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HOMOLOGUES DE LA COUMARINE

coumarine propionique, C10H8O2. — Perkin [Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 1599] prépare ce corps en faisant réagir, à l’ébullition, un excès d’anhydride propionique sur le salicylite de sodium. Si l’on traite le produit de la réaction par l’eau, il se dissout du propionate de sodium, tandis que la coumarine propionique se précipite sous forme huileuse, et se solidifie par le refroidissement. Purifiée par cristallisation dans l’alcool, elle forme de beaux prismes transparents qui fondent à 90°. La coumarine propionique possède une odeur ressemblant à celle de la coumarine; elle distille sans décomposition, l’eau bouillante la dissout en petite proportion, et, par le refroidissement, la laisse déposer en fines aiguilles. Elle est très soluble dans l’alcool chaud, moins soluble à froid ; elle est presque insoluble dans la potasse à froid ; à chaud, elle se dissout avec une coloration jaune; les acides reprécipitent de la coumarine de la solution. Lorsqu’on la fond avec les alcalis, il se forme de l’acide propiocoumarique, à une température plus élevée de l’acide salicylique.

Dibromure de propiocoumarine. — Ce corps se forme lorsque les vapeurs de brome agissent sur la propiocoumarine à froid.

^-Bromopropiocoumarine, C10H7BrO2. — On obtient ce corps en faisant agir de l’anhydride propionique sur le salicylite de sodium bromé, ou par dissolution de la propiocoumarine dans le brome. Il cristallise dans l’alcool en longues aiguilles fines, fusibles à 146°; on peut le distiller presque sans décomposition. Il est soluble dans l’alcool bouillant, mais moins que la propiocoumarine ; il se dissout dans la potasse bouillante et en est précipité par les acides.

[i-Dibromopropiocoumarine , C10IIlllir2O2. — Sc forme lorsqu’on chauffe de la propiocounmrinc avec le double de son poids de brome, dissous dans le sulfure de carbone. Le corps brut est purifié par cristallisation dans la benzine.

coumarine butyrique, C11 H 10 O2 [Perkin, Ann. Chem. Phartn., t. CXLVII, p. 233]. Se prépare par l’action de l’anhydride butyrique sur le salicylite de sodium. Cristaux fusibles à lO-tl .

Bout à 296-297°. Peu soluble dans l’eau bouillante, la solution devient laiteuse parle refroidissement et laisse déposer, au bout de quelque temps, de fines aiguilles. Se dissout à chaud dans la potasse caustique; par la concentration, il se dépose une huile qui s’épaissit en se refroidissant et qui constitue une combinaison potassique.

coumarine valérique , C12I11202 [Perkin, ibid-, p. 235J. — On l'obtient, comme les corps précédents, avec l’anhydride valérique et le salicylite de sodium. Pour purifier le produit brut, on le dissout dans la potasse, on agite la solution avec de l’éther pour séparer des produits huileux, puis on décompose la solution alcaline par l’acide chlorhydrique ; il se sépare une huile que l’on dissout dans l’éther. La solution éthérée est agitée avec une solution de carbonate de sodium, puis évaporée. La coumarine valérique se sépare sous forme d’une huile qui se concrète bientôt. On la purifie par plusieurs cristallisations dans l’alcool. Beaux prismes à six pans, qui paraissent être clinorhombiques, fusibles à 54°. Bout à 301°, avec décomposition partielle. Insoluble dans l’eau froide, peu soluble dans l’eau bouillante, très soluble dans l’alcool et dans l’éther. Se comporte avec la potasse comme son homologue, la coumarine butyrique.

Hydrocoumarine, C18H1404. — Ce corps a été découvert par Zwenger [Ann. Chem. Pharm., Supplementb. VIII, p. 23 ; Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 451], qui l’a obtenu en chauffant l’acide hydrocoumarique à 100°, lavant la masse fondue avec de l’alcool et faisant cristalliser dans le chloroforme.

11 se forme aussi, indépendamment de l’acide mélilotique et de l’acide hydrocoumarique, par l’action de l’amalgame de sodium sur une solution aqueuse de coumarine à laquelle on a ajouté un peu d’alcool :

Coumarine. Hydrocoumarine.

Zwenger considère l’hydrocoumarine comme l’anhydride de l’acide hydrocoumarique :

Elle forme des lamelles incolores brillantes, fusibles à 220°, se décomposant par une fusion prolongée; presque insoluble dans l’alcool, l’ether et l’eau ; par l’ébullition avec de l’acide azotique dilué, elle seconvertiten un dérivé nitré. L’ammoniaque et la potasse diluée ne l’attaquent pas, tandis que la potasse alcoolique la transforme en en acide hydrocoumarique. Ad.[ Kopp.

COUMARIQUE (ACIDE) (t. I, p. 981). — L’acide coumarique est l’acide oxycinnamique :

C° H803 = C«H4 < CH . coOH.

Il existe deux modifications isomériques de ce corps, savoir : l’acide orthocoumarique et l’acide paracoumarique.

acide orthocoumarique. — Cet acide se trouve tout formé dans la nature. Zwenger l’a extrait du mélilot et des feuilles de Fahama. On l’obtient aussi en décomposant par les alcalis l’acide acétylorthocoumarique :

• CH = CH-COOH .OC*IPO

que l’on prépare en chauffant 3 p. d aldéhyde salicylique, 4 p. d’anhydride acétique et 4 p. d’acétate de sodium fondu. Sous l’influence des alcalis, cet acide se dédouble, d’après Tiemann et Herzfeld [Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 03 et p. 283], en acide acétique et en acide orthocoumarique.

COUMARIQUE (ACIDE). — 533 — COUMARIQUE (ACIDE).

Ce dernier acide forme des aiguilles blanches, fusibles à 207-208°. Par ses propriétés et sa solubilité dans les différents véhicules, il se rapproche de l’acide paracoumarique.il se distingue de ce dernier par la coloration de sa dissolution dans les alcalis, qui est jaune avec une fluorescence verte caractéristique.

Delalande, Bleibtreu et plus récemment Zwenger ont obtenu l’acide orthocoumarique en faisant bouillir la coumarine avec de la potasse concentrée, mais ces auteurs donnent des points de fusion différents : Bleibtreu indique 170°, Zwenger, 195°. . ,

Pour le préparer, Zwenger fait évaporer dans un ballon une solution de coumarine avec une lessive de potasse très concentrée, jusqu'à ce qu’une prise se solidifie rapidement. On dissout le tout dans Peau, et l’on précipite par de l’acide chlorhydrique. Pour séparer l’acide coumarique des traces de coumarine qui y adhèrent, on le fait cristalliser, on le dissout dans un léger excès d’ammoniaque dilué, et, par filtration, on le sépare de la coumarine restée insoluble. La solution est précipitée par de l’azotate d’argent, le précipité repris par l’eau et décomposé par l’acide chlorhydrique.

L’acide ainsi obtenu cristallise en longues aiguilles anhydres, peu solubles dans l’eau froide, plus solubles dans l'eau bouillante, et encore plus dans l’alcool et dans l’éther. Par distillation sèche, il donne du phénol.

Zwenger n’a pu obtenir d’acide mélilotique par l’action de l’amalgame de sodium sur l’acide orthocoumarique. Tiemann et Herzfeld ont réussi, de leur côté, à réaliser cette transformation [Deutsch. chem. Gesellsch. 1867, p. 286]. L’acide mèiilotique est donc l’acide hydroorthocoumarique.

Orthocoumarate de baryum,

(C9II703)2Ba -j- H* O.

— Se forme en saturant l’acide orthocoumarique par du carbonate de baryum ou de l’eau de baryte. Cristallise en prismes colorés en jaune, très solubles dans l’eau.

Orthocoumarate de plomb, (C9H703)3Pb. — S’obtient à l’état de précipité cristallin, en décomposant le coumarate d’ammonium par l’acétate de plomb. Ce sel est soluble dans un excès de coumarate d’ammonium ; par un repos prolongé, il se précipite sous forme de cristaux grenus, l’ar l’ébullition avec l’eau, on obtient un sel basique jaune, qui se forme aussi en précipitant le coumarate d’ammonium par du sous-acétate de plomb.

Orthocoumarate de zinc, (C9 H703)2Zn. — Forme des aiguilles fines et brillantes, peu solubles dans l’eau froide.

Orthocoumarate d'argent, C9 II7 O3. Ag.— Précipité pulvérulent presque insoluble dans l’eau, qui se décompose par la chaleur en acide coumarique, tandis que les sels de plomb et de zinc donnent, dans les mêmes conditions, de la coumarine.

acide paracoümariqde. — Cet acide se prépare par décomposition avec la potasse de l’acide acétylparacoumarique (obtenu par l’ébullition de 8 p . d’aldéhyde paraoxybenzoïque, 5 p. d’acétate de sodium sec et 2 p. d’anhydride acétique).

L’acide paracoumarique forme, à l’état brut, des aiguilles rouges; mais, par des cristallisations répétées dans l’eau chaude, on l’obtient sous forme d’aiguilles blanches, fusibles à 206°, très solubles dans l’alcool, l’éther, l’eau bouillante, très peu solubles dans l’eau froide. Par l’action de l’amalgame de sodium sur cet acide, il se forme de l’acide hydroparacoumarique C9H'°03. Ce dernier acide, découvert par Malin [Bull. Soc. chim., t. IX, p. 503], forme de petits cristaux clinorhombiques, fusibles à 125° et solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther.

Les propriétés de l'acide paracoumarique ainsi préparé par Tiemann et Herzfeld, correspondent avec celles de l’acide que Illasiwetz a obtenu en faisant bouillir une solution d’aloès avec de l’acide sulfurique, et qui a été décrit t. I, p. 981. Mais ce dernier chimiste indique comme point de fusion 180°, tandis qu’il est situé à 206°.

HOMOLOGUES DE L’ACIDE COUMARIQUE. — Acide butyrocoumarique, CHH1203. — Lorsqu’on évapore une solution de coumarine butyrique avec de la potasse, il se sépare une couche huileuse qui se solidifie par le refroidissement; par la fusion, elle se transforme en butyrocoumarate de potassium. On reprend le tout par l’eau, et l’on décompose la solution par un acide. L’acide précipité est purifié par dissolution dans l’ammoniaque, et la solution est épuisée avec du chloroforme.

Cet acide cristallise en prismes aplatis, brillants, fusibles avec décomposition à 174°; il est très soluble dans l’alcool et l’éther, peu soluble dans l’eau et le chloroforme.

Le sel de sodium est cristallin et très soluble.

Le sel d’argent, C" II1' AgO3, forme d’abord un précipité jaune qui devient bientôt blanc et cristallin. Il est peu soluble dans l’eau [Perkin, Chem. Soc. Joum., (2),t. VI, p. 472; Ann. Chem. Pharm., t. CL, p. 81].

ACIDE HYDROCOUMARIQUE, C'sHi306. — Lorsqu’on traite une solution aqueuse de coumarine avec de l’amalgame de sodium, il se forme de l’acide coumarique et de l’acide mélilotique; la réaction n’est pas la môme si l’on opère en solution alcoolique. Dans ce cas, il se forme principalement le sel de sodium de l’acide hydrocoumarique. Zwenger [Ann. Chem. Pharm., Supplemtb. VIII, p. 23 ; Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 451] fait agir au bain-marie, sur une solution alcoolique concentrée de coumarine, de l’amalgame de sodium pâteux. Il se précipite de l’hydrocoumarate de sodium, qui est séparé du coumarate et du méliloate de sodium par des lavages à l’alcool absolu bouillant. La dissolution alcoolique est distillée, le résidu est acidulé par de l’acide acétique, et la solution précipitée par de l’acétate de plomb. Le précipité, après avoir été épuisé à différentes reprises par de l’eau bouillante, est décomposé par l’hydrogène sulfuré.

L’acide hydrocoumarique est peu soluble dans l’eau froide, plus soluble à chaud, et cristallise en aiguilles; il est très soluble dans l’alcool et l’éther. Chauffé à 100°, il se transforme en son anhydride, l’hydrocoumnrine. Il n’est pas attaqué par l’amalgame de sodium.

Le sel ammoniacal ne cristallise pas. Le sel de sodium C18iI16Na206 -f- 10 H20 se dissout facilement dans l’eau chaude et cristallise en prismes brillants incolores.

Le sel de plomb, C18H16Pb06, ceux d’argent et de cuivre forment des précipités volumineux; les deux premiers deviennent cristallins au contact des liquides d’où ils ont été précipités.

ACIDE HYDROPARACOUMARIQUE,

C'B‘< CH*- CH*-GOOH.

— Cet acide est l’isomère de l’acide mélilotique, qui est l’acide hydroorthocoumarique (voyez t. II, p. 326). lia été découvert par Malin [Ann. Chem. Pharm., t. CXLII, p. 358], qui l’a préparé en faisant bouillir l’acide paracoumarique, obtenu avec l’aloès, avec l’amalgame de sodium. On décompose par l’acide sulfurique dilué, on agite la masse avec de l’éther, et l’on distille la solution éthérée ; le résidu de la distillation est redissous dans l’eau, d’où l’acide hydroparacoumarique cristallise en petits cristaux bien formés. Il fond à

COUSSINE. — 534 — CRÉATINE.

125° et se dissout facilement dans l’eau, l’alcool et l’éther.

La solution d’acide hydroparacoumarique n’est précipitée ni par l’acétate de plomb ni par le chlorure mercurique; le perchlorure de fer n’y produit pas de coloration, ce qui le distingue de son isomère l’acide mélilotique, qui est coloré, mais d’une façon passagère, en bleu. Avec l’eau de brome, il se forme un trouble laiteux, ensuite il se précipite un corps huileux.

L’acide hydrocoumarique se forme aussi par l'action de l’acide azoteux sur l’acide paraamidohydrocinnamique

rem ^ AzH2 u 11 ^ CH2-CHs-COOH.

acide coumarilique, C9II603. — Ce corps se forme, d’après Perkin [Chem., Soc. Journ., (2), t. IX, p. 37; Zeitschr. Chem., 1871, p. 177], lorsqu’on chauffe à l’ébullition l’a-bromo ou l’a-chlorocoumarine avec de la potasse alcoolique. On dissout le tout dans l’eau bouillante ; par le refroidissement le sel de potassium se sépare.

L’acide coumarilique fond et se décompose partiellement par distillation ; il se sublime lorsqu’on le chauffe avec précaution ; il est très soluble dans l’alcool, moins dans le chloroforme et le sulfure de carbone. Il cristallise dans l’eau en aiguilles ressemblant à l’acide benzoïque; c’est un acide monobasique.

Le sel ammoniacal cristallise en prismes plats, réunis concentriquement et très solubles; le sel de sodium est en lamelles transparentes; le sel de potassium, en longs prismes.

Les sels de calcium et de baryum forment des précipités cristallins peu solubles. Les sels d’argent, C9H503Ag, ceux de mercure et de plomb sont des précipités blancs; le sel ferrique est un précipité brun clair.

Uacidebromocoumarilique, C9H3Br03, se forme, comme l’acide coumarilique, par l’action de la potasse sur la dibromocoumarine. Cet acide bromé fond au-dessus de 250°; il se décompose lorsqu’on le chauffe à 180° avec de la potasse. Il cristallise dans l’alcool en aiguilles, il est assez peu soluble dans l’eau. Ses sels ressemblent à ceux de l’acide coumarilique. Ad. Kopp.

COUSSINE Syn. de Cosine.

CREATINE, C4 H9Az302. — Synthèse. ■— En appliquant au méthylglycocolle la réaction au moyen de laquelle Strecker avait obtenu la glycocyamine (action du glycocolle sur la cyanamide), Volhard a réalisé la synthèse de la créatine. Il porte à 100° pendant quelques heures un mélange de méthylglycocolle (sarcosine) et de cyanamide récemment préparée; par le refroidissement, il se dépose de petits cristaux de créatine. On l’obtient aussi en chauffant les solutions aqueuses des deux corps ou en abandonnant le mélange à lui-même [Volhard, Zeitschr. Chem., 1869, p. 318; Bull. Soc. chim., t. XII, p. 264] :

CH2 -AzH (CH3) azII

CO2 II v'AzII

Sarcosine. Cyanamide.

C II2 - Az (C H*)-C (Az II) - Az II2 ~ CO2 H.

Créatine.

On peut retirer de la créatine de l’extrait de viande de Liebig; on dissout 40 p. d’extrait dans 80 p. d’eau; on précipite par le sous-acétate de plomb en léger excès; on filtre et on évapore au volume primitif de l’extrait. Il se dépose de la créatine au bout de quelque temps [Mulder et JMonthaan, Zeitschr. Chem., 1809, p. 341 ; Bull. Soc. chim., t. XII, p. 357].

La créatine se combine avec l’oxyde de mer-

cure; si dans une solution de créatine en excès on ajoute du sublimé corrosif, puis de la potasse, on obtient un précipité cristallin, insoluble dans la potasse [Engel, Compt. rend., t. LXXV1II,

> L’hypobromite de sodium dégage à froid tout l’azote de la créatine [Magnier de la Source, Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 291].

Constitution de la créatine. — Comme nous l’avons indiqué (t. I, p. 984), la créatine et la créatinine peuvent être considérées comme des

guanidines substituées. Erlenmeyer les repré-

sente, ainsi que leurs homologues, la glycocyamine et la glycocyamidine, par les formules de constitution suivantes :

CII2-Az H-C(AzII) -AzH2 CO2 II

Glyeocyamine.

C II2- Az (C II3) - C (Az H) -Az II2 CO2 H

Créatine.

C II2-AzH ^ C O - Az II ^

C (Az H)

Glycocyamidine.

Créatinine.

La glyeocyamine est de la guanidine glycolique, c’est-à-dire de la guanidine dans laquelle 1 atome d'hydrogène est remplacé par un reste glycolique CI12-C02H, et la créatine, ou méthylguanidine acétique , dérive de la même façon de la méthylguanidine [Erlenmeyer, Ann. Chem.Pharm., t. CLXVI, p. 257 ; Bull. Soc. chim., t. X, p. 411].

On comprend par conséquent qu’il existe d’autres guanidines substituées, formées de la même façon, auxquelles on a donné le nom générique de créatines et de créatinines (voyez plus loin).

Kolbe a combattu les formules précédentes et a regardé la créatine comme de l’urée méthylamido-acétique :

[C2 II2 (Az H, C H3) O] Az H - C O - Az H2 ;

mais l’origine et les réactions de la créatine s’accordent mieux avec la formule qui en fait un dérivé de la guanidine.

La créatine et la créatinine, en effet, présentent avec la guanidine les mêmes relations que l’acide méthyl-hydantoïque et la méthyl-hydantoïne avec l’urée. De même, la guanidine est comparable à l’urée ; elle se forme par l’union de la cyanamide et de l’ammoniaque, comme l’urée par l’union de l’ammoniaque et de l’acide cyanique :

Az II2- C O- Az H2 Az H2 - C (AzH) - Az H2

Urée. Guanidine.

CH2-Az(CH3)-CO-AzII2 CO2 II

Acide méthyl-hydantoïque.

Cil2- Az (C H3) CO — AzII

Méthy 1-hy d antol n e.

C II2 - Az (C H*) - C (Az II) - Az H2

dom

Créatine.

Cil2- Az(CII3) v CO — AzH ^

Créatinine.

C(AzII)

On voit que les guanidines substituées représentent des dérivés uréiques, dans lesquels l’oxygène du carbonyle CO est remplacé par le groupement diatomique AzH. E. Grimaux.

CRÉATINES. — 535 — CRÉOSOTE.

CRÉATINES. — On a donné ce nom générique à des corps constitués comme la créatine. Les créatines s’obtiennent par le procédé général dû à Strecker, et qui consiste à unir la cyanamide aux acides amidés. On dissout l’acide amidé et la cynamide dans un peu d’eau, on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque et l’on abandonne le mélange quelques jours à lu i même.

Les créatines, en perdant de l’eau, fournissent les créatinines.

Les créatines connues sont : la glycocyamme, dérivée du glycocolle (t. I, p. 1605); 1 ’alacréatine, dérivé de l’alanine (Suppl., p. 52). Mulder, au moyen de l’isoalanine (acide (3-amido-propionique) résultant de l’action de l’ammoniaque sur l’acide (3-iodo-propionique CH2I-CH2-C02H), a obtenu un isomère de l’alacréatine qu’il a appelé acide fi-guaniclo-amido-propionique :

C‘H9Az»0*

CH2-C H1 - Az H - C (Az H) - AzlI2.

Il est bien cristallisé, très stable, ne se décomposant qu’à 205-210° [Mulder, Bull. Soc. chim., t. XXV, p. 5U0J. Enfin on connaît 1 ’homocréatine dérivée de la méthylalanine et enfin, dans la série aromatique, les corps appelés benzocréatines (Suppl,-., p. 326). E. Grimaux.

CREATININE, C4H7Az30. — La créatinine saturée en solution aqueuse froide par du carbonate de sodium, puis additionnée de tartrate sodico-potassique et d’une petite quantité de sulfate de cuivre, dépose au bout de quelque temps une poudre blanche. La réaction est plus rapide quand on porto le liquide à 50-60° pendant quelques instants; le précipité se fait alors par le refroidissement.

Ce précipité est une combinaison de créatinine et d’oxyde cuivreux, qui apparaît sous le microscope comme formé de petits grains agglutinés. La réaction est tellement sensible qu’elle accuse dans une solution 1/10000 de créatinine [O. Maschke, Zeitschr. analyt. Chem., t. VU, p. 134; Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 468].

Pour la constitution de la Créatinine, voyez

ClIKATI VE.

CRÉOSOL,

C»ll“>02 =

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\QII

t. I, p. 986. — La constitution du créosol, retiré de la créosote du goudron de hêtre, a été établie définitivement par les travaux de Tiemann et Mendelsohn [Deulsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 1136; 1877, p. 57]; c’est une méthylpyrocatéchine méthylée ou un homogaïacol appartenant à la série protocatéchique.

La fraction de la créosote du goudron de hêtre, bouillant à 220°, est formée principalement de deux corps : le créosol et le phlorol; on parvient à les séparer en dissohant un volume de cette huile dans son volume d'éther et en ajoutant 1 >£ à 2 volumes d’une solution alcoolique saturée de potasse. La plus grande partie du créosol se sépare sous forme de créosolate de potassium, tandis que dans les eaux mères se trouve le composé potassique du phlorol.

Tiemann et Mendelsohn ont préparé les dérivés suivants du créosol :

Méthylcréosol, C6 H» (CH») (O CM»)*. — On l’obtient en dissolvant le créosolate de potassium dans do l’alcool méthylique et en chauffant avec un excès d’iodure de méthyle au bain-marie. Le produit de la réaction est distillé, précipité par l’eau, et l’huile obtenue agitée avec de la potasse qui dissout le phénol non attaqué. Le méthylcréosol est un liquide incolore, bouillant à 216°,

d’odeur agréable; insoluble dans l’eau et dans les alcalis dilués, il se dissout facilement dans l’alcool et l’éther. En oxydant par une solution diluée de permanganate de potassium, on obtient de l’acide diméthylprotocatéchique, fusible à 174°.

L ’acélylcréosol, C6 II» (C H») (O C H») (O C* II» O), s’obtient en chauffant au réfrigérant ascendant, durant deux à trois heures, du créosol avec un excès d’anhydride acétique. Le produit de la réaction, versé dans l’eau, laisse déposer une huile bouillant à 246-248°. L’acétylcreosol , mis en suspension dans de l’acide acétique et oxydé à une température de 70-80° par une solution diluée de permanganate de potassium, donne de l’acide vanillique C6 H»(C O2 H) (OC H») (O II).

Acide créosolsulfomque, Cs H9 O2. S O» II. — Biechele [Ann. Chem. Pharm., t. CLI, p. 109; Bull. Soc. chim., t. XII, p. 411] a étudié l’action de l’acide sulfurique sur le créosol; le mélange est chauffé à 60° jusqu’à ce qu’il se dissolve dans l’eau.

L’acide libre forme une masse cristalline jaune, très hygroscopique.

Sel de baryum, (C»II9S05)2Ba. Masse cristalline, très soluble dans l’eau et l’alcool, insoluble dans l’éther.

Sel de plomb, (C»H9S05)sPb. Aiguilles jaunâtres, solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther.

Sel de potassium, CsH9SO»K. Aiguilles réunies en mamelons, très solubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool, insolubles dans l’étlier.

Action du perchlorure de phosphore sur le créosol. — Ces deux corps réagissent à froid avec dégagement d’acide chlorhydrique; on achève la réaction au bain-marie, et l’on distille ; la fraction qui passe à 185° forme une huile jaune, d’une densité de 1,028, d’une odeur piquante. C’est un dérivé chloré très peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et dans l’éther(Biechele).

La réaction se ferait d’après l’équation

C8HI0O2 -j- PCI» = C8 H9 O Cl + P O Cl» -f IIC1.

Ce corps ne se forme qu’en petite quantité, et sa constitution n’est pas connue. Ad. Kopp.

CRÉOSOTE (voyez t. I, p. 987 et 1510). — Parmi les travaux qui ont le plus contribué à éclaircir l’histoire complexe de la créosote, nous citerons celui de Marasse [Ann. Chem. Pharm., t. CLII, p. 59; Bull. Soc. chim., t. XI, p, 165; t. XII, p. 410; t. XIII, p. 363]. Ce savant a montré que la créosote du goudron de hêtre provenant des fabriques du Rhin renferme un mélange de phénols et d’éthers méthyliques acides de diphénols. Il a isolé les composés suivants :

Phénol. . . .

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