C. amorphe +97, 0 -f
La chaleur de dissolution, déduite de ces chiffres, serait de 5ca,,6.
Thomsen est arrivé de son côte a un chiffre très approché; il trouve que la chaleur de dissolution de l’acide carbonique dahs l’eau à 18° est 5ca,,88 [Deutsch. chenu Gesellsch., 1873, p. 710].-
Vers 100°, l’acide carbonique s’écarte fort peu de la loi de Mariotte. Son coefficient de dilatation, par rapport à celui de l’air représenté par 0,00367, est
(Amagat, Compt. rend-, t. LXVIII, p. 1172; t. LXXIII, p. 184; voyez aussi Joly, Poggend. Ann., Jubelband, 1874, p. 82].
Le coefficient do détente de l’acide carbonique reste constant depuis 1 jusqu’à 5 atmosphères [Cazin, Ann. Chim. Phys. (4), t. XX, p. 271].
Le pouvoir dispersif du gaz carbonique a été étudié par Croullebois [Compt. rend., t. LXVI1, p. 692; Ann. Chim. Phys. (4), t. XX, p. 177]; son spectre lumineux par Wüllner [Poggend. Ann., t. CXLIX, p. 481].
Acide carbonique liquide. — Andrews a déterminé, pour l’acide carbonique fortement condensé, les rapports qui lient la température, la pression et le volume. Ce gaz cède à la pression beaucoup plus que l’air; la môme pression, qui, à 10°, 76,
réduit uu volume d’air à — L réduit à une température peu différente (13°, 22), 1 volume d’acide
carbonique à ■. Si alors la pression est ame- 77,09
née à 48,8 atmosphères, la liquéfaction commence, et, par une augmentation de pression fort petite, le volume du gaz est réduit à celui du liquide. La courbe, qui représente les variations des volumes en fonction des variations des pressions, manifeste alors une chute brusque et court, pendant un assez long espace, parallèlement à l’axe des volumes; pour les pressions plus fortes, elle est presque droite et parallèle à l’axe des pressions représentant alors des volumes liquides qui varient relativement peu avec la pression. A 21°, 5, si l’on comprime le gaz davantage, le passage de l'état gazeux à l’état liquide se fait encore assez brusquement. A 31", 1, si l’on augmente la pression de 73 à 75 atmosphères, l’on passe, par transition insensible, de l’état gazeux à l’état liquide ; la liquéfaction ne s’accuse que par des stries mal déterminées, qui se forment dans le gaz; mais il suffit d’abaisser la température pour que, sans condensation nouvelle, le tube se trouve rempli de liquide visible. La continuité des deux états se manifeste encore d une façon bien plus marquée à des températures plus élevées.
C’est à 30°, 92 que le gaz carbonique perd la faculté de se transformer en un liquide visible, par l’effet seul de la compression. La température de 30" ,92 est le point critique pour l’acide carbonique [Andrews, Chem. News, t. XXI, p. 101 ; Huit. Soc. chim., t. XIX, p. 185 ; — Uecknagel, Poggend. Ann., t. V, p. 563].
Suivant Ilartley, l’acide carbonique liquide se rencontrerait dans la nature, occlus dans les cavités de certains cristaux de quartz [Journ. chem. Soc. (2), t. XV, p. 239.].
L’acide carbonique liquide ne conduit pas l’électricité. On peut faire éclater au milieu du liquide les étincelles d’une forte bobine d’induction; la lumière de ces étincelles est blanche et très vive. Le liquide n’est pas décomposé.
Il transforme le carbonate de potassium Ch bicarbonate. L’iode s’y dissout en petite quantité en communiquant au liquide une coloration violet pâle. L’huile de pétrole dissout 5 à 6 volumes du liquide. Le sulfure de carbone ne s’y mélange qu’en faible quantité. L’éther paraît s’y mêler en toutes proportions. Les huiles grasses le dissolvent en petite quantité. Le suif, dans ces conditions, blanchit à la surface, en perdant la graisse liquide qu’il contient. La stéarine, la paraffine sont insolubles. Le sodium est sans action à la température ordinaire [Cailletet, Compt. rend., t. LXXV, p. 1271].
Réactions et décompositions. — Le gaz carbonique, traversé par une série d’étincelles d’induction, se décompose rapidement. Cette décomposition ne dépasse pas un certain terme, mais elle ne tend vers aucune limite fixe [Berthelot, Compt. rend., t. LXVIII. p. 1636] .
Sous l’influence de l’effluve électrique, l’acide carbonique se décompose partiellement (4 à 8 °/0) en oxyde de carbone et oxygène fortement ozonisé [A. Thénard, Compt. rend., t. LXX1V, p. 1280; t. LXXV, p. 120].
L'absorption de l’acide carbonique par le sérum du sang est sous la dépendance directe do la température et de la pression [Setschenoff, Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 151; t. XXIX, p. 370].
En présence d’un peu d’eau et d’un mélange de sulfate ferreux et de phosphate de sodium, l’acide carbonique est ramené pou à peu à l’état d’oxyde de carbone [Horsford, Wiener Anzciger, 1873? p. 91; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 445].
Mélangé avec son volume d’hydrogène sulfuré et dirigé à travers un tube chauffé au rouge, il se décompose suivant l’équation
CO2 -f li2S = CO + II2 O -f S
[Kühler, Deutsch. chem. Gesellsch-, 1878, p. 205].
Il agit au rouge sur le fer, en produisant de l’oxyde de carbone (Thénard) et du protoxyde de fer cristallin :
Fe + CO2 = FeO + CO
[Tissandier, Compt. rend., t. LXXIV, p. 531].
Il est des cas où l’acide carbonique peut déplacer des acides beaucoup plus énergiques, tels que les acides phosphorique, acétique, chromique. Ainsi, une solution d’acétate de baryum ou d’acétate de zinc précipite du carbonate par la saturation avec du gaz carbonique.
Dans une solution d’acétate de plomb, il détermine un abondant précipité, en décomposant 73,6 °/0 de l’acétate ; il transforme le chromate jaune en solution, en bichromate. Le borax, le phosphate de sodium et le phosphate sodicoammonique, l’acétate de sodium, sont plus ou moins attaqués. Enfin, de la solution du sel de Seignette, l’acide carbonique sépare de la crème de tartre [Mohr, Liebig’s Ann. Cliem., t. CLXXXV, p. 286; Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 256],
éthers carboniques. — Carbonate d’éthyle.
— L’éther carbonique se forme dans une foule de réactions, dans lesquelles on fait intervenir le chlorocarbonate d’éthyle [Voyez Wilm et Wischin, Ann. Chem. Pharm., t. CXLVII, p. 150].
Lorsqu’on chauffe modérément le chlorocarbonate d’éthyle avec de l’étbylcarbonate de sodium,
CARBONE
CARBONE
— kik —
le produit liquide do la réaction est constitué uniquement par du carbonate d'éthyle :
CO
O Na
= Na Cl + CO2 + CO (OC2 II8)2
fWyss, Deutsch. chem. Gesellsch., 1876, p. 847]. Sur la formation du carbonate d’éthyle par l’action des métaux alcalins sur l’éther oxalique, | voyez Dittmar et Cranston [Journ.chem. Soc. (21, t. VII, p. 441 ; Bull. Soc. chim., t. XIII, p. 431].
Le carbonate d’éthyle se produit également par l’action de l’éthylate de sodium sur l’éther oxalique [Geuther, Zeitschr.Chem., 1868, p. 658].
Le pouvoir réfringent du carbonate d’éthyle est 0,1382; son volume spécifique 138,8 [Schrauf, Poggend. Ann., t. CXXXIII, p. 479].
L’éthylate de sodium réagit à 120° sur l’éther carbonique, en produisant de l’éthylcarbonate de sodium et de l’éther éthylique ; le sodium produit en môme temps de l’oxyde de carbone :
3 CO (O C2H6)2 4 Na2 = 2CO^ oNa'15 + 2(C2H5)2° + c0 [Geuther, Mèm. cité].
Le brome réagit à chaud sur l’éther carbonique ; il se dégage de l’acide carbonique et il reste du bromure d’éthyle [Ladenburg et Wichelhaus, Bull. Soc. chim., t. IX, p. 356 ; Ann. Chem. Pharm., t. CLII, p. 163].
Carbonate de propyle, C O (O C3 H7)2. — 11 se forme par l’action du sodium sur l’oxalate de propyle (Cahours); Roemer le prépare par l’action du chlorocarbonate de propyle sur le propylate de sodium (alcool normal).
C’est un liquide incolore bouillant à 160-165° (Roemer), à 156-160° (Cahours). Densité à 22° = 0,968.
Bouilli avec une solution concentrée de potasse caustique, il se dédouble avec régénération d’alcool propylique normal. L’ammoniaque en solution aqueuse le change en uréthane propylique [Cahours, Compt. rend., t. LXXV11, p. 746; — Roemer, Deutsch. chem. Gesellsch., p. 1101 ; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 17]
Carbonate de butyle, C 0(0 C4 H9)2. — On l’obtient par l’action du carbonate d’argent sur l’iodure de butyle normal. Il bout à 207° sous la pression de 740mm. Densité à 0° = 0,9407; à 20" = 0,9224; à 40° == 0,911 [Lieben et Rossi, Ann. Chem. Pliarm., t. CLXV, p. 112; Bull. Soc. chim-, t. XIX, p. 310].
2° Oxyde de carbone.
Lorin a trouvé une nouvelle source d’oxyde de carbone dans la décomposition des formines brutes par la chaleur; un mélange d’acide oxalique sec et de glycérine, chauffé à 135°, fournit un dégagement régulier et constant d’oxyde de carbone.
L’oxyde de carbone prend également naissance dans la déshydratation de l’acide formique sous l’influence du formiate de sodium, de l’acétate de sodium, etc. [Compt. rend., t.LXXII, p. 629, 750J.
Il se forme par la réduction de l’acide carbonique, au rouge, à l’aide de l’hydrogène sulfuré
CO2 + H*S = CO -f- I120 -f S
[Kôhler, Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 206].
Préparation. — En prenant 9 p. d’acide sulfurique concentré pour 1 p. de ferrocyanure, chauffant avec précaution et éloignant le feu dès que la réaction se manifeste, on obtient un courant régulier et soutenu d’oxyde de carbone [Boutlerow, Bull. Soc. chim., 1863, p. 582].
Chevrier fait passer le mélange gazeux de CO2 + CO,
obtenu en décomposant l’acide oxalique par l’acide sulfurique, dans un tube de porcelaine chauffé au rouge sur du charbon (braise de boulanger ou charbon de bois débarrassé de toute trace d’hydrocarbure). L’acide carbonique est transformé à peu près complètement en un volume double d’oxyde de carbone [Compt. rend. t. LXIX, p. 138],
L’oxyde de carbone conserve son état gazeux à la température de —29° et (i la pression de 300 atmosphères. Mais, si on le détend subitement, ce qui doit produire une température d’au moins 200° au-dessous du point de départ, on voit apparaître immédiatement un brouillard intense produit par la liquéfaction, ou peut-être par la solidification du gaz [Cailletet, Compt. rend., t. LXXXV, p. 1213, 1217].
L’indice de réfraction de l’oxyde de carbone a fait l’objet de plusieurs études [Voyez Croullebois, Ann. Chim. Phys. (4), t. XX, p. 1 36 ; — Mascart, Compt. rend., t. LXXVI1I, p. 617, 6791.
Sur le coefficient de transpiration et de frottement moléculaire de l’oxyde de carbone, voyez Clerk Maxwell [Philos. Magas. (4), t. XLVII, p. 453; — O. E. Meyer, Poig. Ann., i. CXLIII, p. 14; et t. CXLVIII, p. 4071.
Les spectres électriques, développés par l’oxyde de carbone dans les tubes de Geissler, ont été décrits par Wüllner [Même Becueil, t. CXL1V, p. 481].
Thomsen a indiqué les valeurs suivantes pour les quantités de chaleur dégagées dans la formation et dans l’oxydation de l’oxyde de carbone :
CO, O -f 66ca!,810
CO, O Aq 72, 690
[Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 1533; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 422].
Sur l’affinité relative de l’oxygène pour l’oxyde de carbone, voyez Ilorstmann [Liebig's Ann. dcr Chem., t.CLXXXX, p. 228].
La formation thermique des combinaisons de l’oxyde de carbone ave les autres éléments a été étudiée tout récemment par Berthelot ; voici les nombres qui résultent de cette étude :
CO 4 O + 68 ont, 3
CO 4 S gaz — 3, 6