‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 265 sur 589 · C6 H5 - C II* - C6 II4 - C2 II · texte numérisé non relu

C6 H5 - C II* - C6 II4 - C2 II

— Pour la préparer, on chauffe, au réfrigérant ascendant, 50 grammes d’éthylbenzine avec du zinc en poudre et 00 grammes de chlorure de benzyle. On distille le produit et on le traite par uue nouvelle quantité de chlorure de benzyle et de zinc. Après quatre opérations semblables, on sépare par distillation le produit de la réaction.

La benzyléthylbenzine est un liquide incolore, soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme. Elle bout à 294-295°. Densité à 18°, 9 = 0,985 [J. -Fr. Walker, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 686] . Soumise à l’oxydation, elle donne de l’acide parabcnzoyle-benzoïque et une acétone fusible il 120°, et cristallisable dans l’éther en cristaux rhombiques [Br. Rndziszewski, Deutsch. chem. Gescllsch., 1873, p. 810].

BENZYLIQUE (ALCOOL), C7I180 (t. I,

p. 519). — L’alcool benzylique se rencontrant à l’état de cinnamate dans le baume de Pérou, comme l’a montré Scharling (t. I, p. 519 et 918), Kachler a proposé de l’en retirer par l’action de la potasse. 100 parties de baume lui ont fourni 20 p. d’alcool benzylique, 46 p. d’acide cinnamique brut et 32 p. de résine. Le styrax, outre la styracine (cinnamate de phényl-allyle) renferme egalement du cinnamate de benzyle (cinnaméine) [Kachler, Journ. prakt. Chem., t. CVII, p. 307 ; Bull. Soc. chim. ,t. XIII, p. 460; — Laubenheimer, .4mt. Chem. Pharm., t. CLXIV, p. 489], ’

L’alcool benzylique se forme dans l’hydrogénation de l’acide benzoïque et de l’acide hippurique [Hermann, Jahresber. Chem., 1865, p. 354]. D après Otto, 1 action de l’amalgame de sodium sur l’acide hippurique en solution alcaline fournit l’acide hydrobenzylurique, OHHAzOy qui, bouilli avec les alcalis, donne du glycocolte, dé

l’acide benzoléique, C7 II 10 O2, et de l’alcool benzylique [Ann. Chem. Pharm., t. CXXXIV, p. 303, Bull. Soc. chim., 1866, t. V, p, 381].

Le chlorure de cyanogène gazeux agit sur t alcool benzylique en donnant de la benzyl-urôthane, CO AzH*(0 C7II7), et du chlorure de benzyle; avec le chlorure de cyanogène solide, les produits varient suivant les conditions de l’expérience: il se forme surtout de la benzylurôthane, fusible a 80°; de plus un composé fusible à 153° qui paraît être du evanate ou du cyanurate de benzyle, et un dérivé fusible à 143° dont la formule semble être C15H14Az20. [Cannizzaro, Gazz. chim. ital., t. I, p. 33; Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 304].

Chauffé avec de l’azotate d’urée, l’alcool benzylique donne à 100° de la dibenzylurée et à 150- 160° de la benzyl-uréthane ; le rendement est faible [Campisi et Amato, Bull. Soc. chim.,t. XV, p. 134]. , , ,

dérivés chlorés. — Alcool parachlorobenzylique, C6 II4 Cl -Cil2. 0 FI. — [Beilstein et Kohlberg, Zeitsch. Chem., 1867, p. 157 ; Bull. Soc. chim., t. IX, p. 491; — Neuhof, Ann. Chem. Pharm., t. CXLVII, p. 344; Bull. Soc. chim., t. XI, p. 162]. Le chlorure de parachlorobenzyle, C« H4 Cl-C H2 Cl , fournit avec l’acétate de potassium un acétate que l’ammoniaque transforme à 160° en alcool parachlorobenzy lique.

Ce corps est peu soluble dans l’eau bouillante, insoluble à froid. Par cristallisation dans l’eau, il se présente sous forme de longs cristaux aciculaires, fusibles à 66°, bouillant sans décomposition; à l'oxydation, il donne de l’acide parachlorobenzoïque.

Alcool dichlorobenzylique, C6 H3 Cl* -CH2. OH. — [Beilstein et Kuhlberg, Zeitsch. Chem., 1868, p. 25; Bull. Soc. chim., t. X, p. 46]. Obtenu par l’action de l'ammoniaque sur l’acétate dichloré, il est en cristaux solubles dans l’eau bouillante, fusibles à 77°.

Alcool trichlorobenzy lique, C6 II2 Cl3 -CH*. OU [Beilstein et Kuhlberg, Zeitsch. Chem., 1869, p. 526 ; Bull. Soc. chim., t. XIII, p. 2661. — Il s’obtient directement par l’action à 150° au chlorure de trichlorobenzyle sur l’acétate de potassium en solution alcoolique; on peut le faire cristalliser dans l’eau.

L ’ alcool tetrachlorobcnzylique,

C« H Cl4 -CH*. O H,

et l 'alcool pentachlorobenzyliquejC^C^-CE^.Oll, s’obtiennent de la même manière avec les dérivés chlorés du chlorure de benzyle; le premier cristallise dans l’eau bouillante. Le second est insoluble dans l’eau et cristallise dans un mélange d’alcool et de benzine en fines aiguilles fusibles à 193°.

dérivé nitré. — Alcool paranitrobenzylique, C6 H4 (Az O2) - C H2 . 0 II (Beilstein et Kuhlberg). — L’acétate nitrobenzylique chauffé à 100° avec de l’ammoniaque aqueuse fournit cet alcool sous forme de fines aiguilles incolores et brillantes, fusibles à 93° ; traité par l’acide azotique fumant il se convertit en alcool dinitré,

C6 II3 (Az 0*)2-CH2.0H;

on précipite par l’eau le produit qui se solidifie; il cristallise en fines aiguilles, fusibles à 71°. Éthers benzy tiques.

Les oxydes mixtes de benzyle et de méthyle, de benzyle et d’éthyle, etc., ne donnent pas de dérivés de substitution par action directe du chlore ou du brome. Avec le premier, le chlore donne à froid de l’hydrure de benzoyle, du chlorure de méthyle et de l’acide chlorhydrique; à chaud, on obtient du chlorure de benzoyle et, du chlorure de méthyle. Le second, traité à froid par le chloro

BENZYLIQUE (ALCOOL). — 3 hk — BENZYLIQUE (ALCOOL).

en présence d’iode, donne de l’essence d’amandes amères chlorée et de l’iodure d’élhyle [Sintcnis, Deutsch. chem. Gesellsch., 1871, p. 697; Bull. Soc. chim., t. XVI, t. 3261.

L’oxyde de phény le cl de benzyle, ou éther phénylbenzylique C6H5-CHS.0.C6I15, bout a 286-287“ et fond a 38-39°. Traité par le chlore ou le brome, il donne du trichlorophénol ou du tribromophénol, et du chlorure ou du bromure de benzyle. Chauffé avec de l’acide chlorhydrique concentré, il se dédouble en phénol et en chlorure de benzyle. On parvient à obtenir des produits de substitution en ajoutant du brome à la solution alcoolique de l’éther tenant de l’oxyde de mercure en suspension : le dérivé monobromé phényl-bensylique, C6II4Br-CH2.O.C°H5, est en aiguilles blanches, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool bouillant, fusibles à 59°. Le dérivé chloré obtenu de la même façon est en longues aiguilles fusibles à 74° (Sintenis).

Acétate de benzyle. — - Les dérivés chlorés s’obtiennent par l’action des dérivés chlorés du chlorure de benzyle sur l’acétate de potassium.

L 'acétate parachlorobenzy tique,

CeH4 Cl - C Hs. O (C2 H3 O), est un liquide incolore, d’une odeur aromatique, bouillant à 240° (Neuhof).

L’acétate dichloré est liquide et bout à 259° (Beilstein et Kuhlberg) .

L’acétate paranitrobenzylique, obtenu par E. Grimaux par l’action du chlorure de benzyle nitré sur l’acétate de potassium, se produit aussi par la nitration directe de l’acétate de benzyle (Beilstein et Kuhlberg). Il fond à 75° (E. G.) ; à 78° (B. et K.).

Bromure de benzyle, C6II5-CII2Br. — Traité par l’éther chloroxycarbonique et l’amalgame de sodium, il fournit l’acide dibenzylcarboxylique, C<3H1402 (Wurtz, t. Il, p. 941).

Le bromure de benzyle réagit à 100° sur le sulfure de méthyle; il se forme du bromure de triméthylsulfine, S(CH3)3Br, du sulfure de méthyle et de benzyle, C7H7-S-CH3, et de l’oxyde de méthyle et de benzyle, C7H7-0-CH3 [Cahours, Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 385].

Pour les dérivés bromés et nitrés, voyez à l’article Toluène, t. III, p. 461 et 463.

Chlorure de benzyle, CeH5-C II2 Cl. — Il se comporte comme le bromure de benzyle avec l’amalgame de sodium et l’éther chloroxycarbonique (Wurtz).

Étendu de toluène, et chauffé avec de la poudre de zinc, il fournit divers hydrocarbures, entre autres le benzyl-toluène. (Voyez Suppl., p. 346.) Avec le phénol et la poudre de zinc, il fournit du benzyl-phénol (t. II, p 830). Ce sont des réactions générales qui ont lieu avec les corps aromatiques, et qui s’accomplissent plus facilement avec le chlorure d’aluminium. (Voyez Aromatique série. Suppl., p. 227.)

Le chlorure de benzyle, chauffé à 410-120° avec de l’amalgame de sodium, ne fournit pas de mercure-benzyle ; il se dégage de l’acide chlorhydrique, et il se forme, avec une petite quantité de stilbène, un produit huileux commençant à bouillir à 300° [Aronheim, Bull. Soc. chim., t. XXVI, p. 496].

L’azotite d’argent, chauffé à 400° avec du chlorure de benzyle, réagit vivement; il se dégage du bioxyde d’azote. Le produit de la réaction cède à l’éther un corps azoté, qui se présente sous l’aspect d’un liquide jaunâtre, doué d’une odeur agréable, ^t qui se décompose brusquement à 170°; à 270°, il passe un produit non azoté qui cristallise facilement; ce corps n’a pu être étudié faute de matière.

L’azotite de potassium réagit a 150 sur le

chlorure de benzyle; il se forme de l’acide et de l’aldéhyde benzoïque, et des produits non azotés distillant de 450 à 280°.

Avec l’azotate d’argent, le chlorure de benzyle donne une huile qui se décompose brusquement à 470° en donnantdes vapeurs nitreuses, de l’acide et de l’aldéhyde benzoïque [II. Brunner, Deutsch. chem. Gesellsch., 1876, p. 1761; Bidl. Soc. chim., t. XXVIII, p. 209].

Les dérivés chlorés et nitrés du chlorure de benzyle sont décrits à l’article Toluène, t. III, p. 461 et 464.

Cyanure de benzyle, C7H7-CAz. — Le cyanure de benzyle, bien refroidi, se dissout dans l’acide azotique fumant; par l’addition d’eau, on précipite une huile qui se solidifie ; on lave le produit avec de l’eau et de l’alcool froid, et on le fait cristalliser dans l’alcool bouillant. C’est le dérivé nitré, C6 H4 (Az O2) - C II2 - C Az, cristallisant en longues aiguilles que la potasse en solution alcoolique fait passer au rouge, puis au vert.

Par réduction au moyen de l’acide chlorhydrique et de l’étain, le cyanure de nitrobenzyle se convertit en un dérivé amidé,

C8II8 Az2 = C6 II4 (Az II2) - C H2 - C Az,

qui cristallise par évaporation de la solution éthérée, mais se sépare de la solution aqueuse sous forme d’une huile. Le chlorhydrate est en belles tables, peu solubles dans l’alcool froid [Crumpelik, Deutsch. chem. Gesellsch., 4876, p. 472].

Iodure de benzyle, C7 H7I. — Le chlorure de benzyle, laissé en contact pendant plusieurs semaines avec de l’acide iodhydrique concentré, fournit l’iodure de benzyle, qui forme des cristaux incolores, fusibles à 24°, 5, d’une densité à 26° de 1,7335 rapportée à l’eau à 25° [Lieben, Zeitschr. Chem., 4870, p. 736; Bull. Soc. chim., t. XV, p. 414].

Acidebenzy l-sulfonique (Sulfite acide debenzylè), C7H803 S = C6 II5 - C H2. S O3 II

[Bûhler, 'Zeitschr . Chem., 1868, p. 440; Am. Chem. Pharm.] t. CLIV, p. 50 ; Bull. Soc. cliim., t. XI, p. 164; t. XIII, p. 164]. — On l’obtient à l’état de sel de potassium en faisant bouillir le chlorure de benzyle avec le sulfite de potassium. On isole l’acide en décomposant le sel de plomb par l’hydrogène sulfuré.

Il se forme aussi par l’oxydation du disulfure de benzyle au moyen de l’acide azotique [Barbabaglia, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 687; Bull. Soc. cliim., t. XVIII, p. 330].

L’acide libre forme des cristaux très déliquescents, solubles dans l’alcool; l’acide azotique fumant le transforme en un dérivé mononitré. Fondu avec de la potasse, il dégage de l'hydrogène et se transforme en acide benzoïque (Vogt et Henninger).

Le sel d’argent cristallise en écailles brillantes, anhydres; le sel de baryum et le sel de calcium sont en cristaux lamellaires renfermant une molécule d’eau ; le sel deplomb est en lamelles anhydres, incolores; il dissout de l’hydrate de plomb et donne un sel basique,

(C6 II5 - C H2 - S O3)2 Pb -]- Pb H2 O2 + H20.

Le sel de potassium, CGII8- CH2-S03K -f- H20,

cristallise en prismes orthorhombiques, devenant

anhydres entre 100 et 450°.

L echlorure benzy l-sulfonique, Ce‘ II5- CIL. S O- Cl, se produit par l’action du pentachlorure de phosphore sur le benzylsulfite de potassium ; il cristallise en prismes fusibles à 92°; 1 ammoniaque concentrée le convertit en une amide fusible à 105°, et cristallisant dans l’eau en petits prismes [Limpricht, Deutsch. chem. Gesellsch., 4873, p. 534],

BENZYLIQUE (MERCAPTAN). —

Acide ni trobensyl-sulf ufçux,

C6 H4 (Az 0!) - Cüs . S O3 II

(Bohlcr). — On l’obtient à l’état de sel de baryum en faisant bouillir le benzylsulfite de baryum avec de l’acide azotique. Le sel cristallise en aiguilles incolores avec deux molécules d’eau. Le sel de plomb neutre est en aiguilles renfermant trois molécules d’eau.

Acide chlorobenzyl-sulfureux,

C6 II4 Cl- C H2 . S O3 H

(Vogt et Henninger). — Voy. t. III, p. 464.

BENZYLO-STJLFONE, ( C® II5- CH2)8 SO2^ JVogt Ct

Henninger, Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 548]. (.c

corps neutre se forme en même temps que le benzyl-sulfonate de potassium par l’action du chlorure de benzyle sur le sulfite de potassium ; il est en belles aiguilles aplaties, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, fusibles à 150°.

Avec le chlorure de benzyle chloré, il se forme un corps analogue, la bcnzyl-sulfone chlorée, (C°H''C1-CII2)2S02, voyez t. III, p. 464.

Acide benzylo-hydro-sélénieux, C7 II7. Se O2 IL — [Loring Jackson, Deutsch. chem. Gesellsch-, 1874, p. 1277 ; Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 565]. On l’obtient par l’action de l’acide azotique à froid sur le diséléniure de benzyle (C7II7)2Se2. Il est en prismes aplatis, fusibles a 85°, peu solubles dans l’eau froide, solubles dans l’eau

bouillante.

Le sel d'argent, C7Il7Se02Ag, est un peu soluble dans l’eau bouillante; il est en cristaux capillaires. Il noircit à 100°. Le sel d’ammonium est en agrégations mamelonnées. Le sel de baryum et lo sel de sodium sont très solubles; le sel de plomb est insoluble. E. Grimaux.

BENZYLIQUE (MEUCAPTAN) [Syn. Sulfhydrate de benzyle], Cfi H«-CH2.S IL (Voyezt. I, p.582;.

— Le mcrcaptan bcnzylique est attaqué énergiquement par le brome en donnant du bisulfure de benzyle, (C7 H7)2 S2.

Il dissout le sodium avec dégagement d’hydrogène; le dérivé sodique, traité par l’iodure d’éthyle, fournit le sulfure, C7H7-S-C2H5. La combinaison mercuriquc donne, avec l’iodure d’éthyle à 130°, un liquide jaune qui cristallise par le refroidissement [Maerker, Zeitsch. Chem., 1866, p. 314; Bull. Soc. chim., t. VII, p. 171].

Sulfure de bemyle et d’éthyle, C7 II1 - S - C3 II5

— 11 s’obtient par l’action de l’iodurc d’éthyle sur le mcrcaptan benzylique sodé; il bout à 214- 216° (Maerker).

Sulfure de benzyle ct de méthyle, C7H7-S-C.II3.

— Il se produit par l’action du bromure de benzyle sur le sulfure de méthyle; il bout à 200'’ [Cahours, Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 385].

Sulfhydrate de nitrobenzyle,

C6H4(Az02)-C II2. SH.

— L’action du sulfhydrate d’ammonium sur le chlorure de benzyle nitré fournit le mcrcaptan benzylique nitré, insoluble dans l’eau, cristallisant dans l'alcool et fondant à 140°. L’ammoniaque le transforme en bisulfure de nitrobenzyle [Strakosch, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 692; Bull. Soc. chim., 1872, t. XVIII, p. 333].

Sulfure DE benzyle, (C7II7)2 S. — Chaufféà 100° avec du brome, il donne du bromure de soufre et du bromure de benzyle (Maerker).

L’iodure de méthyle et le sulfure de benzyle réagissent à 100°. Il se forme de l’iodure de trimélhyl-sulfine et de l’iodure de benzyle [Cahours, Mém. cité].

Bisulfure de benzyle. — Le dérivé nitré,

[C6 II 4 ( Az O2) - C H2]2 S3,

se forme par l’action de l’ammoniaque sur le

345 — BENZYLISOXYLÈNE.

sulfhydrate de benzyle nitré; il est en petits cristaux jaunes, fusibles à 89°, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et dans l’éther (Strakosch). E. Grimaux.

BENZYLISOXYLÈNE,

C15H1« = CgH5-CII2-C6 II3 (G Il3j2.

— Produit par l’action du chlorure de benzyle sur l’isoxylène en présence de la poudre de zinc. Cet hydroearbone forme un liquide incolore, bouillant à 295-296°.

Traité par l’acide chromique, il donne l’acide benzoyle-isoplitalique,

Ci* Il 10 O5 = C6 H» - CO - C6II3 < £ : QS [5

Cet acide est peu soluble dans l’eau, la benzine, le chloroforme ; soluble dans l’alcool, l’éther, l’acide acétique. Il fond à 278-280°. Ses sels de baryum et de calcium sont plus solubles à froid qu’a chaud.

La réduction de l’acide benzoyle-isophtalique par le zinc et l’acide chlorhydrique produit non un composé correspondant à un acide benzhydryle-isophtalique , mais un acide C13H'0O4, cristallisable en prismes et fusible à 206°, qui constitue sans doute un anhydride benzhydryleisophtalique :

C6 II5 -CH- C6 II3-CO. OII Ô-(ÎO

[Th. Zincke, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 799; 1875, p. 319]. E. Willm.

BENZYLNAPHTALINE, C10H7-CH2- C6H3.— Cet hydrocarbure se forme lorsqu’on fait agir le chlorure de benzyle sur la naphtaline en présence du zinc [Froté, Compt. rend., t. LXXVI, p. 639. — P. Miquel, Bull. Soc. chim., t. XXVI,

Pour préparer la benzylnaphtaline, P. Miquel chauffe dans un ballon spacieux un mélange de 140 p. de naphtaline et de 20 p. de poudre de zinc, sur lequel il verse 100 p. de chlorure de benzyle. Dès que la réaction s’établit, il faut porter le ballon dans l’eau tiède pour l’empècher de devenir tumultueuse. Le produit de la réaction est alors distillé, et les portions passant au delà de 310° sont exprimées, distillées de nouveau, puis soumises à la cristallisation dans l’alcool éthéré.

La benzylnaphtaline cristallise en prismes clinorhombiques, volumineux et incolores. Elle fond à 64° et distille entre 330 et 340°. Densité à 17°

= 1,166. Elle se dissout dans 30 p. d’alcool bouillant et dans 2 p. d’éther ou de sulfure de carbone ; elle est soluble aussi dans la benzine, le chloroforme, le pétrole.

Elle donne une combinaison picrique cristallisée en aiguilles jaunes, qui fondent au-dessus de 109° en se décomposant.

Le dérivé monobromé C17H13Br est sirupeux et se forme par l’action du brome sur le carbure dissous dans le sulfure de carbone. L’action directe du brome donne des dérivés solides.

L’acide azotique fumant transforme la benzylnaphtaline en dérivé trinitré, C17 II11 (AzO2)3, qui n’a pas été obtenu cristallisé.

On obtient l’acide benzylnaphtylsulfonique, C17 H13. SO3 H, composé ineristallisable, lorsqu’on dissout la benzylnaphtaline dans un mélange d’acide sulfurique ordinaire et d’acide fumant. Ses sels sont en général très solubles et incristallisables. Les sels de cuivre, de plomb, d’argent, sont gommeux. Le sel d’ammonium est instable. Le sel de potassium C17 H 13 SO3 K + H-’O cristallise dans l’alcool en fines aiguilles incolores. Ed. Willm.

BENZYLTOLUÈNE. — 3^6 — BERBÉRINE.

BENZYLTOLUÈNE [ Syn. Phênylcrêsylmétliane, méthylbenzylbenzine],

CMP* = CMP-CIP-CMP-CIl3.

— Ce carbure est isomérique avec le dibenzyle et le dicrésyle.

Le benzyltoluène a été découvert par Limpricht, mais ce chimiste n’en a pas établi la constitution, et ce n’est qu’après les travaux de Van Dorp que l’on a constaté l’identité du composé de Limpricht et du benzyltoluène de Zincke. Le benzyltoluène de Zincke est un mélange de différents benzyltoluènes, comme le démontrent, les produits d’ovydation. Quoique l’on ait reconnu ce fait, on n’est pas parvenu à séparer les divers carbures isomériques.

Le benzyltoluène se forme lorsqu’on chauffe le chlorure de benzyle avec de l’eau en tubes scellés à 190° pendant huit heures [Limpricht, Ann. Chem. Pharm., t. CXXXIX, p. 312].

Zincke a préparé le benzyltoluène en chauffant le chlorure de benzyle avec du toluène, en présence de poudre de zinc. On procède de la façon suivante: On fait bouillir 100 gr. de chlorure de bonzyle et 72 gr. de toluène avec 20-30 gr. de poudre de zinc, au réfrigérant à reflux, jusqu’à ce que le dégagement de gaz chlorhydrique ait cessé. Alors on distille le mélange et l’on ajoute à la partie passant jusqu’à 200-210° un mélange de lOOgr. de chlorure de benzyle et de 65 gr. de toluène, pour la chauffer de nouveau avec de la poudre de zinc. Lorsqu’il ne se dégage plus d’acide chlorhydrique, on traite le produit de la réaction comme la première fois, et l’on additionne le liquide passant jusqu’à 200-210° d’un mélange de 100 gr. de chlorure et de 45 gr. de carbure. Après avoir fait bouillir de nouveau avec du zinc, on ajoute à la fraction 200-210° un quatrième mélange de 100 gr. de chlorure et 45 gr. de carbure et l’on répète l’opération. Les parties bouillant au delà de 210° sont alors réunies, et on en recuille les deux tiers par distillation, poulies fractionner ensuite; 400 gr. de chlorure de benzyle fournissent 227 gr. de benzyltoluène [Zincke, Ann. Chem. Pharm., t. CLXI, p. 93; Bull. Soc. chim., t. XV, p. 264].

Schützenberger a trouvé le benzyltoluène parmi les produits de l’action d’un excès d’iode sur le toluène à 200° [Compt. rend., t. LXX, p. 1707],

Le benzyltoluène est un liquide incolore, doué d’une odeur agréable, bouillant à 279-280° à 761m'n,5, d’une densité de 1,002 à 44°, de 0,995 à 17°, 5. Il est soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme et l’acide acétique. Lorsqu’on oxyde le benzyltoluène au moyen du dichromate de potassium et de l’acide sulfurique, il se forme delaméthylbcnzophénone et un mélange de deuxacides benzoylbenzoiques. L’acide azotique fournit ces mêmes produits, plus de l’acide benzylbenzoïque (Zincke). Comme nous l’avons dit plus haut, le benzyltoluène est un mélange de deux isomères et en effet il fournit par l’oxydation deux acétones et deux acides. On a pu séparer les produits d’oxydation, mais on n’a pas réussi à isoler plusieurs carbures, même par oxydation ménagée [Zincke et Plaskuda, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 908; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 460].

Lorsqu’on fait passer les vapeurs de benzyltoluène à travers des tubes chauffés au rouge sombre, on obtient de l’anthracène [A. Van Dorp. Liebig's Ann. Chem. t.CLXIX, p. 214; Bull. Soc. chim., t. XIX, p. 259].

Lorsqu’on fait passer le benzyltoluène sur de l’oxyde de plomb chauffé un peu au-dessous du rouge sombre, il se forme de l’anthracène [A. van

Dorp et Behr, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 753; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 465].

Dinitrobenzyltoluène, CuIP2(AzOs)2. — On prépare ce composé en introduisant du benzyltoluène, par petites quantités, dans de l’acide azoticiue, d’une densité de 1,50, fortement refroidi et précipitant ensuite par l’eau. Le dépôt lavé à l’eau est traité par de l’éther qui enlève des produits résineux. Pour achever la purification du dinitrobenzyltoluène on le fait cristalliser dans l’alcool bouillant. Il cristallise en aiguilles blanches, fusibles à 137°, peu solubles dans l’alcool froid et l’éther, solubles dans le chloroforme et la benzine. L’étain et l’acide chlorhydrique le convertissent en diamidobenzyltoluène [Th. Zincke et Milne, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 684; Bull. Soc. chim., t. XVIII, p. 400].

Tétranitrobenzyltoluène, C11 IP°(Az02)4. — Il se forme par l’action d’un mélange d’acide azotique et sulfurique concentrés sur le benzyltoluène, On enlève les résines par le chloroforme froid et l’on fait cristalliser dans la benzine chaude. Le tétranitrobenzyltoluène cristallise en prismes peu solubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme et la benzine froide, fusibles à 160-161° [Zincke et Milne, loc. cit.].

Diamidobenzyltoluène, C>MP2(Az H2)2. — On obtient ce composé par la réduction du dérivé dinitré au moyen de l’étain et de Tacide chlorhydrique. Il forme une poudre blanche cristalline, soluble dans l’alcool et l’éther. Dans la préparation, il se forme le chlorostannite, dont on sépare la base par la potasse.

Chlorhydrate, [O II>2 (Az H2)2]2 2 H Cl. — Aiguilles blanches, très solubles dans l’eau et l’alcool, que Ton obtient en dirigeant un courant de gaz chlorhydrique dans la solution aqueuse du:

Chlorostannite. — Aiguilles solubles dans l’eau.

Sulfate [Cu 1112 (Az H2)2]2 II2 S O*. — Aiguilles incolores [Zincke, loc. cit.].

Acide benzyltoluène-disulfonique,

CMP2 (S O3 II)2.

— Le benzyltoluène se dissoutàchaud dans l’acide sulfurique fumant , et donne l’acide benzyltoluène-disulfonique, en même temps que d’autres dérivés sulfoués. Tous les sels de ces acides sont très solubles et l’on n’est parvenu à isoler que le dérivé disulfoné. On sépare celui-ci des autres en transformant le mélange en sel potassique et en précipitant la solution concentrée par l’alcool. Le disulfonate se dépose, et est purifié par cristallisation dans l’alcool étendu chaud. Une fois pur, il est converti en sel plombique que l’on décompose par l’hydrogène sulfure.

L’acide benzyltoluène-disulfonique cristallise en longues aiguilles fusibles à 38°, solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther.

Sel de baryum, C'MP2(S03)2Ba + 82II20.

— Cristaux mamelonnés solubles dans l’alcool.

Sel de cuivre, CMP2(S03)2Cu -f 4 1 1120.

— Lamelles verdâtres, solubles dans l’alcool.

Sel de plomb, C'MI 2 (S O3)2 Pb. — Cristaux

prismatiques, insolubles dans l’alcool.

Sel de potassium, C’'1P2(S0>K)2 -]- 3aI120.

— Lamelles brillantes [Zincke et Milne, Deutsch.

chem. Gesellsch-, 1872, p. 685 ; Bull. Soc. chim., t. XVIII, p. 400]. M. Wassermann.

BERAUN1TE (Min.). —Variété altérée de vivianite. ,

BERBERINE. — Le bois de Coscinium fenestralum renferme 1,5 à 3,5 °/0 deberbérine. Pouf en extraire cet alcaloïde, J. Stenhousc recommande de faire bouillir le bois, convenablement divisé, avec un vingtième de son poids d’acétate de plomb dissous dans l’eau et additionné de la même quantité de litharge. Par la concentration

BERBÉRONIQUE (ACIDE).

de la liqueur filtrée, la berbérine brute cristal- i lise en aiguilles d’un brun foncé. Les eaux mères additionnées d'un excès d’acide azotique laissent déposer, après quelques jours, des cristaux d azotate de berbérine, sel peu soluble en présence d’un excès d’acide. On décompose ce sel par la chaux à l’ébullition, les alcalis et l’ammoniaque décomposant la berbérine.

Pour purifier laberbérine,onl& dissoutdans 1 eau bouillante, on précipite les impuretés par le sousacétate de plomb et l’on filtre bouillant. La berbérine pure cristallise par le refroidissement en aiguilles jaunes brillantes, solubles dans la benzine et dans le sulfure de carbone. La berbérine paraît exister dans le bois en combinaison avec un acide [Journ. chem. Soc.( 2), t. V, p. 187].

Weidel a trouvé pour la berbérine la formule C!0 H17Az04 f Deutsch. chem. Gesellsch-, t. VII, 1879, p. 410; Bull. Soc. chim., t. XXXIII , p. 93].

Acide beiuièroxique , C8H8Az06. Weidel [toc. •cif.] a obtenu cet acide en dissolvant la berbérine dans l’acide azotique concentré. La température ne doit pas s’élever au delà de 70 à 80°. Quand la solution, d’abord rouge, est devenue brun clair, on fait bouillir et l’on chasse l’excès d’acide azotique. Le résidu cristallise après quelques jours. Pour purifier l’acide berbéronique qui constitue les cristaux, on le transforme en sel de calcium que l’on décompose de nouveau par l’acide chlorhydrique.

L’acide berbéronioue est soluble dans l’eau bouillante, peu soluole dans l’eau froide, très peu soluble dans l’alcool bouillant, insoluble dans l’éther, la benzine, le chloroforme. Ses cristaux, qui sont prismatiques, renferment 2 H20; ils perdent 1 molécule d’eau à l'air et le reste à 105°.

Le berbéronate d'argent, C8II2Ag3Az06, est un précipité cristallin. Le sel de calcium, peu soluble, cristallise en petites aiguilles qui renferment (C8 IP Az 0°)s Ca3 + 8 II2 O.

Le sulfate ferreux colore en rouge la solution aqueuse d’acide berbéronique. Distillé, le berberonate de calcium fournit de la pyridine.

L’acide berbéronique, qui offre une grande analogie avec l’acide oxycinchoméronique (voyez Cinchoniné, Suppl.), représente peut-être l’acide pyridinotricarbonique, C5 II*Az(COîH)3.

E. Willm.

BERBERONIQUE (ACIDE). — Voy. Berbérine.

BERL1NITE (Min.) (Blomstrand). — Phosphate d’alumine hydraté, Al203. Ph205 -f- iHsO. Masses compactes, d’un gris ou d’un iose pâle, translucides, à cassure inégale, trouvées à la mine de fer de Westana, en Scanie (Suède). Accompagnées de quartz, dont elles sont d’ordinaire séparées par une mince couche de klaprothine.

Dureté, C; densité, 2,64.

A peine attaquable par les acides. Au chalumeau, blanchit sans fondre.

BETA i N ES [Syn. Oxynévrine], CsIIllAz02. — La bétaine a été découverte en 1866 par Scheibler, qui la retira du suc de betterave; en 1869, Liebreich, en traitant la triméthylamine par l’acide monochloracétique ou en oxydant la névrine, obtint une base de même formule que la bétaine, l 'oxynévrine ; l’année suivante , Liebreich d’une part, et Schcibler de l’autre, reconnurent l’identité de la bétaine avec l’oxynévrine. Griess a aussi obtenu de la bétaine en faisant réagir l’iodure de méthyle par le glycoeolle.

La bétaine représente un type do bases nouvelles, dont plusieurs termes sont connus , et auxquelles on a donné le nom générique de bétaines (voir plus bas, Constitution de la bétaine ) j

BÉTAÏNES.

[C. Scheibler, Zeitsch. Chem., 1866, p. 279; Deutsch. chem. Gesells., 1869, p. 292, et 1870, t. III, p. 155; Bull. Soc. chim., 1867, t. VII, p. 261; t. XII, p. 482; t. XIII, p. 517; — Liebreich, Deutsch. chem. Gesells., 1869, p. 187, et 1870, p. 161 ; Bull. Soc. chim., 1869, t. XII, p. 354, et 1870, t. XIII, p. 517 ; — Griess, Deutsch. chem. Gesells., 1875, p. 1406; Bull. Soc. chim., 1876, t. XXVI, p. 170].

Extraction de la bétaine. — Pour retirer cette base du jus de betterave, Scheibler précipite par le phosphotungstatc de sodium le jus fraîchement exprimé et acidulé d’acide chlorhydrique; on filtre rapidement le précipité qui renferme de l’albumine, de la matière colorante, de la cellulose et une petite quantité de bétaine, puis on ajoute du phosphotungstate de sodium, et l’on abandonne le tout pendant huit ou dix jours. Il se forme peu à peu un précipité cristallin ; on le lave et on le met en digestion avec de la chaux, qui produit un phosphotungstate de calcium insoluble et de la bétaine libre qui se dissout; on sépare la chaux par l’acide carbonique, on filtre, on évapore et on obtient de la bétaine brute que l’on purifie en la faisant dissoudre dans l’alcool concentré en présence de noir animal.

Pour séparer la bétaine de la mélasse, on étend celle-ci de 2 volumes d’eau, et l’on opère de même, en ayant soin de séparer le précipité formé par l’addition des premières portions de phosphotungstate de sodium.

Liebreich suit une méthode différente : il fait bouillir pendant douze heures, avec de l’eau de baryte, de la mélasse étendue d’eau; il sépare la baryte par l’acide carbonique, filtre, évapore et épuise le résidu par l’alcool. A l’extrait alcoolique concentré, il ajoute une solution concentrée de chlorure de zinc et obtient un précipité qu’il fait cristalliser dans l’eau. Cette combinaison zincique est décomposée par l’eau de baryte, l’oxyde de zinc séparé par le filtre, puis la baryte est précipitée exactement par l’acide sulfurique. La liqueur filtrée donne par concentration du chlorhydrate de bétaine cristallisé.

La bétaine s’obtient aussi, comme nous l’avons dit, par une oxydation ménagée de la névrineau moyen du permanganate de potassium ou de l’acide chromique, et par l’action à 100° pendant plusieurs, heures de l’acide trichloracétique sur la triméthylamine en vase clos (Liebreich).

Pour la préparer au moyen du glycoeolle, Griess opère de la manière suivante : 11 ajoute 3 molécules d’iodure de méthyle à 1 molécule de glycoeolle dissous dans la potasse concentrée pour rendre le mélange homogène. Au bout de peu de temps, le liquide s’échauffe, et, d’alcalin qu’il était, devient acide; on le sature peu à peu par la potasse, jusqu’à ce que cette acidité ne se produise plus. On neutralise alors parl’acide iodhydrique, on chasse l’alcool méthylique par la distillation, on étend d’eau et on ajoute au liquide une solution d’iode dans l’acide iodhydrique; il se sépare des aiguilles brillantes qui constituent un periodure de bétaine, d’où l’on peut isoler la base.

Propriétés (Scheibler). — La bétaine se dépose de l’alcool concentré en cristaux volumineux très brillants, contenant de l’eau de cristallisation, C5HllAz02 -j- H2 O, et tombant en déliquescence à l’air. A 100° ou dans l’air sec, ils s’effleurissentetperdenttouteleureau. Elleest très soluble; la solution saturée à 25° renferme 61,8 % de la base anhydre, et sa densité est de 1,1177. Cette solution a une saveur fraîche et sucrée, elle est sans action sur les réactifs colorés et n’agit pas sur la lumière polarisée.

Par l’action de la chaleur, elle se boursoufle

BETA INES.

— 348 — BÉTAÏNES.

en répandant l’odeur de la triméthylamine, puis celle du sucre brûlé, et laisse à la fin un charbon très divisé.

La potasse aqueuse l’attaque à l’ébullition ; il se dégage de la triméthylamine, et il se forme une base non volatile dont le chloraurate renferme

C8 II17 AzO» H Cl, Au Cl».

Le chlorhydrate , C5 Hn Az O2, H Cl, est en beaux cristaux inaltérables à l’air; ce sont des tables incolores et volumineuses appartenant au système clinorhombique ; le rapport des axes y est a: b : c = 1,2670 : 1 : 0,8107 ; l’angle ph' = 96° 44'; mm = 76" 62'.

Le chloraurate, C6 II1 1 Az O2, H Cl, Au Cl», cristallise en lamelles solubles dans l’eau bouillante, peu solubles à froid.

Le chloroplatinate,

(C»H>»Az02,HCl)2PtCl* 4- H20,

cristallise dans l’eau en cristaux volumineux s’efTleurissantàrairet donnant une poudre jaune.

Voxalatc aculc, les phosphates tri et bibasiques, le sulfate sont en cristaux bien formés ; le citrate, le malate et le tartrate n’ont été obtenus qu’en masses hygroscopiques.

La bétaïne se combine avec le chlorure de zinc en donnant des cristaux microscopiques,

C^H11 AzO2, ZnCl2

(Liebreich).

Constitution de la bétaïne. — Le chlorhydrate de bétaïne C5H11 AzO2, HCl étant par son mode de formation (action de l’acide chloracétique sur la triméthylamine) le chlorure d’un ammonium quaternaire,

CH2-CO.OH (CH3)» -Àz. Cl

il semblerait que la bétaïne qu’on en extrait, en traitant le chlorure par l’oxyde d’argent, devrait en dériver par substitution de OH à Cl et renfermer

CFP-CO.OH

(CII»)».Âz.OH

C5H13AzO»,

tandis qu’elle renferme C5 H11 AzO-.

Cette élimination d’une molécule d’eau vient de ce que le groupe C02H du résidu de l’acide acétique, qui est un groupe acide, et le groupe O H de l’hydrate d’ammonium quaternaire s’unissent comme le font les acides et les bases, en éliminant une molécule d’eau, de telle sorte que la formule de la bétaïne est

C II2 - C O (c ii»)» .Àz - 6,

ce corps pouvant fixer directement les acides sans élimination d’eau.

Cette formule de la bétaïne découle des recherches de Brühl; ce savant a fait voir, par l’étude du triéthylglycocolle, homologue de la bétaïne, que le chlorhydrate est un véritable chlorure d’ammonium quaternaire, ne perdant son chlore que par l’action de l’oxyde d’argent [Brühl, Ann. Chem. Pharm., t. CLXXVII, p. 199 ; Bull. Soc. chim., 1876, t. XXV, p. 75].

Comme on connaît plusieurs autres bases constituées comme la bétaïne; on leur a appliqué le nom générique de bétaïnes.

BÉTAÏNES.

Les bétaïnes actuellement connues sont : Le triméthylglycocolle (bétaïne),

C»HM AzO2

CII2-CO ; (C H3)» . Àz - O

Le triéthylglycocolle, C8H*7Az02 = La triméthylalanine, C°H,»Az02 =

CII2-CO (C2 II5)» . Az - O

CH -CO; (CH»)».Àz- Ô La triméthylbenzobétaïne,

C«Il'*-CO

C10II13AzO2 =

(CH»)».Àz - Ô ;

La triméthylanisobélaïne,

C11 H,5AzO» = C6H3-CO;

(CH3)». Àz - 6 L’hexaméthyl-diamidobenzobétaïne,

(C H»)»-Az — O

C1»II22Az20» = C6 II» - C O ;

(CII»)»Àz-OH

Et les bétaïnes phosphorées, la phosphobétaïne

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