XXVI
(C23H26Az204)3H2S6 -|- 6IIS O,
se produit lorsqu’on sature d’hydrogène sulfuré une solution alcoolique de brucine au dixième et laissant la solution exposée au contact de l’air. Elle se dépose en petites aiguilles jaunes, fusibles vers 125". Ces aiguilles se décomposent peu à peu en brucine, soufre et hydrogène sulfuré; les acides les dédoublent en brucine et persulfure d’hydrogène.
La seconde combinaison s’obtient lorsqu’on opère sur une solution de brucine au centième. Elle se dépose en cristaux rouge rubis appartenant au type dissymétrique et fondant à 155°. Ils ont pour composition
(C23 H26Az204)3.(II2 S6)2.
Triiodure de brucintom, C!3Il26Az204.I II.I3. — Longues aiguilles d’un bleu violet, à éclat adamantin, qu’on obtient en faisant cristalliser dans l’alcool le précipité brun que produit l’iodure ioduré de potassium dans les solutions de brucine fS.-M. Joergensen, Ann. Chim. Phys. (4), t. XI, p. 129].
Joergensen a décrit en outre une série de polyiodures de dérivés alcooliques de la brucine. Pour les obtenir, on procède comme pour les dérivés correspondants de la strychnine (t. Il, p. 1693), c’est-à-dire qu’à la solution alcoolique de l’iodhydrate de brucine substituée, par exemple, à l’iodhydrate de métbylbrucine, on ajoute 1 ou 2 molécules d’iode. Le polyiodure cristallise plus ou moins rapidement de cette solution. Ces composés perdent facilement de l’iode sous l’influence de la chaleur.
Triiodure de mêthylbrucinium,
C23 II26 Az2 O'.C II3. 13.
— Belles lames à éclat adamantin, groupées en rosettes, d’un jaune rouge par transparence, avec des reflets bleus; elles sont sans action sur la lumière polarisée.
Le penta-iodnre, C23II26Az204.CH3.I3, cristallise par le refroidissement en prismes noirs, à reflets bleus. Vus parallèlement à l’axe optique, dans la lumière polarisée, les cristaux paraissent opaques; normalement à l’axe, ils sont rouges. Triiodure d’éthybrucinium,
C23 H26 Az2 04.C2Hs.P.
— Masses hémisphériques à éclat métallique, ressemblant au cuivre réduit et composées de cristaux d’un jaune d’or.
Le penta-iodure, C23 II26 Az2 04.C2H5.I3, cristallise en belles aiguilles quadrangulaires vertes, à éclat métallique. Elles se comportent dans la lumière polarisée inversement des cristaux de pentaiodure de mêthylbrucinium. Elles perdent déjà de l’iode à 65".
Triiodure d’amylbrucinium,
C»HMAz2OLC«H«.I*.
— Fines aiguilles soyeuses d’un jaune rouge.
Le penta-iodure cristallise en longues aiguilles
rhomboïdales d’un vert bleuâtre, à éclat métallique, tout à fait opaques.
Triiodure d'allylbrucinium,
C23 H20 Az2 O4. C3 1I5.I3.
— Ressemble beaucoup à la combinaison méthylée; il est seulement un peu plus foncé. Le penta-iodure cristallise en longues aiguilles à quatre pans, possédant tout à fait l’éclat et la couleur des ailes de cantharides.
COBALTICYANURE DE BRUCINE,
C23 Il26Az204.II6Co2Cy12 -f 20 H2 O.
— On l’obtient par double décomposition entre le cobalticyanure de baryum et le sulfate de brucine en solutions bouillantes. Il se sépare presque entièrement en aiguilles par le refroidissement de la solution filtrée.
L enickelocyanure cristallise avec10H2O [R.-H. Lee, Sillim. Amer. Journ., 1871, t. II, p. 44].
Indications toxicologiques. — Introduite dans l’estomac ou dans le sang par injection sous-cutanée, la brucine se retrouve dans tous les organes et principalement dans le foie. Elle est en grande partie éliminée par les reins.
La putréfaction des matières animales est sans influence sur la brucine, même après plusieurs mois [Pander, Beitr. su gericht. Naclnu. des Brucins, etc., Dorpat, 1871, Bull. Soc. chim., t. XVIII, p. 416], E. Willm.
BRÜCKNERELLITE (Min.). — Nom donné par Dana à l’acide géorétinique.
BRUSIIITE (Min.). — Phosphate bicalcique hydraté CaHPO4-]- 2 II2 O trouvé dans le guano des îles Aves et Sombrero en croûtes cristallines incolores ou jaunâtres.
Caractères. — Soluble dans les acides. Dans le tube donne de l’eau, au chalumeau fond facilement avec boursouflement en colorant la flamme en vert; ce globule prend l’aspect cristallin par le refroidissement.
Dureté, 2 à 2,5; Densité, 2,21.
Forme cristalline. — Prisme clinorhombique de 142” 26', bj bj = 156° 46'; clivage p1 parfait et nacré.
BItYOïniXE. — Flückiger assigne à ce principe retiré, de l’élemi, la formule 2 Cl0Hl6.3H2O. 11 regarde la bréidine de Baup comme de la bryoîdine pure [Neu. Bepert. Pharm., t. XXIV,
BUXSEXITE (Min.). — Oxyde de nickel Ni O, cristallisé en petits octaèdres d’un éclat vitreux, d’un vert pistache, translucides. Trouvé dans une cavité avec d’autres minerais de nickel et avec des minerais d’uranium, à Johanngeorgenstadt (Saxe).
Dureté, 5,5; densité, 6,40.
BUTYLENES. — On connaît, aujourd’hui trois butylènes isomériques dérivés de l’éthylène par substitution; si dans l’éthylène on remplace II par C2II5, on a l’éthyléthylène ou éthylvinyle
et comme les quatre atomes d’hydrogène de l’éthylène sont chimiquement équivalents, on ne peut rencontrer qu’un seul carbure de cette formule. Si on substitue deux groupes méthyliques dans l’èthylène CH2 = CII2, on obtiendra deux produits de substitution différents suivant que les radicaux méthyliques remplaceront les deux atomes d’hydrogène d’un même groupe CH2 ou qu’ils se placeront dans deux groupes différents. Dans ce dernier cas, on a le dimèthyléthylène normal ou butylène d’érythrite formant une chaîne continue d’atomes de carbones :
dans le premier cas, on a l’isodiméthyléthylène ou isobutylène
carbure à chaîne latérale qui correspond à la fois à l’alcool isobutylique et à l’alcool butylique tertiaire; dans les deux autres butylènes, au contraire, dont les propriétés sont très voisines, les atomes de carbone offrent le même arrangement et forment une chaîne continue.
BUTYLÈNES. — 3
Nou9 décrirons à l'article ButylèneS-GLYCOls les bromures, chlorures, etc.
éthylvinyle, Cil3 - CI12-CH = CH2. — On a aussi appelé ce carbure butylène normal , parce qu’il dérive de l’alcool butylique normal, mais ce nom a été donné aussi au diméthyléthylène normal ; il vaut mieux y renoncer pour éviter les confusions. Chapmann semble avoir entrevu cet hydrocarbure [Cliem. Soc. Journ. (2), t. V, p. 28, et Ann. Chem. Pharm., t. CXLVI, p. 255]. On l’obtient, d’après Wurtz, au moyen du zinc-éthyle et de l’éthylène bromé, chauffés longtemps à 100° dans des tubes scellés ; d’après son mode de préparation, il devait être identique nu butylène dérivé de l’alcool normal, et cette identité a été démontrée par Wurtz [Compt. rend., t. LXV1II, p. 841, et Bull. Soc. chim., t. XII, p. 83].
Préparation. — L’éthylvinyle s’obtient facilement en traitant l’iodure butylique normal par la potasse alcoolique. Il se rencontre en abondance dans les gaz qui se forment pendant la décomposition pyrogénée des matières organiques, comme l’essence de pétrole ; si la température est très élevée, il est mêlé de crotonylène. Il se dissout en abondance dans les huiles volatiles, qui se forment en même temps et qui constituent une source abondante de butylènes qu’on dégage en chauffant légèrement. Les huiles légères de bog-head et les huiles volatiles obtenues par la distillation des résidus de pétrole sont aussi des matières premières très avantageuses. Les gaz renfermant l’éthylvinyle seront traités par l’acide chlorhydrique saturé ou l’acide sulfurique étendu d’un demi-volume d’eau qui absorbent l’isobutylène et les vapeurs de triméthyléthylène ; on les reçoit ensuite dans le brome, on sépare le bromure de crotonylène qui cristallise quelquefois directement, d’autres fois dans les résidus de distillation, et l’on isole par fractionnement le bromure d’éthylvinyle qui bout à 166° et qui est le produit principal. Le butylène est régénéré du bromurepar le sodium. (Voyez Butylènes-glycoi.s). Berthelot a indiqué qu’il se produit du butylène par la distillation de l’acétate de sodium [Compt. rend., t. XLVI, p. 1104]. Kolbe l’a obtenu dans l’électrolyse de l’acide valérianique; il parait se trouver encore dans les carbures obtenus en dissolvant la fonte dans l’acide chlorhydrique [Cloez, Compt. rend., t. LXXVIII, p. 1565].
Propriétés. — L’éthylvinyle est, à la température ordinaire, un gaz fortement odorant, peu soluble dans l’eau, plus soluble dans l’alcool, très soluble dans les essences et l’huile lourde de pétrole; cette matière peut servira en dissoudre et emmagasiner des quantités considérables. Il se condense à — 5° et s’unit avec énergie au brome et au chlore ; c’est sous la forme de bromure qu’on le recueille d’habitude, parce que le point d’ébullition 166° de ce corps permet de le séparer des autres bromures de butylène. Il se combine avec les hydracides en formant des éthers secondaires. L’acide iodhydrique l’attaque à froid et peut absorber dans un appareil de Woolf un courant d’ôthylvinyle pas trop rapide; au contraire, l’acide chlorhydrique même saturé ne l’attaque pas à la température ordinaire, mais s’y combine à 100°. Il faut se rappeler que ces éthers ne régénèrent point l’éthylvinyle quand on les traite par la potasse alcoolique, mais bien le butylène d’érythrite. L’acide sulfurique concentré attaque l’éthylvinyle et le polymérise; étendu d’un demi-volume d’eau il est sans action, aussi est-il employé avec HCl concentré pour purifier ce butylène quand il est souillé par de l’isobutylène et des vapeurs d’amylène ordinaire (triméthyle-éthylène) (voir plus haut).
BUTYLÈNE D’ÉRYTHRITE, GH8-CH = C1T-CH3.
— [Syn. Diméthyléthylène normal, butylène de
h — BUTYLÈNES.
de Luynes, diéthylidène], — Ce butylène est le terme final des transformations de tous les corps butyliques à chaîne continue; il s’obtient avec l’iodure secondaire et la potasse alcoolique, il prend naissance dans la réaction du zinc-métliyle sur l’iodure d’allyle [Wurtz, Bull. Soc. chim., t. VIII, p. 265 ; — Grosheintz, ibid., t. XXIX, p. 201] ; cette réaction devrait fournir exclusivement l’éthylvinyle, mais il s’accomplit, sur une partie du produit, une transposition isomérique. Le diéthylidène existe aussi dans les produits de décomposition pyrogénée des matières organiques, mais en quantité moindre que l’éthylvinyle.
Le mode de préparation le plus avantageux consiste à faire tomber l’alcool isobutylique goutte à goutte sur 200 gr. de chlorure de zinc renfermés dans une bouteille à mercure fortement chauffée [Le Bel et Greene, Bull. Soc. chim., t. XXIX, p. 306].
L’alcool subit une décomposition profonde, et il se forme des dépôts dans le tube abducteur, qui doit être muni d’une ouverture par laquelle on puisse passer de temps en temps une tige; moyennant cette précaution et l’addition de 150 grammes de chlorure de zinc les jours suivants, l’appareil peut fonctionner cinq à six jours de suite sans être démonté : il passe des polybutylènes et de l’alcool isobutylique qu’on condense, et le gaz renferme de l’isobutylène et un quart environ de butylène d’érythrite ; on fait passer dans de grands flacons remplis d’acide chlorhydrique concentré où se condense du chlorure tertiaire, ensuite dans un laveur renfermant de l’acide sulfurique additionné d’un volume d’eau qui ne doit polymériser que des traces d'isobutylène, et enfin on reçoit le diéthylidène dans le brome, l’acide iodhydrique fumant, etc., suivant les besoins. Il se forme en même temps une faible proportion de gaz saturés, mais pas d’éthylvinyle. Le bromure de diéthylidène traité par le sodium peut aussi régénérer le butylène inaltéré (Wurtz) ; mais la réaction est très violente. On peut la modérer en opérant par petites fractions dans des tubes longs et minces [Le Bel et Greene, toc. cit.].
Propriétés. — Ce carbure se comporte à l’égard des hydracides et des corps halogènes exactement comme l’éthylvinyle, dont on ne sait pas encore le séparer directement; il bout de — 4 à -[- 8°. Il s’unit lentement à l’acide hypochloreux [Lieben, loc. cit.], pour former la chlorhydrine du glycol deux fois secondaire. Le bromure bout à 158° et l’iodure secondaire à 118-121°.
isobutyléne, (CH3)2C = CH2. — [Syn. Pseudobutylène de Boutlerow]. — Préparation. — On l’obtient parl’actionde la potasse alcoolique sur le chlorure, le bromure ou l'iodure de butyle tertiaire ou sur l’iodure ou le bromure d’isobutyle, par l’action du chlorure de zinc sur l’alcool isobutylique (voir plus haut), dans la décomposition pyrogénée des matières organiques; mais dans ces deux derniers cas il est mêlé à d’autres carbures. Puchot [Compt. rend., t. LXXXV, p. 757, et Bull. Soc. chim., t. XXX, p. 188] a indiqué un moyen de l’obtenir directement et presue pur. On mêle avec précaution 100 grammes 'alcool isobutylique à 100 grammes d’acide sulfurique en évitant que le mélange ne s’échauffe, on ajoute 160 grammes de plâtre bien cuit ou du verre pilé (Julie Lermontoff) [et 40 grammes de sulfate de potassium, et on chauffeau bain de sable dans un ballon de 400 à 500 grammes. L’opération fournit 12 à 18 litres d’isobutylène et de l’éther isobutylique. Quand on reçoit le gaz dans le brome, le bromure bout à 153°; mais par la rectification, les produits supérieurs s’accumulant au-dessus de 170°, il ne reste que du bromure
BUTYLÈNES-GLYCOLS. - 375 - BUTYLÈNES-GLYCOLS.
d’isobutylène passant à 149°; il ne paraît pas y avoir formation de carbures normaux.
Propriétés. — L’isobutylène bout à — 7° (Boutlerow); sa densité est 0,635 à — 10°; il se distingue de ses isomères par la facilité avec laquelle il se combine aux hydracides à froid [Le Bel, Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 460]. Il est aussi attaqué par l’acide sulfurique étendu d’un demi volume d’eau; à la température ordinaire, il est polymérisé, mais dans le même mélange refroidi fortement acide, il formerait un acide sulfoconj ugué qui pourrait servir à préparer le triméthylcarbinol. Il se combine énergiquement au brome et au chlore.
Nirno-isoBUTYLÈNE, C4H7(AzO!). — Il se prépare en laissant tomber goutte à goutte l’acide nitrique dans le triméthylcarbinol ; il y a en même temps formation d’acide carbonique, d’acide cyanhydrique et d’acide acétique. On le purifie par une distillation dans le vide ou avec la vapeur d’eau. Il bout avec décomposition partielle à 154-158°. C’est une huile plus lourde que l’eau, insoluble dans ce liquide. Chauffé avec l’eau à 100° pendant soixante heures, il donne du nitrométhane et de l’acétoue. Par réduction on n’obtient presque que de l’ammoniaque; avec la soude alcoolique on obtient un précipité de nitro-isobutylène sodé, et avec le brome un dibromure [L. Hoitinger, Liebig's Ann. Chem., t. CXCI1I].
Isodibutylène, C8Hte. — Ce carbure se forme presque uniquement quand on traite le triméthylcarbinol par l’acide sulfurique [Boutlerow, Bull. Soc. chim., t. XXVII, p. 370J. 11 se forme aussi par l’action de l’acide sulfurique sur l’isobutylène. Il bout à 102-104° et se combine avec le brome, avec l’acide chlorhydrique et avec l’acide iodhydrique. L’iodhydrate réagit à froid sur l’oxyde d’argent fraîchement précipité et donne l’isodibutol, alcool tertiaire bouillant à 146,5- 147°, 5, et dont la formule est