B RO M I TE
dérivé substitué par la chaleur (Champion et Pellet).
La réaction de l’acide sulfurique sur les bromures alcalino-terreux constitue encore un bon moyen de préparer le gaz bromhydrique; dans ces circonstances, l’acide sulfurique n’est pas réduit comme cela a lieu quand on se sert des bromures alcalins (Bertrand). Avec ces derniers, on peut cependant tourner la difficulté en employant non plus l’acide sulfurique, mais les acides phosphorique ou arsénique sirupeux.
La dissolution d’acide bromhydrique saturée à 0° a pour densité 1,78; on peut la formuler H Br, lls O. L’hydrate bouillant régulièrement à 126°, D = 1,48, correspond à HBr, 511*0.
Voici une table donnant la teneur en acide anhydre des solutions bromhydriques aqueuses de diverses densités (Wright) :
H Br •/..
HBr*/..
Densité.
A. Étard.
BROMITE. — Voyez Bromargyre.
BROMOFORME. — Parmi les réactions qui donnent naissance à ce composé il faut citer l’action du brome sur les matières protéiques.
J.-A. Van ’t Hoff a observé sa production en traitant l’acide cyanacctique par le brome :
C H* (CAz) - CO OH -f 9Br + 2 H20 = C H Br3 + 2 CO* + Az + 6 H Br
[Deutsch. chcm. Gesellsch., 1874, p. 1571].
Le bromoforme est quelquefois contenu dans le brome du commerce.
Le bromoforme bout à 152° (Cahours) à 149- 150° (Ern. Schmidt). Densité à 14°, 5 = 2,775 (Ern. Schmidt). Il se solidifie à — 9°.
Un excès de brome en présence d’un alcali, ou plus lentement de l’eau, convertit le bromoforme en tétrabromure de carbone. La lumière est nécessaire pour que cette réaction s’accomplisse [Habermann, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 356].
BROMOPICRINE. — Pour préparer la bromopicrine, on ajoute 6 p. de brome à 4 p. de chaux, éteinte avec 50 p. d’eau, en évitant une élévation de température. On ajoute alors 1 p. d’acide picrique et l’on distille dans un vase de métal. La bromopicrine passe avec les premières portions (Th. Bolas et C. Groves).
La bromopicrine se produit aisément lorsqu’on traite le nilrométhane CH3(Az02) par le brome en excès, en ajoutant peu à peu de la potasse étendue au mélange [V. Meyer, Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 816].
La bromopicrine est un liquide denseet réfringent. Sa densité à 12°, 5 est égale à 2,811; son indice de réfraction pour la raie D -est 1,57. Refroidie, elle cristallise en prismes qui fondent à 10”, 25.
Elle se mêle en toutes proportions à la benzine, au sulfure de carbone, au chloroforme, au pétrole léger, à l’alcool, à l’éther. Elle dissout l’iode et la naphtaline. Elle n’est pas décomposée à froid par l’acide sulfurique concentré.
La bromopicrine distille sans décomposition dans le vide. Chauffée brusquement elle se décompose avec explosion au-dessus de 106°. Mais si l’on chauffe doucement , la décomposition est tranquille et se contiuue d’ellc-même si l’on cesse de chauffer. Il se dégage de l’acide carbonique et du bioxyde d’azote, en même temps qu’il distille un liquide rouge bouillant à 56°, 5, doué d’une odeur très irritante, attaquant rapidement le
caoutchouc. Ce produit répond sensiblement à la formule AzOBrL Enfin le résidu de cette décomposition est le tétrabromure de carbone [Th. Bolas et C. Groves, Journ. chem. Soc. (2), t. VIII, p. 153, et t. IX, p. 773 ; Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 277, ett. XVI, p. 282J. E. Willm.
BROMOX.U ORME (t. I, p. 24). — D’après Grimaux, il est identique avec l'acétone pentabromée (Suppl., p. 16).
B ROSIT K ou BROSS1TE (Min.). — Nom donné à une dolomie ferrifère de Traverselle (Piémont).
BRUCINE, C»H26Az*OL — Lorsqu’on électrolyse une solution de sulfate neutre de brucine, il se dégage de l’hydrogène au pôle négatif, mais pas d’oxygène au pôle positif, et le liquide entourant l’électrode positive se colore peu à peu en rouge. Avec le sulfate acide de brucine, cette coloration est plus rapide [Bourgoin, Bull. Soc. chim., t. XII, p. 441] .
Réactions. — La sensibilité delà réaction de l’acide azotique sur la brucine est telle qu’elle permet de retrouver soit Um8r,01 d’acide azotique dans 1 litre d’eau (Nicholson), soit (Jer,02 de brucine (Pander).
L’iodure double de bismuth et de potassium précipite les solutions de brucine au To‘00 et l’iodure ioduré de potassium, les solutions au (Pander).
Les agents réducteurs produisent dans la solution nitrique rouge de la brucine une coloration violette. Avec le sulfhydrate de sodium cette coloration violette passe au vert lorsque le réactif est en excès. Les acides étendus font virer la couleur au rose. Cette réaction permet de distinguer la brucine de la morphine [S. Cotton, Journ. Pharm. (4), t. X, p. 18].
D’après F. Baudrimont, le produit jaune de la réaction de l’acide azotique sur la brucine (la cacothéline) fournit, par les agents réducteurs, une matière violette qu’il nomme amétliystine et qui est colorée en vert par les alcalis | Ibid.., t. X, p. 58]. Dav. Lindo [Chem. News, t. XXXVII, p. 98; Bull. Soc. chim., t. XXXI, p 334], et R. Roehr [ Deutsch chem. Gesellsch., 1878, p. 741; Bull. Soc. chim., t. XXXI, p. 335] ont obtenu ce produit violet cristallisé, mais ne l’ont pas analysé.
D. Lindo ajoute à chaud une solution d’acide sulfureux à la solution nitrique de la brucine, lorsque cette solution est devenue jaune. Par le refroidissement, le produit de réduction se dépose en aiguilles violettes qu’on lava à l’eau froide, puis à l’alcool. Ces aiguilles sont très peu solubles dans l’eau froide, insolubles dans la benzine, l’alcool, le sulfure de carbone. Ce composé est très avide d’oxygène et il régénère le composé jaune, sans doute la cacothéline, par son oxydation. La potasse le dissout avec une couleur bleue, qui elle aussi devient jaune à l’air en passant par le vert.
R. Roche emploie le chlorure stanneux comme réducteur.
Avec le sulfure ammonique, on obtient finalement des aiguilles rouge brique, peu solubles dans l’eau froide et solubles dans la potasse avec une couleur bleue, qui vire au rouge par les acides.
Transformation en strychnine. — L’action prolongée de l’acide azotique étendu sur la brucine à chaud, donne naissance à de la strychnine C21 H22 Az202, qu’on peut isoler en évaporant, à sec, ajoutant de la potasse et épuisant par l’éther. Dans cette oxydation il se dégage de l’acide carbonique [Sonnenschein, Deutsch. chem.
Polysulfure de brucine. — Comme la strychnine, la brucine se combine au persulfure d’hydrogène. Ern. Schmidt a décrit deux combinai-
BRUCINE. - 373 - BUTYLÈNES.
sons IDeutsch ■ '-hem. Gesellsch., 1875, p. et t. X, p. 1288; Bull. Soc. chim., t. p. 219, et t. XXX, p. 89].
La première, qui a pour composition