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CS8 + 3 S O3 = COS + 4 S O

[Armstrong, Deutsch. chem. Gesellsch., 1869, p. 712].

Il se forme aussi par l’action du sulfure de carbone sur l’urée, à 110°; sur l’oxamide à 200°. L’acide thiacétique, chauffé à 300°, donne naissance à une certaine quantité d’oxysulfure de carbone [A. Ladenburg, Même recueil , 1868, p. 273: 1869, p. 53, 271; Bull. Soc. chim., t. XII, p. 254].

Ainsi que l’a indiqué Than, le soufre se combine rapidement avec l’oxyde de carbone, pour former de l’oxysulfure au rouge sombre.

Un moyen très commode pour préparer rapidement de l’oxysulfure, exempt de sulfure de carbone, consiste à décomposer l’éthylthiocarbonate de potassium par l’acide chlorhydrique étendu,

C0^SK 115 + HC1 = C0S + C8H«0 + K Cl;

le gaz produit, lavé à l’eau, est entièrement pur [Salomon, Journ. prakt. Chem. (2) t. V, p. 476; Bull. Soc. chim., t. XVIII, p. 228].

Pour débarrasser Toxysulfure de carbone, préparé par la méthode ordinaire, du sulfure de carbone qu’il renferme, il faut le faire passer à travers un tube en U rempli de morceaux de caoutchouc non vulcanisé et refroidi de — 18° à — 23° [Bender, Ann. Chem. Pharm., t. CXL VIII, p. 137 ; Bull. Soc. chim., t. XII, p. 256].

L’oxysulfure de carbone est absorbé rapidement par une solution alcoolique de potasse, avec formation d'éthylthiocarbonate de potassium :

CO S + C* II5 . 0 K = CO ^ g^*118

La potasse aqueuse l’absorbe avec une vitesse bien plus grande que la vapeur de sulfure de carbone mêlée avec l’air ou un autre gaz, bien que l’absorption soit toujours assez lente.

L’alcool absolu et les carbures liquides le dis-

solvent en grande quantité [Berthelot, Ann . Chim. Phys. (4), t. XXVI, p. 470],

L’oxysulfure de carbone est absorbé vivement par une solution aqueuse concentrée d’ammoniaque; le liquide se colore en jaune; il renferme du sulfure et du carbonate d’ammonium, et laisse, par l’évaporation, un résidu d’urée. Cette décomposition ne s’effectue qu’après un repos prolongé ou sous l’influence de la chaleur. La solution ammoniacale, saturée à 0°, ne renferme ni carbonate, ni sulfure d’ammonium ; mais, par une élévation de température, le thiocarbonate d’ammonium produit se décompose d’une part en urée et hydrogène sulfuré ; d’autre part, par fixation d’eau, en acide carbonique et sulfure d’ammonium.

Cette dernière décomposition est très secondaire lorsqu’on traite la solution saturée d’oxysulfure de carbone à 0° immédiatement par l’hydrate ou le carbonate de plomb, sans faire intervenir la chaleur; on obtient alors, comme produit principal, une quantité notable d’urée [E. Schmidt, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 191 ; Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 160].

L’oxysulfure de carbone ne se combine pas à la triéthylphosphine; mais la moindre trace de sulfure de carbone, mêlée avec ce gaz, donne naissance à la combinaison rouge caractéristique [A. W. Hofmann, Deutsch. chem. Gesellsch., 1869, p. 73; Bull. Soc. chim, t. XII, p. 2551.

Nous devons ajouter que les prévisions de Kolbe, relativement à l’existence de deux oxysulfures de carbone différents, dont l’un se rait (CO)S et l’autre (CS) O [Journ. prakt. Chem. (2), t. iV, p. 381; Bull. Soc. chim., t. XVII, p, 207], n’ont pas été confirmées, ainsi qu’il fallait s’y attendre, par les recherches entreprises dans ce but, par Salomon [Mém. cité].

12° CiiLonosuLFcnEs de cabbone.

Dichlorosulfure de carbone , CS Cl8. — Ce composé a été signalé par Kolbe comme résultant de l’action du chlore sur le sulfure de carbone et décrit comme un liquide bouillant à 70°. Mais il résulte des recherches de Rathke que le chlorosulfure CS Cl8 ne se forme qu’en très petite quantité dans cette réaction, et que le liquide bouillant vers 70° renferme principalement du sulfure et du tétrachlorure de carbone.

Le dichlorosulfure de carbone ne se forme pas non plus par l’action du pentai hlorure de phosphore sur le sulfure de carbone, ou du pentasulfure sur le tétrachlorure de carbone. La seule méthode qui permette de le préparer sûrement consiste dans la soustraction de chlore au chlorosulfure CS Cl*, à l’aide de la poudre d’argent (argent réduit du chlorure par le zinc); on n’évite cependant pas la formation de produits secondaires. Voici comment il convient d’opérer :

On ajoute de la poudre d’argent par petites portions et en refroidissant, au tétrachlorosulfure de carbone maintenu en léger excès, et on distille au bain de sable. Le produit brut est lavé à l’eau, séché et distillé. La majeure partie passe entre 70 et 74°; mais il est impossible d’arriver par la distillation fractionnée à un point d’ébullition fixe, et à éliminer les dernières traces du chlorure C Cl*.

Le dichlorosulfure de carbone ainsi obtenu se présente à l’état d’un liquide mobile, d’un rouge vif, doué d’une odeur suffocante, rappelant celle du phosgène. Il se décompose à l’air humide, en répandant des fumées.

Conservé pendant plusieurs mois à la lumière, il se transforme en un polymère solide, se déposant par le refroidissement en cristaux volumineux et incolores, entièrement exempts de

CARBONE

tétrachlorure de carbone qui reste dans les eaux mères. Ce polvmère offre très sensiblement la composition n (CSCl!). Son odeur est faible; il est inaltérable à l’air, fusible à 112°, S, et se volatilise notablement avec la vapeur d’eau. Chauffé à 180°, il se transforme en chlorosuifure liquide. Le sulfite de potassium qui se combine instantanément avec ce dernier, est sans action sur le chlorosuifure solide.

Les alcalis décomposent le dichlorosulfure de carbone en donnant du carbonate, du sulfure et du chlorure alcalin. Par l’action de l’ammoniaque, il se produit aussi du sulfocyanate d’ammonium.

Le dichlorosulfure de carbone réagit sur le sulfite de potassium, plus vivement môme que le tétrachlorosulfure, en donnant naissanco au même produit, l’acide sulfométhine-trisulfonique:

CSC12 4- 2 K2 S O3 -f H K S O3 = C(SOsK)3SH -J- 2KC1.

Sa solution alcoolique se décolore à l'ébullition et laisse déposer, par l’addition d’eau, une huile jaunâtre, sans cloute

C S Cl O C SU5 ou CS(OC2H6)2.

Il transforme l’aniline, si l’on évite un excès de cette dernière, en phénysulfocarbimide. Cette réaction est si sensible qu’elle permet de déceler les moindres traces du chlorosuifure.

Chauffé en vase clos avec de la diphénylsulfourée, il la transforme en phénylsulfocarbimide :

CS(AzI-I.C6H5)2 + CSC!2

= 2 C S Az C 6II5 4- 211 Cl.

Il convertit avec la même facilité l’éthylamine dissoute dans l’eau en éthylsulfocarbimide [Rathke, Ann. Cliem. Pharm.,t. CLXVII, p. 204; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 264, R 7 7 J .

Il change l’acide amidobenzoïque en sulfocarbimide benzoïque et en acide, sulfo-urée benzoïque. L’action sur la benzamide est très complexe; si elle a lieu en vase clos, elle donne naissance à une certaine quantité de dibenzamide [Rathke et* Schaefer, Liebig’s Ann. Chem., t. CLXIX, p. 101 ; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 462].

Il réagit sur la benzine et s’unit à l’amylène [Rathke, Zeitsch. Chem., 1870, p. 57 ; Bull. Soc. chim., t, XII, p. 424],

Tétrachlorosulfure de carbone (méthylmercaptan perchloré), CSC1*= CC13-SC1. — On dirige un courant de chlore dans du sulfure de carbone contenant un peu d’iode (0,2 °/0). Le produit de la réaction est versé dans de l’eau et bouilli pendant 2 à 3 heures pour détruire le chlorure de soufre. On filtre à travers une toile, pour séparer le soufre, et l’on distille au bain-marie pour éliminer le sulfure et le tétrachlorure de carbone. Le résidu est séché sur du chlorure de calcium et distillé à feu nu jusqu’à ce que le thermomètre, plongé dans le liquide, marque 175". On traite le produit de la distillation par l'eau, pour décomposer un peu de chlorure de soufre formé, et l’on rectifie. 1 kilogr de sulfure de carbone donne 320 gr. de tétrachlorosulfure.

Le tétrachlorosulfure de carbone se forme aussi par l’action prolongée d’un mélange d’acide chlorhydrique et de peroxyde de manganèse sur le sulfure de carbone ; mais il est accompagné alors par une grande quantité de chlorure trichloro-méthylsulfureux.

Le tétrachlorosulfure de carbone est un liquide d’un jaune d’or, doué d’une odeur intense et très désagréable, attaquant fortement les yeux et les organes de la respiration. Il bout O 146,5-148°. Densité à 12°, 8 = 1 ,712.

Chauffé en vase clos à 200°, il se détruit totalement, en donnant du chlorure de soufre.

CARBOTHIACÉTONINE.

L’argent réduit le transforme en dichlorosulfure. Le zinc en copeaux réagit à 160° avec production de soufre, de chlorure de zinc, de tétrachlorure et de sulfure de carbone; il ne se forme que très peu de dichlorosulfure.

L’eau le décompose entièrement à 160° :

CCI* S + 2 H2 O = CO2 + 411 Cl -f- S.

La même décomposition a lieu, plus lentement, par l’humidité de l’air. La potasse agit de même. Par l’action de l’ammoniaque, il se produit en outre du sulfocyanate d’ammonium et du persulfocyanogène.

L’acide azotique d’une densité de 1,2 transforme peu à peu le tétrachlorosulfure en chlorure trichlorométhylsulfonique. Le sulfite de potassium produit le sel de potassium de l’acide sulfométhinc-trisulfonique.

Il réagit sur l’aniline en donnant naissance à de l’anilide perchlorométhylmercaptique ;

CC13-SC1 -f- 2 AzH2Ce H5

= C Cl3 - S Az H C6 H5 4- AzH2C6Il5.HCl ;

si l’aniline est en excès, on obtient comme produit principal de la triphénylguanidine [Rathke, Ann. Chem. Pharm., t. CLXVII, p. 195; Bull. Soc. chim., t. XV, p. 39; t. XX, p. 261, 377].

Ilexachloi'osulfure de carbone,

c*s>ci.s(c<°ÿ'ou«g;;|>s.

— Ce composé se trouve dans le résidu de la distillation du précédent. On l'obtient en arrêtant la distillation à 175°, traitant le résidu par du bisulfite de potassium, et faisant cristalliser le liquide par le refroidissement.

Il cristallise dans l’alcool en prismes aplatis, incolores et brillants, fusibles à 57°, 4, et se décomposant par la distillation. Il reste facilement en surfusion ; son odeur est faible. Il est plus soluble dans l’alcool chaud que froid, soluble dans l’éther et le sulfure de carbone [Rathke, Ann. Chem. Pharm., t. CLXVII, p. 209; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 266]. J. Tcherniac.

CARBOXEINES. — Baeyer a donné ce nom à des composés analogues aux phtalèines qui résultent de la fixation, avec élimination d’eau, de l’anhydride carbonique sur les phénols. Exemple :

2C6fI602 -f CO2 = 2H20 + C«H»0*.

Résortine. Résorciae-

carbonéine.

CARBONÉS (ACIDES) (Syn. Carboxylés [acides]). — Par «e nom on désigne les acides contenant une ou plusieurs fois le radical carboxyle CO2 H.

CARBOTHIACETONINE , C'0IR3Az2S2. — Staedler a obtenu le sulfhydrate de cette base faible en traitant l’acétone par le sulfure de carbone et l’ammoniaque aqueuse (voy. t. I, p. 34). D’après Mulder, on obtient ce même composé en soumettant l’acétone à l’action du thiosulfocarbamate d’ammonium. Le sulfhydrate de carbothiacélonine est un corps cristallin jaune, peu stable, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l'acétone. A la température ordinaire, il dégage de l’acide sulfhydrique et du sulfure de carbone. L’acide chlorhydrique chaud le convertit en chlorhydrate d’acétonine :

C9H18Az2.2HCl 4- II2 O;

en même temps il se forme un composé cristallisé en aiguilles jaunes. L’acide sulfurique le dissout avec une couleur jaune, et l’eau sépare une matière gluante de cette solution. Chauffé avec du chlorure ferrique, il fournit du sulfocyanate de fer; la potasse le décompose en donnant de l’acide sulfocyanique. Sa solution alcoo-

CARBOTHIALDINE. — I|33

lique donne avec le chlorure mercurique un précipité blanc, et avec l’acétate de plomb un nrécinité rouge, qui finissent par devenir noirs fE Mulder, Ann. Chem. Pharm., t. CLXVIII,

CARBOTHIALDINE, C3II10Az2S2. (voy. t. I, p. 768). — Mulder a obtenu ce composé en traitant le thiosulfocarbamate d’ammonium par l’aldéhyde acélique. Il lui a donné le nom dethiosulfocarbamate de diéthylidene-ammonium, et lui assigne la constitution

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