C3 II7- CII.OH-C®H
En même temps il se fait de la butyropinacone (voyez ce mot). [Kurtz, Ann. Chem. Pliarm., t. CLXI, p. 205).
En faisant agir l’iodure d’allyle et le zinc sur la butyrone, P. et A. Saytzeffont obtenu 1 ’allyldipropylcarbinol. A. Gautier.
BUTYRIQUES (ACIDES). — Il ne peut, d apres nos théories actuelles, exister que deux acides butyriques, savoir :
C II3 Cil3
Cil2 et CII-C03H
en2 du3
Le premier est l’acide butyrique normal, le second l’acide isobutyrique.
Acide butyrique normal.
Préparation et modes de formation. — L’acide butyrique normal se produit dans la fermentation des glucoses et des hydrates de carbone. C’est aussi celui que l'on trouve dans la butyrine du beurre de vache (Grünzweig). L’acide obtenu par l’oxydation de la conicine, par la saponification de l’essence de panais (Renesse), est encore de l’acide normal.
Grillone [Bull. Soc. chim., t. XIX, p.'308) prend pour préparer l’acide normal 5 kilogrammes de riz, qu’il fait bouillir avec 60 kilogrammes d’eau. Après vingt-quatre heures, il ajoute 60 grammes de malt délayé dans 2 litres de lait, 1 kilogramme de viande hachée et 2 kilogrammes de craie. Après quelques semaines, il porte la liqueur à 80°, filtre, sature par du carbonate sodique, filtre de nouveau et décompose le butyrate par l’acide sulfurique. Il se forme dans cette préparation un peu d’acide acétique, de l’acide butyrique normal et un autre acide qui paraît être l’acide caproïqtie normal. 11 ne semble pas se former d’acide valérique.
L’acide butyrique existe souvent en petite quantité dans la glycérine brute et peut en être extrait [Perutz, Bull. Soc. chim., t. IX, p. 422).
L’acide succinique chauffé à 280° avec une proportion d’acide iodhydrique insuffisante pour le transformer complètement en hydrure de butylène, donne naissance à de l’acide butyrique :
C*H6CP -f 6 II = G* H8 O* -f 2 II20
[Berthelot, Bull. Soc. chim., t. IX, p. 455).
L’hydrogène naissant transforme l’acide crotonique en acide butyrique [Bulk, Bull. Soc. chim., t. VII, p. 256).
Un acide butyrique a été obtenu par l’oxydation de l’allyJdipropylcarbinol [Bull. Soc. cliim., t. XXX, p. 537).
L’acide éthylcrotonique
CIP- eu ^
se dédouble par la potasse en acide acétique et acide butyrique (probablement normal) [Bull. Soc. chim., 1. XXI, p. 29).
Propriétés. — L’acide butyrique normal ou de fermentation obtenu soit comme il a été dit plus haut, soit par la décomposition du butyronitrile (ou cyanure propylique provenant de l’alcool de fermentation), est un liquide incolore, très acids, soluble en toutes proportions dans l’eau, inactif sur la lumière polarisée. Sa densité à 14°, est de 0,9601. Il se concrète dans un mélange de glace
et de sel. 11 bout à 160°, 4 [Linnemann et Zotta, Zeitschr. Chem-, 1871, p. 513).
En présence d’un excès d’acide iodhydrique et à la température de 275°, l’acide butyrioue est intégralement transformé en hydrure de butylc, suivant l’équation :
C* H802 -f 6HI = CMP» + 2 II2 O + 61
[Berthelot, Bull. Soc. chim., t. VII, p. 62).
L’acide butyrique normal, oxydé lentement en liqueur neutre ou alcaline par le permanganttfe de potassium, fournit les acides carbonique, oxalique, acétique, propionique et succinique Ce dernier se produit suivant l’équation :
On ne retrouve toutefois dans les produits formés qu’une faible proportion d’acide succinique, celui-ci se transformant à son tour par oxydation en acides oxalique et carbonique [Berthelot, Bull. Soc. chim., t. VIII, p. 393).
Lachlorohydrine sulfuriqueSÔ2(OH)Cl chauffée avec l’acide butyrique, donne l’acide disulfopropiolique C3H8S206 [Baumstark, Bull. Soc. chim., t. VII, p. 152).
L’acide butyrique normal peut se transformer en acide isobutyrique. Erlenmeyer a observé que lorsqu’on chauffe à plusieurs reprises une solution de butyrate de calcium normal, il se forme peu à peu de l’isobutyrate. Mais cette transformation n’atteint que le dixième environ de la totalité du sel et demande un long temps pour s’opérer.
Acide isobutyriqi’e.
L’acide isobutyrique obtenu par le cyanure d’isopropyle (Voyez t. II, p. 138) se prépare aussi par l’oxydation de l’alcool butylique de fermentation. Cet acide distille régulièrement à 155°, 5 sous la pression de 760mm. Sa densité à 0° est de 0.9697 ; densité à 52°, 6 = 0,910. Il n’exerce pas d’action sur la lumière polarisée [Is. Pierre et Puchot, Compt. rend., t. LXXV, p. 1005).
L’acide retiré par distillation directe du fruit du caroubier ( Ceratonia siliqua) est de l’acide isobutyrique >. 11 en est de même de celui qui a été obtenu par Williams en dédoublant l’acide pyrotérébique par la potasse.
Le point d’ébullition de ces deux acides est distant de 5» environ. Mais ils se distinguent principalement par leurs sels de calcium. Le butyrate de calcium normal est plus soluble à froid qu’à chaud, et sa solution, saturée à froid, se trouble à 100". L’isobutyrate de calcium, plus soluble à froid, cristallise au contraire par refroidissement de sa solution faite à chaud. Le butyrate normal de calcium cristallise avec 1 molécule d’eau (C4H702)2Ca -f- H20; l’isobutyrate avec 5 molécules,
(C* H7 O2)2 Ca -f 5 H2 O.
L’acide isobutyrique est à peine attaqué pa* un mélange de dichromate de potassium et d’acide sulfurique. Chauffé vers 140-150° en tubes scellés avec de l’acide chromique, il se transforme en acide carbonique et acétone [Popoff, Bull. Soc. chim., t. XV, p. 233).
Soumis à l’action du chlore en excès et à 200- 240", l’acide isobutyrique fournit du propane perchloré, bouillant de 268 à 270°, en même temps qu’un peu de perchloréthane et perchlorométhane [Krafft, Deutsch. client. Gesellscli., 1876, p. 1085).
Pour les autres composés de substitutions chlo-
(1) L’acide obtenu on faisant fermenter ce fruit avec do la craie est do l’acido butyrique normal.
BUTYRIQUES (ACIDES). — 384 — BUTYRIQUES (ACIDES).
rés, bromes ou chlorobromés, voyez plus loin Dérivés de substitution.
Butvrates et isobutyrates métalliques.
Butyrate d'argent. — En saturant d’oxyde d’argent l’acide normal, le butyrate cristallise par refroidissement en aiguilles brillantes et anhydres [Linnemann et Zotta, Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 318].
Isobutyrate d'argent. — Lamelles transparentes anhydres ; 100 p. d’eau à 16° dissolvent 0p,928 de ce sel.
Butyrate de baryum [normal). — Il est anhydre et cristallise comme le sel de calcium.
Butyrate de calcium [normal). — Ce sel se dépose par évaporation dans le vide sec en lamelles rhombiques. Lorsqu'on chauffe brusquement sa solution saturée a froid, il se sépare en prismes rhombiques transparents. Ces cristaux renferment (C4II702)2Ca -f- H2 O; 100 p. d’eau a 22° dissolvent 19,6 p. de sel cristallisé [Grünzweig, Bull. Soc. chim , t. XVIII, p. 125].
Par la distillation sèche d’un mélange de butyrate et d’acétate de calcium, on obtient l’acétone, la butyrone, la propylmétacétone et l’éthylmétacétone [Grimm, Bull. Soc. chim., t. XXX, p. 233], Isobutyrate de calcium. — Prismes ou aiguilles clinorhombiques qui perdent leur eau j dans une atmosphère sèche; 100 p. d’eau à 180° dissolvent 36 p. du sel hydraté, répondant à la formule (C4H702)2Ca + 5 H2 O (Grünzweig).
Butyrate de strontium [normal),
(C4 H7 02j2Sr -f H2 O.
— Il cristallise en prismes transparents clinorhombiques aplatis. 100 p. d’eau à 20° dissolvent 39‘’,2 du sel hydraté.
Isobutyrate de strontium,
(C4 H7 O2)2 Sr + 5 H2 O.
— Prismes clinorhombiques. 100 p. d’eau à 17° dissolvent 44Pyl du sel cristallisé.
Butyrate d’yttrium [normal),