaque la benzine à 100° et il se forme de la benzine dichlorée [Aronheim, Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 1400]. Par l’action de l’acide chlorcux, Carius a obtenu de la quinone dichlorée, do la benzine chlorée et de la Lrichloi hydroquinone [Ann. Chem. Pharm., i. CXLIII, p. 315 ; Bull. Soc. chim., t. X, p. 49] ; il se forme aussi de la trichlorhydroquinone, indépendamment du dérivé dichlorô, lorsqu’on fait agir du chlorate de potassium et de l’acide sulfurique sur la benzine [Krafft, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 797; Bull. Soc. chim., t. XXIX, p. 130].

On obtient de la benzine perbromée en chauffant à 350° durant trente heures de la benzine avec du brome mélangé d’iode [Gessner, Deutsch. •

BENZINE

chem. Gesellsch, 1876, p. 1505; Bull. Soc. chim., t. CXXVIII, p. 121], ou bien en faisant réagir un excès de brome sur la benzine en présence du bromure d’aluminium [Gustavson, Bull. Soc. chim., 1878, t. XXVIII, p. 152].

L’acide bromique réagit également sur la benzine avec formation de benzine bromée [Krafft. Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 1044; Bull. Soc. chim., t. XXVI, p. 302]. Chauffée avec de l’iode à 250°, elle est à peine attaquée ; il se forme un produit iodé à moitié carbonisé, de l’acide iodhydrique et un carbure très épais, mais en faible quantité [Schützenberger, Compt. rend., t. LXXV, p. 1767] ; chauffée longtemps avec de l’acide iodique, la benzine se transforme en benzine iodée [Peltzer, Ann. Chem. Pharm., 1865, t. CXXXVI, p. 94 ; Bull, de la Soc. chim., 1866, t. V, p. 451].

Action de l’acide iodhydrique. — Berthelot [Bull. Soc. chim., t. IX, p. 8; t. X, p. 435] en chauffant à 280° durant trois jours la benzine avec 80 lois son poids d’acide iodhydrique concentré a remarqué sa transformation presque complète en hexane C° 1114 ; il se forme aussi une certaine quantité de propane :

C6R6 -f 8HI = C6H14 + 4P;

Ce IP -f 10 HI = 2 C3 IP -f 101.

D’après Wreden [Liebig’s Ann. Chem., t. CLXXXVII, p. 163], en faisant agir à 280° une solution d’acide iodhydrique saturée à 0°, sur de la benzine, celle-ci n’est guère attaquée. Bcrlhelot par contre [Compt. rend., t. LXXXV, p. 831 ; Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 497] a trouvé que dans les mêmes conditions et en chauffant pendant vingt heures il se forme, indépendamment de produits à points d’ébullition plus élevés, les carbures C61110 et C6 H12. Lorsqu’on traite ces produits secondaires de nouveau par l’acide iodhydrique, ils se transforment encore en carbure C6H14, bouillant entre 68,5 et 70°. Baeyer a pu chauffer de la benzine avec de l’iodure de phosphonium a 350° sans observer une réduction [Ann. Chem. Pharm., t. CLV, p. 270; Bull. Soc. chim., t. X, p. 41].

Action du cyanogène et de ses composés. — Le cyanure de mercure réagit sur la benzine à une température élevée (400°) avec formation d’une faible quantité de benzonitrile. On obtient ce corps en plus grande quantité en dirigeant dans un tube à peine chauffé au rouge un mélange de cyanogène et de vapeurs de benzine [Merz, Weith et Schelnberger , Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 746; Bull. Soc. chim.,t. XXVI, p. 289]. Friedel et Crafts [Bull. Soc. chim., t. XXIX, p. 2 et p. 434] ont également préparé le benzonitrile en faisant réagir le chlorure de cyanogène sur un mélange de benzine et de chlorure d’aluminium.

Action de l’électricité. — L’effluve électrique agissant sur un mélange debenzine et d’hydrogene transforme ces corps en un produit de condensation résineux ayant pour formule »(G6IIS). La benzine sous l’influence de l’effluve électrique absorbe un assez grand volume d’azote : il se forme un produit de condensation visqueux qui se décompose facilement avec dégagement d’ammoniaque [Berthelot, Bull. Soc. chim., t. XXVI, p. 58, p. 98; Ann. Chim. Phys. (5), t. X, p. 661.

Action de l’oxygène. — En faisant passer de l’oxygène à travers un mélange de benzine et de chlorure d’aluminium, Friedel et Crafts [Bull. Soc. chim., t. XXIX, p. 242] ont obtenu du phénol. Iloppe-Seyler a obtenu le môme corps en faisant réagir l’oxygène sur la benzine -en présence de l’hydrure de palladium [Deutsch. chem. Gesellsch., 1879, p. 1551]. Par l’action de l’oxygène ozonisé sur la benzine, il se forme, en môme temps que '

les acides formique et acétique, une substance blanche, amorphe et très explosible qui se décomposé spontanément lorsqu’on la conserve quelque temps. Elle est décomposée par l’eau avec formation d’acide formique et d’acide acétique, ainsi que d’un acide solide et facilement soluble [llouzeau et Renard, Compt. rend., t. LXXVI, p.

Coquillion [Compt. rend-, t. LXXX, p. 1089], en dirigeant des vapeurs de benzine, mélangées d’air, sur une spirale en platine incandescente, a trouvé qu’il se formait de l’acide carbonique, de l’aldéhyde benzoïque et de l’acide benzoïque, Action des corps oxydants. — Un certain nombre de chimistes ont étudié les produits d’oxydation de la benzine. D’après Bcrthelot, ce carbure ne serait attaqué que difficilement par une solution de permanganate de potassium, avec formation d’acide oxalique, d’acide propionique ainsi que d’un acide qui est précipité par l’acétate de plomb :

C«H« + 7 O -f- H2 O = C3 II6 O2 C2 H2 O4 + C O2

[Huit. Soc. cliim. 1807, t. VII, p. 1211.

Adrieenz [Deutsch. cliem. Geselhch., 1873, p. 441 J n’a obtenu par oxydation avec une solution ! de permanganate acidulée que de l’acide formique.

En traitant la benzine par du bioxyde de manganèse et de l’acide sulfurique, Carius [Ann. Chem. Pharrn., t. CXLVIII, p. 50; Bull. Soc. chim., t. XI, p. 413] a obtenu, indépendamment d’une petite quantité d’autres corps, les acides formique, benzoïque et phtalique. Church [Cliem. Soc. Journ., t. XVI, p. 76; Bull. Soc. chim., 1803, p. 460], en attaquant la benzine avec du dichro- ;mate de potassium et de l’acide chorhydrique, prétend avoir obtenu un composé de la formule

C®H5 Cl. H Cl.

Action du soufre et de ses composés. — Le soufre l réagit sur un mélange de chlorure d'aluminium let de benzine en donnant naissance à du suifhydrate de phényle et à du sulfure de phényle [Eriedcl et Crafts, Bull. Soc. chim., t. XXIX, p. 434]. En chauffant la benzine avec du soufre à 400-500’, Schulze [Deutscli. chem. Gesellsch., 1871, p. 33; Bull. Soc. chim., t. XV, p. 103] a obtenu de longues aiguilles. Merz et NVeith [Deutsch. chem. Gesellsch., 1871, p. 384; Bull. Soc. chim., t. XV, p. 241] ont également chauffé de la benzine avec du soufre avec et sans addition d’oxyde de plomb, mais sans arriver à des résultats positifs. Avec le pentasulfure de phosphore, ils obtiennent un produit renfermant du phosphore et qui ne distille pas sans décomposition. Lorsqu’on chauffe la benzine avec du sulfure d’antimoine, il se forme idu diphényle, ainsi qu’une petite quantité d’une huile à odeur repoussante. Le chlorure de soufre ne réagit qu’à une température élevée avec formation de benzine chlorée; mais lorsqu’on fait passer du protochlorure de soufre dans un méllange de chlorure d’aluminium et de benzine chauffé au bain d’huile, il se forme du sulfure de phényle et du disulfure de diphénylène (C6II*S)2 [Friedei et Crafts, Bull. Soc. chim., t. XXIX, p. 338]. Schmidt a étudié l’action du chlorure de soufre sur la benzine en présence du zinc et a trouve qu il se formait du disulfure de phényle et d’autres dérivés sulfurés [Deutsch. chem. Gesellsch, 1878, p. 1168 ; Bull. Soc. chim., t. XXXII, p. 32].

(L’acide sulfureux réagit également sur un mélange de chlorure d’aluminium et de benzine, et il se forme de l’acide phénylsulffnique :

G6 IIe -j- S O2 = C6 II5 -S O2 H

«Friedel et Crafts, Bull. Soc. chim., t. XXIX, p. 530; Compt. rend., 1878, p. 1368], L’anhydride

Suppl.

sulfureux liquide dissout la benzine sans altération [Sestini, Bull. Soc. chim., t. X, p. 2-6].

Le chlorure de sulfuryle agit, sur la benzine en présence du chlorure d’aluminium avec formation de dérivés sulfurés [Büttinger, Deutsch. chem. Gesellsch, 1878, 1409; Bull. Soc. chim., t. XXXII, p. 31 J . Lorsqu’on chauffe le chlorure de sulfuryle avec de la benzine en tubes scellés à 150°, il se forme de la benzine chlorée,

C6 H6 + S02C12 = C°U5C1 + IIC1 + SO2

[Dubois, Zeitsch. Cliem., 1866, p. 705].

D’après Gauhe, lorsqu’on chauffe les mêmes corps jusqu’à 200’’, il se formerait, outre la benzine chlorée. de l’acide benzoïque [Ann. Cliem. Pliarm., t. C.XLIII, p. 263; Bull. Soc. chim., t. IX,

Action de l'oxychlorure de carbone. — Berthelot [Bull. Soc. chim., t. XIII, p. 391] a répété avec beaucoup de soin les essais de llarnitz-llarnitzki [t. I, p. 528] sur la formation du chlorure de benzoyle par l’action de l’oxychlorure de carbone sur la benzine, mais sans parvenir à confirmer ses résultats.

Réaction de différents corps organiques sur la benzine en présence du chlorure d’aluminium ou du chlorure de zinc. — Lorsqu’on fait passer de l’oxychlorure de carbone à travers un mélange de chlorure d’aluminium et de benzine, il se forme de Iadiphénylacétone; lorsqu’on ajoute à une solution d’oxychlorure de carbone dans de la benzine petit à petit du chlorure d’aluminium, il se forme après peu de temps du chlorure do benzoyle et de la diphénylacétone, tandis qu’après un certain temps il ne se forme que cette acétone [Friedel, Crafts et Ador, Compt. rend., t. LXXXV, p. 673].

Les mêmes chimistes ont fait réagir le chlorure d’aluminium sur un mélange do benzine et de différents autres corps et sont arrivés aux résultats suivants. Avec le chloroforme, il se forme du triphénylméthane; avec le chlorure d’acétyle, on obtient de l’acétophénonc; avec le chlorure phtalique, C6H*(CO Cl)2, de l’anthraquinone et la diphénylphtalide C20II12 O2. Le chlorure de butyryle réagit sur un mélange de chlorure d’aluminium et de benzine avec formation de propylphénylacétone [Portier, Bull. Soc. chim., t. XXX, p.1461.

L’acide carbonique réagit sur un mélange de benzine et de chlorure d’aluminium avec formation d’acide benzoïque [Friedel et Crafts, Compt. rend., t. XXII, p. 1368J.

La benzine chauffée avec du chlorure de benzoyle en présence de zinc est vivement attaquée; il se dégage de l’acide chlorhydrique avec formation de diphénylacétone [Grucarevic et Merz, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 60 et p. 1238; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 225; • — Zincke, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 137]. En chauffant à 220° le chlorure de phtalyle avec de la benzine et du zinc, Piccard a obtenu une petite quantité d’anthraquinone [Deutsch. chem. Gesellsch, 1874, p. 1785; Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 215].

Le chlorure phénylsulfonique C6 II5. S O2 Cl réagit sur un mélange de benzine et de chlorure d’aluminium avec formation de benzine-sulfone [Beckurt’s et Otto, Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 472 et p. 2066, Bull. Soc. chim., t. XXX, p. 450]. '

Par l’action du chlorure d’aluminium sur un mélange d’iodures ou de bromures alcooliques et de benzine, il y a formation, avec dégagement d'acides iodhydrique ou bromhydrique, des homologues do la benzine [Friedel et Crafts, Compt. rend., t. LXXX1V, p. 1392 et 1450, t. LXXXV. P- 74] ; les mômes chimistes ont trouvé du durol et de l’iiexaméthvlbenzinc parmi les produits de

BENZINE

— 274 — BENZINE

l’action du chlorure de méthyle sur le mélange de benzine et de chlorure d’aluminium [Bull. Soc. chim.,t. XXIX, p. 481]. Ador et Rillict [. Arch . des sciences phys. el natur., t. LXIII, p. 159; Deutscli. cliem. Gesellsch., 1879, p. 329] ont pu caractériser, parmi les produits de cette réaction du mctaxylène, une petite quantité de paraxylène, du pseudocumène, du mésitylène, du durol, ainsi que do la penta et de l’hexaméthyl benzine; le chlorure d’éthyle donne, parmi d’autres produits, de l'hexacthylbenzino [Albright, Morgan et Woolworth, Compt. rend., t. LXXXVI, p. 887].

Le bromure d’aluminium, chauffé avec un mélange de benzine et de bromure de propyle ou d'isopropyle, donne de l’isopropylbenzine [Gustavson, Deutsch. chem. Gesellsch., 1818, p. 1251]. On obtient de la diamylbenzine avec le chlorure d’amyle dans des conditions analogues [Auslin, Bull. Soc. chim., 1879, t. XXXII, p. 12]. La benzine agit sur le trichlorure de benzényle C6115-CC13, en présence d’un chlorure métallique avec formation de triphénylméthane ]Doebner et Magatite, Deutsch. chem. Gesellsch., 1879, p. 1468].

Lorsqu’on chauffe du cuivre ou du zinc en poudre avec un mélange de benzine et de chlorure de benzyle, il y a dégagement d’acide chlorhydrique, et il se forme principalement du diphénylméthane,

Ce H»- CHS Cl + Ce IIG = C«H8-CH2-C«H5-]-HCl

[Zincke, Ann. Chem. Pharm., t. CLIX, p. 374; Bull. Soc. cliim., t. XV, p. 264 ; Deutsch. cliem. Gesellsch., 1873, p. 119].

Friedel et Crafts [Bull. Soc. chim. t. XXX, p. 146] ont trouvé que les chlorures de zinc, de fer, de cobalt et de zirconium agissent comme le chlorure d’aluminium sur un mélange de chlorure de benzyle et de benzine avec formation de diphénylméthane. La benzine et l’acide phénylacétique bromé CG Hs -C II Br - CO2 H, chauffés avec la poussière de zinc, donnent l’acide diphénylacétique et d’autres acides [Symons et Zincke, Liebig’s Ann. Chem., t. CLXXI, p. 117; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 132].

Produits de condensation de la benzine avec d’autres corps organiques. — Baeyer a étudié l’action des aldéhydes et de leurs dérivés sur la benzine, en présence d’acides possédant un fort pouvoir condensateur.

Un mélange d’acide sulfurique concentré et d’acide acétique, réagissant sur un autre mélange de méthylal C H2 (O C II3)2, de benzine et d’acide acétique, forme du diphénylméthane. L’aldéhyde dichlorée donne dans les mêmes conditions un produit cristallisé [A. Baeyer, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 1094; 1873, p. 220; Bull. Soc. chim., t. XIX, p. 266, t. XX, p. 207]. L’acide sulfurique agit sur un mélange de benaine et de paraldéhyde avec formation de diphényléthane [Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 1190; Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 3641. Un mélange de 2 molécules de benzine et de 1 molécule de chloral, condensé au moyen de l’acide sulfurique, donne du diphényltrichloréthane ,

2C6H°+ CCl3-COH= CCl3-CII (C6 H5)2 + H2 O.

Avec le bromal, dans les mêmes conditions, il se forme du diphényltribromométhane [Gold- .schmidt, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 985; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 547].

Un mélange d’éther dichloré et de benzine est condensé par l’acide sulfurique avec formation du corps C H2 Cl = C II (Ce II5)2. Avec l’aldéhyde butyrique trichlorée C3 II4 Cl3 -C II O, il se forme dans les mêmes conditions le corps

C8 H4 Cl3 - CH (C6 II5)2

[Ed. Ilepp, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 1439, 1874, p. 1420; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 504; t. XXIV, p. 37].

On obtient encore du diphénylméthane en faisant agir l’acide sulfurique sur un mélange d’alcool benzylique et de benzine [Meyer et YVurster, Deutscli. chem. Gesellsch., 1873, p. 903].

D’après Hemilian, en chauffant un mélange de benzhydrol C6 II5 - Cil (O II) -Cfi II5, de benzine et d’anhydride phosphorique, il se forme du triphénylméthane [Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 1203; Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 371]'. L’anhydride phosphorique agit sur un mélange de crésylphénylcarbinol et de benzine avec formation de crésyldiphénylméthane [E. et O. Fischer, Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 197]. Avec un mélange de diphénylène-carbinol,(CG IP)2 C H. O H, et de benzine, il se forme du diphénylène-phénylméthane, (C° H4)2 C II - C6 IIS, d’après la réaction

(C3 H4)2 CIL O II -f CP IIe = (ǫH4)2CH-C8BS + II2 O

[W. Hemilian, Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p.202 ; Bull. Soc. chim, t. XXIX, p. 371].

La benzine chauffée avec un mélange d’anhydride benzoïque et d’anhydride phosphorique donne de ladiphénylacétone [Kollaritz et Merz, Deutsch. cliem. Gesellsch., 1872, p. 447; Bull. Soc. cliim., t. XIX, p. 352] :

2CGIIG + (C6 H5 - C O)2 O = H2 O + 2 C O (C6HS)2.

L’anhydride phosphoi’ique agit à une température élevée sur un mélange d’acide phénylsulfonique et de benzine avec formation de phénylsulfone :

C6 Hs. S O2. 0 II -f- CG HG= C° H5. S O2. CG II5 + H2 O.

Avec un mélange de benzine et d’acide paracrésylsulfonique, il se forme de la phénylcrèsylsulfone [Michael et Adair, Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 117; Bull. Soc. cliim., t. XXX, p. 368].

On obtient de l’acide orthobenzoylbenzoïque en faisant réagir de l’anhydride phtalique sur un mélange de benzine et de chlorure d’aluminium :

CGHG -f C6fI4(C0)20 = CGH3-C0-CGH4-C02H.

Dans les mêmes conditions avec de l’anhydride acétique, il se forme de l’acétophénone [Friedel et Crafts, Bull. Soc. chim, t. XXX, p. 2].

Action du potassium, du sodium ? etc. — D’après Ch. Lauth [Bull. Soc. chim., 1865, t. IX, p. 3], la benzine est attaquée par le sodium, avec formation d’un corps solide. Berthelot a trouvé au contraire qu’il n’y avait pas de réaction. Abeljans chauffa du potassium et de la benzine à 250° en tubes scellés ; il obtint une masse bleu noirâtre qui s’enflamma à l’air; le bromure d’acétyle réagit sur ce composé : il se forme de l’acétylène, delà diphénylbenzine et un carbure de la formule CG H8. Lorsque la masse bleue est décomposée par l’eau, il se forme du diphényle et une certaine quantité du corps C8 H8 [ Deutsch . chem. Gesellsch., 1872, p. 1027 ; 1876, p. 10; Bull. Soc. chim., t. XIX, p. 268 ett. XXVI, p. 294].

Le magnésium chauffé avec la benzine donne une masse noire, qui, décomposée par l’acide chlorhydrique, laisse déposer du charbon [Parkinson, Chem. Soc. Journ., t. XXI, p. 117].

Action des chlorures. — Michaëlis [Liebig’s Ann. der Chem., t. CI.XXIX, p. 265; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 376] dirigea à travers un tube rempli de pierre ponce un mélange de benzine et de trichlorure de phosphore ; il obtint un corps de la formule C6II5PC12. En employant, un mélange de chlorure d’arsenic et do benzine, il observa la formation du chlorure d’arsènephényle CG II5 As Cl2 [Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 1883; Bull. Soc. chim., t. XXXII, p. 216].

BENZINE

BENZINE

En faisant passer des vapeurs de chlorure d’antimoine ou d'étain avec de la benzine à travers un tube chauffé au rouge, on obtient du diphénylc [Smith, Cliem. Soc. Journ., 1870, t. II, p. 30 {Bull. Soc. chirn., t. XXX, p. 197]. Le perchloruro d’antimoine agit sur la benzine avec formation de benzine mono et dichlorôe [Lœssner, Journ. prakt. Chem. (2), t. XIII, p. 418; Bull. Soc. chirn., t. XXVII, p. 116].

Le chlorure d’étain est réduit par la benzine qui est transformée en diphényle [Aronheim, üeutsch. cliem. Gcsellsch., 1876, p. 1898; Bull. Soc. chirn., t. XXIX, p. 286].

Le bromure d’aluminium, en réagissant sur la benzine, se combine d’abord avec. elle en formant une combinaison double de la formule Al2 Br6. 6 C6 I-I» [Gustavson, Bull. Soc. chirn., t. XXX, p. 435],

Par l’action du chlorure de chromyle, il se forme presque la quantité théorique de quinone trichlorée :

C6II6 + 4 Cr O2 Cl2 =. Ce II Cl3 O2 + 2Cr203 -f 5 II Cl.

[Carstanjen , Journ. prakt. Chem., t. CVII , p. 331].

Étard a obtenu, dans cette réaction, de la quinone, ainsi qu’un dérivé chloré qui, à une température élevée, se transforme également en quinone [Étard, Compt. rend., t. LXXXIV, p. 391; Bull. Soc. cliim., t. XXVIII, p. 275],

Action physiologique delà benzine. — La benzine ingérée par l’homme ou les animault se transforme dans l’organisme, selon Schultzen et Naunyn [Chem. Centralb., 1867, p. 705], en phénol, qu’on retrouve dans l'urine; d’après Münck [Pfliigers' Archiv., t. XXII, p. 142], ce n’est pas à l’état de phénol libre que la benzine est éliminée, mais ce corps ne se forme qu’après décomposition des urines par l’acide sulfurique. Beneck [Gaz. méd. de Paris, 1878, p. 644], n’a pu non plus constater la présence de ce corps dans les urines. D’après des recherches plus récentes de Baumann et llerter [Zeitschr. pliysiol. Chem, t. I, p. 244], la benzine se transforme dans l’organisme en acide phényl-sulfurique.

D'après Beneck (foc. cit.), la benzine n’est pas absorbée en injections hypodermiques, et les animaux peuvent en supporter des doses énormes quand elle est donnée par voiedigestive. Iln’en est pas de même si on l’administre par inhalation ou en injections intraveineuses. La benzine augmente en général les secrétions et les modifie d’une façon variable.

Bachetti a trouvé que la benzine introduite dans les organes respiratoires produit rapidement une anesthésie, mais qui est suivie de crampes violentes; elle n’agit mortellement que lorsqu’elle est absorbée en assez grande quantité (10«r chez les lapins).

La benzine est un excellent antiseptique et désinfectant [Naunyn, Zeitschr. Chem,., 1866, p. 122; — Wiederhold, Deutsch. Industrie-Zeit., 1870, p. 442;— Possoz, Bull. Soc. chirn., t. XXI, p. 191].

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