C* H3 O \ C*II3 O
= C* H8 O. AzII* + C*H30*.C*1IS -f CO*
[D. M’Creath, Deutsch. chem. Gesellsch., 1875,
Le chlorure de benzoyle agit à 150-160° sur l’uréthane avec production d’acide chlorhydrique, d’acide carbonique et d’une belle matière cristallisée, fusible à 163°, renfermant CuH12Az*Ov (éther benzoyle-atlophanique ) [A. Kretzschmar, Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 102; Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 200].
Acétyluréthane ,
(C* H3 O) H Az . C O* C* H* = Az II (C* II3 O)
— On chauffe l’uréthane à 110° avec du chlorure d’acétyle, en vase clos [Salomon et Kretzschmar, Journ. prakt. Cliem. (2), t. IX, p. 299; Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 277] ou on la fait digérer pendant quelques heures à 100° avec de l’anhydride acétique [D. M’Creath, Mém. cité).
L’acétyluréthane est en aiguilles solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther, fusibles à 77-78° (Salomon et Kretzschmar). La potasse alcoolique la décompose en carbonate de potassium, acétate d’éthyle et ammoniaque, suivant l’équation :
Az II . C* II3 O CO. OC*Il5
-f 2 K O II
= C*H30 . OC* H5 -f K* CO3 -f AzII3
[A. Kretzschmar, Mém. cité],
Oxaléthyluréthane (oxalocarbamate d’éthyle),
AzH -CO- CO. OC* H*
CO. OC* HS.
— On chauffe l’uréthane au bain d’huile, dans un appareil à reflux, avec un léger excès de chlorure d’éthyloxalyle. Le produit de la réaction est purifié par la cristallisation dans l’éther. Faisceaux brillants d’aiguilles cassantes, fusibles à 45°, solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther [F. Salomon, Journ. prakt. Chem. (2), t. IX, p. 292 ; Bull. Soc. chim.. t. XXII, p. 270].
CAHBAMIOUES (ACIDES). - 406 - CARBAMIQUES (ACIDES).
Êthijlidène-uréthane,
AzfI-CO.OC2IP AzH-CO.OC*H*.
-—L’uréthane se dissout facilement dans l’aldéhyde; la soiution dépose lentement des cristaux d éthylidène-uréthane. La réaction est beaucoup plus rapide si l’on ajoute quelques gouttes d’acide chlorhydrique; le liquide s’échauffe alors fortement, ot la nouvelle matière se dépose, par 1 addition d’eau à la solution refroidie, en belles aiguilles blanches satinées, fusibles à 120°.
Lethy lidène-uréthane se forme aussi par la condensation de l’acétal avec l’uréthane, sous
influence de 1 acide chlorhydrique concentré.
Elle est très soluble dans l’éther, l’alcool' et i chaude, moins soluble dans l’eau froide A 182°, elle commence à bouillir en se décomposant partiellement; peu à peu la température s’élève a 250”, et il distille, outre la substance non décomposée, une huile plus lourde que l’eau, d une odeur piquante.
Les acides étendus la dédoublent à chaud en aldéhyde et uréthane [M. Nencki, Deutsch. chem. Gesellsch., 1871, p. 160; Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 167. — C. Bischoff, Deutsch. chem. ^eSn P- 628; Bull. Soc. chim., t. XXII,
Monochloréthylidène-uréthane,
C8H15ClAz20'*
AzH-CO . OCsHs Az H - C O . O Ca IP.
= CH2 Cl-CH
Ce corps a été obtenu en faisant passer un courant lent de chlore à travers une solution alcoolique concentrée d’acide cyanhydrique, maintenue à 0n, et continuant le courant gazeux pendant plusieurs jours, jusqu’au moment où la solution se prend subitement en masse, en dégageant de l'acide carbonique et du chlorure de cyanogène. Par l’addition d’eau, à une douce chaînai’, le nouveau composé se dépose en belles aiguilles.
, La di brométhy lidène-uréthane, C8Hi4Br2Az504
htnn nDt S°“8 -la fm’me d une masse floconneuse blanche, qui cristallise dans l’éther on longues ai-
Az H- CII. O H- CCI3 dO. OC* H3.
— On l’obtient en ajoutant de l’acide chlorhydrique concentré à une solution chloralique u urethane, et abandonnant le liquide à un repos prolongé. La liqueur se prend en une masse cristalline, qu on lave à l’eau et qu’on fait cristalliser dans 1 alcool ctheré. Ce corps se produit aussi par 1 action condensante de l’acide chlorhydrique ou de 1 acide sulfurique concentré sur un mélange fondu d’hydrate de chloral et d’uréthane. i- La clilorahiréthane fond à 103°, et n’est pas aistillable sans décomposition. Elle est insoluble dans 1 eau froide, soluble dans l’alcool et l’éther, et précipitable par l’eau. L’eau bouillante la dédouble en chloral et uréthane.
Bromaluréthane,
AzH-CH.OH-CBr3 CO. OC2 H5.
On ajoute de l’acide chlorhydrique concentré au mélange fondu de bromal et d’uréthane, on dissout la masse refroidie dans de l’alcool chaud, et l’on précipite par l’eau froide. — Précipité blanc, pulvérulent, fusible à 132°.
Butylchloralurétliane,
Az II -CMP Cl3. 0 H CO. O CMH.
Cette combinaison se dépose en petits cristaux blancs, fusibles à 123-125°, lorsqu’on abandonne au repos une solution chlorhydrique de chloral butylique (anciennement crotonique) et d urethane. L’eau bouillante la décompose.
L’uréthane donne avec l 'aldéhyde valérique un composé fusible à 126° renfermant
La même matière se forme par l’action de l’acide chlorhydrique concentré sur une dissolution d’uréthane dans l’acétal monochloré.
La monochloréthylidène-uréthane se présente en fines aiguilles brillantes, fusibles à 140", solubles dans l’alcool et l’éther, insolubles dans l’eau.
Sous l’influence des alcalis, de l’acide sulfurique, de l’eau à 150°, elle se dédouble en alcool, acide carbonique, ammoniaque et eau. L’ammoniaque alcoolique la transforme, à 150°, en une matière basique fluorescente. Chauffée à 100°, pendant 24 heures, avec de l’acide chlorhydiique étendu, elle se dédouble en chlorure d’éthyle et en divers dérivés glycoliques.
Elle se sublime en partie lorsqu’on la fond, mais elle ne distille pas sans décomposition, même dans le vide [C. Bischoff, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 80; 1874, p. 628; Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 305; t. XXII, p. 282], Dwhloréthy lidène-uréthane,
C8II14Cl2Az204
C5 H10 (Az II - C O . O Ca IP)2.
Le produit chloré obtenu avec la valéro-aldéhyde monochlorée fond à 130° et est plus slable.
La solution d’uréthane dans V aldéhyde benzoïque se prend en masse par l’addition d’acide chlorhydrique concentré, avec élévation de température; il se forme la combinaison
Ce IP - C II (Az II - C O . O C2 IP)2.
C’est une masse cristalline blanche, fusible à 171°, et sublimable sans décomposition, si l’on ne chauffe pas trop brusquement. Les acides étendus bouillants la dédoublent en uréthane et aldéhyde benzoïque [C. Bischoff, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 628; Bull. Soc. chim., t.XXn,
L’uréthane se combine d’une manière analogue avec l’aldéhyde cinnamique,
C9 118 (Az II C O . O C2 II5)2, fusible à 135-143°, l’aldéhyde atiisique,
= CHCP-CII
/Az H CO. O CMP \AzIICO.OCMP.
— C’est le corps que Stenhouse [voyez au Dictionnaire, t. I, p. 1081] a obtenu par l’action du chlore sur une solution alcoolique de cyanure do mercure.
Monobrométhylidène-uréthane,
C8H1BBr Az204.
— Le composé monobromé n’a été obtenu qu’une fois, accidentellement, par l’action du brome sur l’alcool cyanhydrique; il cristallise bien et fond à 142°.
C7 II7 O - C II( Az II - C O2 C* H8)2, fusible à 171-172°, le furfurol,
C4 II3 O - C II ( Az II- C O2 C2 H5)2, fusible à 169°. Elle réagit sur l’aldéhyde salicyUque en présence d’acide sulfurique, en produisant une masse poisseuse, soluble dans l’alcool [C. Bischoff, Deutsch. chem. Gesellsch., 1871, p. 1078; Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 272].
Carbamate de propyle (normal, propyluréthane ),
AzH2
COO.CHP.
CARBAZOL. — h 07 — CARBAZOL.
— On fait bouillir l’urée avec un excès d’alcool propylique normal dans un appareil a rcjlux et l’on sépare le carbainate produit de l’urée non attaquée par l’éther et de l'allophanate propylique formé en môme temps, en ajoutant une petite quantité d’eau qui ne dissout que la propyluréthane [A. Cahours, Compt. rend., t. LXXV1, p. 1387],
Le carbamate de propyle se produit également par l’action du chlorocarbonate de propyle sur l’ammoniaque aqueuse, et se dépose en beaux cristaux par l’évaporation spontanée du liquide [II. Roemer, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 1102 ; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 17].
Magnifiques prismes incolores, longs d’un pouce, fusibles à 51-53° (Cahours), à 50° (Roemer), bouillant à 191-196°.
Ethylidène-propyluréthane,
CIP -Cil
^ AzHCO.OC3 H1 n AzHCO.OC3!!7.
— Cette combinaison, qui s’obtient comme l’éthylidéne-uréthane, en traitant l’aldéhyde par la propyluréthane , cristallise dans l’alcool étendu bouillant en belles aiguilles blanches, fusibles à 115-110°.
La valéral propylurélhane forme de belles aiguilles blanches.
Propylurélhane et aldéhyde benzoïque. — La combinaison qui prend naissance renferme
C« II» - C H (Az II -C O . O C3 H7)2.
C’est une poudre cristalline, fusible à 143° etsublimable [C. Bischoff, Deutsch. chem. Gesellsch., 187 4, p. 1078 ; Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 272]. J. Tcherniac.
CAUli.VZOL [Syn. diphémjlènimide ],
C18lI9AZ = SlH>Azn-
— Graebe et Glaser ont découvert ce composé dans l'anthracèno brut, où il se trouve, en môme temps que d’autres carbures, avec son isomère l’acridine.
Le carbazol se forme :
1° Lorsqu’on distille de grandes quantités d’aniline commerciale avec une petite quantité de chaux [R. Braun et Ph. GreilT, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 270; Bull. Soc. chim., t. XVII, p 456] ;
2° Lorsqu’on fait passer les vapeurs d’aniline, ou de diphénylamine à travers des tubes de porcelaine chauffés au rouge:
1° 2C6II7Az = C,s H9Az -)- H* -[- AzII3.
2° (C6 II»)S Az II = C1! H9 Az + Hs
[Graebe, Ann. Chem. Phann., t. CLXVII, p. 125, et Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 370; Bull. Soc. chim., t. XVIII, p. 86];
3° Par le passage de la méthyldiphénylamino à travers des tubes rouges. Dans ces conditions, on n’obtient pas de méthylcarbazol [Graebe, Liebig’s zlnn. Chem., t. CLXX1V, p. 181; Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 86].
Préparation. — Pour retirer le carbazol de l’anthracône brut, deux procédés ont été indiques. D’après les données do Graebe et Glaser, on opère de la façon suivante. On dissout la partie de goudron de houille qui passe à la distillation entre 320 et 360° dans huit fois son poids d’un mélange chaud de toluène et de xylène et l’on ajoute 1 X fois le poids du goudron en acide picrlque. Si toute la masse du goudron n’est pas soluble dans les carbures on filtre la solution avant d’y ajouter l’acide' picrique. La solution claire laisse déposer par lo refroidissement des cristaux rouges de picrate
de carbazol. On lave ces cristaux avec le même mélange de carbures, et on les décompose ensuite par une ébullition prolongée avec de l’eau renfermant une quantité suffisante d’ammoniaque. Le carbazol se dépose sous forme de cristaux bruns que l’on purifie par une seule cristallisation dans le mélange des carbures indiqué plus haut ou dans l’alcool [Graebe et Glaser, Ann. Chem. Pharmét. CLXII1, p. 343; t. CLXX, p. 88; Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 229].
O. Zcidler conseille la marche suivante. Après avoir enlevé l’acridine de l’anthracène brut, au moyen de l’eau renfermant de l’acide sulfurique, on épuise le résidu par l'acétate d’éthyle, on filtre et l’on chasse l’éther acétique par distillation. On épuise le résidu de cel le opération par l’alcool à 93 °/0, et après avoir chassé l’alcool, on soumet la masse sèche à la distillation et l’on recueille ce qui passe entre 265 et 285°, pour le faire cristalliser dans l’alcool chaud. Par refroidissement de la solution, on obtient une masse blanche fusible entre 190 et 150°. On la fait digérer avec du sulfure de carbone : la partie insoluble dans ce véhicule, purifiée par une dernière cristallisation dans l’alcool ou dans l’acide acétique glacial, fournit le carbazol [O. Zcidler, Liebig’s Jnn. Chem., t. CXCI, p. 288 ; Bull. Suc. chim., t. XXXI, p. 468].
Le résidu de l’épuisement par l’éther acétique, après avoir été repris successivement par l’alcool et la benzine froide et chaude, laisse une masse brune qui fournit encore une certaine quantité de caroazol lorsqu’on la fait cristalliser dans l’acide acétique glacial [ Zeidler , ibid., p. 296],
Le carbazol cristallise en tables blanches, fusibles à 238° (Graebe et Glaser), à 245° (Zeidler). Il bout à 351°, 5, et possède une densité de vapeur de 5,88 (calcul 5,85). Le carbazol est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, la benzine et l’acide acétique glacial. L’acide sulfurique pur le dissout, et se colore en jaune; cette coloration devient d'un vert intense lorsque l’acide sulfurique renferme des traces de chlore, de brome, d’iode ou d’acide chromique. L’acide azotique le colore en vert à froid, en jaune à chaud, et fournit des dérivés mono ou diuitrés. Le chlore et le brome réagissent sur les solutions de carbazol dans le sulfure de carbone et donnent des composés chlorés ou bromés qui n’ont pas été étudiés. La potasse fondante à 220-240" donne avec le carbazol une masse jaunâtre, qui parait être du potassium carbazol, que l’eau décompose en régénérant le carbazol; l’acide sulfurique concentre et chaud le transforme en acide disulfonique non étudié ; avec l’anhydride acétique ou le chlorure d’acétyle , le carbazol fournit un dérivé acétylé. L’acide iodhydrique et le phosphore à 220° le convertissent en carbazoline.
Picrate de carbazol,
C'2 II9Az . C6 H2 (Az O2)3 O IL
— 11 cristallise en aiguilles rouges, que l’on obtient par le refroidissement d’une solution de 1 p. de carbazol et de 1 p. 1/2 d’acide picrique dans l’alcool chaud. Il fond à 182° (Graebe et Glaser), à 186° (Zeidler). Il est soluble dans l’éther et la benzine ; l’eau, les acides et les alcalis le décomposent.
Methyle-carbazol,
CI3H11 Az = C12Il8Az.CII3.
— Ce composé se forme lorsqu’on chauffe un mélange fondu de 2 p. do carbazol et de 1 p. de potasse caustique, en tubes scellés à 170-196° pendant plusieurs heures, avec trois ou quatre fois son poids d’iodure de méthyle. Pour isoler
CARBAZOL. — 408 — CARBAZOLINE.
le méthyle-carbazol, on lave le contenu des tubes à l’eau et on fait cristalliser le résidu dans l’alcool.
Le méthyle-carbazol cristallise en lamelles nacrées fusibles à 87°, solubles dans l’alcool chaud et dans l’éther. Il ne forme pas de sels, et l’acide sulfurique renfermant de l’acide nitrique le colore comme le carbazol.
Le picrate, (C*3Hi<Az)C8H2(Az02)80H, est en aiguilles rouges fusibles à 141°, solubles dans l’alcool, que l’on obtient par dissolution do la base dans l’acide picrique [C. Gracbe et Behagel von Adlerskron, Liebig's Ann. Chem., t. CCII, p. 23].
Éthyle-carbazol, CI4H|3Az = C2 H8Az.Cs H8.
— Lamelles fusibles à 07-68°, solubles dans l’éther et l’alcool chaud, que l’on obtient en substituant l'iodure d’éthyle à l’iodure de méthyle dans la préparation précédente.
Le picrate, (C>41P3 Az)CHI2(Az02)30H, est en fines aiguilles rouges, fusibles à 97°, solubles dans l’alcool (Graebe et Behaghel von Adlerskron).
Acètylcarbasol, C12 H8 (C2 H3 O) Az. — Pour préparer ce composé, on chaude parties égales de carbazol et d’anhydride acétique à 220-240“ pendant six à huit heures. On étend d’eau le produit de la réaction et on fait cristalliser dans l’alcool étendu la poudre déposée. On peut substituer le chlorure d’acétyle à l’anhydride acétique dans cette préparation, mais alors le dérivé acétylé est souillé de matières brunes dont on ne peut le débarrasser.
L’acétylcarbazol cristallise en lamelles blanches fusibles à 69°, bouillant au delà de 360° avec décomposition partielle. Il est soluble dans l’alcool, l’éther et la benzine et ne se colore ni avec l’acide sulfurique ni avec l’acide chlorhydrique [Graebe et Glaser, loc. cit.].
Dérivés chlorés. — Carbazol trichlorê,
C12 H6Cl3Az.
— Lorsqu’on fait passer du chlore sec dans de l’acide acétique glacial dans lequel on a délayé du carbazol, le liquide s’échauffe et prend des nuances qui changent du bleu à l’orangé, en passant par le vert. Si l’on interrompt le courant de chlore au moment où la masse est verte, et si l’on étend d’eau, il se précipite une poudre verdâtre de carbazol trichlorê que l’on fait cristalliser dans la benzine.
Le carbazol trichlorê est en aiguilles vertes fusibles à ISO0, solubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme et la benzine. Il peut être sublimé et bout vers 440°, en se décomposant. L’acide sulfurique le dissout en se colorant en vert clair, en vert émeraude en présence d’acide nitrique. Avec une solution d’acide picrique dans la benzine, il donne une combinaison en aiguilles rouges fusibles à 100° [VV. Knecht, Liebig's Ann. Chem., t. CCII, p. 27].
Carbazol hexachloré, C12II3Cl6Az. — Il se forme lorsqu’on fait passer du chlore sec pendant douze heures dans de l’acide acétique glacial contenant du carbazol trichlorê en suspension. Le liquide étendu d’eau laisse déposer une poudre orangée que l’on fait cristalliser dans la benzine.
Le carbazol hexachloré est en aiguilles jaunes, fusibles à 225°, solubles dans la benzine, peu solubles dans l’alcool. L’acide sulfurique le dissout en se colorant en vert; cette coloration vire au jaune en présence de traces d’acide nitrique, après avoir passé par le bleu, le rouge et le violet. A 250°, le perchlorure d’antimoine le transforme en benzine perchlorée (Knccht).
Carbazol ootochloré, ClaIICl8Az. — Par l’action du perchlorure d’anlimoine sur le carbazol hexachloré, à la température ordinaire, il se dé-
clare une réaction violente que l’on modère en refroidissant ; à la fin, il faut achever l’opération au bain-marie. On lave le produit à l'acide chlorhydrique, puis à l’alcool chaud, et on fait cristalliser le résidu dans la benzine.
Le carbazol oclochloré est en aiguilles blanches, fusibles à 275°, solubles dans la benzine, insolubles dans l’acide sulfurique. A 250", le pentachlorure d’antimoine le convertit en benzine perchlorée (Knecht).
Carbazol tétranitré, C12H8(àz Os)4Az. — On obtient ce corps en traitant le carbazol par trente (ois son poids d’acide nitriqued’unedensitédel/i9. On introduit peu à peu le carbazol dans l’acide; celui-ci se colore en vert, et une réaction violente se déclare. En môme temps, une poudre verdâtre se dépose. On achève l’opération en chauffant au bain-marie pendant 1 heure et. demie. La poudre se dissout et on la précipite en étendant la solution d’eau. Le précipité, cristallisé dans l’acide acétique glacial, est en aiguilles jaunes très peu solubles dans l’alcool, l’éther et la benzine. Chauffé avec de la potasse, le carbazol tétranitré se dissout, et, par le refroidissement, il se dépose une substance qui correspond à la formule C,2H4(Az02)'*AzK. Cette substance est insoluble dans l’eau et l’alcool (Graebe et Behaghel von Adlerskron).
Nitrosocarbazol,
C12H8Az?0 = ^ ip>Az(AzO).
— On obtient ce composé par l’action du nitrite de potassium sur une soluiion de carbazol dans l’acide acétique. On arrose 3 gr. de carbazol avec 60 gr. d’éther et 60 gr. d’acide acétique à 4,04, et l’on y ajoute peu à peu del’azot.ite de potassium. Lorsque tout le carbazol est dissous, on verse encore quelques gouttes d’acide acétique dans la solution et l’on continue à ajouter l’azotite jusqu’à ce que l’éther ne laisse plus de lamelles de carbazol par évaporation. Alors on sépare la solution éthérèe de la solution acétique et l’on chasse l’éther. On lave le résidu avec de l’eau et l’on fait cristalliser le nitrosocarbazol dans l’alcool.
Le nitrosocarbazol cristallise en longues aiguilles aplaties, jaune d’or, fusibles à 82°, solubles dans l’éther, le chloroforme et le sulfure de carbone à froid, dans l’alcool, la benzine et l’acide acétique à chaud. L’acide azotique le colore en vert; la solution alcoolique devient rouge avec l’acide chlorhydrique, verte avec l’acide azotique à froid, rouge à chaud. L’eau bouillante ne l’altère pas; l’alcool, même étendu, le décompose, par ébullition prolongée, en carbazol. L’amalgame de sodium, l’étain, l’acide chlorhydrique et le sulfhydrate d’ammonium le convertissent en carbazol [Zeidler, Liebig’s Ann. Chem., t. GXCXI, p. 303; Bull. Soc. chim., t. XXXI, p. 471].
Lorsqu’on fond le carbazol avec 10-12 fois son poids d’acide oxalique, on obtient une masse bleue qui renferme l’anhydride interne de l’acide orthoamidophénylbenzoîque f\V. Suida, Deutsch. chem. Gesellsch., 1879, p. 1403]. M. Wassermann.
CAKBAZOI.1NE, C12Hl5Az. — Ce composé se forme lorsqu’on chauffe un mélange de 6 gr. de carbazol, de 2 gr. de phosphore rouge et de 7-8 gr. d’acide iodhydrique (bouillant à 127°) en tubes scellés à 220-240'' pendant huit à dix heures. Pour isoler la carbazoline, on étend d’eau le produit de la réaction, on fait bouillir et. on filtre. On précipite la carbazoline de la liqueur filtrée par l’ammoniaque et on la fait cristalliser dans l’alcool.
La carbazoline cristallise en aiguilles blanches, ! fusibles à 99°, bouillant à 296-297°, qui peuvent | être sublimées. Elle est soluble dans l’alcool,
CARBONE
CARBIMIDE. — /|09 —
l’éther, la benzine et les acides. Elle possède une densité de vapeur de (1,06 (calculéo 5,99). La potasse fondante et. la chaux sodée ne l'attaquent pas. Elle est facilement oxydée, mais ne fournit pas de produits analysables. Le perchlorure de fer colore sa solution chlorhydrique en brun, et au bout de quelque temps il se dépose des flocons bruns au sein de la liqueur. Elle se dissout dans l’acide nitrique à 1,45, et l’eau précipite les corps di, tri et tétranitrés de cette solution.
Bromhydrate, C12 Hl5Az, H Br. — Tables solubles dans l’eau chaude et l’alcool, peu solubles dans l’éther, que l’on obtient par le refroidissement de la solution de carbazoline dans l’acide bromhydrique chaud. Lorsqu’on le chauffe, il se comporte comme le chlorhydrate.
Chlorhydrate, G12 llI5Az, HCl. — On obtient ce sel en dirigeant un courant de gaz chlorhydrique dans une solution élhérée de carbazoline. Il se dépose sous la forme d’un sirop qui finit par se prendre en niasse. Il cristallise en tables blanches solubles dans l’eau, l’alcool et la benzine. Chauffé à 250-300°, il fournit 1 ’hydrocarbazol. (Voyez plus loin.)
lodhydrate, CieH‘*Az, HI. — Par dissolution de la carbazoline dans l’acide iodhydrique, exempt d’iode. Tables solubles dans l’alcool et la benzine et l’eau (Graebe et Glaser, Ann. Clicm. Pharm., t. CLX1H, p. 352; Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 229].
Élhylc-carbazoline. — Viodliydrate d’éthylecarbazoline, C‘a H** (C*IIS) Az, HI, se forme lorsqu’on chauffe de la carbazoline à 100° pendant quelques heures avec de l’alcool et de l’iodure d’éthyle. Après avoir chassé l’excès d’alcool et d’iodure, on obtient une masse sirupeuse qui se remplit de cristaux lorsqu’on la sèche sur racide sulfurique. Pour purifier ce composé, on le fait cristallisor dans l’eau chaude; par le refroidissement, il se dépose une huile qui finit par se prendre en une masse cristalline.
L’iodhydrate d’éthyle-carbazoline est en tables épaisses, solubles dans l’eau chaude [Graebe et Behaghel von Adlerskron, Liebig's Ann. Cliem., t. CC1I, p. 24].
Acétyle-carbasoline, C‘2HuAz (C*H»0).— Elle se forme par l’action de l’anhydride acélique sur la carbazoline à 100-120°. Le produit de la réaction, précipité par l’eau et soumis à une cristallisation dans l’alcool, se présente sous forme d’aiguilles blanches fusibles à 98°, solubles dans l’alcool et l’éther (Graebe et Behaghel von Adlerskron).
Hydrocausazol, C1S H13 Az. — Pour préparer l’hydrocarbazol, on chauffe le chlorhydrate de carbazoline sec à 300" au bain de sable, dans une cornue dont le col est dirigé en haut. Il se produit une légère ébullition, accompagnée d’un dégagement de gaz chlorhydrique et d'hydrogène. Après avoir chauffé pendant plusieurs heures, on extrait la carbazoline inaltérée à l’aide de l’acide chlorhydrique étendu, on dissout la masse entière dans l’alcool et on précipite l’hydrocarbazol par l’eau acidulée d’acide chlorhydrique. On purifie l’hydrocarbazol par plusieurs cristallisations dans l’alcool.
L’hydrocarbazol cristallise en tables fusibles à 120°, bouillant à 325-330°, solubles dans l’alcool, l’éther et la benzine. L’acide iodhydrique et le phosphore le convertissent en carbazoline.
Picrate, Ci2H‘»Az. C6I12 (AzO2)3 O H. — Lamelles brunes, solubles dans l’alcool et la benzine, que l’eau et les alcalis décomposent [Graebe et Glaser, Ann. Chem. Pharm., t. CLX1II, P* 358 1. M. Wassermann.
CA It U IM IDE, C O Az II == 0 = C = Az-lI. — L’acide cyanique libre constitue très probable-
ment la carbimide ; les éthers cyaniques de Wurtz sont les produits de substitütion de ce corps ; on les désigne par le nom générique de Carbimides. — Voyez Cyanique (acide), car bocohi émique (acide). — Voyez Co-
MËN1QUE (ACIDE).
CAR BOllYDROQUIMONIQUE (ACIDE). —
D’après les travaux de Lautemann [Ann. Chem. Pharm., t. CXX, p. 299], Barth, Fittig et Macalpine [ibid., t. CLXVIII, p. 99], Rakowski et Leppert [Deutsch. cliem. Gesellsch., 1875, p. 788], cet acide est identique avec l’acide protocatéchique (t. II, p. 1217); par la distillation, il fournit, comme ce dernier, de la pyrocatéchine et non de l’hydroquinone.
CARBOXADO (Min.). — Diamant noir amorphe en rognons irréguliers.
CARBONE (voyez 1. 1, p. 747). — Les belles recherches de H. -F. Weber ont démontré que la chaleur spécifique du carbone augmente très considérablement avec la température ; elle devient sept fois plus considérable lorsque la température s’élève de — 50 à -J- 630° ; vers 600° et au-dessus, elle acquiert la valeur constante 0,40, qui, multipliée par le poids atomique (12) du carbone, donne le produit, 5,5, qui se rapproche de la moyenne exigée par la loi de Dulong et Petit; dès lors le carbone ne fait plus exception à cette loi générale, et son poids atomique se trouve confirmé. Ces recherches ont conduit en outre à attribuer la même chaleur spécifique à toutes les modifications opaques du carbone. Audessous du rouge, le carbone n’existe, au point de vue thermique, qu’en deux états allotropiques : l’état opaque et l’état transparent.. Leur chaleur spécifique diffère d’autant plus que la température est plus basse; la différence décroît avec l’élévation de la température, pour devenir nulle vers 000° et au-dessus [Poggena. Ann., t.CXLVII, p. 311; t. CLIV, p. 307 et 553; Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 445; Programm der land. u. forstwirthschaftl. Acad. Hohenheim, 1874, p. 841.
Bethge et Lürmann croient que la chaleur latente du carbone solide est représentée exactement par la différence entre la chaleur de formation de l’oxyde de carbone et la chaleur de combustion de ce gaz [ Dingler's p-jlyt. Journ., t. CCXX, p. 183] .
La température de combustion (à l’air) du carbone solide a été évaluée à 1078° [Valerius, Bull, de l’Acad. Royal, de Belgique (2), 1874, t. XXVIII, n° 12].
Diamant. — J.-B. Hannay a annoncé à la Société royale de Londres, dans la séance du 20 février 1880, qu’il avait réalisé la production artificielle du diamant en chauffant certains hydrocarbures à une chaleur presque rouge et sous une très haute pression, en présence d’un composé stable contenant de l’azote. Le fait n’a pas été confirmé depuis. R. von Schrôtter déduit d’un grand nombre de déterminations une valeur moyenne pour la densité du diamant :
[Wien. Acad. Ber. (2), 1871, t. LXIII, p. 462; — Voyez aussi Schrauf, ibid., 1871, t. LXIV, p. 479; — Baumhauer, Archives néerlandaises, 1872, t. VIII, p. 1],
Le diamant chauffé au rouge blanc, dans un courant de gaz d’éclairage, augmente en poids et se recouvre d’un dépôt très adhérent, qui, examiné au microscope, présente un aspect lamelleux, cristallin, de la couleur métallique de la plombagine. La couche noire disparaît à l’air, sur une feuille de platine chauffée au rouge.
Dans l’hydrogène pur et sec on peut porter la température presque à la fusion du platine sans
CARBONE
CARBONE
altérer le diamant. Dans un courant d’acide carbonique il perd un peu de son poli et aussi de son poids, brûlé à la surface par l’oxygène provenant de la dissociation normale do l’acide carbonique sous l'influence de la température élevée.
Le diamant s’allume et brûle à l’air lorsqu’on le place sur une feuille de platine chauffée au rouge blanc. Pendant la combustion il reste blanc et ne se boursoufle pas [Morren, Compt. rend,., t. LXX, p. 990; Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 1921.
Le aiamant n’est pas attaqué au blanc par la vapeur d’eau; les diamants colorés changent parfois de couleur par la calcination [E. H. de Baumhauer, Mèm. cité\.
G. Rose affirme que le diamant, stable au rouge blanc, s’altère cependant à la plus haute température qu’il soit possible d’atteindre, à l’aide d’une machine d’induction de fortes dimensions [ Poggend . Ann., t. CXLVIII, p. 497].
Graphite. — Pour préparer du graphite absolument pur, il faut traiter les graphites naturels, en poudre impalpable, à plusieurs reprises, par la potasse en fusion, l’eau régale et l’acide fluorhydrique. Le graphite provenant de la soude brute renferme ‘21 “/„ de cendres [Stingl, ZLiutsc/i. chem. Gesellsch., 1873, p. 391 ; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 163].
On a assimilé au graphite plusieurs variétés de carbone amorphe, telles que la plombagine naturelle et divers carbones artificiels. Mais la définition d’un carbone amorphe comme graphite manque de rigueur si l’on se borne seulement à la constatation d’un caractère général. La propriété de tacher le papier, par exemple, qui a été souvent invoquée comme caractérisant le graphite, n’appartient pas à certains graphites véritables, tandis qu’elle existe dans le noir de fumée et dans quelques autres carbones amorphes.
Berthelot propose de réserver le nom de graphite exclusivement aux carbones qui fournissent par l’oxydation un oxyde graphitique. Il distingue trois variétés de graphite :
l°Le graphite de la plombagine naturelle;
2° Le graphite de la fonte ;
3° Le graphite électrique, obtenu par la transformation des diverses variétés de carbone sous l’influence lie l’arc voltaïque.
Ces trois graphites fournissent chacun un oxyde graphitique, un oxyde hydrographitique et un oxyde pyrographitique particuliers.
L’oxyde graphitique de la plombagine se présente à l’état humide sous la forme de paillettes micacées, d’un jaune pâle, insolubles dans tous les dissolvants. Desséché, môme à la température ordinaire, il s’agglomère en plaques brunes, amorphes, tenaces, pour reprendre son aspect pailleté, lorsqu’on le chauffe avec un mélange d’acide nitrique et de chlorate de potassium. L’acide iodhydrique le transforme à 280° en oxyde hydrographitique, possédant les principaux caractères du corps primitif, mais ayant perdu la propriété de se décomposer avec boursouflement et déflagration sous l’influence de la chaleur. Par l’oxydation, il régénère l’oxyde graphitique dont il dérive.
Le produit que l’on obtient en détruisant par la chaleur (vers 250°) l’oxyde graphitique de la plombagine, l 'oxyde pyrographitique, constitue une poudre noire, légère, floconneuse, qui renferme encore de l’oxygène et de l’hydrogène (CsîH*OS Brodie), et qui ne reproduit par l’oxydation qu’une faible quantité d’oxyde graphitique.
L’oxyde graphitique de la fonte se présente en écailles jaune-verdâtre, qui ne s’agglomèrent en aucune façon pendant la dessiccation, subsistant avec leur teinte toute spéciale. Ce caractère
reparaît à la suite des métamorphoses par hydrogénation ou décomposition pyrogénée. L'oxyde hydrographitique, qui en dérive, conserve la propriété de se détruire avec boursouflement sous l’influence de la chaleur.
L’oxyde graphitique du graphite électrique offre l’aspect d’une poudre marron, laquelle no s’agglomère pas sensiblement pendant la dessiccation. Ces caractères reparaissent à la suite des métamorphoses par réduction ou décomposition pyrogénée. Son oxyde hydrographitique ne se décompose pas avec boursouflement sous l’influence de la chaleur. L’oxyde pyrographitique se forme avec déflagration ; c’est une poudre pesante, non floconneuse [Berthelot, Ann. Chim. Phys. (4), t. XIX, p. 410].
L’acide graphitique (t. 1, p. 1640) préparé parles méthodes de Brodie et Gottschalk, a l’aide du graphite de Styrie, forme une poudre amorphe jaune. Celui qui est préparé par le graphite de Ceylan apparaît sous le microscope en lamelles cristallines. Les graphites amorphes seuls déteignent et peuvent être employés comme couleur. C’est, au contraire le graphite lamellaire qu’on préfère pour la fabrication des creusets, en raison de sa densité et de sa résistance au feu et aux actions mécaniques. Cette même différence se remarque dans les produits pyrogénés qui dérivent de ces deux espèces de graphite.
Voici la composition des acides graphitiques de Styrie et de Bohême, comparée à la composition des acides de Brodie et de Gottschalk :
Brodie.
Gottschalk.
Styrie. Bohème.
Le dosage du carbone dans le graphite ne peut se faire avec certitude que par la combustion avec l’oxyde de cuivre; le procédé qui consiste à l’évaluer par différence, en pesant les cendres, donne des résultats défectueux [Stingl, Mém. cité].
Hydrate graphitique. — On obtient un hydrate de carbone, offrant les rapports C11 : 3 H2 O, qui le rattachent à la série de l’acide graphitique de Brodie (C^IDO3), en traitant la fonte blanche à froid par une solution de sulfate de cuivre, et le cuivre carbonifère qui reste par une solution moyennement concentrée de perchlorure de fer, additionnée d’acide chlorhydrique. C’est une matière pulvérulente, brun-noir, qui , convenablement purifiée, renferme pour 100 de matière 64,00 de carbone, 26,1 de II2 O, 8,1 de cendre siliceuse et 1,8 de matières non déterminées.
Acide nitrographitique, C2- Il 17 (AzO2) O11. — L’acide nitrique ordinaire attaque énergiquement à chaud l’hydrate graphitique et le transforme en une substance rouge-brun, amorphe, soluble dans l’acide nitrique, l’alcool, les alcalis, l’ammoniaque, soluble aussi dans l’eau pure, mais précipitable par l’addition des sels neutres.
L’acide nitrographitique doit être identique avec le composé rouge obtenu par Eggertz dans l’attaque de la fonte par l'acide nitrique [Schûtzenberger et Bourgeois, Compt. rend., t. LXXX,
Le carbone de la fonte est attaque par 1 hydrogène naissant (fonte et acide chlorhydrique) avec production d’hydrocarbures liquides, bouillant de 9", 5 à 155°, et de produits gazeux [Williams, Deutsch. chem.GesAIsnh., 1873, p. 83 1; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 441].
Le mélange d’hydrocarbures obtenu avec la fonte miroitante est de composition complexe; Cloëz y a constaté la présence du propylene, de l’heptylène, d’un octylône bouillant de 118 a l’- t ,
et de carbures supérieurs, dont les plus élevés sont solides [S. Cloêz, Compt. rend., t. LXXV11I, p. IÎ.65J-
Charbon métallique. — Lorsqu’on chauffe au rouge de petits faisceaux de bois dans un courant de vapeur de sulfure de carbone, d’esprit de bois, de carbures d’hydrogène, etc., on obtient un charbon élastique et conducteur, caractérisé par sa grande sonorité, qui est entièrement semblable à celle du cristal.
Le charbon métallique possède une grande conductibilité pour la chaleur et l’électricité. Les crayons qu’on en compose donnent une lumière électrique beaucoup plus intense que la lumière que l’on obtient avec le charbon des cornues à gaz.
On obtient des résultats analogues avec le lin, le chanvre, le coton, le papier et la soie.
Lorsqu’on fait passer la vapeur d’alcool méthylique sur du bois chauffé au rouge dans un tube de porcelaine, les parois intérieures du tube se tapissent d’un charbon très singulier, qui se présente sous la forme de filaments longs d’un centimètre, constituant une espèce de coke soyeux et mousseux, d’un blanc d’argent. Ces filaments paraissent être formés par des petites boules juxtaposées [Sidot, Compt. rend., t. LXX, p. 605; Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 193].
Le charbon métallique résiste énergiquement à l’oxydation, surtout lorsqu’il se présenté en feuillets minces et brillants, d’une cohésion spéciale. Cependant au bout de six à huit traitements par un mélange de chlorate de potassium etd’acide nitrique, il finit par se dissoudre totalement. Les portions non cohérentes du charbon de tube tachent le papier à la façon de la plombagine, sans fournir trace d’oxyde graphitique [Berthelot, Ann. Chim. Phys. (4), t. XIX, p. 416].
Charbon météorique. — Berthelot a examiné le carbone amorphe de la météorite de Cranbourne. L’oxvdation par un mélange d’acide nitrique fumant et de chlorate de potassium fournit un oxyde graphitique verdâtre, identique de tout point, par ses propriétés et ses réactions caractéristiques, avec l’oxyde du graphite cristallisé de la fonte, mais distinct de l’oxyde de la plombagine. Il résulte de cette expérience que le carbone météori ;ue doit être envisagé comme du charbon dissous par le fer en fusion et séparé de la masse par un refroidissement très rapide [Compt. rend., t. LXXIH, p. 494: Bull. Soc. chim., t. XVI, p. 237],
Carbone ferreux. — C’est un carbone floconneux, tenant 5 à 7 “/„ de fer métallique. Il se produit lorsqu’on fait passer un mélange d’acide carbonique et d’oxyde de carbone sur l’oxyde de fer on le fer métallique, à la température de 3 à 400° [Gruner, Compt. rend., 1871, t. LXXIII, p. 28 ; L. Bell, Journ. Chem. Soc., (2), 1869, t. VII, p. 203]. ’
Charbon de cornue. — Le charbon se ramollit et finit par acquérir les propriétés du graphite sous l’influence d'une pile de 24 éléments Bunsen [Bettendorf, Arch. Phann..
1870 (2), t. CXLIV, p. 79] . ’
Le carbone, en sortant des combinaisons hydtogenées, prend de préférence l’état de carbone amorphe, tandis que le carbone, en sortant de ses combinaisons avec le chlore, le soufre, le bore, et peut-être l’oxygène, avec le concours de la température rouge, offre une certaine tendance a prendre l’état de graphite [Berthelot, Ann. Chim. Phys., (4), t. XIX, p. 425].
Charbon de bois. — Le charbon de sapin, le charbon de charme et le noir de fumée sont diamagnetiques [A. L. Holtz, Poggend. Ann., t. CLI, p. 69J.
Le charbon pur (charbon de fusain chauffé au
rouge blanc dans un courant de chlore sec) est attaqué à froid par l'acide chromique. 11 se forme une petite quantité d’acide oxalique, lequel se trouve engendré par synthèse totale :
CS 4. h*o + O» = CsII204
[Berthelot, Compt. rend., t. LXX, p. 259; Bull- Soc. chim., t. XIV, p. 113.]
Le charbon de bois, soumis à une calcination de plus en plus forte, devient moins attaquable par l’acide iodhydrique, à mesure qu’il se rapproche de l’état de carbone pur [Berthelot, Bull. Soc. chim., t. XI, p. 286].
Une solution alcaline de permanganate de potassium réagit sur le charbon de bois, le charbon résultant de la calcination de la crème de tartre ou de la réduction de l’acide carbonique par le phosphore, purifiés par la calcination dans un courant de chlore, et même sur le graphite, en produisant, en même temps que de l’acide oxalique et d’autres acides non étudiés, de l’acide mellique, parfaitement identique avec l’acide mellique des gîtes houillers [Schulze, Deutsch. chem. Gesellsch., 1871, p. 802, 806].
Par l’action de l'acide nitrique sur le charbon (charbon de saule, de paraffine, d’os et charbons minéraux) il se forme un composé amorphe, noir, soluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther, très déliquescent. Ce composé se combine avec les alcalis, et sa solution donne des précipités avec la plupart des sels métalliques. Sa solution aqueuse est aussi précipitée par les acides chlorhydrique et sulfurique. Cette combinaison renferme plus de 30 % de carbone, 2 à 3 0/0 d’hydrogène et beaucoup d’azote [And. Scott, Chem. News, t. XXV, p. 77 ; Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 553].
Les diverses variétés du charbon, à l’exception du diamant, peuvent être oxydées entièrement par l’acide iodique, lorsqu’on les chauffe avec ce dernier dans un tube scellé, à 260° [Ditte, Bull- Soc. chim., t. XIII, p. 321J.
Pouvoir d’absorption du charbon POnEux. — De Saussure, le premier, a constaté et mesuré la capacité d’absorption du charbon pour certains gaz; il remarqua, en outre, que les gaz condensés dans les pores du charbon produisent des réactions chimiques anormales [Biblioth. britan., t. XLIX et L, 1812]. Plus tard, Mitscherlich calcula le volume des pores du charbon et arriva à la conclusion que certains gaz doivent se trouver dans les pores du charbon à l’état liquide; il donna même pour l’acide carbonique l’épaisseur de la couche liquide [.Ann. Chim. Phys., (3), t. VII, p. 15] .
Enfin, tout récemment, M. Favre a entrepris une série de recherches approfondies, qui l’ont conduit à des conclusions intéressantes; nous allons en consigner les résultats les plus importants.
Pour un même gaz, le coefficient d’absorption par le charbon peut varier avec l’essence du bois carbonisé, et aussi, mais à un moindre degré, avec des échantillons différents provenant de la même essence. Le tableau suivant indique les volumes maxima absorbés par lcc ou l6r,57 d’un même charbon :
AzH3 178 cont. cub.
HCl 165
SCP 165 —
Az2 0 99 —
Relativement au dégagement de chaleur qui accompagne l’absorption jusqu’à saturation, les gaz peuvent être placés à peu près dans le même ordre que précédemment, ainsi que cela ressort
CARBONE. — il 2 — CARBONE.
des nombres suivants rapportés à 1 gramme de gaz condensé :
AzlI3 ... 494 calories.
HCl 274 —
Az'-’ O 169 —
La chaleur maxima dégagée par l’absorption de l'acide sulfureux et du protoxyde d’azote par le charbon dépasse de beaucoup la chaleur de liquéfaction de ces mêmes gaz ; pour l’acide carbonique, elle dépasse même celle que ce corps dégagerait en se solidifiant. On voit qu’il ne suffit pas d’expliquer les phénomènes thermiques par i le changement d’état du gaz absorbé et qu’il reste encore une part à faire à l’affinité spéciale exercée par le charbon sur le gaz absorbé.
Cette affinité semble se rapprocher plutôt de la capillarité que de l’affinité ordinaire [Favre, I Ann. Chim. Phys. (5), t. I, p. 209; — voyez aussi : [ Angus Smith, Chem. News, t. XVIII, p. 121 ;
— J. Hunter, ibid, t. XXV, p. 284; Bull. Soc. chim., t. XVIII, p. 222; Journ. Chem. Soc., (2), 1871, t. IX, p. 76].
Les cellules du charbon réalisent des combinaisons qui, sans elles, exigeraient la lumière solaire la plus intense.
Le charbon purifié absorbe le chlore avec élévation de température; en refroidissant le vase et en prolongeant l’action du gaz, on parvient à fixer, sur certains charbons, près de leur poids de chlore. Si, sur ces charbons chlorés, parfaitement secs, on fait arriver de l’hydrogène pur, on constate qu’il se produit à froid, dans l’obscurité absolue, des quantités notables d’acide chlorhydrique; en même temps, une certaine quantité de chlore reprend l’état gazeux, et la température baisse de 20° environ.
L’acide sulfureux dirigé sur le charbon chloré, à l’abri de la lumière directe, donne naissance à une grande quantité d’acide chlorosulfurique.
Si l’on fait arriver de l’eau sur le charbon chloré, elle se décompose dans un temps très court en acide chlorhydrique et en acide carbonique [Melsens, Compt. rend., t. LXXVI, p. 92].
Cette curieuse propriété du charbon poreux (le charbon préparé suivant la méthode de Bussy1 est d’un usage très avantageux), a été mise à profit par Damoiseau [Brevet anglais, 1875 ; Compt. rend., t. LXXXIII, p. 60] pour la fabrication du sesquichlorure de carbone, et par Paterno [Gazz. chim. ital., 1878, t. VIII, p. 233] pour la préparation de l'oxychlorure de carbone.
Par l’oxygène condensé dans ses pores, le charbon animal, après avoir été exposé à l’air, peut | produire des actions oxydantes. Cette propriété j peut être rendue évidente en faisant bouillir une j solution alcoolique incolore de leucaniline avec j du noir animal; cette solution se colore rapidement en rouge cramoisi foncé, par suite de la production de rosaniline [A. W. Hofmann, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 530; Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 263].
Le charbon animal purifié et calciné exerce une action réductrice très prononcée sur un grand nombre de sels métalliques; ainsi, il précipite le platine du chlorure platinique, et transforme
1. On lo prépare par la calcination d’un mélange d’une demi-partio de sang desséché avec deux parties de carbonate de potassium, à une température un peu inférieure à celle du rouge brun. Après refroidissement, on épuise par l’eau bouillante et l'on sèche. On obtient ainsi un charbon d'un noir mat, excessivement léger et spongieux, dont !a force décolorante, comparée à celle du noir d’os, est commo 40 à 1 [Journ. Pharm., 1822, t. VUI, p. 201].
le chlorure ferrique en chlorure ferreux ; il doit probablement son pouvoir réducteur à la présence d’une petite quantité d’hydrogène occlus [Heintz, Liebig’s Ann. Chem., t. CLXXXVII,
Eulenburg et Vohl recommandent le charbon poreux comme désinfectant et comme antidote ; ainsi on peut enlever tout le phosphore à une solution de ce corps dans l’huile, en filtrant cette solution à travers une couche assez épaisse de charbon animal [Dingler’s polytechn. Journ.. t. CXCVII, p. 435].
ANALYSE IMMÉDIATE DES VAnlÉTÉS DU CARBONE. —
Une méthode propre à la reconnaissance des diverses variétés du carbone a ôté indiquée par Berthelot; cette méthode consiste à oxyder le carbone à basse température et à examiner les produits formés. Dans ces conditions :
1° Le diamant n’est pas oxydé sensiblement, même par des traitements réitérés et prolongés, qu’il s’agisse du diamant ordinaire ou du diamant noir.
2° Les diverses variétés du carbone amorphe sont converties entièrement en acides humoïdes, d’un brun jaunâtre, solubles dans l’eau; les propriétés de ces acides varient suivant les carbones qui les fournissent.
■ 3° Les diverses variétés du graphite vrai sont
I changées en oxydes graphitiques correspondants,
| de nature différente, mais caractérisés tous par leur insolubilité, et surtout par leur propriété d’être décomposés brusquement et avec déflagration sous l’influence de la chaleur.
Pour constater ces résultats , on opère de la manière suivante :
Le carbone, réduit en poudre impalpable, est mélangé avec 5 fois son poids de chlorate de j potassium en poudre; la masse est incorporée,
' peu à peu et par petites portions, avec de l’acide nitrique fumant, de façon à former une sorte de pâte. Il convient de ne pas opérer sur plus de 5 grammes de charbon à la fois, pour éviter les explosions. On abandonne le tout dans une petite fiole ouverte pendant quelques heures; puis on chauffe, vers 50 à 60° au plus, pendant trois ou quatre jours, sans interruption. Au bout de ce temps on étend la masse avec de l’eau, et on épuise par décantation au moyen de l’eau tiède. Finalement on dessèche la matière non dissoute et on l’examine.
En général, il est nécessaire de répéter la même série d’opérations, quatre, cinq, six fois, et môme davantage, pour arriver soit à dissoudre entièrement les carbones amorphes, soit à changer entièrement les graphites en oxydes graphitiques [Ann. Chim. Phys. (4), t. XIX, p. 402].