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H2C CH

AzH2-c c CH3

Déhydrotriacétomimine.

Alcool diacétonique, C6Hl202. — Lorsqu’on fait agir l’acide azoteux sur la diacétonamine, on obtient de l’oxyde de mésityle, ainsi que l’ont observé MM. Sokoloff et Latschinofî [Deutsch. chem. Gesellsch., t. VII, p. 1384].

D’après M. Heintz , en même temps que l’oxyde de mésityle, il se produit une certaine quantité d’un corps alcoolique. Voici comment il faut opérer pour l’isoler. On dissout Toxalate acide de diacétonamine dans trois fois son poids d’eau chaude, et on laisse refroidir la solution en l’agitant fréquemment. On refroidit avec de l’eau glacée jusqu’à 5° environ, et on y ajoute peu à peu, en refroidissant toujours, de 1 1/2 à 2 p. d’azotite de potassium. Il faut agiter constamment le liquide jusqu’à ce que toute la quantité d’azotite soit ajoutée. Ensuite on abandonne pendant quelques jours le mélange dans l’eau glacée. Finalement on distille avec précaution ; l’oxyde de mésityle passe avec les premières parties d’eau. On sépare du liquide restant une petite quantité d’une huile qui surnage, et après avoir neutralisé au besoin par le carbonate de potassium, on agite avec de l’éther. On dessèche la solution éthérée avec du chlorure de calcium et on distille. Le composé alcoolique reste et peut être obtenu pur par distillation. Il bout à 163, 4-164°, 5.

Densité de vapeur, 4,19. Théorie, 4,02. Densité

Ce composé est identique avec celui que M. Heintz avait désigné par le nom de polyacèlone et qu’il avait trouvé dans une acétone sur laquelle avait agi une solution aqueuse de potasse. L’alcool diacétonique, que Ton peut d’ailleurs considérer comme du triméthylcarbinol acétylé, ou, en appelant acétonyle le groupe

(CHs-CO-CH3)'

comme du diméthylacétonyle carbinol,

HO.à-CH*-CO-C H8,

Cil3

est un liquide incolore, un peu sirupeux, miscible à l’eau, à l’alcool, à l’éther. Il produit sur le papier une tache qui disparaît au bout de quelque temps. Son odeur rappelle celle de l’oxyao de mésityle, mais elle est moins forte; sa saveur est brûlante. Il brûle avec une flamme éclairante.

Le sodium l’attaque vivement avec dégagé-

ACÉTONES. — 25 — ACÉTONES.

ment d’hydrogène; le produit brunit. La réaction se fait mieux lorsqu’on l’étend d’éther absolu. Dans ce cas, on remarque qu’il ne se dégage plus d’hydrogène. Il se forme en même temps la combinaison sodée de l’alcool diacétonique et celle d’un glycol propylénique triméthylé.

En laisant réagir le chlorure d’acétyle sur le mélange, en présence de l’éther , en lavant ensuite avec l’eau, puis avec la soude, on a une liqueur éthérée qui, distillée, fournit deux produits, bouillant, l’un vers la température d’ébullition de l’alcool diacétonique, et l’autre entre 260 et 290°. Ce sont tous deux des éthers acétiques, le premier sans doute de l’alcool diacétonique.

L’alcool diacétonique traité par l’acide sulfurique donne de l’oxyde de mesityle, puis à la longue de l’acide mesytilsulfurique de Kane. Il se comporte ainsi à la façon des alcools tertiaires, qui donnent des hydrocarbures dans des conditions analogues.

La disulfacètone de M. Wislicenus est probablement le corps sulfuré correspondant à l’alcool diacétonique [Heintz, Liebig’.i Annal., t. CLXIX, p. 114; t. CLXXV1II, p. 342J. Ch. Friedel.

ACÉTONES. — Nomenclature. — Il existe une certaine confusion dans la nomenclature des acétones. Les acétones symétriques, c’est-à-dire renfermant le carbonyle uni à deux fois le même radical hydrocarboné, ont été désignées tout d’abord, suivant l’analogie de l’acétone, par le radical du nom de l’acide suivi de la terminaison one. Exemples : propione, butyrone, etc. Toutefois M. Chancel, au lieu d’appeler benzone l’acétone do l’acide benzoïque, lui a donné le nom de benzophénone et des noms analogues ont été souvent employés pour des acétones renfermant le radical phényle. Exemples : phlalopliénone, acetophénone.

Quant aux acétones dissymétriques, c’està-dire renfermant le carbonyle uni à deux radicaux hydrocarbonôs différents, on les a désignées par les noms réunis des deux radicaux acide et alcoolique qu’elles renferment. Exemple: méthyle-valéryfe (Williamson). Il faut remarquer que la même acétone peut être tout aussi bien appelée isobutyryle-acétyle, le carbonyle qui unit les deux groupes hydrocarbonés n’étant pas lié à l’un ou à l’autre d’une manière particulière. Quelquefois aussi on a considéré les acétones mixtes comme des acétones symétriques, dans lesquelles un ou plusieurs atomes d’hydrogène sont remplacés par des groupes hydrocarbonés. C’est ainsi que M. Limpricht a donné les noms de méthylbutyrone, èthylbutyrone, etc., à des produits obtenus dans la distillation du butyrate de calcium et renfermant CH3, et C!IW de plus que la butyrone. M. Fittig de même a appelé methylacétone le corps

CiHSO = CH3. -CH*. - CO -CH3.

C.ù mode de désignation n’indique pas le plus souvent d'une manière claire les radicaux hydrocarbonés qui sont contenus dans le composé; elle prête d’ailleurs à la confusion avec celui qui est devenu usuel en Allemagne, et qui consiste à faire suivre les noms des deux radicaux hydrocarbonés du mot kétone. Ainsi, par exemple, l’acétone ordinaire est la dimélhylkétone ; le methyl-valéryle, la méthyl-isobutylkétone; le methyl-bcnzoyle (appelé aussi acétophénone), la méthyl-phenylkètone, etc.

Il nous semble encore plus simple d’appeler ces mêmes corps dimctliylcarbonyle, méthylisobutyle-carbonyle, et methylphényle-carbonyle, etc. Les noms d acetone, de propione, de butyrone, etc., conservent d ailleurs toujours, lorsqu’ils peuvent être employés, l’avantage de la brièveté.

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