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V. Sulfo-dithiocarbonates

(Sulfocarbonates proprement dits).

sels suLFOCARBO niques. — Sulfocarbonate d’ammonium. — Une solution de ce sel dans 35,47 p. d’eau offre les indices de réfraction suivants : pour la raie A, 1,3918; et pour D 1,3988 [Gladstone, Jour», chem. Soc. (2 , t. VIII, p. 147], Le sulfocarbonate d’ammonium se dissout dans l’acétone et la transforme en sulfocarbonate d'acétonine. L’aldéhyde acétique est converti en carbothialdine [Mulder, Bull. Soc. chim., t. IX, p. 219; Journ. prakt. Cliem., t. CI, p. 401].

Sulfocarbonate de baryum, BaCS8. — Quand on agite, pendant quelques minutes, une solution de sulfure de baryum tant soit peu concentrée avec du sulfure de carbone, il se précipite bientôt une poudre jaune serin, cristalline et très dense, qui constitue du sulfocarbonate de baryum pur soluble dans 66,66 p. d’eau [P. Thénard, Compt. rend., t. LXX1X, p. 673].

Il s’obtient aussi facilement par double décomposition au moyen du sulfocarbonate de sodium et du chlorure de baryum. Il est anhydre à

l’état cristallin et peu soluble. Cependant, il colore l’eau en jaune rosé [Dumas, Compt. rend., t. LXXIX, p. 647].

L’hydrate de baryum donne avec le sulfure de carbone une combinaison jaune, soluble.

Sulfocarbonate de calcium (Sels basiques). — Un mélange de sulfure de carbone et d’eau de chaux, exposé à la lumière pendant 6 à 8 heures, laisse déposer du jour au lendemain de beaux prismes rouge orange. Si l’on chauffe vers 50°, la réaction s’accomplit en deux heures, et les cristaux ne se déposent par le refroidissement de la liqueur filtrée qu’après l’addition de chaux hydratée ; ils renferment

CaCS3 + 3Ca(OH)*+ 7H*0.

Ce sel est soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool. L’eau bouillante le décompose en hydrate decalcium, qui se précipite, et en sulfocarbonate qui reste dissous. Ce dernier finit par se décomposer, à la suite d’une ébullition prolongée, en hydrogène sulfuré et carbonate de calcium,

CaCS3 + 3 H* O = 3 H* S -f- CaCO3.

[Sestini, Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 253].

Le sulfure de carbone, agité avec un lait de chaux, laisse déposer, au bout de quelques jours, des aiguilles orangées, ayant la composition

CaCS3 + 2Ca (O II)* + 6H*0,

insolubles dans le sulfure de carbone et l’alcool, un peu solubles dans l’eau. Les acides décomposent ce sel, en mettant en liberté de l’acide sulfocarbonique [D. YValker, Chem. News, 1874, t. XXX, p. 28].

Le sulfocarbonate de potassium qu’on emploie aujourd'hui en grandes quantités pour la destruction du phylloxéra, se prépare suivant le procédé indiqué par Dumas, en agitant en vase clos du sulfure de carbone avec une solution concentrée de sulfure de potassium, et en chauffant le mélange vers 50°; on obtient ainsi une solution de sulfocarbonate de potassium, renfermant jusqu’à 15 °/0 de sulfure de carbone [Dumas, loc. cit. — Vincent, Compt. rend., t. LXXXIV, p. 701J.

L’acide carbonique décompose le sulfocarbonate de potassium et donne naissance à du bicarbonate, en dégageant de l’hydrogène sulfuré et du sulfure de carbone. Le gaz sulfhydrique luimême décompose le sulfocarbonate. L’action de la silice en gelée est nulle.

L’action toxique des sulfocarbonates sur les animaux et sur les plantes a été étudiée avec le

Îdus grand soin par Dumas [Ann. Chim. Phys., 5), t. VU, p. 5].

Les sulfocarbonates alcalins sont extrêmement déliquescents. Seul le sulfocarbonate double de potassium et de nickel se présente en cristaux brillants, assez bien définis et assez maniables [Mermet, Compt. rend., t. LXXXI, p. 344].

Uéthylsulfocarbonate de sodium se décompose par l’action de la chaleur en donnant du sulfure de carbone et des produits sulfurés bouillant à des températures plus élevées [de Clermont, Compt. rend., t. LXVII, p. 1259].

Butylsulfocarbonate de sodium,

CS

✓ SC‘H« \ S Na.

— Ce sel s'obtient par l’union du sulfure de carbone avec le sulfobutylate de sodium (butylmcrcaptan sodique). La combinaison a lieu avec l’élévation de température.

Sel jaune très soluble dans l’eau et l’alcool, cristallisable en aiguilles mamelonnées. L’eau le décompose à 100° en bicarbonate de sodium, hydrogène sulfuré et butylmercaptan.

CARBONE. — 430 CARB ONE.

La solution aqueuse dépose, par l’addition d’acido sulfurique, une huile peu soluble, qui constitue sans doute l’acide butylsulfocarbonique

CS

/ S CMP s SII.

[ülylius, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 312; Bull . Soc. chim., t. XX, p. 275].

Polysulfocarbonates. — Le sulfure de carbone sc dissout dans la solution des polysulfures alcalins avec production des polysulfocarbonates correspondants. Ces derniers se distinguent des sulfocarbonates ordinaires par leur grande solubilité dans l’alcool. Les solutions aqueuses sont d’un rouge un peu plus sombre; il en est de même des différents précipités que ces solutions forment avec les sels métalliques, et qui paraissent aussi se décomposer plus rapidement [Gélis, Compt. rend., t. LXXXI, p. 282].

Dosage du sulfure de carbone dans les sulfocarbonates alcalins. — Depuis que la fabrication des sulfocarbonates a pris un caractère industriel, il est devenu important de trouver une méthode d’analyse qui permit d’en apprécier facilement le titre.

Delachanal et Mermet ont proposé une méthode qui consiste à décomposer le sulfocarbonate de plomb par l’acide acétique et à recueillir le sulfure de carbone dégagé dans un tube taré renfermant de l’huile d’olive ou de la potasse alcoolique [Compt. rend., t. LXXXI, p. 92].

David et Rommier ont fondé un procédé sur ia décomposition des sulfocarbonates sous l’influence de l’acide arsénieux, par une élévation de température: le sulfure de carbone est recueilli et mesuré dans une éprouvette graduée \Compt. rend., t. LXXXI, p. 156].

Suivant Finot et Bertrand, ce dernier procédé serait tout à fait inexact ; ils reprochent aussi au procédé de Delachanal et Mermet (t) de donner des résultats trop faibles, le sulfure de carbone n’étant pas complètement absorbé si l’on n’emploie qu’un seul tube à huile; en outre, ce procédé exigerait une manipulation longue et délicate.

Ils proposent de doser le sulfure de carbone par perte de poids, en se basant sur la décomposition subie par le sulfocarbonate de zinc, qui, ainsi que les sulfocarbonates de cuivre et de mercure, se dédouble à 59-60° en sulfure métallique et sulfure de carbone.

Voici le mode opératoire que ces chimistes recommandent :

On introduit dans un ballon en verre léger, de 100 centimètres cubes de capacité, 10sr- du sulfocarbonate à essa3rer, puis 25 ou 30cc d’eau et 10“ d’unesolutionconcentréedesulfatede zinc. Le ballon est fermé par un bouchon percé de deux trous : par l’un d’eux passe un tube à ponce imbibée d’acide sulfurique, et par l’autre un petit tube qui peut se fermer à l’aide d’un caoutchouc et d’une pince.

On fait la tare de l’appareil, on l’agite et on chauffe légèrement. Quand le sulfocarbonate s’est transformé entièrement en sulfure de zinc blanc, on ouvre la pince qui fermait l’un des tubes du ballon; on fait passer un courant d’air sec au moyen d'un aspirateur, on laisse refroidir l’appareil et on pèse de nouveau. La perte de poids indique le sulfure de carbone pour 10 grammes du sulfocarbonate analysé [Ann. Chim. Phys. (5), t. IX, p. 142J.

Dans un mémoire étendu publié récemment [Ann. Chim. Phys., (5), r„ XII, p. 82], Delachanal et Mermet décrivent une méthode d’analyse très complète, qui permet de déterminer

(1) Voyez la réponse do ces derniers, Ann. Cliim.

Phys. (5), t. IX, p. 512.

exactement dans les sulfocarbonates le soufre total et ses divers états (sulfure de carbone, acide hyposulfureux, acide sulfurique, sulfure alcalin, et soufre combiné au sulfocarbonate), à l’aide d une solution alcaline d’hypobromite de potas-

Ils proposent en outre un mode spécial de dosage du sulfure de carbone dans les sulfocarbonates, consistant à recueillir le sulfure dégagé par la décomposition du sel cuivrique dans une solution alcoolique de potasse et à titrer le xanthate de potassium produit par la liqueur d’iode. Nous renvoyons pour les détails d’exécution au mémoire précité.

éthers sulfocarboniques. — Sulfocarbonate d ethyle (sulfocarbonyle-disulfodiéthyle),

— L’action du bromure d’éthyle sur le sulfocarbonate de potassium est très vive. L’éther produit bout à 240°. La potasse alcoolique le dédouble selon l’équation,

CS(SCMI5)2 -j- KOII-t- CMDOI = C0\Sk'113 + 2CHRSH

[Salomon, Journ. prakt. Chem., (2), t. VI, p. 433; Bull. Soc. chim., t. XIX, p. 561].

Sulfocarbonate de butyle, CS* (CMP)2. — On chauffe à 100-130° de l’iodure de butyle avec du sulfocarbonate de potassium. Le rendement est assez faible à cause d’une réaction secondaire, qui peut être exprimée par l’équation suivante :

CMPI -f 3 H2 O + K2 CS*

= IISCMP -f Kl -f K II G O* + 2 H2 S.

C’est un liquide orangé, bouillant à 285-289°. Ses réactions sont les mêmes que celles des autres éthers sulfocarboniques [Mylius, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 312; Bull. Soc. chim.. t. XX, p. 275].

Ethylsulfocarbonate d’éthylène (éther disulféthylènetétrasulfodicarbothionique),

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